Rimbaud : l’éternité 

Puisque ce soir sur Arte repasse “Pierrot le fou” un des plus beaux films (de Godard) de tous les temps, qui finit sur Belmondo se faisant sauter à l’explosif face à la mer alors que deux voix récitent le premer quatrain du poème de Rimbaud 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/arthur_rimbaud/l_eternite.html

L’Eternité
Elle est retrouvée.

Quoi ? – L’Eternité.

C’est la mer allée

Avec le soleil.
Ame sentinelle,

Murmurons l’aveu

De la nuit si nulle

Et du jour en feu.
Des humains suffrages,

Des communs élans

Là tu te dégages

Et voles selon.
Puisque de vous seules,

Braises de satin,

Le Devoir s’exhale

Sans qu’on dise : enfin.
Là pas d’espérance,

Nul orietur.

Science avec patience,

Le supplice est sûr.
Elle est retrouvée.

Quoi ? – L’Eternité.

C’est la mer allée

Avec le soleil.”

L’objet de ce poème est évidemment l’illusoire Totalité ,la mer allée avec le soleil, le plan vital (psychique surtout, symbolisé par la mer “toujours recommencée”, la mer qui à la fin de “Moby Dick” recommence à rouler ses vagues comme il y a cinq mille ans).

“Des humains suffrages, des communs élans, là tu te dégages” : évasion hors du plan vital gouverné par les “communs élans”..c’est exactement le rêve que vivent les amants, Pierrot et Marianne, l’homme et la femme, la mer allée avec le soleil… Pas de démocratie au “pays des vérités” (nom donné par Malebranche au plan spirituel).
“Là pas d’espérance” :c’est le plan spirituel, dans la spirale double  de l’éternel Présent
“Science avec patience, le supplice est sûr”
Supplice pour la con-science encore aux prises avec le plan vital , n’ayant pas encore reçu la patience des mains de la science, guidée par l’âme sentinelle qui murmure l’aveu de la nullité de tout…
Le premier aveu(degré) de la science, c’est que le Néant est nul (l’aveu de la nuit si nulle)
Chapitre 8 Désespoir 

“Nous  traversâmes la France 

Comme des apparences”
“C’était le premier, le seul rêve”
Un poète qui s’appelle revolver.

“Le sang je ne veux pas le voir
Ah quel triste cinq heures du soir”

image

Y a eu la civilisation athénienne,
Y a eu la Renaissance,
Et maintenant

nous entrons dans la civilisation du cul

1965

PIERROT LE FOU 1965 DE JEAN LUC GODARD

Nous sortîmes de Paris par l’autoroute du Sud

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