Les origines du christianisme et le courant “nazaréen”

Cet article du centre de recherche francais à Jérusalem me semble un peu plus sérieux que les sites et forums messianiques illuminés passés en revue dans l’article précédent:

https://bcrfj.revues.org/229

A l’origine du “mouvement” ou “communauté des disciples de Jésus” on observe une désorientation bien compréhensible : celui qui dans l’imaginaire délirant des “messianistes” devait libérer Israel de la domination romaine est mort de manière humiliante sur la croix, entouré par des condamnés de droit commun!

On ne dispose que d’informations données par le courant qui a abouti au “christianisme officiel” soit le courant paulinien , qui est aussi le courant retenu par moi à la suite du livre de Badiou “Saint Paul : la fondation de l’universalisme”:

Alain Badiou, Saint Paul. La fondation de l’universalisme

Car si les nazaréens “judéo-chrétiens” qui ont abouti 5 siècles plus tard au Coran ( ramassis de lectionnaires nazaréens) et à l’Islam (de par l’imposture consistant à cacher l’origine nazaréenne et à attribuer la “descente du Saint Coran” à une “révélation divine faite à Mahomet”), représentent le lien, le pont  entre judaïsme et christianisme, il me semble plus important pour le destin de l’humanité et plus “universel” de réaliser la symbiose entre la Sagesse grecque ( qui donne la science européenne 15 siecles plus tard une fois le retour à la spiritualité pure platonicienne opéré par Descartes et l’aristotélisme empiriste et matérialiste , qui avait empoisonné les mentalités juive, musulmane et européenne , mis à bas) et la tradition juive et cette synthèse est réalisée par Saint Paul . Donc le catholicisme a plus de droits à se dire “universel” (et pas seulement étymologiquement ) que l’Islam.

Cette synthèse entre courant hellène et juif ne va pas de soi: les récriminations “ethniques” (appartenant au plan vital) se font jour:

“19Dans les toutes premières années de la communauté, un événement capital pour notre propos nous est rapporté par les Actes des Apôtres, événement qui nous prouve à quel point la concorde n’était pas aussi parfaite que l’on voudrait nous le faire accroire (Ac 4, 32) :

« En ces jours-là, le nombre des disciples augmentait et les Hellènes se mirent à récriminer contre les Hébreux, parce que leurs veuves étaient oubliées dans le service quotidien » (Ac 6, 1).

20La lecture de ce court fragment à la lumière des premiers chapitres des Actes tels qu’ils nous sont parvenus nous conduit à quelques constats : sa coloration singulière et le fait qu’il rapporte des événements peu favorables plaident pour son authenticité. Comme de coutume, l’événement n’est pas daté. Le rédacteur se contente d’introduire son récit par une formule passe-partout : en ces jours-là.”
Mais le courant “juif” semble dominer :

“24Cette communauté présente une forte coloration eschatologique : on attend les derniers jours, le retour du Seigneur. À telle enseigne que l’on vend ses biens pour en partager le produit (Ac 2, 44-45 ; 4, 32-37), même si quelques-uns, comme Ananie et Saphire, se montrent d’une prudence certaine qui n’eut pas l’heur de plaire à tous (Ac 5, 1-11).”

Même si ce courant est touché par une scission :

“Ceci nous replace devant une donnée bien établie : à la division du monde et à l’opposition Grecs/barbares correspond dans le contexte biblique la division et l’opposition Enfants d’Israël, Peuple élu, Peuple choisi/Nations-Goim.

27« Hébreu » rattaché à un ancêtre plus ou moins mythique ou fictif, Heber, a constitué la plus ancienne dénomination du peuple juif. Il ne revient dans le Nouveau Testament que dans un titre – l’Epître aux Hébreux – qui est certainement postérieur. Par la suite et chez certains écrivains chrétiens, tel Eusèbe de Césarée, le recours à hébreu par opposition à juif sert à désigner le peuple fidèle à Dieu par rapport à ceux qui ont refusé de reconnaître Jésus : « Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu » (Jn 1, 11).”

scission qui est liée à l’apparition du terme “nazaréen” qui évoque à la fois les “judéo-chrétiens” ( adoptant à la fois le Tanakh et l’évangile, alors que les juifs refusent toute compromission avec l’imposteur Jésus)) et les premiers disciples de Jésus ( “vrais” chrétiens):

“28En revanche revient à plusieurs reprises dans les Évangiles et les Actes des Apôtres le terme de nazaréen essentiellement pour caractériser Jésus le nazaréen ou Jésus de Nazareth (Ac 2, 22 ; 6, 14 ; 22, 8 ; 29, 6 ; Mc 2, 23 ; 26, 71 ; Lc 18,17 ; Jn 18, 5, 7 ; 19, 19, etc).

29Un texte va nous retenir qui met en scène Paul comparaissant devant le procurateur romain Félix. Tertullus avocat du Sanhédrin, formule ainsi son accusation à l’encontre de Paul : « Nous avons découvert que cet homme était une peste, qu’il provoquait des émeutes parmi tous les Juifs du monde et que c’était l’un des chefs de file de la secte des Nazaréens (Ac 24, 5), ce que Paul reconnaît lui-même peu après : Je suis au service du Dieu de nos Pères, selon la Voie qu’eux qualifient de secte » (Ac 24, 24).

30Des écrivains chrétiens postérieurs nous affirment que ce terme de nazaréen ou nazoréen a constitué la plus ancienne dénomination des disciples de Jésus, qu’ils se la soient donnée ou qu’elle leur ait été imposée, nous ne pouvons le préciser. Ainsi Tertullien, un rhéteur de Carthage, et surtout deux palestiniens, Eusèbe de Césarée et Épiphane de Salamine. Eusèbe écrit : « Nazareth. Sur la base de ce nom, le Christ fut appelé nazaréen et nous qui sommes présentement dénommés chrétiens avons reçu dans le passé le nom de nazaréen. Et Épiphane de Salamine confirmera : Pareillement, tous les chrétiens furent autrefois appelés nazoréens. »4

31L’étymologie du terme de nazaréen ou nazoréen reste aujourd’hui discutée. Pour certains, il constituerait une dérivation du mot hébreu nazir qui veut dire ascète : pensons à Jean le Baptiste tel que nous le décrivent les Évangiles. Pour d’autres, il viendrait d’une racine hébraïque et voudrait dire observant scrupuleux. Sans vouloir entrer ici dans les détails, il semble avoir été rattaché à Nazareth pour souligner l’origine de Jésus. Par la suite, et dans le milieu des disciples, on aurait procédé à une réinterprétation symbolique du terme à la lecture d’un verset à forte coloration messianique emprunté au prophète Isaïe : « Un rejeton sortira de la souche de Jessé » (le Père du roi David), un surgeon (netzer en hébreu) de ses racines (Is 11, 1). De cette façon aurait été « justifiée » a posteriori la qualité messianique de Jésus dont les disciples seraient alors des messianistes, des Juifs de stricte observance qui croyaient que Jésus était le Messie attendu pour restaurer le royaume d’Israël (Ac 1, 6).“”
Le terme de “judéo-chrétien” est d’ailleurs ambigu et rejeté par les “experts” :
“32La dénomination nazaréen n’a pas retenu l’attention des spécialistes comme il l’aurait fallu. Pour désigner des disciples juifs de Jésus, depuis une étude de F. Ch. Baur sur la communauté de Corinthe publiée en 1830, on a pris l’habitude de parler de judéo-Chrétiens.

33À l’origine, les Notzrim/Nazaréens ne se sont certainement pas demandés s’ils étaient ou non Juifs. C’est pourquoi, ainsi que le souligne avec pertinence J. Taylor5, les dénominations « judéo-chrétien », « judéo-christianisme » sont particulièrement inadéquates et perverses, même si elles sont habituelles et se révèlent difficiles à remplacer.”

J’ai d’ailleurs noté à plusieurs reprises qu’il doit être ´evité pour notre temps : car les “judéo-chrétiens” ce sont les musulmans c’est à dire les gens qui haïssent à la fois les juifs et les chrétiens!!!

“34Le terme est aujourd’hui couramment reçu, même s’il est aussi imprécis qu’inadéquat, parce que son contenu varie avec les auteurs qui l’emploient. Qu’on en juge. Judéo-Chrétien peut désigner tour à tour

un Chrétien d’ascendance juive – sens ethnographique ;
un membre de la communauté primitive de Jérusalem – point de vue chronologique et géographique ;
un Chrétien de culture juive réfléchissant ses convictions en fonction de ses propres référents culturels ataviques, sémitiques aussi bien qu’hellénistiques – point de vue culturel ;
« un judéo-Chrétien est, pour M. Simon, un homme qui se sent, qui veut être et qui est en fait, dans les différentes manifestations de sa vie religieuse, à la fois juif et chrétien », qu’il s’agisse d’un Juif converti ou d’un gentil gagné à l’observance – sens « religieux » ;
un Chrétien cherchant à allier un Judaïsme de stricte observance à sa fidélité à Jésus messie, mais non fils de Dieu – ébionites et autres sectes apparentées – sens doctrinal.

35Par ailleurs, le concept de nazaréen a manifestement connu une évolution et il paraît anachronique d’utiliser les textes d’Eusèbe ou d’Épiphane qui datent du ive siècle pour parler des disciples de la communauté primitive.

36Récusant le terme judéo-chrétien, nous privilégions le concept nazaréen pour désigner une entité propre

37qui se différencie au sein du Judaïsme des débuts de notre ère comme un courant, une secte parmi d’autres ;

38qui se distingue du Christianisme paulinien ou d’expression hellénistique :

par son enracinement juif et son interprétation de l’Écriture ;
par sa pratique des préceptes de la Torah, ce qui leur vaudra la dénomination de « judaïsants » de la part des Chrétiens de culture hellénistique ;
par sa façon de penser et de s’exprimer plus fonctionnelle que spéculative, plus historique que métaphysique ;
par sa conscience de constituer le Verus Israël, l’Israël authentique de l’ère eschatologique, comme la communauté essénienne prétendait déjà l’être.”

Les “nazaréens” sont souvent confondus avec les “ébionites” (y compris par moi) terme employé par Eusebe dans “l’Histoire ecclésiastique” mais si l’on en croit le forum de nos nazaréens contemporains qui eux se revendiquent pleinement juifs , c’est une erreur:

http://messianique.forumpro.fr/t6325-je-cherche-des-ebionites

(Enfin tout cela n’est pas clair, comme d’habitude!)

“Mais aussi chez les ebionites. N oubliez pas que les nazareens etaient persécutés, par le sanhedrin et rome , je renvoi a l acti pilati, livres ecris par un centurion romain proche de pilate, entre autre. Les ebionites avaient l art de la guerre comme les esseniens, on a retrouvé a qumram les livres sur des techniques de dissimulation. Les ebionites, ont enfermés certains de leur dogmes dans l’islam , seuls des lecteurs avertis peuvent les entrevoir. Que le lecteur exerce sont discernement.”
Cet art de la dissimulation n’est il pas devenu la takiya dans l’islam shiite?

Quoiqu’il en soit je ne puis qu’être d’accord avec ceci:

“42Dans ce monde polyphonique et polymorphe que constitue la Palestine à l’aube de l’ère courante, le mouvement des disciples du rabbi Jésus de Nazareth nous apparaît ainsi bien plus complexe et beaucoup moins « unanime » que tente de nous le faire croire le livre des Actes des Apôtres.”

Seulement je dis clairement que je privilégie le paulinisme et que je le considère comme le véritable christianisme et j’explique pourquoi : c’est parce que là se situe la fondation du véritable universalisme qui réalise la synthèse entre sagesse grecque (philosophie) et esprit juif, en privilégiant la première, et qu’il s’agit là de la pierre de fondation de ce que j’ai appelé le “bon Occident” celui dont parle Brunschvicg dans “Humanisme de l’Occident”:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/ecrits_philosophiques_t1/ecrits_philosophiques_t1.html

“Et la même opposition, Orient et Occident pour parler un langage géographique, mais qui est aussi moyen âge et civilisation du point de vue historique, enfant et homme du point de vue pédagogique, a fait le fond de la littérature platonicienne. Quel est le rapport de la mythologie, fixée par le « Moyen âge homérique », à la dialectique issue des progrès de la mathématique ? Le problème s’est resserré sur le terrain de l’astronomie où devaient entrer en conflit, d’une façon décisive, le spiritualisme absolu de Platon et le réalisme d’Aristote. La valeur essentielle de la science, suivant Platon, est dans son pouvoir d’affranchissement à l’égard de l’imagination spatiale. Telle est la doctrine qui est au centre de la République. ”

Et dans l’Homme occidental, court texte datant de 1929 ou 1930:

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/about/

“L’homme occidental, l’homme suivant Socrate et suivant Descartes, dont l’Occident n’a jamais produit, d’ailleurs, que de bien rares exemplaires, est celui qui enveloppe l’humanité dans son idéal de réflexion intellectuelle et d’unité morale”

Le “mauvais” Occident étant celui qui met en œuvre la mondialisation par la destruction idéologique de la notion de frontière, de limite.

Il y a deux sortes d’unification (de l’humanité) : par le haut (par la “réflexion intellectuelle et l’unité morale” dans le “bon” Occident, cartésien et platonicien, dont parle Brunschvicg ) ou par le bas (selon les pulsions d’avoir et de dominer propres au plan vital dans la mondialisation économique et financiere, ou bien dans l’obéissance à une Loi prétendu ment divine, en fait ethnique, chez les nazaréens et leurs héritiers les musulmans) .

Quel fut le destin des nazaréens ? Ils furent chassés de Jérusalem apres 135 et allèrent se réfugier en Syrie où selon les islamologues modernes ils “recrutèrent “, dans leur obsession de “reconquérir Jérusalem” des tribus arabes auxquelles ils enseignèrent leur conception guerrière et haineuse du monothéisme qui devait être imposé à toute l’humanité par une “communauté élue”; voir là dessus “Le grand secret de l’islam”:

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/2015/11/23/olaf-le-grand-secret-de-lislam-dou-vient-le-coran-pas-de-dieu/

https://legrandsecretdelislam.com

Ce lien est très clair sur l’histoire des “judéo-chrétiens” et englobe dans cette histoire le royaume de Palmyre et la reine Zénobie de Palmyre:

http://www.salve-regina.com/salve/Les_judéo-chrétiens_depuis_Qumran_jusqu’aux_origines_de_l’Islam

“Nous assistons au IIIe siècle à une première tentative des Judéo-chrétiens imprégnés de Gnose pour convertir les Arabes de Syrie, qui commen­çaient alors à devenir puissants et organisés.
Les Nabatéens s’étaient installés aux confins de la Syrie. Ils attiraient les tribus groupées en confédérations et alliées aux Romains, ils formè­rent sous Trajan, en 106 après Jésus-Christ, une province romaine et développèrent, en plein désert de Syrie, la ville de Palmyre. Elle prit le nom d’Hadriana en 130 après Jésus-Christ, pour flatter l’empe­reur Hadrien et obtenir sa bienveillance. Au IIIe siècle, c’était une belle ville, gréco-romaine imbue de culture hellénique et de néo-platonisme.
Le reine Zénobie, mère de Waballath et régente au nom de son fils s’efforça alors de construire un empire, sous couleur de protéger les intérêts de Rome. Elle s’annexa la Syrie et l’Egypte. Elle était juive, comme le signale Saint Athanase dans son « Histoire des Ariens » et Sozomène affirme qu’elle « pensait comme les Juifs », c’est-à-dire comme les judéo-chrétiens.
Elle entreprit de ramener ces arabes à peine romanisés à la religion des Nazaréens. Pour cela, elle donna au dieu Bel, des babyloniens, adoré à Palmyre, les attributs de Yahveh. Bel devint le Roi des Dieux, le Dieu bon, le Dieu éternel, le Dieu béni à jamais, le Dieu rémunérateur. Il était représenté avec des rayons comme un soleil et Malakbel s’entendait aussi comme le Roi « Bel ».
De plus, elle acceptait dans une sorte de pan­théon, le « Dieu Alexandre », c’est-à-dire l’empe­reur Alexandre Sévère (222-235), divinisé de son vivant. Il était syrien et pratiquait le culte des judéo-chrétiens. Il aurait voulu « élever à Rome un Temple au Christ et le placer au rang des dieux » nous dit l’historien Lampide. Il avait consacré la chapelle de son palais au culte d’Apollonius de Tyane, du Christ, d’Abraham et d’Orphée. Si l’on précise que les gnostiques avaient assimilé le Christ à Orphée, nous voyons bien qu’Alexandre-Sévère suivait la doctrine des Nazaréens. Il avait donc sa statue à Palmyre. Zénobie organisa un culte monothéiste au Dieu Bel, refusant la Trinité chrétienne, reconnaissant Jésus comme un prophète.
Par ailleurs, elle avait attaché à sa cour le phi­losophe Longin, disciple de Plotin, donc néo-platonicien qui avait manifesté dans son « Traité sur le sublime » son enthousiasme pour la Bible juive.
Zénobie, prosélyte juive, avait assimilé son judaïsme et son christianisme à la doctrine des Platoniciens, mais « revue et accommodée » par Philon d’Alexandrie. Il ne s’agissait pas d’un syncrétisme, comme on l’a dit. Formule paresseuse qui évite d’examiner attentivement cette adaptation de Platon au Judaïsme. Il s’agissait très exac­tement de préparer les arabes à adorer le Dieu des Juifs et de ramener les chrétiens à la pratique du judéo-christianisme.

Les platoniciens dont il est parlé ici n’ont rien à voir avec le spiritualisme pur mathématisant tant admiré par Brunschvicg et qui est avec le cartésianisme et le spinozisme au fondement de sa pensée.

La gnose (le gnosticisme) doit être comprise comme une vision fantasmée du plan spirituel, une sorte de rideau de fumée en provenance des délires et de la psychopathologie du plan vital, et que des (pseudo)-“philosophes” aient trahi la Raison pour se prêter à ces délires “mystagogiques” est une chose bien connue.

Voir aussi :

https://lacontrerevolution.wordpress.com/2016/04/20/comment-la-secte-judeo-nazareenne-a-endoctrine-les-arabes/

et sur Zénobie de Palmyre (la même Palmyre récemment reprise à DAESH par la coalition occidentale):

http://www.empereurs-romains.net/emp38.09.htm

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Septimia_Bathzabbai_Zénobie

L’article du centre français de recherche à Jérusalem est plus vague , tout en explicitant les premiers germes de l’opposition (pour ne pas dire la haine, transmise à l’islam) des nazaréens aux chrétiens pauliniens et aux juifs rabbiniques:

54Rejetés et par le Judaïsme rabbinique et par les tenants du courant chrétien devenu largement majoritaire et considérés par ces derniers comme « judaïsants », les Nazaréens se sont retrouvés assez rapidement dans une sorte de no man’s land. Le renouveau de l’empire perse néo-sassanide vers 220 et la reprise de l’affrontement entre la Perse et Rome a engendré de nouvelles causes de séparation et de divergences entre disciples de culture sémitique et disciples de culture hellénistique.

55Toutefois et en dépit d’une conjoncture difficile, le courant nazaréen vit et se diversifie. En témoignent, entre autres, nombre de faits précis :

des spéculations propres que l’on retrouve dans les écrits de Tatien le Syrien, Bardessane ou Ephrem le Syrien, spéculations qui ont été ignorées ou rejetées par le courant majoritaire d’expression hellénistique ;
comme « hétérodoxes », c’est-à-dire non conformes à la doctrine de la majorité. Ainsi les Elkasaïtes et certains nazaréens au ive siècle ;
des traditions liturgiques particulières comme la pratique quarto-décimane de Pâques, en accord avec la pratique juive. Elle sera encore condamnée au ive siècle. Et aujourd’hui les liturgies des communautés jacobites d’Irak par exemple se revendiquent de la communauté primitive ;
des traductions dans des langues vernaculaires d’écrits reçus par tous les disciples de Jésus, ou d’écrits propres.
56Vraisemblablement, certains nazaréens bi-lingues et/ou bi-culturels ont-ils rejoint le courant majoritaire dit de la « grande Église », tandis que d’autres ont effectivement disparu sans laisser de traces. Certains, s’il faut en croire des auteurs contemporains, auraient même pu rejoindre les disciples de Mahomet.

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