“Le bleu du ciel” (1935): Dirty ( Dorothea)

C’est le début du livre:

“Dans un bouge de quartier de Londres, dans un lieu hétéroclite des plus sales, au sous-sol, Dirty était ivre. Elle l’était au dernier degré, j’étais prés d’elle (ma main avait encore un pansement, suite d’une blessure de verre cassé).Ce jour là Dirty avait une robe du soir somptueuse (mais j’étais mal rasé, les cheveux en désordre).Elle étirait ses longues jambes, entrée dans une convulsion violente. Le bouge était plein d’hommes dont les yeux devenaient très sinistres.ces yeux d’hommes troublés faisaient penser à des cigares éteints. Dirty étreignait ses cuisses nues à deux mains.elle gémissait en mordant un rideau sale. Elle était aussi saoûle qu’elle était belle: elle roulait des yeux ronds et furibonds en fixant la lumière du gaz.

-Qu’y a t’il? cria t’elle

En même temps elle sursauta, semblable à un canon qui tire dans un nuage de poussière.Les yeux sortis, comme un épouvantail, elle eut un flot de larmes.
-Troppmann! Cria t’elle à nouveau.

Elle me regardait en ouvrant des yeux de plus en plus grands. De ses longues mains sales elle caressa ma tête de blessé. Mon front était humide de fièvre. Elle pleurait comme on vomit, avec une folle supplication. Sa chapelure, tant elle sanglotait, fut trempée de larmes.
En tous points, la scène qui précéda cette orgie répugnante-à la suite de laquelle des rats dûrent rôder autour de deux corps étalés sur le sol- fut digne de Dostoievski…
L’ivresse nous avait engagés à la dérive, à la recherche d’une sinistre réponse à l’obsession la plus sinistre”

http://recherchestravaux.revues.org/279

http://www.philippesollers.net/Bataille.html

“Or, dit Bataille (et tous ses romans le prouvent), il est possible de dénuder au fond de chacun de nous une fente qui est la présence, toujours latente, de notre propre mort. “Ce qui apparaît à travers la fente c’est le bleu du ciel dont la profondeur “impossible” nous appelle et nous refuse aussi vertigineusement que notre vie appelle et refuse la mort.

Nous avons ici donné un autre sens à la fente, que nous appelons Ouvert:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/a-propos-de-ce-blog-plan-vital-et-plan-spirituel-dans-leur-dualite-qui-est-louvert/

“Cette dépense systématique, mettant en œuvre une “part maudite”, ouvre un ciel imprévu, “une souveraineté”. A côté des récits de Bataille, la plupart des romans paraissent fades, lâches, timides, apeurés, lourds, lents, économes, et surtout prudes jusque dans leur laborieuse pornographie. L’absence en eux de personnages féminins inspirés est flagrante. C’est toujours le même disque psychologique et sentimental, rien n’est réellement mis à nu, c’est l’ennui conventionnel et déprimé obligatoire.”

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Le_Bleu_du_ciel

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