Quentin Meillassoux : après la finitude , essai sur la nécessité de la contingence

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Après_la_finitude._Essai_sur_la_nécessité_de_la_contingence

On peut facilement trouver ce livre important, préfacé par Badiou et qui selon ce dernier ouvre une nouvelle voie pour la théorie de la connaissance, chez Gibert notamment, mais on peut aussi le lire sur le web, en format pdf sur Scribd. Apres ce livre sorti en 2006, Quentin Meillassoux a écrit :”Le Nombre et la sirène ” où il “décode” le fameux et très beau poème de Mallarmé “Un coup de dés” et ce second livre se situe dans la continuité du premier. Voici la préface de Badiou à “Après la finitude” qui éclaire la signification de ce titre et le sens profond du livre :

http://www.seuil.com/ouvrage/apres-la-finitude-essai-sur-la-necessite-de-la-contingence-alain-badiou/9782020847421

On reconnaîtra facilement le “ton badiolisant” dans les lignes qui suivent :

La critique empiriste des prétentions universelles de la pensée humaine est-elle réellement fondée ? On sait que c’est le problème de Kant. Mais Quentin Meillassoux montre avec une force étonnante qu’une autre compréhension de cette critique, restée en quelque sorte dissimulée, bien que plus «naturelle», aboutit à un partage des ambitions de la pensée très différent de celui proposé par Kant. Il établit en effet qu’une seule chose est absolument nécessaire : que les lois de la nature soient contingentes.

Ce noeud entièrement nouveau entre les modalités contraires installe la pensée dans un tout autre rapport à l’expérience du monde, un rapport qui défait simultanément les prétentions «nécessitantes» de la métaphysique classique, et le partage «critique» entre l’empirique et le transcendantal.

Cette remarquable «critique de la Critique» est ici introduite sans fioritures, coupant vers l’essentiel dans un style particulièrement clair et démonstratif. Elle autorise à nouveau que le destin de la pensée soit l’Absolu, et non la «finitude» dans laquelle nous nous complaisons en laissant la morale, ou le «retour du religieux», servir de fictif supplément d’âme.
C’est à dire que le livre est une (tentative de ) démolition en règle du kantisme et de l’idéalisme transcendantal, ou idéalisme critique comme l’appelle Brunschvicg.

Ceci au nom d’un réalisme kitsch , selon Pascal Engel, un réalisme qui ressemble à s’y méprendre à un idéalisme:

Le réalisme kitsch

Quant à moi, sur ce blog qui est le mien (si ce n’était pas le cas je serais beaucoup plus modeste et prendrais plus de précautions) j’estime n’avoir plus de temps à perdre à polémiquer et à prendre part à des querelles de mots, c’est à dire de “clochers philosophiques” : j’ai plus important à faire, édifier ici la nouvelle “science internelle” dont j’ai lancé l’idée:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/09/10/cette-nouvelle-science-internelle-cherchee-ici-ne-serait-ce-pas-la-tgd-de-matti-pitkanen/

Que le destin de la pensée soit l’Absolu , cela se dit en les termes de ce blog que ce destin est de s’établir sur le plan internel de l’Idée et de s’émanciper du plan vital où le “pour Nous” a une toute autre signification , celle d’une communauté. En lutte avec les autres pour la survie , et non, comme sur le plan spirituel, au dur labeur de la ” recherche de la Vérité”

Je me contenterai de faire observer que la finitude reste le destin du plan vital et je celui ci ne va pas disparaître comme par enchantement, dans un retour en gloire et sur les Nuées du Messie tant attendu par (certains de) nos Pères , et d’ailleurs Badiou le dit lui même:

Il n’y aura pas d’épiphanie de la Vérité

Donc : tant que nous espérons quelque chose ( une augmentation à la fin du mois, ou bien rencontrer enfin l’Amour, ou même une “partie de baise du tonnerre de Dieu” ) nous sommes dans la finitude , Meillassoux ou pas…. Mais l’antidote à ce poison est indiqué ici, à réciter tous les matins tel un nouvel “Ave Maria” :

Il n’y a rien à espérer, ni à craindre, de la vie, ou de la mort

Et il me semble que cela marche aussi contre la “radicalisation”! (Par contre, contre la stupidité de ceux qui ont inventé ce terme, ainsi que celui d’islamophobie, j’ai bien peur que les dieux eux mêmes ne puissent rien!)
Je possède le livre de Meillassoux, je l’avais lu avec passion à sa sortie, mais dans le fatras de mes livres qui s’entassent un peu partout impossible de retrouver mon exemplaire, avec mes annotations, points d’exclamations et points d’interrogations .. car cette lecture avait occasionné force jurons et perplexités, concernant notamment les notions d’ancestralité , énoncés ancestraux de la cosmologie et corrélationnisme , voici deux liens intéressants là dessus:

http://belcikowski.org/la_dormeuse/quentin_meillassoux.php

http://anaximandrake.blogspirit.com/list/traductions/Brassier_Enigme_du_Realisme.pdf

C’est bien à pister la pensée que l’archifossile nous convie, en nous invitant à découvrir le passage dérobé que celle-ci a emprunté pour réussit ce que la philosophie moderne nous enseigne depuis deux siècles comme l’impossible même : sortir de soi-même, s’emparer de l’en-soi, connaître ce qui est que nous soyons ou pas.

Ce que je ne vois absolument pas, c’est justement en quoi la pensée devrait imiter la perception physique, propre au plan vital : ce rayon de lumière parti il y a des milliards d’années ne peut être “reçu”, vu que par un récepteur physique aux mains d’un observateur humain sur la planète Terre où il aboutit, de même d’ailleurs que ce lapin qui détale dans l’herbe ne peut être vu comme “ce lapin” que par un observateur humain intéressé vitalement à le capturer ou le tuer pour le manger, en l’occurrence donc un chasseur humain . En l’absence de tout observateur, cela n’a pas de sens de dire que “ce lapin est libre de d’étaler dans l’herbe sans etre tué par le méchant chasseur” ;cela n’est “même pas faux” ; tel est le corrélationnisme sur le plan vital , il faut que l’observateur muni de l’instrument adéquat (pas besoin de téléscope pour voir le lapin)se trouve là au bon moment et au bon endroit. Par contre en ce qui concerne la cosmologie et ses énoncés ancestraux (c’est à dire portant sur des événements survenus avant l’apparition de la vie humaine sur Terre, ou même de toute vie, ou même de la Terre) ils n’ont de sens, c’est à dire de valeur de vérité que pour un physicien vivant actuellement et comprenant la théorie qui rend possible de tels énoncés , mais cela n’empêche pas qu’ils aient une validité absolue comme tout énoncé mathématique , c’est à dire comme toute Idée , appartenant au plan “internel”:il faut ici bien faire la différence entre l’Idée, l’élément Absolu et universel , qui appartient au plan internel , et qui se situe selon la terminologie de Mme Marie Anne Cochet dans le “Présent éternel “:

https://horreurislamique.wordpress.com/2015/03/08/brunschvicgcochet-3-une-theorie-non-dogmatique-de-lobjet-et-de-lobjectivite/?iframe=true&preview=true

https://horreurislamique.wordpress.com/2013/04/13/linepuisable-aujourdhui-de-la-connaissance/

https://horreurislamique.wordpress.com/2013/04/28/reconnaitre-loperation-spirituelle-au-coeur-de-la-pensee-reflexive-seule-alternative-aux-formes-modernes-du-mal/

https://horreurislamique.wordpress.com/2013/04/14/quest-ce-que-le-monde-spirituel/

“Présent ´eternel” ou plutôt “internel” qui est identique au plan internel-spirituel, distinguer donc entre l’Idée et la “forme” de cette Idée, à savoir les caractères mathématiques qui servent au physicien humain à exprimer cette Idée, cet élément de pure pensée , et à la représenter aux autres sujets humains engagés dans la même aventure scientifique, la recherche désintéressée (à la différence de la chasse au lapin) de la Vérité .
Méfions nous ici du danger mystique, qui nous guette de façon permanente …comme le dit si bien Brunschvicg :

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

Il ne s’agit plus pour l’homme de se soustraire à la condition de l’homme. Le sentiment de notre éternité intime n’empêche pas l’individu de mourir, pas plus que l’intelligence du soleil astronomique n’empêche le savant de voir les apparences du soleil sensible. Mais, de même que le système du monde est devenu vrai le jour où la pensée a réussi à se détacher de son centre biologique pour s’installer dans le soleil, de même il est arrivé que de la vie qui fuit avec le temps la pensée a fait surgir un ordre du temps qui ne se perd pas dans l’instant du présent, qui permet d’intégrer à notre conscience toutes celles des valeurs positives qui se dégagent de l’expérience du passé, celles là même aussi que notre action réfléchie contribue à déterminer et à créer pour l’avenir. Rien ici qui ne soit d’expérience et de certitude humaines. Par la dignité de notre pensée nous comprenons l’univers qui nous écrase, nous dominons le temps qui nous emporte; nous sommes plus qu’une personne dès que nous sommes capables de remonter à la source de ce qui à nos propres yeux nous constitue comme personne….
Si la pensée (c’est à dire l’élément de l’universalité ) est capable de quitter son centre biologique pour s’installer dans le Soleil (formule extraordinaire qui ne doit pas être prise au pied de la lettre) elle peut bien s’installer ailleurs par exemple dans tel trou noir, au au point d’épingle du Big Bang , avant que le Soleil ne soit : “Avant qu’Abraham fût, Je suis”
Que veut dire “universel” ? Seulement “possédant validité pour tous les êtres raisonnables capables de comprendre la physique” ? Si tel était le cas, nous aurions affaire à la première espèce d’univers elle, l’universel ensembliste, abstrait , valable pour tout sujet (humain ou non) capable de raison et de réflexion. Mais nous savons qu’il y a une deuxième conception, catégorique celle là , de l’universel : l’universel concret qui est une Idée, mathématiquement un universel catégoriqué c’est à dire non pas un ensemble mais une situation où l’on peut garantir l’existence d’un unique morphisme permettant de rendre un diagramme commutatif:

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/universalisme-concret-categorique-ou-abstrait-ensembliste/

En somme ce qui est universel et Absolu, c’est ce qui se situe sur le plan internel, à l’exclusion de tout ce qui est d’ordre vital, individuel, personnel ou meme d’ailleurs collectif, affectif, sentimental ou psychique, bref humain trop humain.Nous comprenons ici combien nous avons eu raison d’étendre l’expression de Léon Brunschvicg qui dans “Raison et religion” parle seulement de l’opposition entre Moi vital et Moi spirituel :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/05/19/brunschvicgraisonreligion-les-oppositions-fondamentales-moi-vital-ou-moi-spirituel/

en parlant de plan vital et de plan spirituel nous universalisons l’opposition seulement humaine des deux sortes de Moi :vital et spirituel (internel). Ce n’est jamais qu’une façon de parler, ou, comme on dit en mathématiques, d’une notation, mais l’histoire de la science est remplie de ces cas où un simple changement de notation a permis de fructueuses découvertes.

Désolé mais je ne vois donc aucune rupture entre la pensée à l’œuvre dans “Apres la finitude” et l’idéalisme critique spiritualiste et mathématisant (pour dire plein de gros mots) :l’idéalisme cela consiste simplement à reconnaître , comme nous le faisons ici, la dualité des plans et la “supériorité” du plan internel sur le plan vital , qui est la même que la supériorité du Jour sur la Nuit, de l’Occident rationaliste et théoriste sur l’Orient mystique et mythologue , de la conscience claire du civilisé sur la conscience rêveuse du sauvage, de la Réflexion sur l’instinct :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/a-propos-de-ce-blog-plan-vital-et-plan-spirituel-dans-leur-dualite-qui-est-louvert/

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