Entre deux rives (“The Lake house”) (2006) avec les beaux Keanu Reeves et Sandra Bullock

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Entre_deux_rives

Un architecte vivant en 2004 entame une correspondance épistolaire, qui devient peu à peu amoureuse, avec une femme médecin vivant en 2006.

Comme le dit cet article :

http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/entre-deux-rives.html
il s’agit d’un film , réalisé par un cinéaste argentin réadaptant un film coréen, qui ne ressemble guère aux bluettes hollywoodiennes du même genre disons “comédie sentimentale” et il ne fait heureusement que flirter avec la science-fiction: pas comme “Déjà vu” où un personnage nous assène un réchauffé d’articles de “vulgarisation” sur les “wormholes” et le “time travel”
Qui est tout simplement ridicule. Ici tout est suggéré, sauf la manière dont les lettre arrivent du futur: le loquet de la boîte aux lettres s’ouvre tout seul. La fin est forcément un happy end, on est quand même à Hollywood, mais on ne comprend guère comment un homme mort en 2004, heurté par une voiture alors qu’il essayait de retrouver sa belle au milieu de la foule, peut embrasser sur la bouche cette meme femme en 2006. nécrophilie? Non, car on serait dans un autre genre: le film hollywoodien “gore” d’épouvante et de mystère, qui est généralement à hurler de rire.

Car les deux amants peuvent se retrouver en chair et en os, ils ont deux solutions pour cela : soit dans le passé de la femme, en 2004, il faut pour cela qu’elle se souvienne précisément que tel jour à telle heure elle se trouvait à tel endroit, et qu’elle décrive précisément son aspect pour la première rencontre ( seins, petite culotte ou pas…non je plaisante, on serait dans un film français, alors, et il faudrait qu’il y ait un personnage homosexuel pour les histoires de quotas, et il y aurait des scènes de sexe insupportables de ridicule, comme dans “Mobius”) ils ont aussi la solution de se retrouver en 2006, mais il faut pour cela qu’ils conviennent d’une date et d’un lieu précis (un bar, un restaurant) et que l’homme attende deux ans. Cela peut en décourager plus d’un, notamment si comme tous les méchants français, il ne veut que du sexe. Toute “escort girl” sait que de tels rendez vous deux ans à l’avance tueraient son commerce. Dans le film les deux amoureux conviennent d’un tel rendez vous au restaurant en 2006, mais il ne vient pas . Alors elle lui écrit une lettre de rupture “nous ne sommes pas propriétaires de notre vie, il vaut mieux que l’on arrête de s’écrire” mais à la fin elle apprend la raison pour laquelle il n’est pas venu : il est mort en 2004, devant l’hôpital où elle était médecin, et c’est meme elle qui est allé le secourir et à assisté à ses derniers instants. Alors elle lui écrit une lettre pour lui dire de ne surtout pas la chercher en 2004, sinon c’est la mort qui le guette, non “sois patient en attend deux ans, je t’attendrai tel jour devant ta boîte aux lettres ” et au jour dit il arrive dans sa belle voiture ils tombent dans les bras l’un de l’autre, et rentrent dans la villa, se dirigeant sans doute vers la chambre, bien qu’il n’ait pas apporté de bouquet de fleurs!
Ceci nous met sur la voie: le sujet du film , sous l’apparence de l’inexplicable ressemblant à de la science fiction, ne serait il pas la différence de temporalité amoureuse entre hommes et femmes? “Il cherche une aventure sans lendemain, elle veut des lendemains sans aventures” et d’ailleurs à la fin elle l’embrasse fougueusement en lui disant “tu m’as attendue!” Comme si c’était un miracle de la part d’un homme!
Mais si cela se bornait à cela, un tel film ne mériterait pas d’être sur un tel blog!
Non il me semble que le véritable thème est la rencontre dans le Présent éternel du plan spirituel où seulement une vraie rencontre “d’esprit à esprit” ce qui veut dire “sans fellation, cunnilingus, cravache ou gode-ceinture”, est possible.
Comme le dit Brunschvicg:

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/


Le problème est dans le passage , non d’aujourd’hui à demain, mais du présent temporel au présent éternel.

Seulement ici attention! Brunschvicg se refuse absolument à tout ordre du surnaturel qui viendrait contredire les conclusions de la science, et je suis de son avis. La raison en est que toute imagination d’un ordre surnaturel nous maintient prisonniers de la Caverne, comme expliqué dans la conclusion de “Raison et religion”:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/raison_et_religion.html

Bon gré, mal gré, il faudra en arriver à poser en termes nets et francs le problème que l’éclectisme cherchait à embrouiller ou à dissimuler, et dont aussi bien dépend la vocation spirituelle de l’humanité. Dira-t-on que nous nous convertissons à l’évidence du vrai lorsque nous surmontons la violence de l’instinct, que nous refusons de centrer notre conception du monde et de Dieu sur l’intérêt du moi ? ou sommes-nous dupes d’une ambition fallacieuse lorsque nous prétendons, vivants, échapper aux lois de la vie, nous évader hors de la caverne, pour respirer dans unmonde sans Providence et sans prières, sans sacrements et sans promesses ?

La clarté de l’alternative explique assez la résistance à laquelle se heurte une conception entièrement désocialisée de la réalité religieuse. Un Dieu impersonnel et qui ne fait pas acception des personnes, un Dieu qui n’intervient pas dans le cours du monde et en particulier dans les événements de notre planète, dans le cours quotidien de nos affaires, « les hommes n’ont jamais songé à l’invoquer ». Or, remarque M. Bergson, « quand la philosophie parle de Dieu, il s’agit si peu du Dieu auquel pensent la plupart des hommes que, si, par miracle, et contre l’avis des philosophes, Dieu ainsi défini descendait dans le champ de l’expérience, personne ne le reconnaîtrait.”


“Nous évader hors de la caverne” veut dire : nous libérer de l’emprise du plan vital pour nous orienter vers le plan spirituel ” dans une âme et un corps”.

Ce n’est pas que nous devions “démontrer ” scientifiquement que ” le surnaturel n’existe pas ” ce qui serait absurde (car c’est plutôt aux partisans du surnaturel de démontrer que la science ne suffit pas à expliquer certains ordres de phénomènes ) . Mais nous ne voulons pas du surnaturel, car il nous bloque et empêche tout accès au plan spirituel grâce au vêtement d’idées mathématiques de la science.

Je suis comme Brunschvicg un admirateur inconditionnel d’Einstein et de la théorie de la Relativité générale, qui m’apparaît comme une des plus belle cathédrales d’Idées de tous les temps! Et un tel  “Présent éternel” qui serait commun à tous les humains remettrait en cause la physique relativiste, où pour correspondre, les observateurs appartenant à des référentiels distincts doivent à changer, non pas des lettres, mais des signaux de lumière. Ce “Présent éternel” dont parle Brunschvicg est tout simplement le “Verbe intérieur” ou Raison , logos endiathetos des Stoïciens ou “Raison universelle des esprits” de Malebranche, qui s’oppose au Verbe extérieur ou langage, dont les amants sont prisonniers puisqu’ils correspondent par lettres, en anglais je suppose

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/03/23/la-dualite-du-verbe-chez-les-stoiciens-et-la-dualite-de-louvert/

Aussi bien, et l’on devra s’en laisser convaincre par les premiers chapitres de notre ouvrage, l’opposition décisive entre l’idéalisme mathématique de la République platonicienne et le réalisme astro-biologique de la Métaphysique aristotélicienne a défini le thème fondamental de l’Occident dans le domaine pratique comme dans le domaine théorique, indépendamment de toute référence au christianisme. Plusieurs siècles avant qu’il ait commencé d’exercer sa propagande, la polémique de l’Académie et du Lycée apporte le témoignage lumineux qu’il existe deux types radicalement distincts de structure mentale, commandés, l’un par les relations de la science (μαθήματα), l’autre par les concepts du discours (λόγοι). De là procède le problème religieux, tel qu’il se manifeste dans la terminologie des Stoïciens avec la dualité du Verbe intérieur, ou raison : λόγος ἐνδιάθετος, et du Verbe extérieur, ou langage : λόγος προφορικός. Ce problème, s’il devait prendre dans le christianisme une forme de plus en plus aiguë, ne relève à son origine que de la seule philosophie.

Au fond cette dualité du Verbe, renvoie à la dualité des plans, spirituel et vital, sur laquelle nous travaillons ici. Mais attention de ne pas confondre le (plan) spirituel avec le surnaturel, ce serait céder à la meme idolâtrie que l’anthroposopghie de Rudolf Steiner : les conclusions de la science valent pour le plan vital, pas question de les remettre en cause, ce qui doit être fait mais par les scientifiques eux mêmes, pour que la science évolue! Ainsi si l’homme est mort en 2004 il est impossible, sauf à faire intervenir le lourd appareil, seulement spéculatif à notre époque, des “univers parallèles” , qu’il soit vivant en 2006 pour embrasser sa dulcinée et la convier dans sa chambre pour lui montrer son “oiseau”! Ou alors nous serions dans “D’entre les morts” de Boileau Narcejac adapté par Hitchcock dans “Vertigo” où la belle Carlotta Valdes, morte à San Francisco au 19eme siècle, semble venir hanter Medeleine (Kim Novak) mais comme on le sait il s’agit d’une machination pour duper James Stewart, et Madeleine n’est pas Madeleine. Non, les morts ne se relèvent pas du cercueil, quand on est mort c’est pour toute la vie, et la Résurrection, dont meme Husserl le rationaliste se risque à parler , est une façon symbolique de parler de l’accès au plan spirituel, qui exige de “renoncer à la mort”, c’est à dire au plan vital comme le dit Brunschvicg de manière saisissante à la fin d'”Introduction à la vie de l’Esprit”, voir:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/04/20/la-seule-vraie-religion/

La vie est bonne absolument bonne, du moment que nous avons su l’élever au dessus de toute atteinte, au dessus de la fragilité, au dessus de la mort.

La vraie religion est le renoncement à la mort

Quant aux vampires qui se lèvent du cercueil la nuit pour venir boire le sang des vivants, ils sont simplement une représentation symbolique du plan vital où les cas de “vampirisme psychique” abondent, notamment dans les couples et les entreprises.
Bref le “péché” de ce film est de rabaisser au niveau du plan vital (une histoire d’amour entre un homme et une femme) le sublime thème du Verbe Intérieur et du plan spirituel, qui constitue le véritable sens du christianisme. Et après ça on s’étonnera que Bush ait été réélu en 2004, et qu’il ait fait ami -ami avec Sarkozy et Rachida Dati en 2007

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