Exposé de Jean Michel Le Lannou sur Brunschvicg : la puissance de l’Idée

J’ai déjà donné le lien pour écouter les exposés de ce colloque : “De Brunschvicg à Bachelard” en 2009:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/05/18/colloque-de-brunschvicg-a-bachelard-enregistrements-sonores-des-exposes/

un colloque auquel j’avais assisté avec un grand intérêt, puisque comme le dit Frédéric Worms c’est la première manifestation publique consacrée à Brunschvicg en France depuis 1945 (année où la Société française de philosophie s’était réunie à La Sorbonne , apres 5 années de guerre, pour commémorer ses “disparus” dont Brunschvicg mort en janvier 1944, ce qui avait donné lieu à un fameux et brillant exposé de Raymond Aron : “Nous tâcherons d’armer la Sagesse”) voir :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/03/07/nous-tacherons-demain-darmer-la-sagesse/

(Mais pour trouver le numéro de la “Revue de métaphysique et de morale” donnant les textes des exposés du colloque de 1945, il faut aller sur Jstor , où l’on peut s’inscrire gratuitement ,plutôt que sur Gallica)

Lors du colloque de 2009, les deux exposés qui m’ont le plus impressionné sont ceux d’André Simha sur “Raison et religion”, à écouter ici :

http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=2795

Et celui de Jean Michel Le Lannou “La puissance de l’Idée” à écouter ici :

http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=2794

J’avais été tellement impressionné par cet exposé que j’avais cherché tous les livres de ce philosophe que je ne connaissais pas et avais acheté chez Hermann ( qui avait encore une boutique au quartier latin en ce temps là) ” L’être décomposé” un titre qui dit bien ce qu’il veut dire :” décomposé ” peut être pris aussi au sens quasi-mathématique de “décomposition spectrale” , il s’agit d’une analyse de la pensée ontologique qui est propre au plan vital et que Le Lannou critique en tant “qu amour du fini”. On trouvera dans ce lien une analyse précieuse de la pensée de JM Le Lannou dans un autre de ses livres :”L’excès du représentatif”:

http://www.ku.de/fileadmin/120101/Besancon_final.pdf

Jean Michel Le Lannou est quelqu’un de rare, donc de précieux en philosophie, en ce qu’il a le courage et l’audace de se réclamer de l’idéalisme dont il montre apres Brunschvicg que c’est la seule forme possible de philosophie, celle de Platon contre celle d’Aristote, celle aussi de Descartes, Malebranche et Brunschvicg qui est le dernier représentant de l’idéalisme philosophique avant la catastrophe intellectuelle de 1945 (Sartre, puis les déconstructeurs, qui ne déconstruisent pas ce qu’il fallait déconstruire : la représentation, l’amour du fini)

Mais qu’est ce que l’idéalisme ? C’est tout simplement, dans notre terminologie , de donner la primauté au plan spirituel, c’est à dire aux idées, sur les “mots et les choses”, c’est à dire par rapport au plan vital et à la pensée ontologique et substantialiste des “étants” et des “substances”.

Jean Michel Le Lannou assigne pour tâche à la philosophie (voir le fichier pdf ci dessus) de “parler de la philosophie et ce faisant réaliser ce dont elle parle, en œuvrant dans la représentation mais contre la représentation”
Œuvrer contre la représentation et dans le but, comme les vraies Lumières, de “libérer l’esprit de l’amour du fini”, c’est œuvrer contre l’emprise du plan vital pour libérer les consciences des fidèles de la philosophie, qui sont les “clercs” selon Julien Benda, en orientant ces consciences vers le plan spirituel, domaine des Idées et des valeurs cléricales selon Julien Benda (c’est à dessein que j’emploie ici une terminologie religieuse : la philosophie idéaliste telle que conçue ici, qui est la même que l’idéalisme de Brunschvicg ou de JM Le Lannou, est selon moi la discipline qui mène à la religion véritable consistant à “renoncer à la mort, si elle est accompagnée d’une sévère ascèse vitale impliquant la tentative sincère de parvenir à la chasteté et à l’abstinence sexuelle absolue, ou, au minimum, à la fidélité conjugale, ce qui revient au même, ascèse devant s’accompagner de pauvreté en esprit: s’abstenir de lectures et de spectacles dictés par la seule curiosité et l’attrait de l’information plutôt que de la connaissance, et de la pauvreté dans la vie :pas d’alcool ni de vacances ni de loisirs, nourriture frugale, peu de sommeil bref pour résumer le contraire exact de la vie de l’occidental ) J’ai déjà dit que cette ascèse vitale est totalement inutile si elle ne va pas de pair avec une ascèse intellectuelle (ce qui est grave, car le sexe c’est bon, non ? Et il est stupide de croire à ces imbécilités du Coran qui promettent aux pieux des femmes, ou plutôt des escort-girls célestes appelées “houris” expertes dans l’art du plaisir, cf sourate 56:
http://islamfrance.free.fr/doc/coran/sourate/56.html )

Cette ascèse intellectuelle peut passer (mais pas uniquement) par la pratique de la mathématique, où l’on n’affirme rien que l’on ne sache démontrer ( pas comme en politique ou sur les forums d’extrême-gauche).

Jean Michel Le Lannou situe (à la différence de Brunschvicg ) cette philosophie idéaliste dans la continuation de penseurs allemandes du 19eme siècle : Kant et Fichte (comme Brunschvicg) mais aussi Schelling et Nietzsche

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