Georges Bataille sur “Le bleu du ciel” (1935)

“J’ai voulu m’exprimer lourdement.

Mais je n’insinue pas qu’un sursaut de rage ou l’épreuve de la souffrance assurent seuls aux œuvres leur pouvoir de révélation.J’en ai parlé ici pour arriver à dire qu’un tourment qui me ravageait est seul à l’origine des monstrueuses anomalies du “bleu du ciel”.

Mais je suis si éloigné de penser que ce fondement suffit à la valeur que j’avais renoncé à publier ce livre, écrit en 1935 . Aujourd’hui en 1957, des amis qu’avaient émus la lecture du manuscrit m’ont incité à sa publication. Je m’en suis à la fin remis à leur jugement.Mais j’en avais même en quelque sorte oublié l’existence.

J’avais, dès 1936, décidé de ne plus y penser.
D’ailleurs entre-temps, la guerre d’Espagne et la guerre mondiale, avaient donné aux incidents historiques liés à la trame de ce roman, un caractère d’insignifiance : devant la tragédie elle même, quelle attention prêter à ses signes annonciateurs?
Cette raison s’accordait à l’insatisfaction, au malaise qu’en lui même le livre m’inspire”

En 1935 Bataille était en cours de séparation d’avec sa femme Sylvia, l’actrice du film de Jean Renoir “Partie de campagne” (1936) (où Bataille apparaît en séminariste)

https://unedemeuresouterraineenformedecaverne.wordpress.com/2014/05/28/jean-renoir-partie-de-campagne-1936/

. Ils ne divorcèrent légalement qu’en 1946, elle épousa en 1953 Jacques Lacan (que connaissait très bien Bataille) avec qui elle vivait depuis 1938.
Dans “Le bleu du ciel” Sylvia apparaît sous le nom d’Edith l’épouse du personnage central Troppmann avec qui il est en cours de séparation et qui téléphone souvent de Brighton en s’inquiétant pour lui.

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