Un autre danger de mécompréhension : penser la dualité plan vital-plan spirituel à partir d’un ressentiment contre la vie

Détester la vie veut toujours dire détester la vie que l’on mène et il y a hélas de nos jours de nombreuses raisons possibles à cela : être sans emploi, ou bien avoir un travail qui nous ennuie, être seul(e) dans la vie , ou bien être en couple mais ne plus aimer la personne avec laquelle on vit, ne pas avoir assez d’argent….
Ce qu’il faut alors faire si l’on est une personne rationnelle c’est enter de corriger ce qui ne va pas dansa sa vie, par exemple arrêter de boire si l’on est alcoolique, ou bien dire sincèrement et sans violence à la personne avec qui l’on partage sa vie qu’il n’y a plus d’amour et qu’il vaut mieux se séparer , de plus cela entraînera peut être une cascade de conséquences positives, n’étant plus dans une vie de couple mortifère, on arrêtera plus facilement de boire et l’on se lèvera plus facilement le matin, aussi trouvera t’on sans doute un travail moins ennuyeux et mieux payé, on pourra partir en vacances et trouver la nouvelle âme-sœur etc…etc.. Cette citation qui suit de Brunschvicg arrive comme une douche froide sur ce bel optimisme que l’on dirait sorti d’une publicité pour le Club Méditerranée :

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

“Une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza « De intellectus emendatione » , en a dégagé la méthode, n’a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. L’angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d’évidence qu’apporte avec elle l’intelligence de l’idée, est sur un autre plan«

Rien à espérer de la vie, même pas une nuit d’amour avec Angelina Jolie, qui de surcroît est très occupée par son travail d’ambassadrice de charme de l’ONU auprès des “migrants” en Grèce , ou bien gagner le gros lot à Euromillions (et pour quoi faire?).
Mais il faut compléter le propos de Brunschvicg:

Rien à espérer de la vie ni à craindre de la mort d’accord! Mais rien non plus à espérer de la mort ni à craindre de la vie! On se croirait entrés dans l’Enfer de Dante à l’entrée duquel est suspendu un écriteau :” vous qui entrez ici laissez toute espérance” et cet enfer doit être, sans doute, une image du plan vital !
Mais attention, les propos si sages de Brunschvicg et les vers si beaux de Dante ne doivent pas servir de prétexte à la paresse! Rien à espérer de la vie d’accord, mais si mon mariage est devenu un enfer c’est à moi de me bouger et d’aller voir un avocat pour entamer une procédure de divorce et pour cela je dois arrêter de boire, me lever , me raser, me doucher et mettre un costume propre…car si je ne fais rien tout cela va très vite aboutir au suicide! La plupart des gens qui se suicident ne disent pas “je condamne le plan vital à cause de mes principes philosophiques” mais ” j’en ai marre de la vie que je mène et je suis trop paresseux, trop fatigué et usé par la vie pour faire l’effort nécessaire pour en changer”
En fait on déteste “sa” vie parce qu’on en voudrait une autre, toute différente, cela signifie que l’on n’a pas renoncé à toute espérance, contrairement aux conseils de Brunschvicg et de Dante, et donc que l’on n’a pas renoncé au plan vital donc que l’on n’a pas renoncé à la mort…tout désir de suicide est en fait désir du plan vital et les psychothérapeutes devraient savoir que pour soigner un suicidaire il faut d’abord l’orienter vers le plan des idées, le plan spirituel, El l’engageant à faire des mathématiques, par exemple, plutôt que de s’inscrire à Meetic pour trouver une nouvelle compagne et se retrouver 6 mois après avec exactement les mêmes problèmes …mais ça les psychothérapeutes ne le savent pas justement parce que ce sont des psycho-thérapeutes , ils s’occupent du psychique qui fait partie du plan vital et non du spirituel, ils ont oublié la tripartition de l’entité humaine en corps, âme et esprit qui était celle de l’Eglise dans les anciens temps, un tripartition qui correspond exactement à la dualité que nous étudions ici: corps et âme correspondent au plan vital et esprit au plan spirituel.
On doit dons se garder d’interpréter la dualité comme une condamnation de la vie en général, car on ne doit pas oublier ces autres propos de Brunschvicg à la fin du livre de 1901 ” Introduction à la vie de l’Esprit”, qui vont dans le sens d’une affirmation de la valeur absolue de la vie humaine, mais de la vie élevée au dessus de la fragilité et de la mort qui sont propres au plan vital:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/04/20/la-seule-vraie-religion/

“« Rien ne peut interdire à l’intelligence de rencontrer dans le monde uniquement ce qui est fait pour elle, la loi d’où naît la vérité. Il n’y a pas d’évènement quelqu’inattendu qu’il soit , quelque contraire à nos tendances personnelles, qui ne serve à enrichir le domaine de notre connaissance.

Nous n’avons à redouter d’autre ennemi que l’erreur; et l’erreur, si nous savons l’avouer avec sincérité et nous en délivrer scrupuleusement, ne fait qu’augmenter le prix de la vérité définitvement possédée.

Rien ne peut empêcher la volonté de rencontrer dans le monde uniquement ce qu’elle cherche, l’occasion de se dévouer à l’intérêt supérieur de l’humanité; elle n’a rien à craindre, hors ses propres défaillances.

Les obstacles qu’on dresse devant nous, les haines qui nous sont manifestées, ne servent qu’à purifier et à approfondir notre amour des hommes

Unefois que nous avons rempli l’univers de notre esprit,

il est incapable de nous rien renvoyer si ce n’est la joie et le progrès de l’esprit.

Et dés lors, ce que nous avons dit de l’univers, il faut le dire aussi de la vie.

La vie est bonne absolument bonne, du moment que nous avons su l’élever au dessus de toute atteinte, au dessus de la fragilité, au dessus de la mort.

La vraie religion est le renoncement à la mort;

elle fait que rien ne passe et rien ne meurt pour nous, pas même ceux que nous aimons; car de toute chose, de tout être qui apparaît et qui semble disparaître, elle dégage l’idéal d’unité et de perfection spirituelle, et pour toujours elle lui donne un asile dans notre âme »

Seulement ici attention! Cet idéal d’unité dont parle Brunschvicg se situe sur le plan spirituel, pas sur le plan vital , et nos proches ne meurent pas “pour nous” si, à force d’ascèse intellectuelle, philosophique et mathématique, nous nous sommes élevés à cet idéal d’unité qui est la cime du plan spirituel des Idées, le Bien au delà de l’être dont parle Platon et sur le plan vital qui est le monde nos proches disparaissent bel et bien à la mort..tout comme nous!
“Détester” est un sentiment, or tout sentiment se situe sur le plan vital ..donc “détester la vie” est un sentiment, qui prend son origine sur le plan vital . Le suicide “sentimental” est donc, comme le disait je crois Schopenhauer, la plus grande approbation de la vie que l’on puisse imaginer.
Par contre le plan spirituel édicte (en tout cas s’il pouvait parler) une évaluation sans appel, qui n’est pas une condamnation ou un sentiment, sur le plan vital : le plan vital, le monde est FINI, en ce sens qu’il se caractérise par la finitude (d’où les théories de la finitude chez les “existentialistes”) . Puisque le monde est FINI, il doit finir, et il y aura donc une fin du monde, c’est une certitude philosophique, et non pas une théorie du complot ou un nouveau “block-buster” hollywoodien du genre “independence Day” ou “2012”.
Et je dis “il y aura” puis qu’apparemment la fin du monde ne s’est pas encore produite puisque Pujadas, Hollande ou Valls continuent à distiller leurs conneries au JT’ du soir.
Or s’il y avait déjà eu la fin du monde, on n’entendrait ni ne verrait plus rien, et surtout pas France 2

ça nous ferait des vacances….

  

Advertisements
This entry was posted in Léon Brunschvicg, Philosophie, Plan vital-plan spirituel, Platon, Spinoza and tagged , , , , , , . Bookmark the permalink.