Les deux arbres au milieu du jardin d’Eden = les deux plans?

J’ai déjà commenté le début de la Genèse (“Bereschit”) du point de vue de ce que j’appelle maintenant la CLAVIS UNIVERSALIS : la doctrine de la dualité des deux plans, vital et spirituel:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2016/03/05/la-bible-et-le-coran-du-point-de-vue-de-la-difference-henologique-plan-vital-plan-spirituel/

Bien entendu il m’incombe ici de rappeler que je ne possède aucune “compétence reconnue” pour cela, n’étant ni prêtre ni rabbin, et que je n’ai pas fait d’études théologiques. Je me suis borné il y a longtemps, quand j’étais encore jeune et que mon esprit (entre autres) était encore vif, à apprendre l’hébreu biblique dans les excellents “Teach yourself books” et que j’ai accompagné cette étude de celle de l’arabe littéraire, dans le livre d’André d’Alverny que l’on peut étudier ici (Ah si j’avais eu Internet à ma disposition du temps de ma jeunesse ! Mais la doctrine de l’Ouvert permet d’en finir avec de telles questions et regrets oiseux, et de comprendre que nous naissons, c’est à dire commençons à exister sur le plan vital, à l’époque qui nous est appropriée, du point de vue du plan spirituel où il n’y a pas de hasard ni de contingence, celle ci étant propre au plan vital, au “monde”):

https://archive.org/details/AManualForTheStudyOfArabicAsALivingLanguageCoursDeLangueArabe

Les fables si connues du jardin d’Eden , Adam et Ève en tenue d’Eve , etc.. Commencent au chapitre 2 de Genese:

http://www.mechon-mamre.org/f/ft/ft0102.htm

Nous avons déjà rencontré dans le dernier article , au verset 4 chapitre 2, le mot “Toldoth” (“voici venant de la racine YLD ילד signifiant “engendrer” qui se retrouve dans l’arabe WLD ولد walid = enfant) et nous avons compris pourquoi il est si important de revenir à l’hébreu (et non au grec des Septante, pour ce texte là en tout cas,soit dit sans mépris aucun pour le grec, la langue divine d’Homère et de Platon) sinon nous n’aurions pas remarqué qu’il vaut mieux traduire “tels sont les engendrements des cieux et de la terre” ou “telles sont les générations” que, comme le texte ci dessus : “telles sont les origines” car cela risque de manquer l’idée du plan vital qui est ici flagrante.
Voici les lignes de mon dernier article sur ce verset:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2016/03/05/la-bible-et-le-coran-du-point-de-vue-de-la-difference-henologique-plan-vital-plan-spirituel/

“Oui , il existe un tel indice confirmant cette interprétation et il se situe dans le texte de « Genèse Bereschit » au chapitre 2 verset 4, mais il faut lire le texte hébreu pour le déceler:

« אֵלֶּה תוֹלְדוֹת הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ, בְּהִבָּרְאָם: בְּיוֹם, עֲשׂוֹת יְהוָה אֱלֹהִים–אֶרֶץ וְשָׁמָיִם. «
Ce qui se lit ( de droite à gauche):
» Eleh Toldoth ha shamayim ve ha aretz, behibbar’am beyom ‘asoth YHVH Elohim Aretz ve Shamayim »
Et se traduit mot à mot » voici les engendrements des cieux et de la terre, lorsqu’ils furent créés, le jour où YAhweh -les-dieux fit les cieux et la terre »

L’examen du texte hébreu de ce chapitre 2 permet aussi d’observer d’autres faits curieux : ainsi entre le verset 4 et le verset 5 ce n’est plus le même mot qui est traduit par “terre”: dans le verset 4 c’est “Eretz”ארץ de même qu’au premier verset de la Genèse, et j’y vois le plan vital, de même que les “cieux”( Shamayim) sont pour moi le plan spirituel.
Mais à partir du verset 5 ou plutôt à partir du moment où le mot “Adam” apparaît c’est ” Adamah” qui est employé pour désigner la terre, mot manifestement tiré d’Adam, obtenu en ajoutant la lettre He ה indiquant le féminin aussi trois lettres du mot Adam qui est interprété comme Aleph א première lettre de l’alphabet dans Dam qui signifie le sang , symbole parfait du plan vital, nommé par Méphistophélès dans Faust un “suc tout particulier”
Quant à Aleph le kabbaliste atypique Carlo Suares l’interprète comme Principe impensable de ce qui est et n’est pas, voir:

Le Code Aleph, par Carlo Suarès

Mais aleph se voit aussi accorder la valeur numérique 1, pourquoi ne pas l’appeler le Un 1? “Impensable ” par contre est un mot qui me pose problème car je le trouve…impensable!soit en effet on lui adjoint , à cet Un, certaines idées, et il n’est pas impensable, soit on en est incapable, et alors on parle pour ne rien dire! Bref je me contenterai pour ma part de voir en Aleph de cette pensée selon l’Un ou vision-en-Un , alternative à la pensée ontologique qui est contaminée par l’instinct d’appropriation propre au plan vital, et qui forme aussi l’un des thèmes principaux sous le nom “Un-en-un” de la non-philosophie de François Laruelle dont voici le “dictionnaire conceptuel” (en anglais hélas) :

https://monoskop.org/images/2/2b/Laruelle_Francois_Dictionary_of_Non-Philosophy.pdf
(Voir page 8 sur 93 du pdf troisième page du fichier sous le titre “Being in One” mais tout ceci est peu clair et c’est bien pour cette raison que je m’adresse plutôt aux mathématiciens qui sur la question de l’Un et de l’unification en connaissent un bout, plutôt qu’aux philosophes ou non-philosophes)
Les personnes intéressées par la pensée de François Laruelle découvriront sans doute avec bonheur le blog “Spéculative heresy” de WordPress:

https://speculativeheresy.wordpress.com

Bref, revenant au texte hébreu de Genese 2:
ADAM אדם devient par ajout de la lettre he ADAMAH אדםה
et il est à noter que le mot hébreu Eretz apparaît encore deux fois au verset 5 , traduit chaque fois par “terre”(“aucun produit des champs ne paraissait sur la terre” et ” l’Eternel-Dieu n’avait point fait pleuvoir sur la terre”)mais qu’après le mot Adam à la fin de ce verset c’est le mot “Adamah” qui apparaît, traduit aussi par “terre” ( “et d’homme il n’y en avait point pour cultiver la terre”)
Si mon interprétation de Eretz comme “plan vital-ontologique” est juste, comment comprendre Adamah ? Ce n’est pas le plan spirituel, qui est symbolisé par “les cieux “(Shamayim).
Le verset 9 un peu plus loin emploie encore le mot “Adamah” qu’il traduit par “sol”:
“L’éternel-Dieu fit jaillir du sol toute espèce d’arbres beaux à voir et propres à la nourriture; et l’Arbre de vie au milieu du jardin avec l’Arbre de la science du bien et du mal”

Tous ces arbres jaillissent de “Adamah” mais les deux derniers sont à part des autres : ils ne sont donc pas comme les autres “beaux à voir et propres à la nourriture” ils sont donc d’ordre suprasensible , (la beauté et l’aptitude à servir de nourriture sont des qualités esthétiques propres au plan vital). Je m’autorise de ceci pour interpréter l’Arbre de vie comme le plan vital et l’arbre de la science (du bien et du mal) comme le plan spirituel. Ils jaillissent de Adamah qui a la même racine linguistique que Adam qui veut dire :homme , Aleph dans le sang.
Ne trouvons nous pas ici une indication nous aidant à dépasser ce dualisme plan vital-plan spirituel dont j’ai dit depuis longtemps qu’il n’est pas satisfaisant pour la Raison et qu’il devait être dépassé en un non-dualisme (advaita) à la manière du Vedanta non dualiste de Shankara ? Ce lien qui unit plan vital et plan spirituel est appelé par la Torah :

ADAMAH אדםה

Et il a beaucoup en commun avec l’Homme Archétype ADAM interprété comme “Aleph dans DAM le sang”(nous laisserons de côté pour cette fois l’Eternel-Dieu “

YHVH Elohim יהוה אלהים

entité mythique qui fait voisiner côte à côte le pluriel Elohim (les dieux ) avec le Tétragramme ineffable et imprononçable YHVH qui doit être remplacé en nos temps scientifiques par ce que j’ai appelé ici le “Dieu des philosophes et des Savants ” dont la question de savoir s’il existe ou non est oiseuse, car “il est ce par quoi il y a vérité , non ce dont il y a vérité ou fausseté ” Disons comme Spinoza dans le “Court Traité ” que
“Dieu est la Vérité” tout en nous gardant bien de confondre avecles vérités factuelles quotidiennes (” aujourd’hui il fait froid” etc…) cette Vérité qui est l’Absolu comme condition transcendantale de tout discours scientifique (c’est à dire ayant des prétentions à une Vérité indépendante de la “culture” particulière et de la communauté ethnique) et de tout acte et jugement moral véritable c’est à dire ayant une validité universelle, dépassant le plan vital.

Si Aleph doit bien être compris, comme je l’ai dit plus haut, comme cette pensée de l’Un (HENOSOPHIA) nous permettant de dépasser et surmonter la pensée ontologique propre à la physis, au plan vital, alors Aleph dans le Dam (sang) associe cette pensée qui surmonte l’instinct animal d’appropriation avec la notion biologique de sang liée à l’idée de singularité individuelle complète (une analyse de sang permet de distinguer infailliblement deux individus humains, comme le sait la police). Donc Adamah associe l’ Un universel avec le singulier individuel humain incarné sur le plan vital . C’est là cet élément neutre (au sens de la philosophie d’Hoené Wronski) que nous cherchons ici dans la mathématique, et dont l’antique texte hébreu de la Torah nous donne la certitude que nous ne cherchons pas en vain..

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