La dualité du Verbe chez les Stoïciens et la dualité de l’Ouvert

Brunschvicg rappelle souvent, pour en faire un usage philosophique, la dualité stoïcienne du Verbe intérieur et du Verbe extérieur ‘ par exemple ici, à la fin de l’Introduction au “Progrès de la conscience dans la philosophie occidentale”:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/progres_conscience_t1/progres_conscience_t1_intro.html

Aussi bien, et l’on devra s’en laisser convaincre par les premiers chapitres de notre ouvrage, l’opposition décisive entre l’idéalisme mathématique de la République platonicienne et le réalisme astro-biologique de la Métaphysique aristotélicienne a défini le thème fondamental de l’Occident dans le domaine pratique comme dans le domaine théorique, indépendamment de toute référence au christianisme. Plusieurs siècles avant qu’il ait commencé d’exercer sa propagande, la polémique de l’Académie et du Lycée apporte le témoignage lumineux qu’il existe deux types radicalement distincts de structure mentale, commandés, l’un par les relations de la science (μαθήματα), l’autre par les concepts du discours (λόγοι). De là procède le problème religieux, tel qu’il se manifeste dans la terminologie des Stoïciens avec la dualité du Verbe intérieur, ou raison : λόγος ἐνδιάθετος, et du Verbe extérieur, ou langage : λόγος προφορικός. Ce problème, s’il devait prendre dans le christianisme une forme de plus en plus aiguë, ne relève à son origine que de la seule philosophie. Notre tâche était d’en établir la portée et d’en expliquer les conséquences d’une façon assez nette et assez vive pour qu’il ne subsiste, dans l’esprit de nos lecteurs, ni obscurité ni incertitude, ou sur l’intention de notre travail, ou sur le sens de leurs propres réactions
C’est le Verbe intérieur qui se manifeste dans le “déplacement d’axe de la vie religieuse” qu’est la naissance d’une physique mathématique au 17 eme siècle:

https://mathesismessianisme.wordpress.com/la-manifestation-mathematique-du-verbe-2/

Et c’est lui que Malebrance identifie au Christ, ” Raison universelle des esprits” . Malebranche le méditatif solitaire, qui hait les discussions interminables qui ne mènent jamais à rien (il aurait détesté Twitter et les “réseaux sociaux” qui devraient plutôt être appelés “antisociaux”) est un fidèle du Verbe intérieur, par opposition à son grand adversaire Arnaud qui lui adore les débats polémiques où il cherche toujours à entraîner Malebranche. Le verbe intérieur peut évidemment être associé au plan spirituel, et le verbe extérieur, celui des discussions vaines où l’on perd son temps dans “l’inauthenticité” au plan vital.
Deux plans, deux verbes, deux sortes de langages:
Et l’axiome du “matérialisme démocratique” vitupéré par Badiou:
” il n’y a que des corps et des langages” ne concerne que les langages “humains” ( au sens de captifs des instincts du plan vital) alors que là langage mathématique dont Galilée dit que c’est en ce langage qu’est écrit le “Livre de la Nature” est le Verbe mathématique intérieur: sans doute est ce une compréhension simpliste de cela qui a mené aux thèses créationnistes..

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