Attention aux risques sectaires et pseudo-religieux découlant de compréhensions superstitieuses de la dualité plan vital-plan spirituel

Il me semble difficile, voire impossible, de surévaluer l’importance de ce qui a été découvert ici:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/03/15/les-deux-theories-mathematiques-privilegiees-par-badiou-topoi-et-ensembles-correspondant-aux-deux-plans-vital-ontologique-et-spirituel/

et qui constitue une confirmation scientifique , mathématique, de la “clef” c’est à dire la thèse dont ce blog explore les conséquences, les tenants et les aboutissants: thèse de la dualité du plan vital (monde, Nature, ordre de la chair, de la matière et de la vie) et du plan spirituel (monde des idées de Platon, royaume des cieux de l’évangile)
Attention cependant à ne pas céder aux superstitions grotesque des nombreuses sectes, et aussi, il faut bien le dire, de certains courants religieux:les deux plans sont certes en dualité et doivent être discriminés avec soin par la conscience humaine en vue de son salut spirituel, mais ils ne sont jamais totalement séparés à la manière (ontologique) des Substances . Pour mener une vie spirituelle, il faut être vivant, c’est à dire être dans le monde, dans le plan vital. On ne saurait envisager une “survie de l’âme ” , ou de la conscience individuelle, “après la mort”, dans un monde spirituel qui “existerait” indépendamment du plan vital, du monde physique. Seule la Raison, qui selon Malebranche n’est autre que le Christ-Logos, qui n’est pas un individu humain qui par une “grâce divine spéciale” serait ressuscité et aurait échappé aux lois de l’existence sur le plan vital (c’est à dire les lois de la physique), seule la Raison universelle des esprits donc , le Christ-Logos présent en toute conscience humaine, peut nous sauver de l’Abîme de cette idolâtrie consistant à imaginer les deux plans non en dualité mais séparés numériquement comme deux substances, et c’est extrêmement important, il y va de notre salut intellectuel c’est à dire de notre salut religieux. La pratique des mathématiques et de la philosophie sont là pour sauver notre intellect (et non notre âme, qui n’est pas une substance “éternelle ” indépendante du cours de la durée) et la lecture de Brunschvicg peut nous éclairer car il a constamment mis en garde ses élèves contre ce danger:

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

il ne s’agit plus pour l’homme de se soustraire à la condition de l’homme. Le sentiment de notre éternité intime n’empêche pas l’individu de mourir, pas plus que l’intelligence du soleil astronomique n’empêche le savant de voir les apparences du soleil sensible. Mais, de même que le système du monde est devenu vrai le jour où la pensée a réussi à se détacher de son centre biologique pour s’installer dans le soleil, de même il est arrivé que de la vie qui fuit avec le temps la pensée a fait surgir un ordre du temps qui ne se perd pas dans l’instant du présent, qui permet d’intégrer à notre conscience toutes celles des valeurs positives qui se dégagent de l’expérience du passé, celles là même aussi que notre action réfléchie contribue à déterminer et à créer pour l’avenir. Rien ici qui ne soit d’expérience et de certitude humaines. Par la dignité de notre pensée nous comprenons l’univers qui nous écrase, nous dominons le temps qui nous emporte; nous sommes plus qu’une personne dès que nous sommes capables de remonter à la source de ce qui à nos propres yeux nous constitue comme personne….

Tout est dit ici et si bien dit : que la pensée (du savant) ait réussi “à s’installer dans le Soleil ” en se détachant, par l’ascèse intellectuelle des mathématiques, de son centre biologique (de son corps) ne veut pas dire que le savant est allé dans le Soleil! Et que nous comprenions, à la lecture de Spinoza , que nous sommes “en quelque façon éternels ” ne veut pas dire que nous sommes dispensés de mourir en tant qu’individus!
Et quant à notre âme, elle est bien réelle, en nous, et Brunschvicg nous dit ce qu’elle est dans les lignes qui suivent:

“ainsi, par-delà toutes les circonstances de détail, toutes les vicissitudes contingentes, qui tendent à diviser les hommes, à diviser l’homme lui-même, le progrès de notre réflexion découvre dans notre propre intimité un foyer où l’intelligence et l’amour se présentent dans la pureté radicale de leur lumière.

Notre âme est là ;

et nous l’atteindrons à condition que nous ne nous laissions pas vaincre par notre conquête, que nous sachions résister à la tentation qui ferait de cette âme, à l’image de la matière, une substance détachée du cours de la durée, qui nous porterait à nous abîmer dans une sorte de contemplation muette et morte. La chose nécessaire est de ne pas nous relâcher dans l’effort généreux, indivisiblement spéculatif et pratique, qui rapproche l’humanité de l’idée qu’elle s’est formée d’elle-même….”
La méditation incessante de “Raison et religion” notamment est propre à nous sauver de ces terribles idolâtries d’une survie individuelle après la mort physique (par contre la mort initiatique, mort à ses pulsions vitales, qui est celle dont parlent les Évangiles , est absolument nécessaire pour nous orienter vers le plan spirituel)
Ce danger doit absolument être écarté car il n’est autre qu’un reste d’illusion du plan vital et nous interdit toute compréhension correcte de la véritable nature de la dualité plan vital-plan spirituel, et donc nous ferme l’accès au salut intellectuel, c’est à dire au véritable salut religieux.
La vraie religion est le renoncement à la mort” dit Brunschvicg à la fin d'”Introduction à la vie de l’esprit” (1901) l’un de ses premiers livres:

https://mathesisuniversalis2.wordpress.com/2015/08/31/brunschvicgintroduction-leon-brunschvicg-introduction-a-la-vie-de-lesprit/

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/2016/01/24/un-manifeste-pour-lautonomie-introduction-a-la-vie-de-lesprit/

Le renoncement à la mort dont parle Brunschvicg n’est rien d’autre que le renoncement au plan vital et à ses illusions , dont celle d’une possibilité de “survie après la mort” . Voilà pourquoi il est si important de sa garder de cette affreuse idolâtrie du “post mortem” , car elle a le visage du plan vital, c’est à dire de la mort, visage hideux qui est le visage du Mal, voir le livre de Mario Dederichs
“Heydrich,le visage du MAL”

http://www.tallandier.com/livre-9791021017450.htm

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