Rudolf Steiner : individuel et universel

Dans ce lien que j’ai déjà cité , Lucio Russo évoque cette lettre de 1894 où Rudolf Steiner répond à Édouard Von Hartmann :
http://www.triarticulation.fr/AtelierTrad/TDK/LR170914.pdf

Et cite le passage suivant où Steiner parle de sa philosophie de la liberté :
“Je ressens moi aussi comme un défaut de mon ouvrage, le fait que je ne sois pas parvenu à répondre en pleine clarté à l’interrogation, en quel sens l’individuel est au fond un universel, le multiple une unité. Mais ceci est peut être la tâche la plus difficile d’une philosophie de l’immanence”

À quoi Lucio Russo ajoute qu’à son avis ce défaut ne se situe pas dans le livre mais dans l’intellect statique avec lequel les lecteurs en entreprennent l’étude d’habitude.

Ainsi, en 1894, six ans avant la catastrophe occultisante et théosophie ante de 1900, Steiner caractérise sa pensée comme une philosophie de l’immanence, un peu dans les mêmes termes où Brunschvicg a pu décrire la sienne, alors qu’après 1900 dans l’anthroposophie on verra le “monde spirituel” se déployer en un séjour où oeuvrent des “entités spirituelles” copiées du livre du pseudo-Denys “Hiérarchies célestes” : anges, archanges, archées, etc…Il y a là une contradiction flagrante, que Steiner essayé à toutes forces de nier, mais que José Dupré explique par la formule lapidaire suivante:
Rudolf Steiner, qui avait été enfant de chœur, n’a pas pu s’empêcher de mordre dans l’énorme gâteau chrétien
En fait Steiner pose deux questions différentes : en quel sens l’individuel peut il être un universel ? Et en quel sens le multiple peut il être une unité ? Deux formes d’interrogations qui semblent orienter la pensée vers les deux conceptions différentes de l’universel que nous avons trouvées dans la mathématique moderne, et que nous avons associées respectivement au plan vital-ontologique et au plan spirituel hénologique :

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/universalisme-concret-categorique-ou-abstrait-ensembliste/

La Mathesis répond aux deux questions que pose Steiner ( et je saisis l’occasion pour noter combien l’intelligence adaptée à la Mathesis est cette pensée dynamique, vivante et non statique que se vante de posséder l’anthroposophie) mais elle le fait de deux façons, selon le plan où se place la pensée : plan ontologique et théorie des ensembles, plan de l’Idée et théorie des catégories. L’universel selon le plan vital-ontologique et le type de pensée qui lui est adapté (et qui est l’intellect statique dénoncé par Steiner dans l’anthroposophie) est un ensemble, il est si l’on veut l’humanité universelle, ou l’Homme universel dont parle Pascal, voir:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/04/26/adam-lhomme-universel-de-pascal-et-le-nouvel-adam/

mais ce que j’avais oublié de dire dans cet article , c’est que cet “Homme universel” peut être lui aussi pensé de deux façons : comme suite des générations humaines successives depuis le “premier homme” jusqu’à l’hypothétique “fin de l’humanité” , envisagé selon la pensée propre au plan vital comme “ensemble” des humains qui se sont succédés sur notre planète et vont continuer à le faire pour un temps indéfini. Il s’agit là d’un ensemble certes mal défini, car à supposer que l’on sache quand l’humanité prendra fin (Rudolf Steiner doit le savoir lui, car il clamait voir par “clairvoyance” les étapes futures du développement humain) il faudra nous pencher sur ses commencements fort entachés d’obscurité : devons nous englober dans l’humain Néanderthal? Selon tout ce que j’ai lu la réponse ne peut être que oui, d’ailleurs il semble que des métissages aient eu lieu dans les grottes préhistoriques et que nous ayions tous ou à peu près des gènes néanderthaliens. Mais la question se pose aussi pour les autres “espèces” paléo-anthropologiques d’hominidés comme l’homme de Flores etc..etc..:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Paléoanthropologie

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Homme_de_Florès

En termes “logiciens” il s’agit là de l’Homme Universel envisagé “en extension”, comme ensemble ou collection d’individus empiriques mais cette Idée dûe de plus au prestigieux Pascal ne doit elle pas être “transportée au ciel” c’est à dire être ramenée à son séjour véritable qui est le plan de l’Idée pour être conçue ” en compréhension” , comme Idée de l’Homme devant être l’étoile polaire guidant nos pauvres vies ? Comment bien mener sa vie, cette pauvre petite chose finie qui ne dure que quelques dizaines d’années, autant dire rien en comparaison des cycles naturels? En se guidant sur ces deux Idées qui sont “au ciel” c’est à dire dans le plan spirituel et l’orientent pour toute conscience humaine, c’est à dire en termes kantiens lui permettent de “s’orienter dans la pensée” ce qui est aussi le problème que pose Badiou et la tâche qu’il fixe à la philosophie: ces deux Idées sont les deux foyers (au sens géométrique des deux foyers d’une ellipse ) du plan spirituel, ce sont Dieu et l’Homme Universel, soit, en résumant et en simplifiant, la Perfection Absolue et le Progrès de la Conscience vers cette Perfection. Sans ces deux Idées, science comme civilisation, qui vont ensemble, sont inconcevables. Je viens d’ébaucher la réponse à la question que se pose Steiner: en quel sens l’individuel peut il être universel? Qui revient au fond à demander :

Comment “l’histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien” peut elle prendre sens et signifier quelque chose justement ? Et un sens universel, valable pour tout être humain non détruit, corrompu et fanatisé par les mythes imbéciles de certaines religions qui veulent soumettre toute conscience, par la terreur et le massacre, à une prétendue “Loi divine” ou bien détruit par les désorientations menant au nihilisme de la version “matérialiste démocratique “moderne des “libertins” de l’époque de Descartes et qui n’ont été rendus possibles justement que par l’ontologisation de us deux Idées radieuses que j’ai évoquées plus haut ? Car si Dieu est, si l’Homme est , alors comment et pourquoi orienter sa vie vers ces deux astres déchus du ciel des Idées en la Terre des objets, des chocs et des réalités que l’on expérimente face à face ?
Ce sont ici les accents nietzschéens du prologue de Zarathoustra qui doivent nous guider, car ils racontent cette tragédie obscure qui mène au Grand enténébrement européen d’après 1914 :

À leurs oreilles les pas du solitaire retentissent trop étrangement à travers les rues. Défiants comme si la nuit, couchés dans leurs lits, ils entendaient marcher un homme, longtemps avant le lever du soleil, ils se demandent peut-être : Où se glisse ce voleur ?

Ne va pas auprès des hommes, reste dans la forêt ! Va plutôt encore auprès des bêtes ! Pourquoi ne veux-tu pas être comme moi, — ours parmi les ours, oiseau parmi les oiseaux ? »

« Et que fait le saint dans les bois ? » demanda Zarathoustra.

Le saint répondit : « Je fais des chants et je les chante, et quand je fais des chants, je ris, je pleure et je murmure : c’est ainsi que je loue Dieu.

Avec des chants, des pleurs, des rires et des murmures, je rends grâce à Dieu qui est mon Dieu. Cependant quel présent nous apportes-tu ? »

Lorsque Zarathoustra eut entendu ces paroles, il salua le saint et lui dit : « Qu’aurais-je à vous donner ? Mais laissez-moi partir en hâte, afin que je ne vous prenne rien ! » — Et c’est ainsi qu’ils se séparèrent l’un de l’autre, le vieillard et l’homme, riant comme rient deux petits garçons.

Mais quand Zarathoustra fut seul, il parla ainsi à son cœur : « Serait-ce possible ! Ce vieux saint dans sa forêt n’a pas encore entendu dire que Dieu est mort ! »

3.

Lorsque Zarathoustra arriva dans la ville voisine qui se trouvait le plus près des bois, il y rencontra une grande foule rassemblée sur la place publique : car on avait annoncé qu’un danseur de corde allait se faire voir. Et Zarathoustra parla au peuple et lui dit :

Je vous enseigne le Surhumain. L’homme est quelque chose qui doit être surmonté. Qu’avez-vous fait pour le surmonter ?

Tous les êtres jusqu’à présent ont créé quelque chose au-dessus d’eux, et vous voulez être le reflux de ce grand flot et plutôt retourner à la bête que de surmonter l’homme ?

Qu’est le singe pour l’homme ? Une dérision ou une honte douloureuse. Et c’est ce que doit être l’homme pour le surhumain : une dérision ou une honte douloureuse.

Vous avez tracé le chemin du ver jusqu’à l’homme et il vous est resté beaucoup du ver de terre. Autrefois vous étiez singe et maintenant encore l’homme est plus singe qu’un singe.

Mais le plus sage d’entre vous n’est lui-même qu’une chose disparate, hybride fait d’une plante et d’un fantôme. Cependant vous ai-je dit de devenir fantôme ou plante ?

Voici, je vous enseigne le Surhumain !

Le Surhumain est le sens de la terre. Que votre volonté dise : que le Surhumain soit le sens de la terre.

Je vous en conjure, mes frères, restez fidèles à la terre et ne croyez pas ceux qui vous parlent d’espoirs supraterrestres ! Ce sont des empoisonneurs, qu’ils le sachent ou non.

Ce sont des contempteurs de la vie, des moribonds et des empoisonnés eux-mêmes, de ceux dont la terre est fatiguée : qu’ils s’en aillent donc !

Autrefois le blasphème envers Dieu était le plus grand blasphème, mais Dieu est mort et avec lui sont morts ses blasphémateurs. Ce qu’il y a de plus terrible maintenant, c’est de blasphémer la terre et d’estimer les entrailles de l’impénétrable plus que le sens de la terre !

Jadis l’âme regardait le corps avec dédain, et rien alors n’était plus haut que ce dédain : elle le voulait maigre, hideux, affamé ! C’est ainsi qu’elle pensait lui échapper, à lui et à la terre !

Oh ! cette âme était elle-même encore maigre, hideuse et affamée : et pour elle la cruauté était une volupté !

Mais, vous aussi, mes frères, dites-moi : votre corps, qu’annonce-t-il de votre âme ? Votre âme n’est-elle pas pauvreté, ordure et pitoyable contentement de soi-même ?

En vérité, l’homme est un fleuve impur. Il faut être devenu océan pour pouvoir, sans se salir, recevoir un fleuve impur.

Voici, je vous enseigne le Surhumain : il est cet océan ; en lui peut s’abîmer votre grand mépris.

Que peut-il vous arriver de plus sublime ? C’est l’heure du grand mépris. L’heure où votre bonheur même se tourne en dégoût, tout comme votre raison et votre vertu.

L’heure où vous dites : « Qu’importe mon bonheur ! Il est pauvreté, ordure et pitoyable contentement de soi-même. Mais mon bonheur devrait légitimer l’existence elle-même ! »

L’heure où vous dites : « Qu’importe ma raison ? Est-elle avide de science, comme le lion de nourriture ? Elle est pauvreté, ordure et pitoyable contentement de soi-même ! »

L’heure où vous dites : « Qu’importe ma vertu ! Elle ne m’a pas encore fait délirer. Que je suis fatigué de mon bien et de mon mal ! Tout cela est pauvreté, ordure et pitoyable contentement de soi-même. »

L’heure où vous dites : « Qu’importe ma justice ! Je ne vois pas que je sois charbon ardent. Mais le juste est charbon ardent ! »

L’heure où vous dites : « Qu’importe ma pitié ! La pitié n’est-elle pas la croix où l’on cloue celui qui aime les hommes ? Mais ma pitié n’est pas une crucifixion. »

Avez-vous déjà parlé ainsi ? Avez-vous déjà crié ainsi ? Hélas, que ne vous ai-je déjà entendus crier ainsi !

Ce ne sont pas vos péchés — c’est votre contentement qui crie contre le ciel, c’est votre avarice, même dans vos péchés, qui crie contre le ciel !

Où donc est l’éclair qui vous léchera de sa langue ? Où est la folie qu’il faudrait vous inoculer ?

Voici, je vous enseigne le Surhumain : il est cet éclair, il est cette folie !

Quand Zarathoustra eut parlé ainsi, quelqu’un de la foule s’écria : « Nous avons assez entendu parler du danseur de corde ; faites-nous-le voir maintenant ! » Et tout le peuple rit de Zarathoustra. Mais le danseur de corde qui croyait que l’on avait parlé de lui se mit à l’ouvrage.

cet éclair, cette folie est celle du gouffre, de l’Abîme, du bleu du ciel dans lequel on tombe, comme si l’on était aspiré par la hauteur : et la parabole du danseur de corde qui suit raconte, fait voir le pauvre individu, pauvre personnage tombé par hasard d’un vagin qui se voue encore à ces deux étoiles mortes, car il est vrai de dire que Dieu comme l’Homme sont morts lors du Calvaire de l’Esprit Absolu, de l’Evénement du Golgotha comme dit Steiner.

Oui, l’homme doit être un pont, non un but , un pont ou un arc en ciel qui traverse l’Abîme entre terre et ciel, ou bien le Fleuve ou la mer, pour emprunter ici notre Lumière au conte initiatique (tellement admiré et commenté par Steiner)de Goethe du Serpent Vert qui se sacrifie pour devenir un pont qui franchit le Fleuve et permet ainsi aux humains de passer sur l’autre rive (le plan spirituel) ou bien, à cette fin d’Aurore, “nous autres les aéronautes de l’Esprit”:

https://fr.m.wikisource.org/wiki/Page:Nietzsche_-_Aurore.djvu/418

Nous autres aéronautes de l’esprit.

Tous ces oiseaux hardis qui s’envolent vers des espaces lointains, toujours plus lointains, — il viendra certainement un moment où ils ne pourront aller plus loin, où ils se percheront sur un mât ou sur quelque aride récif — bien heureux encore de trouver ce misérable asile ! Mais qui aurait le droit de conclure qu’il n’y a plus devant eux une voie libre et sans fin et qu’ils ont volé si loin qu’on peut voler ? Pourtant, tous nos grands initiateurs et tous nos précurseurs ont fini par s’arrêter, et quand la fatigue s’arrête elle ne prend pas les attitudes les plus nobles et les plus gracieuses : il en sera ainsi de toi et de moi ! Mais qu’importe de toi et de moi ! D’autres oiseaux voleront plus loin ! Cette pensée, cette foi qui nous anime, prend son essor, elle rivalise avec eux, elle vole toujours plus loin, plus haut, elle s’élance tout droit dans l’air, au-dessus de notre tête et de l’impuissance de notre tête, et du haut du ciel elle voit dans les lointains de l’espace, elle voit des troupes d’oiseaux bien plus puissants que nous qui s’élanceront dans la direction où nous nous élancions, où tout n’est encore que mer, mer, et encore mer ! — Où voulons-nous donc aller ? Voulons-nous franchir la mer ? Où nous entraîne cette passion puissante, qui prime pour nous toute autre passion ? Pourquoi ce vol éperdu dans cette direction, vers le point où jusqu’à présent tous les soleils déclinèrent et s’éteignirent ?

Et quant au “misérable asile” d’une place , ou d’un foyer (et pas au sens géométrique, cette fois), ou d’une secte, ou d’une religion, pas besoin de préciser mon sentiment…

Steiner, grand admirateur de Nietzsche et qui était venu le visiter dans sa clinique, a compris soyons en sûrs la noirceur de son péché contre l’Esprit puisqu’il occupait en 1900 le poste ou la posture de Zarathoustra face à un foule d’âmes modestes, ouvriers brisés déjà en ces années là par l’Industrie et qu’il n’avait à leur présenter que la paroi verticale de la Liberté que propose pour l’ascension la philosophie de l’immanence radicale de “La philosophie de la liberté”. Steiner avait donc une tâche très importante : sauver ces âmes perdues des griffes du marxisme, ou de l’anarchisme “révolutionnaire ” ( en ces temps là le nazisme et ses joueurs de flûte de Hameln n’était pas encore là pour entraîner ces masses vers la montagne du Néant) or au lieu de s’en acquitter Steiner a déserté pour servir à des gens sans culture et sans éducation scientifique les contes de nourrices de la théosophie.. Qui sait si cette désertion n’a pas eu des conséquences sur le chaos allemande d’après 1918 et tout ce qui s’en est ensuivi? Steiner l’éducateur répétait à tous ses interlocuteurs : ” comportez vous en toutes circonstances comme si vous aviez une mission” et il avait raison. Mais lui en avait une, de mission, et il l’a trahie. ou alors que n’est il retourné à la rédaction d’une revue littéraire comme il l’avait fait plus jeune? Bref on voit qu’ici Steiner n’a pas choisi la voie qui seule aurait permis à l’individu immensément doué qu’il était ( les “talents” de la parabole évangélique ) de mettre ses dons au service de l’Idée de l’homme universel, ce qui constitue aussi la seule réponse pratique et non théorique à sa question de 1894 sur l’individuel et l’universel : la seule manière pour l’individu, qui n’a pour seul domaine de validité que le plan vital (ce qui est individuel et singulier chez moi c’est la forme de mon corps, mon “caractère” , ce que l’on inscrit en général dans une autobiographie pour se distinguer de tous les autres “individus”, mes “goûts “, mes tendances, mon psychisme)la seule manière donc pour cet individu de s’élever à l’universel (et non pas d’être un universel, ce qui n’a guère de sens) consiste à vivre sa vie comme “en mission” pour l’homme universel , en tant qu’Idée focale , avec l’Idée de Dieu , du plan spirituel. On se demande comment il peut se faire qu’un jeune homme, tout juste sorti de l’horreur des camps de prisonniers pour étrangers en France (certes ce n’étaient pas les camps nazis de Pologne ou d’Allemagne) peut travailler 18 heures par jour à des recherches “abstraites” (en apparence) de mathématiques. A un âge où les jeunes hommes sont, “normalement”, plutôt portés à conter fleurette aux jeunes filles de leur âge . La réponse est claire: il se souciait de faire avancer la connaissance de cet Homme universel de manière significative dans un domaine, la mathématique, crucial pour l’avancée des connaissances scientifiques théoriques. Et il y a réussi…

Et ce meme s’il tient des propos très durs et désabusés envers la recherche scientifique dans cette conférence-débat devant le CERN en 1972:

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/2015/06/19/alexandre-grothendieck-allons-nous-continuer-la-recherche-scientifique-1972/

Dans cette même conférence il parle de la science grecque des coniques pour la comparer à la mathématique actuelle, et dit qu’elle avait atteint un tel degré de complexité qu’elle a stoppé net, ce qui n’a pas empêché les mathématiques de progresser, mai dans d’autres domaines. Mais il se trompait : j’ai acheté la semaine dernière un livre passionnant
“The universe of conics ” qui montre que ces recherches continuent deux mille ans après:

https://play.google.com/store/books/details/Georg_Glaeser_The_Universe_of_Conics?id=Ua_WCwAAQBAJ

Et Grothendieck, par la théorie des topoi, a donné à la mathématique une impulsion qui durera certainement plus de vingt siècles. Et si pour l’Homme universel mille ans est comme un jour, on peut dire que la vie de Grothendieck compte pour cet Homme universel..

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