Gus Van Sant : “Last days” (2005): magnifique et bouleversant!

J’ai vu hier soir sur Arte ce film qui retrace les derniers jours de Kurt Cobain avant son suicide en 1994, ou tout au moins ces derniers jours tels que Gus Van Sant les imagine, il vivait lui aussi en 2005 dans une maison trop grande et mal chauffée à Portland, mais le film a été tourné dans une autre maison délabrée et immense , à Cold Spring dans l’état de New York, voir les détails sur la page Wikipedia du film :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Last_Days

Le film ne doit pas être compris de façon réaliste, comme décrivant ce qui s’est réellement passé en 1994, Gus Van Sant avait croisé Kurt Cobain de temps à autres mais ne le connaissait pas vraiment, , par contre il s’est informé sur la manière de vivre des musiciens de rock n roll, la fonction mal définie de leurs “assistants” entre copains ou copines de défonce et de coucheries, aides pour faire face à la vie de tous les jours etc…
Cette immense maison perdue au milieu de la sombre forêt de l’existence ( qui rappelle le début de “La divine comédie” ou bien ce fameux passage où Descartes envisage l’être humain comme “perdu au milieu d’une forêt profonde et obscure) est une peinture artistique de l’existence de cet animal humain qui sait qu’il va bientôt mourir et que tout dans son existence est fondé sur le mensonge, bref c’est une peinture du plan vital, comme je l’appelle ici, tant que des mesures fermes n’ont pas été prises par l’être qui s’y trouve perdu pour s’en libérer :

http://www.caphi.univ-nantes.fr/Dans-le-milieu-d-une-foret-Essai

http://www.fabula.org/actualites/d-moreau-dans-le-milieu-d-39-une-foret-essai-sur-descartes-et-le-sens-de-la-vie_55071.php

Nous voyons ici un homme entièrement perdu, sorti trop tôt d’un centre de désintoxication et qui est incapable d’affronter le contact avec qui que ce soit ou avec le “monde”, mais n’en aspire pas moins à la liberté sans avoir la possibilité de réfléchir à ce que c’est vraiment que la liberté (qui ne peut être réelle, comme l’amour, que sur le plan spirituel, jamais dans le “monde” ou plan vital). Bref Blake , tel est le nom du personnage évoquant Kurt Cobain dans “Last days” aspire à échapper au plan vital dont il sait bien qu’il signifie pour lui la solitude, la peur et la souffrance pour le temps qui lui reste à vivre. Mais le pire est la façon dont ses “amis” (2hommes et une femme) viennent l’importuner avec leurs petits récits minables : Scott vient le voir à la “cuisine” pendant qu’il mange un plat de nouilles au fromage pour se plaindre du froid et lui raconter ses mésaventures dans l’avion qui l’amenait à Portland : en état de défonce, il a “menacé de pisser sur l’hôtesse de l’air” l’avion a dû être dérouté…bref il a des ennuis et doit se rendre dans l’Utah mais il n’a pas d’argent bien sûr…
Ensuite c’est Luke qui prend la relève et raconte à Blake la manière dont il a trouvé au Japon le “meilleur plan cul de sa vie” avec une femme très belle qui l’appelait tout le temps pour remettre ça, mais il ne l’a pas rappelée parce qu’il se sentait mal au Japon et avait besoin de rentrer aux USA pour retrouver son environnement familier et maintenant il se sent coupable envers cette femme et voudrait s’excuser auprès d’elle , il a composé pour cela une chanson et voudrait que “Blake l’aide pour les paroles”, il lui laisse la cassette du morceau qu’il a composé et retourne retrouver Scott pour une “partie de baise homosexuelle”, Blake lui promet avec sa voix inaudible qu’il écoutera la cassette..
Et c’est alors le moment le plus bouleversant du film qui m’a ému jusqu’aux larmes (quoique je puisse penser de ce milieu des rock stars ) Blake resté seul improvise un morceau sur sa guitare les paroles qu’il invente au fur et à mesure parlent de “longue traversée en solitaire de la mort à la naissance”, de la nécessité et de l’impossibilité de trouver un contact avec les autres, de “son vieux visage mort” apres la fin qui ne saurait tarder.
La fin est extraordinaire, Blake va s’isoler dans la cabane de jardin, pour la première fois la caméra observe clairement son visage, son regard tendu vers un “ailleurs” où il semble entendre d’étranges voix ou sonorités musicales et c’est un jardinier venu le matin qui voit le corps allongé du “pauvre personnage”
On peut revoir le film encore 7 jours sur Arte+7:

http://www.arte.tv/sites/olivierpere/2016/03/20/18126/

Pour voir ce film admirable c’est ici :

Seulement attention :on n’en sort pas indemne! D’ailleurs ici je me soucie fort peu de cinéma et ne donne que des liens vers de telles œuvré propres à provoquer une Révolution intérieure orientant vers une réelle compréhension des thèses philosophiques défendues sur ce blog : Ouvert, plan vital (existence perdue dans la Forêt obscure) et plan spirituel ( mais rectification des différentes idolâtries religieuses et sectaires à ce propos)
J’ai d’ailleurs oublié de dire qu’il n’y a pas que ses “amis de défonce” qui viennent importuner le pauvre Blake, il y a aussi un commercial qu’il reçoit à sa manière silencieuse (en robe et crise de manque) et deux jeunes prêcheurs bien habillés et rasés de près de “l’Eglise des Saints des deniers jours”..là c’est Scott qui s’y colle et il a l’air réellement intéressé par le “contact direct avec Dieu-Jésus” dont les deux jeunes lui assurent qu’ils l’expérimentent régulièrement dans la prière …en somme Scott est quand même un véritable ami, en dehors de ses mésaventures aériennes de défonce et de “pisser sur les hôtesses”

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