#CochetBrunschvicg 1 : objet et objectivité, raison et rationalité

J’ai déjà dans le passé écrit plusieurs actrices à propos et à partir du merveilleux livre de Marie Anne Cochet , datant de 1937:

“Commentaire sur la conversion spirituelle dans la philosophie de Léon Brunschvicg”

Un livre difficile à trouver, j’avais trouvé l’exemplaire que je possède , dédicacé par Marie Anne Cochet elle même à un spectateur (ou une spectatrice) du”Congrès Descartes” qui s’était tenu cette année là à Paris pour les trois siècles du “Discours de la méthode” ( écrit en 1637), la page de titre porte simplement “Souvenir du Congrès ” suivi de la signature de l’auteur et le numéro 237 qui est celui de mon exemplaire (237 = 3 x 79 et 3 + 79 + 1 = 83 qui est premier, j’adore ce genre de nombres que j’appelle “premiers au rang 2”), parmi les 700 parus. Pourquoi est ce que je me laisse aller à ces considérations un peu “sentimentales” ? Parce qu’elles permettent de préciser le sens profond de ce livre peu connu, mais d’une importance extraordinaire, sens que je juge nécessaire de développer ici et qui est le suivant : Mme Cochet, philosophe et femme de lettres belge, est morte juste après la guerre, épuisée sans doute par les privations et les souffrances de cette époque, Brunschvicg quant à lui est mort en janvier 1944, à Aix-les-bains il me semble, il ne reste sans doute plus du corps de ces deux individualités géniales que quelques ossements désséchés, mais l’Esprit qui inspire leurs œuvres, lui, est toujours présent et bien vivant, c’est cela le seul sens qu’il est possible d’assigner à une vie “spirituelle” apres la mort, Marie Anne Cochet dans son livre compare cela à un tableau de Maître sur lequel s’est déposée la “poussière du temps” , il suffit de l’épousseter pour que jaillisse de nouveau comme le jour où il a été peint l’éternelle beauté du tableau. Éternité peut être pas car viendra un jour où la Terre sera détruite, mais j’ai forgé ici le nouveau terme d’Internel et d’internellité ou internité pour désigner ce qui surpasse l’éternité au sens de perpétuité et de durée jamais interrompue, et ce terme convient à ce tableau ou à ce livre imaginés qui surpasse le temps et sa poussière.Les articles que j’avais écrit sur ce livre peuvent être facilement trouvés au hashtag #BrunschvicgCochet 1,2 et 3 :

https://horreurislamique.wordpress.com/2015/03/08/brunschvicgcochet-3-une-theorie-non-dogmatique-de-lobjet-et-de-lobjectivite/?iframe=true&preview=true

https://horreurislamique.wordpress.com/2015/03/01/brunschvicgcochet-1-la-connaissance-integrale/

https://horreurislamique.wordpress.com/2015/03/03/brunschvicgcochet-2-lesprit-humain-saisi-a-sa-source-la-plus-pure/

Et la plupart des autres, ayant un thème proche, sont regroupés ici:

https://horreurislamique.wordpress.com/tag/marie-anne-cochet/

Voir aussi cette page, inspirée à la fois par la pensée de Mme Cochet et par le beau film de Théo Angelopoulos : “La poussière du temps”:

https://unedemeuresouterraineenformedecaverne.wordpress.com/la-troisieme-aile-de-lange/

Mais je vais recommencer ici cette lecture lente, en m’aidant des nouveaux termes et notions spécifiques à ce blog, qui éclairent la pensée de Mme Cochet.

Je repars donc du début, où Mme Cochet analyse la notion de “philosophie comme connaissance intégrale” qui est centrale dans la philosophie de Brunschvicg, et notamment dans sa thèse de 1897 : “La modalité du jugement”:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/modalite_du_jugement/modalite_du_jugement.html

Voir chapitre I paragraphe I “De la notion d’activité intellectuelle”:

Tandis que, dans une science déterminée, le savant étudie, suivant une méthode qui lui est imposée à l’avance, un objet dont il a admis à l’avance l’existence, le philosophe doit commencer par découvrir l’objet et la méthode de sa recherche, objet toujours nouveau, méthode toujours nouvelle, en ce sens qu’il lui demeure toujours possible d’en fournir une démonstration originale et plus profonde. C’est que la philosophie veut être une connaissance intégrale : or une connaissance ne peut espérer de devenir intégrale qu’à la condition de pouvoir sans cesse élargir son objet et perfectionner sa méthode.
Que sera cette connaissance intégrale ? Ce sera, semble-t-il, la connaissance de l’objet total. Les premiers métaphysiciens se sont, en effet, attachés à l’objet pour le déterminer comme total ; mais l’impossibilité d’atteindre à un résultat stable dut convaincre l’esprit que non seulement le problème ainsi posé dépassait la puissance de l’intelligence humaine, mais qu’il était même incompatible avec sa nature. Comment être sûr, en effet, que l’objet était directement atteint, était absolument objet, alors qu’on faisait abstraction de la connaissance que nous en prenons ? Avant de prétendre juger une oeuvre étrangère, il faut en avoir fixé la traduction ; avant de discuter sur l’objet, il faut en posséder la connaissance intégrale. Dans l’ordre philosophique, l’intuition de l’objet suppose la réflexion sur cette prétendue intuition. Bref, la philosophie qui était une ontologie, devint la critique, c’est-à-dire que l’être en tant qu’être cessa d’être une idée philosophique, puisque c’est par définition même la négation de l’idée en tant qu’idée. La spéculation philosophique, étant un genre de connaissance, ne peut décider que de l’être en tant que connu, ou, mieux encore, puisqu’elle pose d’une façon absolue le problème de la connaissance, elle juge la connaissance en tant qu’être. De ce point de vue auquel il faut que l’esprit s’accoutume lentement et laborieusement, la connaissance n’est plus un accident qui s’ajoute du dehors à l’être, sans l’altérer, comme est devant un objet un verre parfaitement transparent ; la connaissance constitue un monde qui est pour nous le monde. Au-delà il n’y a rien ; une chose qui serait au-delà de la connaissance, serait par définition l’inaccessible, l’indéterminable, c’est-à-dire qu’elle équivaudrait pour nous au néant.
En dehors de toute tentative pour atteindre l’objet total, quel moyen reste-t-il à la philosophie pour parvenir à la connaissance intégrale ? Sans prétendre déduire a priori cette connaissance intégrale, ne peut-on tout au moins déterminer les conditions auxquelles elle devra satisfaire ? Tout d’abord, une connaissance ne sera adéquate, ou même homogène, à son objet que si elle est la connaissance de la connaissance même ; autrement, cette connaissance n’est qu’une traduction ou une projection. Il manque à la représentation d’une douleur ce par quoi la douleur est douleur ; le concept d’un acte volontaire n’est pas un acte volontaire. Une telle connaissance est indirecte, et par suite imparfaite. Ainsi, sans nier en quoi que ce soit la réalité de la douleur ou de la volonté, il faut soutenir que leur étude ne peut être la partie fondamentale et primitive de la philosophie, parce que la méthode analytique de la philosophie n’est pas adaptée à de tels objets. La philosophie procède par concepts ; or un concept n’enferme intégralement qu’un autre concept. L’intelligence. n’est transparente qu’à l’intelligence ; la seule certitude peut être objet de certitude. Toute doctrine par conséquent qui présenterait une faculté non représentative, le sentiment ou la volonté, comme supérieure à la représentation et comme indépendante d’elle, sera une doctrine non philosophique. Elle pourra exprimer une grande vérité religieuse ; elle pourra avoir une grande efficacité morale ; mais elle ne sera pas susceptible de justification rationnelle, et elle sera reléguée à bon droit parmi les doctrines qualifiées de sentimentales, de mystiques, ou de tout autre nom qui en marque le caractère irrationnel.
Ce n’est pas tout. Puisque cette étude doit être une étude philosophique, il faut qu’elle satisfasse à une seconde condition. En effet, dans toute étude d’ordre scientifique, l’esprit qui connaît et l’objet qui est à connaître sont en présence l’un de l’autre, tous deux supposés fixes et immuables. Si l’esprit de l’observateur était altéré par l’observation même, si la loi des phénomènes pouvait être modifiée au cours de l’expérience, il n’y aurait plus de place pour une vérité scientifique. Aussi l’étude de la connaissance, quand elle veut procéder d’une façon scientifique, doit-elle se donner à elle-même un objet qui puisse être mis en quelque sorte à l’abri de toute modification survenant au cours même de l’observation et due au caprice de l’observateur ; par exemple, elle enferme la pensée dans le langage qui, par hypothèse au moins, l’enveloppe et la moule exactement ; c’est à travers les formes du langage qu’elle étudie les lois de la pensée, et ainsi c’est à bon droit qu’une telle science peut prétendre à l’objectivité. Mais, à cause de cette objectivité même, cette science n’épuise pas la connaissance de la connaissance. Elle repose, en effet, sur un postulat, parce qu’elle est une science et que toute science implique ce postulat nullement négligeable qui est le savant. Or le savant peut, et doit, s’étudier lui-même. Alors il met en question ce qui était le postulat de la science, c’est-à-dire qu’il franchit les limites de la science pour essayer d’atteindre à la réflexion philosophique. Au regard de cette réflexion, l’analyse de la connaissance est toute différente de l’analyse scientifique que nous présentions tout d’abord. Dans cette science objective de la connaissance, il. était permis au savant, psychologue ou philologue, de comparer les différentes phases par lesquelles passait l’enfant et de suivre l’évolution de son esprit depuis le jeu automatique de la conscience spontanée jusqu’au mécanisme du raisonnement le plus abstrait ; c’est là une question d’ontogenèse, l’étude d’un enfant par un adulte, analogue à celle de l’embryologie. Mais s’ensuit-il que, philosophiquement, la pensée d’un savant lui-même, la pensée rationnelle, ait pu naître à la suite d’une pareille évolution ? qu’elle ne soit que la résultante de sensations et d’associations ? Posée en ces termes, la question n’a plus de sens ; car il faudrait, pour la résoudre, que le savant se supposât lui-même disparu, et se demandât ce qu’il pouvait être avant qu’il fût, qu’il se fît à la fois, suivant l’expression platonicienne, plus jeune et plus vieux que lui-même. La question d’ontogenèse pouvait être résolue facilement du point de vue de la science qui suppose un centre fixe d’observation. Si l’on supprime ce centre, il n’y a plus de prise pour l’analyse et pour la critique : pour se donner l’air d’atteindre l’absolu, on est tombé dans le vide. Ainsi le problème de l’origine que pose l’empirisme échappe à la critique philosophique, dès qu’il veut traiter de l’origine absolue et acquérir une portée métaphysique.

En d’autres termes plus succincts, cette connaissance intégrale ne peut être que celle de l’esprit par lui même conscient par lui même c’est à dire l’appréhension du plan de l’Idée, c’est à dire l’accès de la conscience au plan internel, qui est libération de la poussière du temps : purification du regard pour la vision directe du tableau, dans les termes utilisés ci dessus en nous inspirant de Mme Cochet.
Brunschvicg s’exprime de manière semblable au dernier chapitre de “L’idéalisme contemporain” qui est aussi un de ses ouvrages de jeunesse (1901), qui est cité ici:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/04/30/atheisme-spiritualisme-philosophie-et-sens-commun-selon-brunschvicg/

Comprendre la civilisation à laquelle il appartient, l’âme qui se fait par elle, l’éclairer à la lumière de la réflexion, en y retrouvant l’unité vivante, le foyer intérieur du progrès, l’esprit, telle est l’oeuvre du philosophe.

Cette conception place la philosophie au coeur de la morale comme au coeur de la science, au centre de l’humanité….nous croyons avoir montré que la tradition autorise à lui donner le nom d’idéalisme; mais nous voudrions aller plus loin, et dire que c’est dans cette conception même que l’idéalisme conquiert sa propre vérité.

Tout idéalisme est incomplet et impuissant qui conçoit l’idéal en l’opposant à la réalité;l’idéal, c’est alors ce que nous ne sommes pas, ce que nous ne pouvons pas être, le chimérique ou l’inaccessible.

Et ainsi se constitue le faux idéalisme, celui qui célèbre doctement la banqueroute de la science humaine, afin de fonder la vérité divine sur l’absurdité de la croyance, ou qui s’associe joyeusement sur terre à l’oeuvre d’iniquité, afin de mieux réserver la justice au Ciel ».

mais si l’idéal est la vérité, il est la vie même de l’esprit. L’idéal, c’est d’être géomètre, et de fournir d’une proposition une démonstration rigoureuse qui enlève tout soupçon d’ erreur; l’idéal c’est d’être juste, et de conformer son action à la pureté de l’amour rationnel qui enlève tout soupçon d’égoïsme et de partialité.

Le géomètre et le juste n’ont rien à désirer que de comprendre plus ou de faire plus, de la même façon qu’ils ont compris ou qu’ils ont agi, et ils vivent leur idéal.

Le philosophe n’est pas autre chose que la conscience du géomètre et du juste; mais il est cela, il a pour mission de dissiper tout préjugé qui leur cacherait la valeur exacte de leur oeuvre, qui leur ferait attendre, au delà des vérités démontrées ou des efforts accomplis, la révélation mystérieuse de je ne sais quoi qui serait le vrai en soi ou le bien en soi; le philosophe ouvre l’esprit de l’homme à la possession et à la conquête de l’idéal, en lui faisant voir que l’idéal est la réalité spirituelle, et que notre raison de vivre est de créer cet idéal.

La création n’est pas derrière nous, elle est devant nous; car l’idée est le principe de l’activité spirituelle… »

Cet “idéal” qui ne peut être créé que par l’homme (et non par Dieu, comment une Idée créerait elle les Idées?) ce n’est autre que le “plan internel” et la création est devant nous parce que notre tâche humaine est cette création , qui consiste à faire passer l’Etre en Savoir et en Idées : tel est le sens de l’existence humaine, et cette “science internelle” que nous cherchons ici sera la physique de la Création : l’Homme est appelé à devenir non pas le “berger de l’Etre” (vision heidegerrienne) mais le Dieu-créateur de l’Idée. Nous avons déjà l’exemple de la mathématique, indubitablement créée par les (ou plutôt certains) humains, pour nous aider à “avaler” cette nourriture certes un peu “solide” aurait dit Saint Paul, un peu “difficile à gober tout cru” aurait dit Mme Rachida Dati en son heure de gloire. C’est pour la “bonne cause”: ainsi seulement déconstruirons nous (détruirons nous) la fausse conception, idolâtre, de Dieu héritée des religions dites “monothéistes”. Mais bien entendu tout ceci devra être démontré par la ”

Nouvelle Science

. Revenons aux lignes de début du livre de Mme Cochet qui s’attachent elles aussi à cette énigmatique “connaissance intégrale”:

L’objet d’une telle connaissance ne devrait il pas être un objet intégral, et un tel objet n’est il pas impensable? Cette objection met immédiatement en lumière un des principes fondamentaux de l’auteur, Léon Brunschvicg , savoir, la distinction entre la notion seconde d’un objet refermé sur lui même qui implique l’immuabilité dogmatique de ce qui est ainsi considéré , et celle d’objectivité , qui désigne une opération nécessairement préalable qui demeure progressive, établissant une convergence de lignes de connaissance diversement engendrées ver un centre commun

Note de moi : c’est cette expression typiquement brunschvicgienne de “convergence de lignes” qui avait tant mis en colère Paul Nizan en 1932 dans “Les chiens de garde” ainsi sans doute que son ami Sartre qui lui évoquait la “boulimie assimilatrice quasi-alimentaire de Brunschvicg ” (ainsi comparé par eux à un ogre) mais ne trouvons nous pas là l’ origine de ce que Badiou met à la place de l’Un métaphysique et théologique, qu’il entend déchoir de sa prépondérance, à savoir le compte-pour-un de la théorie des ensembles, l’Un comme opération assurée par un Sujet (humain)? Telle est en tout cas la façon dont Badiou choisit de suspendre les tourniquets du “Parménide” et les empêcher de tourner: l’opération humaine, la convergence de lignes d’objectivité se substitue à l’objet . C’est ainsi aussi que débute le livre de Charles Singevin : “Essai sur l’Un” :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/04/16/pensee-selon-letre-et-pensee-selon-lun/

sur l’impossibilité de penser l’un “comme une chose ou comme une sphère” , c’est à dire comme un objet ; l’un n’a ni parties, ni figure, ni limite, il n’est donc limité par rien, donc il n’est différent de rien, ni identique à rien. “L’un , si purement et strictement il est un, est une pure indétermination. On n’en peut rien dire, rien penser”

Singevin affirme que “sous l’apparence abstraite, c’est d’un univers qu’il s’agit tres concrètement : cet univers est, pour Platon, celui des Idées”

On n’en peut rien dire, rien penser…si l’on parle ou pense selon les logoi, propres au plan vital-ontologique .. Mais si c’est bien le plan internel, univers des Idées, nous savons déjà que ce sont les mathemata, relations de la science, qui permettent de le penser, non comme objet constitué , mais comme opération constituante de l’objectivité . Les tourniquets du Parménide sont ainsi suspendus : les mathemata permettent très bien de penser une opération du jugement humain, qui est de nature mathématique, que ce soit le compte-pour-un ensembliste ou l’opération-identité sur une autre catégorie.
Lisons pour finir les lignes suivantes de Mme Cochet, opposant “raison , fixée dogmatiquement par ses propres lois (c’est à dire les lois de la logique) et rationalité, incessante organisation du multiple en relations de connexion.
Ou aussi , et c’est là une remarque capitale,” opposition entre la croyance, prisonnière d’elle même, étouffant ainsi l’élan qui l’a suscitée, et la tendance désintéressée vers la vérité, entraînant à un perpétuel effort de vérification, purifiant l’esprit de ce qui lui est étranger, et transmettant, à travers les générations des penseurs, cette conscience intellectuelle, qui marque, avec la conscience sensible, l’opposition qui existé entre règne animal et règne humain

Il ne faut pas confondre résultat et conditions :

Ainsi, l’objectivité n’est pas circonscrite entre les limites qui cernent soit un objet, fût il l’univers, soit une personne, fût elle Dieu; la vérité n’est pas fixée par un dogme, ni la rationalité dans ses lois, mais objectivité, vérité , rationalité sont inscrites par les traces de l’esprit au cours du développement de la conscience intellectuelle de l’homme. Elles ne sont pas des causes, mais des effets

Et cette conscience intellectuelle se développe depuis très longtemps, comme le montrant, bien plus que les fresques de Lascaux, les bâtons d’Ishango :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Os_d%27Ishango

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