HARPER (“Détective privé”) 1966, avec Paul Newman et Lauren Bacall

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On peut le voir sur ce site (ukrainien ou Russe?):

http://uakino.net/video/37281-film-harper-1966-smotret-onlajn.html

Cliquer au centre de l’image à gauche de l’écran, deux fois..il n’y a pas de sous titres mais les dialogues sont traduits en une langue slave par une voix masculine(ou féminine, quand il s’agit de traduire ce que dit une actrice)..expérience surprenante!!!

Il est peut être plus pratique de le voir ici , en vf :

https://m.ok.ru/dk?st.cmd=movieLayer&st.discId=89002150602&st.retLoc=default&st.discType=MOVIE&st.mvId=89002150602&st.stpos=rec_4&_prevCmd=movieLayer&tkn=269

Paul Newman y est toujours Paul Newman, après tout…
Pourquoi (re)voir ce film policier qui est loin de valoir “The big sleep”, sorti vingt ans plus tôt , aussi avec Lauren Bacall? À cause de la performance de Paul Newman, bien sûr, mais le véritable intérêt du film est ailleurs, et hautement philosophique comme on va le voir..

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Cible_mouvante_(roman)

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Détective_privé_(film,_1966)

Ce détective privé Lew HARPER (Paul Newman) est certes honnête, mais il a un métier pas très ragoûtant qui l’amène à côtoyer les pires canailles, ( dont dans ce film une secte servant de paravent à l’immigration illégale de travailleurs mexicains) et dieu sait si elles sont nombreuses les canailles en Californie!

Il est marié à une femme qui l’aime (tiens je suis en train de virer “fleur bleue” moi!) (Janet Leigh) mais qui épuisée par cette vie n’en peut plus et demande le divorce. Un soir où il a failli être tué par une des brutes aux gages des truands qu’il traque, il se réfugie chez sa femme à la recherche d’un peu de chaleur et de tendresse, et d’un lit, avec une femme dedans, disons le tout net! Mais le lendemain matin , après lui avoir promis d’abandonner ce métier et de revenir à une vie “normale” (gratte papier? Fonctionnaire?) et alors que Madame se lève toute joyeuse pour aller préparer le petit déjeuner, le premier de leur nouvelle vie conjugale, il lui dit qu’il doit terminer son enquête et se montre inflexible. Pourquoi fait il cela ? On ne peut quand même pas parler ici , comme pour Gary Cooper dans “High Noon” de sentiment du devoir moral :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/05/26/brunschvicgraisonreligion-exemple-3-des-oppositions-fondamentales-high-noon-de-fred-zinneman-1952/

ou du “il faut” transcendantal issu du monde spirituel : il méprise les gens (généralement très riches sans l’avoir mérité, à la suite de fraudes et d’escroqueries) qui l’emploient tout autant que les petites crapules médiocres et violentes qu’il poursuit.

C’est avec la scène de la fin que l’on comprendra un peu mieux ce qui le pousse à continuer cette vie solitaire et pas très enrichissante, que ce soit financièrement ou humainement. Il découvre à la fin que son ami de toujours, l’avocat-conseil qui l’a engagé pour débrouiller une affaire de rapt , est en fait le coupable du meurtre : il n’a pas enlevé son patron le richissime escroc mais l’a finalement tué , une fois que le détective l’a localisé en arrivant avant lui sur les lieux, non pas par appât du gain, mais parce qu’il “aimait” sa fille si jeune et “attirante” et ne supportait plus que ce père monstrueux la détruise et surtout qu’il se moque de leur “amour”. Pour HARPER le résultat, la “prime” est là: dans cette découverte toujours nouvelle que tous les humains ou presque sont menés par leur instinct (son ami l’avocat dit aimer cette femme Miranda mais en fait ce qu’il désire c’est une fille attirante et bien plus jeune que lui) , cette acquisition toujours neuve et différente d’une “connaissance” sur la saloperie du monde (du plan vital) qu’il n’aurait jamais imaginée tout seul : le monde nous surprend toujours! Au fond il trouve auprès des racailles qu’il fréquente la même joie que Spinoza trouvait à mettre en face à face des mouches et des araignées (Quand j’étais gamin j’aimais organiser des combats entre fourmilières, c’est grave docteur?). Il sait qu’il ne vaut pas mieux que tout ce cheptel humain méprisable, mais ce sentiment d’avoir toujours encore et déjà découvert la “vérité” (atroce) sur le monde lui permet de tenir, de se supporter lui même et de supporter la vie.
D’une manière générale le “détective privé”, dans les intrigues policières, symbolise le philosophe, à la recherche de la vérité. Ce n’est pas le cas du policier de commissariat, qui a une hiérarchie au dessus de lui, et n’est pas libre de chercher comme il l’entend. D’ailleurs les relations entre le détective privé et le “poulet” de quartier sont généralement tendues , comme par exemple dans un autre film policier intéressant : “Chinatown” de Roman Polanski (1975) où la performance de Jack Nicholson est tout aussi remarquable que celle de Bogart dans “The big sleep” ou celle de Paul Newman dans “HARPER”.
Encore se gardera t’on d’évoquer ici “The big Lebowski” , pastiche ébouriffant quoique subtil de “The Big sleep” où le détective privé devient le “Dude”, un vaurien (Jeff Bridges) ne désirant que vivre en parasite de la société.. et où la recherche de la vérité cédera la place au bowling et à la petite vie de trois minables …en Californie, toujours! Mais la mort “the big Sleep” , le Maître absolu (il y a quelque chose d’hégélien chez Philip Marlowe, mais pas chez le “Dude”) jouera son rôle éternel à la fin, (le vent des côtes de Californie rejetant les cendres de ce pauvre Donny sur les lunettes du “Dude”), avec aussi une histoire d’oreille tranchée, rappelant un film de David Lynch…
Seigneur ils ont des yeux et ils ne voient pas, des oreilles et ils n’entendent pas! Ainsi va le train de l’histoire , “jusqu’à la dernière syllabe du registre des Temps”

Quand je vous disais que le roman policier mène à la philosophie, en tout cas le roman de Ross Mac Donald “The moving target” écrit en 1949 d’où est tiré le film “HARPER”:

https://www.jstor.org/stable/pdf/29533588.pdf?seq=1#page_scan_tab_contents

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https://fr.m.wikipedia.org/wiki/The_Big_Lebowski

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