Songe du Vol

Blog de Grégoire Perra

La première propriété est le corps, dont on s’enveloppe, que l’on apprend à habiter, que l’on façonne de jour en jour, de muscles en muscles. Dans sa chair, l’être vivant se déploie, ignorant tout de la complexité des tissus et des fluides qui l’animent. La bête qui le mange ne sait rien non plus de cette étrange sensation d’exister à laquelle elle vient de mettre fin. Car nul ne peut regarder en face l’habitant qu’il déloge quand il le tue, à moins d’être traversé par le sacré comme un éclair qui s’abat dans la nuit. Ainsi, le premier vol, celui de la viande, est-il accompli en toute innocence, les yeux rivés sur l’égoïsme souverain du ventre qui n’accomplit que sa fonction. La fierté du lion repu n’a rien de coupable.

La deuxième propriété est celle des lieux que nous occupons, ou des objets que nous construisons. La plage de roche…

View original post 654 more words

Advertisements
This entry was posted in Philosophie. Bookmark the permalink.