#CochetBrunschvicg 3 : les deux aspects de l’immanence

Venant à la suite de :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/09/18/cochetbrunschvicg-2-genese-du-plan-vital-ontologique/

Où nous avons vu que la conversion de la conscience (conversion véritable, et non pas conversion à une religion particulière qui n’est que l’expression d’un ressentiment contre ce que l’on croit etre les “ennemis” de cette religion, exemple j’ai toujours pu vérifier que les conversions d’européens à l’islam s’originent toujours d’un ressentiment contre les femmes européennes, jugées “trop libres” ou contre les juifs, ou bien souvent contre la religion chrétienne où l’on est né, jugée responsable d’avoir brimé nos inclinations particulières, sexuelles notamment, bref en résumé : la conversion religieuse est une fausse conversion, qui n’a rien de spirituel) , où nous avons vu donc que la conversion véritable implique un retournement (metanoia) , un changement de signe, et pour reprendre les termes utilisés par Mme Cochet :

Le “cela est”, primitivement subi par les sens, qui représentent la périphérie de notre organisation connaissante, aboutit donc aux concepts des êtres, des forces et des choses, que nous appelons l’univers. Mais lorsqu’il est rejoint par le mouvement réflexif, il apparaît comme l’activité unifiante de l’esprit, immanente à la conscience, et le pouvoir de conversion de l’univers créé à l’unité créatrice change le signe de l’action humaine de la passivité des sens à la liberté formatrice de l’intelligence.
Il change également le signe du rapport entre l’être et l’un , car l’être des vivants, des forces et des choses, subi comme positif dans l’univers extérieur appréhendé par les sens, n’est plus jugé que comme une série d’apparences provisoires dans l’opération unitive en acte à l’intérieur de la conscience. Ce rapport de l’immanence spirituelle aux apparences sensibles est le même que celui du présent éternel au temps chronologique

Nous en étions restés au début du chapitre II, pages 53-56. Un peu plus loin, page 76-77-78 et suivantes, Mme Cochet oppose le mystique au philosophe (ou au Savant ) , qui suivent deux démarches unifiantes certes, mais opposées et sont représentés respectivement par Bergson et Brunschvicg :

Le pouvoir unifiant du “Cela est” se montre à la fois intra-phénoménal puisqu’il unifie intérieurement toute forme, tout objet, tout être, et inter-phénoménal, puisqu’il construit les rapports qui unissent les phénomènes entre eux. Son expression est inadéquate, comme toute expression d’ailleurs, à la pureté spirituelle de l’immanence. Il la trahit moins cependant que le passage trop verbal d’un mode à une substance, ou que l’affirmation dogmatique, antérieure à toute dialectique réflexive , d’une activité mystique transcendante à l’homme. L’ affirmation devient inintelligible, sitôt qu’on l’a transforme en substance , n’étant concevable que comme la modalité d’un acte et non comme l’être d’un acte, car l’être d’un acte n’a de rapport absolu qu’à l’unité de l’esprit. Ces positions extrêmes sont trop arbitraires pour être philosophiques. Elles excluent les réductions de la conversion réflexive, qui s’appuient sur les traces de l’esprit; elles ne sont concevables qu’en théologie, à partir d’un Dieu posé comme unité réalisée , donc à partir d’un acte de foi, non d’un acte de connaissance

Que serait un tel Dieu, “Un séparé et transcendant” , dans nos mathèmes explicités dans l’article précédent ? Ce serait l’activité unifiante globale supposée réalisée, celle dont le mathème est le foncteur

1Cat

on aboutit là à une absurdité car par définition le foncteur-identité composé avec lui même redonne..lui même , le même foncteur :

1Cat ° 1Cat = 1Cat

Et ainsi de suite indéfiniment . Il est impossible d’imaginer une fin à ce processus, qui se répète indéfiniment. Supposer l’activité unifiante réalisée, sous la forme d’un “Dieu Un Transcendant” comme le fait le Coran sourate 112, ce serait aussi puisqu’on peut et doit identifier le foncteur identité avec la catégorie Cat ou CAT qui est le mathème du plan internel-spirituel, voir:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/08/25/la-metacategorie-cat-de-toutes-les-categories-comme-modele-mathematique-du-monde-des-idees-de-platon/

ce serait aussi donc considérer que le plan spirituel est Dieu Transcendant à l’homme, hors d’atteinte de l’activité spirituelle humaine, et donc condamner l’humanité au désespoir absolu et au suicide, ce qui est bien ce que fait le Coran pour les meilleurs, les hommes qui valent quelque chose, les spirituels. Pour les autres, les imbéciles, qui reconnaissons le forment la grande masse des musulmans, il vient pallier à cette condamnation sans appel au désespoir avec les promesses fumeuses et ignobles de la sourate 56, promettant aux “élus” une éternité de fornication avec les houris célestes dans les “jardins d’Allah” et l’incroyable c’est qu’ils y croient ( ce ne seront jamais que de grands enfants, que l’on peut Berner facilement) ce qui les force à inventer des fables ridicules pour entretenir l’ardeur “religieuse” des femmes musulmanes qui elles ne se voient pas promettre par le Coran raciste et sexiste des amants (au nombre de 72, comme les houris pour les hommes) infatigables et bien pourvus par la Nature pour les récompenser de leurs bonnes actions; les “Savants” musulmans répondant aux “objections” bien naturelles des femmes nous en assurent voir (attention , vous risquez de mourir de rire,il est vrai que c’est mieux que de mourir par décapitation) :

Voir aussi:

http://therese-zrihen-dvir.over-blog.com/2016/09/72-vierges-les-imams-de-dourous-net-repondent-a-albert-nollet.html?utm_source=flux&utm_medium=flux-rss&utm_campaign=politics

Par contre j’observe que ce discours des “Savants” ne rassure pas les musulmanes ayant des tendances lesbiennes(horresco referens !): ne pourraient elles pas partager les houris avec leur défunt mari (l’homme qui était leur mari en ce bas monde) dans une sorte de partouze céleste qui réjouirait sans nul doute Allah qui doit s’ennuyer un peu, et son plaisir serait encore plus grand si des Archanges bisexuels et membrés comme des rhinocéros (quoique je n’ai jamais vu de rhinocéros au ciel, même à 6 g/l) venaient satisfaire les goûts secrets de Madame et peut être de Monsieur ? Mais arrêtons la plaisanterie, quittons la “religion” pour revenir à la philosophie et à la sévère mathématique:

image

Non recevables en philosophie, elles stérilisent la métaphysique elle même en la fixant dans la rigidité de ses prémisses incontrôlables. d’ailleurs tout acte de foi est l’œuvre du sentiment et non de la raison. Il pose le mystère tandis que la raison pose seulement le problème. Il maintient l’ignorance par le mystère lui-même, élevé au sacré, tandis que le problème entraîné vers l’expérience qui se résout en jugement et en savoir.
Lor sque le mystique refuse à sa sensibilité les contacts extérieurs par lesquels elle doit s’épancher, il la refoule sur elle-même, atteint nécessairement le point fonctionnel de l’unité vitale du corps, et se résorbe dans l’union du rythme cosmique au rythme corporel : c’est l’extase,où, quand la résorption incomplète conserve encore un halo intellectuel, l’inspiration poétique et artistique. En sens contraire, lorsque le savant et l’intellectuel renversent leur mouvement de connaissance, de son point d’expression à son point de conception, ils atteignent la source unitive du pouvoir d’invention.
Dans les deux cas , ce qui est touché, c’est l’immanence du présent éternel; mais le mystique touche l’immanence vitale dans laquelle s’évanouit la conscience, tandis que l’intellectuel touche l’immanence spirituelle, dans laquelle naît , se développe et s’illumine la conscience. La philosophie bergsonienne atteint ainsi l’élan vital ; celle de Mr Brunschvicg, l’immanence spirituelle. Ces deux philosophie ont une même méthode de conversion, mais leur recherche est opposée. Bergson mène cette conversion sur le chemin de la sensibilité . Il cherche “la vie en train de se faire” et il la trouve; tandis que Mr Brunschvicg mène sa conversion sur le chemin de l’intelligence; il cherche l’activité de l’esprit en oeuvre: et il la saisit…. L’immanence se présente ainsi sous deux aspects : l’aspect sensible qui est vie; l’aspect intellectuel qui est esprit. Elle est aussitôt perdue qu’atteinte par le mystique, pour lequel toute réalité connaissable s’efface, et sitôt possédée qu’atteinte par l’intellectuel, qui adhère par la conscience à la puissance de l’esprit. Dans les deux cas, l’individu est éliminé : consumé par l’ardeur du désir et de l’amour pour le mystique; absorbé dans le désir de connaissance pour le philosophe. Ici chaleur et là, lumière. Ces deux résultats sont bien souvent confondus. Mais leurs procédés d’expansion sont différents et suffisent à les opposer . L’action du mystique se propage par la passion, le sentiment, et invoque le mystère; l’action du penseur se propage par la réflexion, le jugement, l’expérience , et poursuit la connaissance claire, dégagée de la sensibilité. Le premier cherche la vérité dans sa joie; le second met sa joie dans la seule vérité

Ces deux aspects de l’immanence correspondent aux deux plans, vital et spirituel. Car seule l’immanence spirituelle, pensée selon l’un, est la véritable immanence , tournée vers l’intériorité. La première , immanence vitale, qui se manifeste notamment dans l’amour sexuel, ramène au
“Cela est” ; la seconde, immanence spirituelle au “cela doit être unifié”(

Un

) . Le trajet entre les deux est la tâche proprement humaine : si le second aspect de l’immanence est raflé dans la Transcendance de l’Un séparé tout accès de la conscience au plan spirituel est dite impossible et tout sens de l’existence humaine s’effondre, sens qui est justement dans cette montée de la conscience vers le plan internel, véritable “itinéraire de l’âme en Dieu” comme disait Saint Bonaventure:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/04/29/oui-notre-existence-humaine-a-un-sens-quel-est-il/

Seulement si nous faisons confiance aux mathèmes que nous avons trouvés , ceci est absurde. La montée vers le plan spirituel se situe dans les foncteurs dirigés de Set vers Cat. De par les axiomes de la théorie, ces foncteurs existent, ils transforment un ensemble en une catégorie, et une fonction entre deux ensembles en foncteur entre les deux catégories-cibles. De même les morphismes identités sur des ensembles sont transformés en foncteurs-identité sur les catégories-cibles de ces ensembles. Pour ces foncteurs “montant vers l’Absolu” les deux foncteurs identité apparaissent comme des éléments neutres pour la composition, c’est à dire que si F est un de ces foncteurs montant :

F: Ens → Cat

Alors composer F avec le foncteur identité laisse F invariant :

F ° 1 Set = F

Et de même:

1Cat ° F = F

Dieu est une Idée (du plan spirituel Cat) pas un étant (du plan ontologique Set) nous avons associé cette Idée à la Teleiosis de Wronski:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/08/26/correspondance-de-louvert-avec-les-idees-de-wronski/

C’est à dire justement avec ces foncteurs “montant” F. Il n’y a rien au dessus et au delà de l’Idée de l’Un-Bien:

1cat

Foncteur Identité qui peut être identifié à Cat .
Nous comprenons maintenant pourquoi l’Idée-Dieu, “suspendue à l’affirmation qui la crée” ne peut pas être au dessus des Idées d’Un et d’Etre , dont les mathèmes sont Cat et Set ; c’est que le mathème de l’Idée-Dieu , que nous n’avons pas encore défini précisément, consiste en tous les foncteurs montant de Set vers Cat, qui forment une catégorie notée:

CatSet

Ou :

[Set, Cat]

Ou certains de ces foncteurs.

Mais tous ces foncteurs, pour avoir un sens, ont besoin des deux catégories source et cible :Set et Cat rien que pour être définis (rappel : la notation Set est en anglais, elle correspond à Ens en français)

Comme le dit Plotin :”ce n’est pas à moi d’aller aux dieux pour les prier, c’est à eux de venir à moi”

Ou, comme le dit André Simha dans “Manifeste pour l’autonomie”:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2016/01/24/brunschvicgintroduction-un-manifeste-pour-lautonomie/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/06/22/individuation-universel-et-liberte-le-manifeste-pour-lautonomie-dandre-simha/

Page 50 André Simha précise la véritable nature de cet esprit qui est puissance de comprendre qui fait éclater nos chaînes :
“Il n’y a rien à chercher dans l’esprit au delà de l’unité”
“C’est le fondement infondé de l’esprit : celui ci n’a pas à chercher la raison de sa volonté d’unité , il est unification” et page 50 aussi cette indication claire sur la notion d’esprit individuel :

S’il y a un écart entre un esprit et l’unité, c’est qu’il s’agit précisément d’un esprit individuel et c’est parce que l’individualité exclut la pureté et la perfection de l’unité achevée.”

Il n’y a rien à chercher au delà de l’Idée de l’Un-Bien, qui est au delà de l’Etre et au delà de Dieu, et dont le mathème est :

1Cat

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