Thèse d’Henri Boulouet “systémique relativisée” : explication de la méthode MCR de conceptualisation relativisée de Mioara Mugur-Schächter

La thèse d’Henri Boulouet est ici :

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01145242

Résumé : La notion de ‘système’ est omni présente dans nos conceptualisations du Réel et dans l’élaboration de nos projets. L’incapacité de lui conférer pourtant une définition généralement et scientifiquement acceptable questionne les traits les plus profonds de la conceptualisation classique, ceux qui fondent les langages courants, les grammaires et la logique classique. Ces traits sont rigidement liés à la croyance que ce que nous connaissons est ce qui existe ‘vraiment’, tel que nous le connaissons. Or cette croyance est démentie par la microphysique où il apparaît que nous engendrons nos connaissances de fond en comble, aussi bien les ‘entités’ que nous examinons, que les qualifications de celles-ci. La Méthode de Conceptualisation Relativisée (MCR) de M. Mugur-Schächter établit que ces processus d’engendrement sont soumis à des relativisations dont l’explicitation précise les significations et permet de maîtriser les finalités. Il est frappant de percevoir à quel point MCR dissout les ambiguïtés intrinsèques à la notion de système. Mais cette mise au clair implique au préalable la mise en évidence des relativisations qui agissent dans la genèse conceptuelle-factuelle des notions fondamentales de persistance, de continuité, d’état et de causalité. Elle entraine la redéfinition relativisée des concepts de loi de probabilité, d’entropie et de complexité. Le résultat est dénommé Systémique Relativisée (SR). Il possède le caractère d’un infra-cadre méthodologique au développement de méthodes technico-scientifiques spécifiquement adéquates à des domaines d’application particuliers, telle l’Ingénierie Système Relativisée, appliquée à la conception d’artefacts à buts utilitaires.

Elle consiste dans l’application au monde de l’ingénierie et de l’entreprise de la méthode de conceptualisation relativisée (MCR)créée par la physicienne -philosophe-épistémologue Mioara Mugur Schachter dont on trouvera ici les principaux travaux:

http://www.mugur-schachter.net/publications-conférences/publications/

La MCR est basée sur la théorie mathématique des catégories:

http://sd55bf8f7b89db192.jimcontent.com/download/version/1384118125/module/8686758699/name/publications_doc6b2.pdf

et le noyau de cette théorie est expliqué ici par Mme Mugur-Schachter:

http://sd55bf8f7b89db192.jimcontent.com/download/version/1384118343/module/8686777799/name/publications_doc7a.pdf

Mais il est plus facile de commencer par la description donnée par Henri Boulouet en page 2-3 de sa thèse (titre en tête de la page 2 : “le paradigme”) après avoir expliqué en page 1 comment la “systémique relativisée” SR sort de la MCR de Mioara Mugur-Schachter:

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01145242/document

Mais il est important de faire l’effort de lire et de comprendre l’exposition de Mme Mugur-Schachter elle même, notamment sur le sens philosophique de la MRC qui est dans la “chasse aux faux absolus”..

Ne jamais oublier que cette méthode générale utilise le cadre mathématique de la théorie des catégories et qu’elle est en provenance de la microphysique, de ce que l’on appelle communément “physique quantique”, domaine où l’importance du travail de Mme Mioara Mugur-Schächter ne saurait être surestimée :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Mioara_Mugur-Schächter

Une importance qui dépasse largement le cadre de la physique, comme on s’en rendra compte en lisant le livre “Quantum mechanics, mathematics, cognition and action” dont le lien se situe sur la page déjà indiquée ci dessus:

http://sd55bf8f7b89db192.jimcontent.com/download/version/1385562153/module/8761959299/name/TOUT%20KLUWER%20PDF%20SUR%20WEB.pdf

Où Mioara Mugur-Schächter est l’auteur d’une contribution qui explique tous les aspects de cette méthode philosophique générale entièrement formalisée dans la théorie des catégories (dont nous constatons une fois de plus la prégnance):

http://sd55bf8f7b89db192.jimcontent.com/download/version/1385562524/module/8762011299/name/MON%20KLUWER%20FINAL%20.pdf

méthode que je qualifie de “philosophique” parce qu’elle concerne le domaine par excellence de la philosophie : la théorie de la connaissance. Mais cet exposé, le dernier surtout, est difficile et très technique, et il vaut mieux débuter par le rapide survol d’Henri Boulouet en page 2-3 de sa thèse ( lien donné au début), tout en se gardant d’oublier le rappel ci dessus.
Donc, page 2 de la thèse “systémique relativisée” d’Henri Boulouet : Le paradigme :

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01145242/document

“L’entière construction repose sur un unique paradigme fondateur issu du concept MCR de description relativisée d’une entité physique. Nous synthétisons ici la genèse de ce paradigme.”

Et cela commence ainsi :

Toute connaissance intersubjective commence avec l’enregistrement public de traces observables , manifestations d’interactions entre une entité postulée et les appareils biologiques ou fabriqués que l’on se donne pour la décrire

Le mot important ici est “intersubjective” : l’inter subjectivité vient remplacer l’objectivité. Mais il y a aussi “public”, “observables” et “postulée”. Les réflexions développées ici concernent aussi bien la perception d’un objet extérieur dans la vie quotidienne que l’observation d’une entité microphysique au moyen d’appareils sophistiqués . La Tour Eiffel existe t’elle réellement et de manière absolue? Non évidemment ! elle existe de manière intersubjective, c’est à dire pour une certaine communauté d’êtres humains , ceux qui sont venus visiter Paris après la construction de la Tour en 1889 (?) et sont encore en vie pour témoigner , et cette connaissance se transporte à tous (ou presque tous) les êtres humains en vie à l’heure actuelle qui peuvent lire des livres ou des journaux parlant de la Tour Eiffel (donc des aborigènes d’Australie ne sont pas concernés) . Encore doivent ils croire sur parole ces journaux ou ces films télévisés. Mais il n’y aurai aucun sens à dire que la Tour existe pour un éventuel extra-terrestre constitué de manière entièrement différente de nous et ne disposant pas de notre science, car de manière ultime, en dernier recours une “confirmation” de l’existence de la Tour ne pourrait venir que de la science, si les vérifications plus triviales n’avaient pas de sens (pour un être éventuel constitué d’un “corps” totalement différent du nôtre) : comme par exemple se jeter en avion ou deltaplane contre la tour, et constater ce qui arrive, ou bien simplement se jeter contre elle en courant et constater qu’on se fait très mal…

Les considérations ci dessus pourront sembler grotesques: en général, dans la vie quotidienne, et à l’échelle de nos actions humaines, la simple vision et l’accord de témoins sur ce qui est vu suffisent, y compris auprès des tribunaux. Mais nous avons tous vu les scènes du 11 septembre 2001, non pas par vision directe si nous n’habitent pas New York, mais au journal télévisé, de même que nous avons tous vu des images d’Auschwitz et nous savons pertinemment que certaines personnes n’accordent aucun crédit à ce qui est ainsi montré et au récit qui y est accolé. Nous savons aussi de quelle idéologie démoniaque naît le refus de croire aux récits associés à ces images ou films. Donc là l’inter subjectivité trouve ses limites dans l’affrontement des idéologies nées de certaines religions. Mais l’explication du “paradigme” continue et passe aux entités décrites par la science, les critiques de Jean Térémetz accusant les mathématiques de faire de nous des aveugles :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/07/29/jean-vladimir-teremetz-veut-liberer-lhumanite-et-la-science-des-mathematiques/

Trouvent ici une sorte de “réponse” ainsi :

“on conçoit qu’à force d’expériences mémorisées, on parvienne parfois dans le “monde classique” à constituer une forme spatio-temporelle publique de l’entité à décrire : un peu comme un aveugle contourne un obstacle à force de tâtonnements avec sa canne blanche”

“Lorsque ces localisations sont le produit de nos perceptions bio psychiques, la tentation d’absolutiser les contours perçus est quasi-irrésistible. Pourtant ces contours ne sont pas forcément pertinents relativement à d’autres modes de qualification, notamment via des instruments d’enregistrements interposés”

La perception est douteuse, tous les juges et policiers le savent. Il existe des photographies d’électrons (voir le livre de Bernaard Pullman : l’atome) alors qu’il ne peut y en avoir de quarks, liés par des énergies trop fortes pour pouvoir être isolés : mais en quoi cela rend il l’électron , cette boule sur une photo, plus réel qu’un quark?

La pensée est première : il ne peut y avoirs en construction intersubjective de connaissances sans conceptualisation construite préalablement (modèle) des moyens par lesquels on “attrape” un fragment de réel physique .

Et chez Mioara Mugur-Schachter, l’existence d’une réalité extérieure exige un postulat . Ces thèses ont beau être dites matérialistes ou réalistes, elles s’inscrivent pour moi dans ce que j’appelle ici “idéalisme”.
“Une entité est un concept construit à partir de convergences statistiques que l’on constate en agissant à certains endroits, à certains moments, en certaines conditions, tout cela préalablement conceptualisé”

Tout ceci (convergence statistique) explique le lourd appareil mathématique mobilisé. D’ailleurs pour parvenir à un accord intersubjectif, il est mieux de s’entendre sur ce dont on parle, et chacun sait combien c’est difficile avec les mots du langage quotidien (cf les débats inter-religieux par exemple) , seuls les termes mathématiques donnent la certitude de s’entendre et de parler de la même chose.
Donc c’est dit : les objections de Jean Térémetz ne tiennent pas, les entités de la physique sont bien des concepts, des notions mathématiques vivant dans des espaces abstraits de représentation (qui de surcroît sont tripartites, comme vu à la fin de la page 2) qui ne nous rendent pas aveugles, mais se substituent à nos yeux de chair lorsque ceux ci ne nous permettent plus de voir. Puisque j’ai parlé récemment de “l’insoutenable légèreté de l’être “:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/07/28/linsoutenable-legerete-de-letre-pour-daniel-day-lewis/

il me reste à terminer sur Œdipe que Tomas compare aux oligarques staliniens de Techécoslovaquie qui “ont couché avec leur mère et tué leur père” et il conclut qu’ils devraient donc se crever les yeux, ce qui lui attire certains ennuis …

bien sûr les freudiens pousseront les hauts cris, mais Œdipe est pour moi une figure du Fils, c’est à dire de l’homme occidental à la recherche de la Sagesse dans la Science . Qu’il ait couché avec sa mère signifie qu’il a cédé à l’attrait de la fusion avec la Nature (plan vital), renonçant à la nécessaire séparation avec elle induite par la Raison . Quant à tuer le Père, se portrait il que cela veuille dire que ces histoires ridicules de “Dieu le père” contenaient une part de réalité , et que tuer le père renvoie à nous autres qui avons tué Dieu et à Zarathoustra? Je garderai un prudent silence là dessus, mais en tout cas “se crever les yeux” signifie clairement renoncer à la vision naturelle par les yeux de chair pour accéder à une vision théorique, “internelle” au moyen des idées du plan spirituel ? Térémetz serait donc un Œdipe lâche , qui ne va pas jusqu’au bout.

Et le fait qu’Oedipe ait été pendu par les pieds:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Œdipe

Nous ramène à l’Arcane 12 du Pendu dans le Tarot :

image

Que j’ai interprété il y a longtemps comme symbole de l’être sur la Voie menant à la Gnose, de l’Amoureux donc (plutôt que le Bateleur-Magicien, que je n’aime pas car il me rappelle trop Hitler) qui a inversé l’attraction et est plus attiré désormais par le ciel (le plan spirituel que par la Terre ( la Nature, le plan vital) :

https://mathesisuniversalis2.wordpress.com/2015/05/07/le-tarot-sur-mathesis-universalis/

et quant au complexe d’Oedipe, on m’excusera d’être grossier, pour une fois:

Fuck It

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