Il y a trente ans : WE ARE THE WORLD

Un peu plus de trente ans :le 28 janvier 1985, est sorti ce clip “USA for Africa- we are the world” (“nous sommes le Monde”!!!!!!) :

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https://fr.m.wikipedia.org/wiki/We_Are_the_World

Les paroles (de Michael Jackson plus que de Lionel Richie, si l’on en croit la sœur de Jackson, La Toya Jackson, dans la page Wiki ci dessus) et la traduction sont ici:

http://www.lacoccinelle.net/248828.html

C’est de cette époque que date le “style de langage” du “Je suis” “Nous sommes” qui a resurgi en 2015 dans le “Je suis Charlie”, au fond ce qui manquait au clip de 1985 pour donner sa pleine puissance c’est Internet et Twitter qui ne sont arrivés que 10 ou 15 ans après : l’appel à l’unification du “Monde” ressemble fort à une prière pour que le web mondial naisse.

Seulement cet “Esprit” ne dépasse pas le Monde justement, le plan vital, Et le “Dieu” pater familias fait son apparition :

“We are all a part of God’s great big family
Nous faisons tous partie de la grande famille de Dieu”

Et l’on croirait entendre la campagne d’Hillary Clinton “stronger together” dans ces mots :

“When the world must come together as one
Où le monde doit se rassembler”

Mais le Monde, le plan vital, est incapable de s’unifier lui même, soumis qu’il est aux tendances vers l’éclatement : cinq ans plus tard, juste après la chute du Mur, venait la guerre du Golfe, puis le 11 septembre puis en 2009 le délire mondial à l’occasion de la mort infamante de Jackson drogué aux petites pilules de son médecin-dealer. L’unité est dans l’Esprit, qui est au delà du Monde et de la vie, et il ne suffit pas d’évoquer les enfants et l’évangile pour le faire descendre sur les 44 chanteurs-apôtres. Si le cirque du show-biz était un temple et non un bordel, ça se saurait!

Barry Levinson dans “Wag The dog” en 1997 se moque de manière acerbe de ce show et il a bien raison:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/11/08/barry-levinson-wag-the-dog-1997-en-vf-des-hommes-dinfluence/

Mais l’appel “entendu” au début du clip ne renvoie t’il pas au “Ruf des Gewissens” heidegerrien ?

“There comes a time, when we need a certain call
Nous sommes à une époque, quand nous sommes confrontés à un appel”

Cela ne manque pas d’un certain piquant, lorsque l’on constate, dans les délires de “philosophes” anti-Heidegger la manière dont a été compris cet “appel” de la conscience morale :

Petit contre-dictionnaire Heidegger : APPEL DE LA CONSCIENCE MORALE (Ruf des Gewissens) : De manière parfaitement cynique, et non sans un certain « humour noir », Heidegger nomme par « appel de la conscience morale » cela même qui, sur un mode silencieux, pousse l’aryen de pure souche (Dasein) « dans ses possibilités les plus propres ». L’antisémitisme le plus meurtrier serait ainsi un fait de moralité.

Oui, vous lisez bien :

APPEL DE LA CONSCIENCE MORALE (Ruf des Gewissens) : De manière parfaitement cynique, et non sans un certain « humour noir », Heidegger nomme par « appel de la conscience morale » cela même qui, sur un mode silencieux, pousse l’aryen de pure souche (Dasein) « dans ses possibilités les plus propres ». L’antisémitisme le plus meurtrier serait ainsi un fait de moralité !

On croirait du Bernard Henri Lévy!

Espérons que maintenant que ces chiens ont trouvé un nouvel “os à ronger” : Donald TRUMP (dans le rôle du Führer à petites moustaches), ou un “chat à fouetter” si l’on veut, ils vont foutre la paix à ce pauvre Heidegger qui doit se retourner dans sa tombe…il est vrai qu’ils avaient déjà Poutine! Pas plus tard que ce matin sur FRANCE Info, j’entendais justement Bernard Henri Lévy (l’admirateur de Botul l’être mythique inventé par des plaisantins en goguette ayant sans doute un verre dans le nez) que l’humanité était embarquée dans “un avion dont le pilote, TRUMP, était fou)

Mais je ne peux pas laisser ici se propager ces divagations et vociférations de malades mentaux : je ne suis moi même certainement pas heidegerrien, étant cartésien et brunschvicgien. Il faut quand même garder un minimum de cohérence.

Que faire de tout ce galimatias ?

Or qu’est-ce donc qui, dans l’appel de la conscience, est le discuté, c’est-à-dire l’advoqué ? Manifestement, le Dasein lui-même. Cette réponse, cependant, est aussi indéterminée qu’incontestable. Car si l’appel avait un but aussi vague, il ne demeurerait tout au plus pour le Dasein qu’une incitation à prêter attention à soi. Seulement, il appartient essentiellement au Dasein d’être ouvert à lui-même avec l’ouverture de son monde, de telle manière qu’il se comprend toujours déjà. L’appel atteint le Dasein dans ce se-comprendre-toujours-déjà quotidiennement et médiocrement préoccupé. C’est le On-même de l’être-avec préoccupé avec autrui qui est atteint par l’appel.

Un « appel de la conscience » ne se réfère à l’évidence à aucune autre « chose » qu’au Dasein lui-même. C’est de lui dont il est question dans l’appel. Mais pourquoi dire « Dasein » et non par exemple « l’être humain » ? Nous l’avons vu ailleurs : Dasein est le nom de code pour « aryen » en tant que mythe de la suprématie de la race blanche allemande. Cette suprématie Heidegger la conçoit et la formule en tant que le Dasein parle la seule et unique langue vivante de l’être (après le grec des présocratiques). Ainsi le Dasein est privilégié quant à la possibilité de l’ouverture d’un monde et de la compréhension qu’il a conjointement de lui-même en tant qu’élu pour l’Ouvert. Mais pourquoi y-a-t ’il appel c’est-à-dire pourquoi y-a-t ‘il « quelqu’un » qui l’entend et qui est atteint par l’appel ? Précisément en vertu du fait que le Dasein – qui n’est autre que l’aryen supérieur parlant la langue de l’être – subit cette situation caractérisée par la déréliction, par la médiocrité d’un quotidien où le règne du On ménage une égalité factice entre ceux qui partagent la même situation. Or ce « ON » anonyme est une figure de l’enjuivement, terme qu’il faut comprendre en un sens très large. Il ne nomme pas seulement la réalité juive, composée en Allemagne de nombreux juifs assimilés et « déjudaïsés » – considérés toutefois comme particulièrement dangereux par les nazis – mais désigne aussi tout ce qui relève d’un façonnage du quotidien par la culture issue du judaïsme, christianisme et démocratie compris. D’abord assimilé à ce ON le Dasein est atteint par l’appel en ce qu’il comprend qu’il a des raisons d’y répondre : il parle la langue de l’être, cet être ignoré et bafoué par la « machination juive ». (Heidegger).

Je dois être analphabète mais je n’ai jamais lu nulle part que le “Dasein” est “un nom de code pour aryen”. Je crois que ces gens là , comme TOUS les cinglés, prennent leurs désirs pour des réalités, un peu comme ces journalistes du Nouvel Obs qui au lendemain de l’arrestation de Mohammed Merah regrettaient que ce soit un mauvais coupable, un “musulman” c’est à dire un “damné de la terre” , et non pas un “bon coupable” d’extrême droatte et “blond aux yeux bleus”.
Mais essayons quand même d’en tirer quelque chose avec notre “Ouvert” à nous qui n’a pas grand chose à voir avec celui de Heidegger, à part la poésie de Rilke, dont je suis un fervent. Le “Dasein” est traduit généralement comme :

“être -(le)- là”

Cela réfère à ce qui est la condition qui fait que la réalité humaine soit toujours en situation, ici et maintenant , et pas ailleurs ou à une autre époque.
Or nous avons vu dans un des articles du hashtag #CochetBrunschvicg , consacré au livre de Marie-Anne Cochet : “Commentaire sur la conversion spirituelle dans la philosophie de Léon Brunschvicg” que c’est notre évitement de l’Esprit, notre “marche tangente à l’Esprit” qui crée le temps, le maintenant -et-ici sous la forme d’une limite spatio-temporelle : ne serait ce pas là une “situation” ou un “être-en-situation”, effet du “Dasein” qui serait alors “marche tangente à l’Esprit”, refus de franchir l’Ouvert, façon de se projeter dans le monde de la présence, de l’être là ? Or ma façon d’interpréter les fables de la Bible relie les hébreux (qui ne sont pas les juifs actuels) à l’Esprit qui est la “Terre promise” après la fuite de l’Egypte qui est la terre de la captivité et de l’esclavage du plan vital et l’errance au désert qui s’ensuit. En somme la condition nomade et errante qui est celle associée inconsciemment aux “juifs” serait le contraire de “l’être -là ” de l’être-installé “à demeure” dans le monde . C’est d’ailleurs bien la thèse de Thomas Mann dans son livre en quatre volumes “Joseph et ses frères” qui raconte en allemand justement ces vieilles histoires:

http://www.revue-silene.com/f/index.php?sp=comm&comm_id=134

Ce passage particulièrement délirant du “philoblogzophe” :

“D’abord assimilé à ce ON le Dasein est atteint par l’appel en ce qu’il comprend qu’il a des raisons d’y répondre : il parle la langue de l’être, cet être ignoré et bafoué par la « machination juive ». (Heidegger). L’appel de la conscience morale n’est donc en rien appel, chez Heidegger, à la solidarité, à l’entraide, à l’empathie voire à la charité mais bien plutôt appel à se détacher du ON pour assumer un destin absolument séparé. C’est ce destin que promet précisément Hitler dans Mein Kampf.”

viserait (sans rien en savoir) l’appel de l’Esprit (et non de l’Etre qui est etre-dans-le-monde) qui est effectivement rupture et délivrance de la quotidienneté du “On” mais il s’adresserait au juif qui se trouve en tout homme , c’est à dire à l’Homme de l’Esprit qui doit “errer au désert” . Sauf que ceci est exactement l’inverse du schéma décrit par le philoblogzophe:

Petit contre-dictionnaire Heidegger : APPEL DE LA CONSCIENCE MORALE (Ruf des Gewissens) : De manière parfaitement cynique, et non sans un certain « humour noir », Heidegger nomme par « appel de la conscience morale » cela même qui, sur un mode silencieux, pousse l’aryen de pure souche (Dasein) « dans ses possibilités les plus propres ». L’antisémitisme le plus meurtrier serait ainsi un fait de moralité.

C’est le “juif transcendantal” (ou peut être mieux vaudrait dire l’hébreu, mot lié à une racine qui veut dire “passer, être passant”) l’homme intérieur à tout homme existant quelle que soit sa langue, qui est visé et doit être atteint par l’appel “moral” à quitter l’Egypte de la médiocrité du “On”. J’aurai fait ce que j’ai pu: le délire mène à tout, à condition d’en sortir.

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