Hollywood confidential (Arte) : l’imbécilité a réussi là où la censure du code Hays avait échoué

Ce documentaire d’Arte :

Montre très bien les mutations qui ont touché le cinéma américain au vingtième siècle.

Citation drôle extraite du documentaire : “Hollywood est un endroit tenu par des juifs pour propager la vision du monde catholique auprès d’une population majoritairement protestante“.Les frères Coen dans “Barton Fink” ne disent pas autre chose
Au début des années 30 c’est l’ère du “pré-code” : une violence extrême est montrée à l’écran dans des films comme “Little Cesar” ou “Scarface”

À partir de 1934-35 c’est le code Hays qui s’applique :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Code_Hays

et cela durera jusqu’aux années 60.

C’est Otto Preminger (réalisateur talentueux) qui lui porte un premier assaut avec “L’homme au bras d’or” ou Sinatra incarne un toxicomane, le film ne cachant rien des aspects les plus “réalistes” de la drogue:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/L%27Homme_au_bras_d%27or

Mais c’est Hichcock qui portera les coups de boutoir les plus efficaces au code Hays, notamment avec “Psycho” et la scène du meurtre sous la douche en 1960.
Ensuite le code cessera de s’appliquer et des films ultra violents comme “Bonnie and Clyde” exagèreront (il y a aussi la “Horde sauvage ” de Sam Peckinpah en 1969, qui est un chef d’œuvre, un grand film”) “Orange mécanique” de Kubrick en 1971 inspirera en Angleterre des passages à l’acte violents, ce qui incitera Kubrick à le retirer de l’affiche pour l’Angleterre seulement.
Ensuite il y a “Taxi driver”(1975) de Martin Scorcese dont la fin est d’une violence extrême , d’ailleurs il sera obligé de ruser pour la faire accepter.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Taxi_Driver

Mais il s’agit d’un grand film, et qui a connu un grand succès populaire, le dernier de ce genre, qui ait gagné sur les deux plans, artistique et populaire, grâce au scénario écrit par Paul Schrader (qui à l’époque, vivant une séparation difficile, habitait dans sa voiture) d’après “God’s lonely Man” de Thomas Wolfe :

http://philosophicalsociety.com/Archives/An%20Existential%20View%20Of%20Loneliness.htm

La violence de la fin n’est pas essentielle au sens du film, qui réside plutôt dans la solitude “métaphysique” de l’individu des sociétés “démocratiques occidentales” :

D’ailleurs dans “Taxi driver” il y a un politicien hypocrite qui vise la présidence, Charles Palantine, dont le slogan fumeux ” We ARE the people” rappelle “La France présidente” de Ségolène Royal. Le film marque ainsi l’écart abyssal entre les masses populaires désorientées et leurs “zélites”, censées les représenter, mais qui ne comprennent rien aux problèmes et aspirations réels de leur électeurs supposés. Il y a d’ailleurs une scène du plus haut comique quand Travis Bickle (De Niro) qui s’est engagé dans la campagne Pro-Palantine juste pour faire la connaissance d’une femme qui l’attire , Betsy (Cybil Shepherd) prend le sénateur-candidat Palantine dans son taxi, et le dialogue de sourds qui s’ensuit:

Apres 1975 c’est le règne des blockbusters et de leur stupidité (un certain nombre d’entre eux est énuméré dans le documtaire d’Arte, le premier étant “Les dents de la mer” qui sort vers ces années là , alors que quelques années avant Spielberg avait fait un petit chef d’œuvre totalement effrayant mais passé inaperçu : DUEL) : il y aura encore de bons voire grands films, comme ceux de Kubrick ou ceux des frères Coen, mais aucun n’arrivera au niveau de popularité des blockbusters qui certes sont très “moraux” ( le méchant perd toujours à la fin) mais surtout très cons ( à part certains comme World War Z que j’ai commenté)

Donc ce que le code Hays n’a pas réussi à faire, le CON-sensus populaire y est parvenu (consensus mou qui n’est jamais que le plus grand commun dénominateur du plan vital, ce qui est acceptable par à peu près tout le monde, et qui varie selon le pays et l’année , ainsi j’ai vu “Gone girl” le jour de sa sortie en France, la salle était bondée, et la Scène du cunnilingus dans la bibliothèque a reçu un bon accueil , meilleurs que l’assassinat sanglant de la fin au cours de l’acte sexuel). Mais pourquoi un film qui montre explicitement du sexe ou de la violence (à condition qu’il n’y ait pas de complaisance) ou le méchant non puni serait il immoral ? Il s’agit de montrer la réalité du plan vital , comme le fait souvent Kubrick , par exemple dans ” Eyes Wide shut ” qui passait hier soir sur Arte. Mais le problème avec Kubrick est qu’il y a une certaine pensée qui s’en dégage et qui va dans le sens de la désorientation de l’âme, de l’enfermement dans le plan vital, à cause de la fascination qu’exerce son immense talent sur le spectateur. En tout cas, Preminger avait raison de souhaiter que son “Homme au bras d’or” puisse être vu par tout public, car quel meilleur film pour montrer ce qu’est réellement l’enfer de la drogue (comme de toute dépendance). D’ailleurs si “Shining” de Kubrick est compris pris comme décrivant symboliquement l’enfer de l’alcoolisme vécu par Jack Torrance et sa famille (les spectres et apparitions étant des hallucinations cauchemardesques dûes à l’alcool) cela me va très bien. Mais ce n’est pas le cas, et il y a une complaisance vis à vis du paranormal et de l’irrationnel, d’ailleurs cela sort d’un livre de Stephen King il me semble..

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