Le commandement de porter le voile en Islam : ce qu’en dit la Clavis universalis ou HENOSOPHIA

http://www.sajidine.com/famille/femme/voile-observance.htm

Notons tout d’abord qu’un “Dieu” qui donnerait à l’humanité des “commandements”, que ceux ci soient “alimentaires” ou “vestimentaires” ou touchant au comportement dans la vie, est un dieu de la superstition et de l’idolâtrie car il donne à “Dieu” un statut imité du plan vital et social, un statut de “chef qui donne des ordres”, il commet donc le “péché contre l’Esprit qui ne sera pas pardonné” (et qui consiste en la confusion du plan vital et du plan spirituel)
Comme dit Raymond Abellio : “La grande Loi est absence de lois (particulières)”

Les lois particulières sont les lois ethniques, ou tribales, propres à un peuple ou une “communauté” particulière , qui par définition ne sauraient avoir de validité universelle, en aucun des deux sens ( ensembliste et catégorique) donnés ici au mot “universel”. Seule la Raison est universelle, c’est à dire une conscience humaine dont l’horizon est la communauté spirituelle universelle qui ne peut se former que dans la participation à la culture scientifique, artistique et éthique dont le contenu se révèle dans l’Histoire comme un incessant effort d’unification, effort qui seul peut faire émerger “un sujet spirituel capable de tout le développement que comportent l’infinité et l’universalité d’une raison désintéressée” ( “Raison et religion”). Cette conscience universelle ne peut que faire abstraction des formes extérieures des croyances collectives et des cérémonies particulières, et c’est bien la raison pour laquelle des coutumes ethniques comme le port du voile ou la circoncision ne sauraient s’exercer en toute liberté en Europe, continent représentant l’universalité de l’Esprit puisqu’il est le berceau de la philosophie et de la Science…ces coutumes doivent être encadrées et réglementées par la loi républicaine, comme d’ailleurs des activités telles que la prostitution.

Les indications données précédemment sont inspirées du livre “Introduction à la vie de l’esprit” de Léon Brunschvicg et du “Manifeste pour l’autonomie” qui constitue la préface à ce livre de 1901 par André Simha à l’époque actuelle :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2016/01/24/brunschvicgintroduction-un-manifeste-pour-lautonomie/

Mais l’on pourra trouver dans la “clarification conceptuelle” selon les idées de l’anthroposophe dissident José Dupré une autre source de réflexions qui au fond mènent au meme but : devenir l’Esprit, c’est à dire réaliser “en une âme et un corps mortels” l’idée même d’humanité :

https://horreurislamique.wordpress.com/2013/04/08/clarification-conceptuelle-le-sens-du-mot-esprit-selon-jose-dupre/

J’y ajouterai les lignes suivantes, extraites du “Manifeste pour l’autonomie” d’André Simha :

Devenir l’Esprit est donc la norme d’une vie dont la conscience, en progrès incessant, s’étend indéfiniment par sa compréhension de l’Univers et d’elle même.Devenir l’Esprit donne le sens de l’effort spirituel, orienté par la tâche humaine universelle de penser le réel en vérité.Or cette norme de vie et de pensée , cette intelligence du réel tel que le construit indéfiniment le jugement dans le travail scientifique, a pour Brunschvicg une signification politique et morale fondamentale, puisqu’elle enseigne à chaque homme son humanité , cette vocation à progresser vers la communauté des esprits dans la recherche du vrai et du juste. Affirmer l’unité et l’unicité de l’esprit revient donc à soutenir qu’il ne peut y avoir qu’une seule et même norme spirituelle de la connaissance et de l’expérience en ses modalités diverses, épistémique, esthétique et morale, et qu’il revient à une humanité instruite d’avoir une conscience de plus en plus vive de l’unité et de l’universalité des aspirations humaines
Cette norme de vie et de pensée immanente au jugement qui gouverne l’activité scientifique et donc aussi la vie morale et religieuse, voilà la “Grande Loi” dont parle Raymond Abellio : elle est “absence de lois particulières”, c’est à dire qu’elle n’a rien à voir avec les lois ethniques et les lois dites “religieuses” , de même que les différentes “communautés religieuses” n’ont rien à voir avec la seule communauté véritable, la communauté des esprits unie dans la recherche du vrai et du juste , communauté qui dépasse largement la communauté scientifique qui en forme toutefois la base vivante. Hegel parle à la fin de la “Phénoménologie de l’Esprit” dans le même sens du “calice du Royaume des Esprits” (emprunté à Schiller il me semble) qui n’est autre que la signification véritable et philosophique du mythe sacré du

Saint Graal

:

Leur conservation, sous l’aspect de leur être-là libre se manifestant dans la forme de la contingence, est l’histoire ; mais sous l’aspect de leur organisation conceptuelle, elle est la science du savoir phénoménal. Les deux aspects réunis, en d’autres termes l’histoire conçue, forment la récollection et le calvaire de l’esprit absolu, l’effectivité, la vérité et la certitude de son trône, sans lequel il serait la solitude sans vie ; et c’est seulement ”du calice de ce royaume des esprits que monte jusqu’à lui l’écume de sa propre infinité

Mais la philosophie brunschvicgienne, qui est l’interprétation du spinozisme soutenue ici (une interprétation qui n’a pas grand-chose à voir avec l’interprétation de Frédéric Lordon et “Nuit debout”) va beaucoup plus loin comme le montrent les lignes suivantes du “Manifeste pour l’autonomie” d’André Simha :

Dégager ainsi le sens véritable de la vie spirituelle permettra de définir la vie religieuse en sa vérité essentielle.C’est dire qu’en toute rigueur l’unité et l’unicité de l’esprit ne se réalisant que dans la pureté de son activité autonome, la conscience religieuse ne pourra être référée qu’à cet idéal immanent à l’esprit . Toute transcendance appréhendée sur le mode de l’ineffabilité ou de l’incompréhensibilité d’une surnature à sa source dans l’illusion préscientifique d’un écart irréductible entre l’intelligence et le réel , considéré comme un donné extérieur à l’activité qui s’efforce de l’appréhender” (illusion d’extériorité dénoncée aussi par Hegel au début de sa préface à la “Phénoménologie de l’Esprit”).

Toute une métaphysique théocentrique a entretenu pendant des siècles cette illusion, sous forme d’une analogie anthropomorphique, celle d’une hiérarchie des êtres,ordonnée et dominée par le décret d’ une volonté absolument libre. Le principe d’unité qui est au fondement de l’activité spirituelle se trouvait ainsi projeté au dessus de l’intelligence humaine et son expression ne pouvait être, comme l’a montré Spinoza, qu’un commandement, une loi impérative qui exige l’obéissance et sanctionne toute forme de rébellion. Cette représentation, commente Brunschvicg, procède par imitation de la vie sociale , soumise à un régime despotique. Selon un paradoxe qui n’est qu’apparent, par la rupture qu’elle prétend imposer au lien intérieur qui nous fait participer à la vie spirituelle , la notion de transcendance est régressive.Elle introduit dans l’expérience spirituelle les préjugés réalistes et matérialistes de la pensée pré-scientifique, préjugés dont la

mathesis

nous a appris à nous délivrer , en faisant apparaître dans l’idée qui se construit, dans cet acte même de penser , la norme de vérité, indépendamment de toute attestation externe. Avec l’universalisation de la

mathesis

dans la science moderne à partir de Descartes, la puissance du jugement humain se découvre autonome et illimitée. Le spinozisme accomplira de façon radicale , c’est à dire sans les réserves que la conscience de finitude et l’appel à la transcendance imposaient encore au cartésianisme, cette mutation de la conscience occidentale qui l’a libéré de toute aurorité externe, de toute hétéronomie, et lui donne le sens de sa propre infinitude, celle d’un progrès intellectuel indéfini

Mais ici les honorables lectrices ou lecteurs voudront peut être rappeler qu’il y a bien une autorité externe dans la science, celle de l’expérience.
Ce serait oublier ce passage de la Critique de la Raison pure de Kant :

https://fr.m.wikisource.org/wiki/Page:Kant_-_Critique_de_la_raison_pure,_I.djvu/22

Selon lequel la Raison doit certes “demander à la Nature de l’instruire, non comme un écolier qui se laisse dire tout ce qui plaît au Maître, mais comme un juge qui a le droit de contraindre les témoins à répondre aux questions

C’est bien la théorie ( et donc la mathesis ) qui crée et organise l’expérience, comme c’était déjà le cas avec Galilée et ses plans inclinés, et non pas l’inverse!

Qu’est ce qui est dit là par André Simha expliquant la pensée de Brunschvicg ?
Rien d’autre que ceci :
Ce qui est en jeu ici, dans le port du voile, cette coutume tribale empruntée par les anciens bédouins à des sociétés orientales plus anciennes encore, ce n’est pas comme le prétend Badiou “un ridule petit bout de tissu”, pas plus que dans la circoncision un “ridicule petit bout de quéquette”: c’est la possibilité de l’humanité de répondre à elle même de son Idée Absolue, en formant une communauté des esprits, un Royaume des Esprits . Puisque le calice du Royaume des esprits est le Saint graal d’où monte ver le plan spirituel l’écume de sa propre infinité , rédemption du Vieux Roi mourant , le voile islamique est une véritable

Croisade contre le Graal

:

http://otto-rahn.com/fr/croisade-contre-le-graal

Il s’agit du salut même de l’humanité, pas seulement de l’humanité européenne…et nous n’allons pas laisser un petit bout de tissu nous voiler la lumière du Soleil intelligible.

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