Commencer en même temps l’étude de Descartes et de Spinoza

La version axiomatisée et quasi-mathématique que donne Spinoza des “Principes de la philosophie” de Descartes est un texte tout à fait précieux, qui est ici:

http://hyperspinoza.caute.lautre.net/spip.php?rubrique317

Les “propositions” sont les théorèmes et chacune est démontrée à partir des axiomes et des autres théorèmes déjà démontrés, la lecture est facilitée par un système de flèches par exemple si vous lisez l’axiome 2:

http://hyperspinoza.caute.lautre.net/spip.php?article1731

Cliquez sur la flèche en haut à gauche pour remonter à l’axiome 1 et sur la flèche en bas à droite pour aller à l’axiome 3..
J’avais écrit un article sur l’introduction à ce texte, introduction qui est ici :

http://hyperspinoza.caute.lautre.net/spip.php?article1719

Et voici mon ancien article :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/03/26/descartes-et-spinoza-les-principes-de-la-philosophie/

qu’il est intéressant de commenter à la lumière du système de l’Ouvert:

Les choses dont nous pouvons et devons douter, ce sont les “étants” du plan vital. Par contre nous connaissons clairement et avec évidence les Idées du plan spirituel, que l’on peut appeler par dualité, comme Frank Jedrzejewski les “unants”, voir:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/04/24/en-france-du-nouveau-franck-jedrzejewski-diagrammes-et-categories-these-et-introduction/

Et l’Un comme dual de l’Etre qu’envisage mathématiquement Frank Jedrzejewski n’est autre que ce que nous appelons ici plan spirituel , dual du plan vital-ontologique.

“« En commentant certains résultats des sciences physiques ou mathématiques, plus particulièrement de la seconde moitié du XXe siècle, on cherche à comprendre l’importance philosophique du concept de diagramme, qui est au cœur de la théorie mathématique des catégories, des topoi et des esquisses. Partant du constat que les diagrammes et catégories contraignent à des options ontologiques, on propose pour étudier leur disposition conjointe de suivre quatre concepts fondamentaux qui forment le quadrilatère épistémique (la virtualité, la fonctorialité, l’universalité et la dualité). Le virtuel est nécessaire parce qu’une table n’existe pas de la même manière que le bleu du ciel qui n’a pas de réalité matérielle. La fonctorialité et le lemme de Yoneda imposent de reconsidérer le statut de l’objet. Le théorème de Diaconescu illustre l’idée que la logique immanente d’un lieu est déterminée par le topologique, que la logique n’a pas l’importance qu’on lui accorde parfois. L’universalité et la dualité déplace la notion de vérité qui n’est plus une simple valuation, mais une vérité-foudre, une vérité-événement qui fonctionne par adéquation et résonance de pans entiers de connaissance et non plus par inférence logique. Le diagramme devient le lieu de cette vérité qui passe par le geste. Dès lors, il devient possible de croiser ontologie et topologie en une onto-(po)-logie (ou une ontologie toposique) qui ne soit pas en contraction avec les philosophies de l’immanence. L’univocité de l’Être ne s’oppose pas à l’approche catégorielle. Plus encore : la prégnance des formes duales incite à penser l’hypothèse que l’Un est le dual de l’Être. »” (Frank Jedrzejewski)

Frank Jedrzejewki a aussi écrit “Ontologie des catégories” qui est en lecture partielle sur Googlebooks:

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/2013/05/04/franck-jedrzejewski-ontologie-des-categories/

Il est impossible et vain de douter de ce que nous apercevons sur le plan spirituel (les Idées, les “unants”) car ce plan se caractérise par son immanence absolue, contrairement aux “étants” (choses, objets) du plan vital qui sont tous “transcendants” selon l’acception de ce terme en phénoménologie husserlienne ( “transcendants” c’est à dire séparés de l’esprit par une “distance phénoménologique”). Donc tout ce qui est sur le plan vital doit être “révoqué en doute” , c’est là la méthode de Descartes par quoi il parvient dans le cogito à trouver un fondement certain de la connaissance, c’est à dire à s’établir sur le plan spirituel où plus rien n’est douteux.

“je doute, je pense, je suis” soit une première vérité absolue d’où découlent toutes les sciences:

Cette vérité découverte, il trouve en même temps le fondement de toutes les sciences et aussi une mesure et une règle de toutes les autres vérités, à savoir :
Tout ce qui est perçu aussi clairement et distinctement que cette première vérité est vrai.

“Aussi clairement et distinctement” signifie en effet que cela est perçu sur le plan spirituel, donc absolument vrai et certain.

Mais Spinoza dépasse ici Descartes en montrant à la fin de cette introduction que les vérités mathématiques sont elles aussi absolument certaines (en tant que se trouvant sur le plan spirituel) alors que Descartes avait envisagé la possibilité (terrifiante) que Dieu soit Infiniment trompeur et puisse ainsi nous tromper dans nos connaissances paraissant les plus certaines ( les connaissances mathématiques) . Spinoza montre que cette éventualité s’ensuit d’une mauvaise appréhension de l’Idée de Dieu comme Perfection, Unité et Intelligibilité absolues , exactement de même que considérer que la somme des angles d’un triangle peut être différente de 180 degrés) .
Nous ne pouvons être certains d’aucune vérité, avant que nous n’avions une idée claire et distincte (une idée aussi claire que les idées mathématiques) de Dieu et si nous avons une telle idée nous ne pouvons pas plus envisager Dieu comme trompeur que nous ne pouvons envisager la somme des angles d’un triangle comme différente de deux angles droits.
Avoir une Idée claire et distincte de Dieu signifie: comprendre que Dieu s’identifie à l’Idée de Dieu , Idée qui se trouve sur le plan spirituel. Ce qui a empêché Descartes d’avoir une telle Idée, et l’a amené à douter des vérités mathématiques qui sont indubitables car se trouvant sur le plan spirituel, c’est que Descartes ne s’était pas complètement libéré de sa foi chrétienne, alors que Spinoza, apres le Herem de 1656, était complètement libéré de la “religion” juive qui avait empoisonné son enfance:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/le-herem-destruction-de-spinoza/

Or comme le remarque Brunschvicg:

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

“Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique… ”

le christianisme reste, comme les autres “religions” , établi sur le plan vital: c’est pour cette raison que Descartes a commis cette erreur gravissime (car elle fermait la voie vers le plan spirituel à l’humanité , cette voie passant par la Mathesis). L’Idée de Dieu, qui est Dieu lui même, doit être comme les autres Idées , qui se trouvent toutes sur le plan spirituel, formée par notre esprit sur le mode mathématique, exactement comme l’Idée du Triangle, ou l’Idée du cercle qui avait permis à Grothendieck enfant de s’établir sur le plan spirituel, voir :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/05/31/la-revelation-mathematique-recue-par-alexandre-grothendieck-au-camp-dinternement-de-rieucros/

Le Mal c’est l’erreur : le Dieu Infiniment Trompeur, qui a trompé jusqu’à Descartes lui même, c’est l’Idée fallacieuse de Dieu implantée dans les têtes des enfants , le “Dieu des nourrices” disait Descartes, c’est à dire le Dieu présent dans les contes de nourrices, celle d’un Etre “Tout Puissant et Tout Connaissant ” doté d’une Volonté libre. C’est là une fausse Idée de Dieu, dont se rendent coupables les “religions” et qui ne peut qu’aboutir à des catastrophes :guerres de religion, massacres, etc…jusqu’à DAESH actuellement. Mais le “Dieu des philosophes et des Savants” , “aperçu par la Raison désintéressée” vient heureusement rectifier cette erreur:

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

“Si les religions sont nées de l’homme, c’est à chaque instant qu’il lui faut échanger le Dieu de l’homo faber, le Dieu forgé par l’intelligence utilitaire, instrument vital, mensonge vital, tout au moins illusion systématique, pour le Dieu de l’homo sapiens, Dieu des philosophes et des savants, aperçu par la raison désintéressée, et dont aucune ombre ne peut venir qui se projette sur la joie de comprendre et d’aimer, qui menace d’en restreindre l’espérance et d’en limiter l’horizon.”

. Cf aussi le chapitre V “Dieu” du livre “Héritage de mots, héritage d’idées” de Brunschvicg :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/heritage_de_mots_idees/heritage_de_mots.html

Ou bien le “Cours sur Dieu” de Jules Lagneau :

http://alinalia.free.fr/emma/lagneau/Lagneau%201893%20Dieu.pdf

Advertisements
This entry was posted in Christianisme, Descartes, Europe, judaisme, Léon Brunschvicg, Ouvert : dualité plan vital-plan spirituel, Philosophie, Plan vital-plan spirituel, Religions, Science, mathesis, Spinoza and tagged , , , , , , . Bookmark the permalink.