#CochetBrunschvicg 12 : trois types d’êtres humains donc trois conceptions de Dieu, trois dieux en guerre

Page 181, Mme Cochet oppose, comme Brunschvicg, pensée de l’être et pensée de l’Un, transcendance et immanence , c’est à dire en fait nos deux plans, vital-ontologique et spirituel-internel, correspondant à deux pensées mathématiques : ensembles et catégories

au contraire de la dialectique de l’être, la dialectique de l’Un se dilate en TOUS sens sans s’épuiser; elle engendre sans se nier, elle multiplie sans confondre, elle divise sans diminuer. Le refus de finalité n’est pas accepté par l’être: l’élan vital, étant élan, commence et finit nécessairement. Mais l’un, immanence même, ne connaît ni commencement, ni fin, étant l’acte du présent éternel. La conscience intellectuelle se développe par la transformation des jugements sensibles, automatisés dans l’être corporel, en jugements réfléchis, dirigés par l’intelligence en vertu de son pouvoir unifiant” .

La conscience intellectuelle est la dernière et plus haute étape que doit atteindre la conscience , après s’être libérée de la prison des instincts transformée par l’utilitarisme social en cage dorée de l’intérêt individuel, pour quelques uns, les “privilégiés”. Platon exprime ces vérités sous le voile du mythe dans le “Timée” , aussi Brunschvicg s’en détourne, ne s’attachant qu’à la doctrine mathématique, mais Marie Anne Cochet sait lire ce qui est recouvert du voile des fables enfantines:

il y a 23 siècles, Platon à conté allégoriquement dans le Timée le drame de la conscience individuelle , sociale et spirituelle. Ce mythe est, comme TOUS les mythes platoniciens, la traduction imagée d’une science profonde des hommes, de leur société, de leur pensée. Dans l’eschatologie du Timée comme dans celle du Phèdre, l’âme qui chez les Grecs représente notre conscience, étant le lieu des jugements, doit s’établir dans une exacte médiété entre le cercle du même (intelligence qui unit) et le cercle de l’autre (instinct qui déchire l’unité) .Cette médiété rend admirablement compte de ce que doit être la conscience intellectuelle s’établissant en dominatrice dans la correspondance que réalise l’action entre les deux pôles de l’intelligence et de l’instinct qui sont pour la pensée ce que le Temps et l’espace sont pour l’univers des sens. Et nous ne devons pas oublier, après cette antique leçon, immanente à tous les temps, que l’instinct, cheval noir du Phèdre, cercle de l’autre du Timée, doit être dirigé par l’intelligence, cheval blanc du Phèdre, cercle du même du Timée.

Il faut sans doute chercher là la signification de l’arcane VII du Tarot :

Le chariot ou le char

qui représente l’entité humaine psycho-bio-spirituelle unifiée et bien dirigée par le cocher (la Raison) (d’autres l’associent au thème de la Merkabah en Kabbale)

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L’avertissement suivant, rédigée en 1937, lors de la montée de l’hitlérisme et de sa mystique de nuit, de sang et de brouillard, doit être pris très au sérieux, compte tenu de la montée mondiale de l’Islam, ce nouveau nazisme qui veut exterminer les juifs partout, et après viendra le tour des chrétiens, puis de TOUS ceux qui refuseront de se convertir à la nouvelle mystique , du désert et non plus des forêts et des brumes nordico-germaniques, mais heureusement TRUMP, POUTINE et FILLON, le trio de choc de l’Occident, seront là pour mener le combat contre la Bête Féroce islamique sanguinaire, (une fois neutralisée la Merkel , ancienne allemande de l’Est qui est tout simplement une bolchevique c’est à dire une nazie, d’où sa sympathie pour l’Islam), main dans la main avec Israël, Tsahal et Avigdor Lieberman , pour éviter une nouvelle Shoah au nom d’Allah:

sitôt qu’une société ébranle ses masses par une mystique, même posée sur un progrès moral clairement réfléchi par ses chefs, elle met en jeu une force aveugle qui déchaînera les instincts contre le progrès lui même . Il en est de même à l’intérieur des consciences. Rien ne doit être réalisé par la passion, mais par la réflexion sévèrement vérifiée

Toujours la réflexion, unique méthode de la science et de la philosophie, ennemie des pseudo-humains guidés par l’instinct et symbolisés par le mythe du vampire et du mort-vivant :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/11/23/carl-dreyer-vampyr-1932-un-etrange-et-admirable-chef-doeuvre/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/08/12/qui-sont-les-zombies-de-world-war-z-les-radicalises-daujourdhui/

mais ni chez les chefs nazis, ni chez les leaders musulmans actuels, je ne vois de “progrès moral clairement réfléchi”.. à part la lapidation des femmes adultères et l’enfermement en prison des malheureuses qui ont été violées, “double peine” (viol plus prison) qui n’a pas l’air de choquer cet islamo-collabo de Sarkozy (ni son âme damnée Bernard Henri Lévy , qui aura plus fait pour faire augmenter l’antisémitisme que TOUS les groupes néo-nazis recensés en Europe ) pas plus qu’Ali Juppé le grand promoteur de l’islamisation heureuse et en pente douce.

Mais voici le passage le plus important de Mme Cochet pages 183-185:(les trois âmes de Platon et Aristote se retrouvent dans l’âme de sensibilité , d’entendement et de conscience, de l’anthroposophie de Rudolf Steiner, trois “niveaux” de l’entité humaine qui sont associés à des époques historiques où ils émergent dans la vie collective et sociale européenne , ainsi l’âme de conscience après 1413, donc en gros au moment, au sens très large, de la révolution intellectuelle scientifique)

Ce que Platon et Aristote appelaient les trois âmes :instinct, intérêt , intelligence, sont les trois étapes que la conscience doit parcourir pour s’humaniser. Par l’âme animale ou conscience de l’instinct (donc inconscient fonctionnel) l’homme communie avec l’animal et l’univers des sens; par l’âme mercantile il entre dans l’univers social; par l’âme intelligente il rejoint l’unité inconditionnée et réalisé la communion spirituelle des humains dans la création d’un univers pensé, intellectuellement conçu et esthétiquement perçu car, suivant le mot très juste de Spengler, la mathématique est aussi un art à côté de la plastique et de la musique . Cette jonction n’unit pas seulement toutes les activités humaines à leur source la plus ascétique, mais à cette source même elle convertit la sensibilité en joie intellectuelle, où la pensée, délivrée des sens, jouit de sa propre beauté : splendeur du vrai.

Descartes n’aurait certainement pas apprécié la citation de Spengler, pourtant ces lignes rappellent son évocation d’un “nouveau monde” dans le “Le Monde ou le Traité de la Lumière”:

http://classiques.uqac.ca/classiques/Descartes/extraits/le_monde/le_monde.doc

Description d’un nouveau Monde
et des qualités de la matière dont il est composé.

Permettez donc pour un peu de temps à votre pensée de sortir hors de ce Monde pour en venir voir un autre tout nouveau que je ferai naître en sa présence dans les espaces imaginaires, Les philosophes nous disent que ces espaces sont infinis et ils doivent bien en être crus puisque ce sont eux-mêmes qui les ont faits. Mais afin que cette infinité ne nous empêche et ne nous embarrasse point, ne tâchons pas d’aller jusques au bout, entrons-y seulement si avant que nous puissions perdre de vue toutes les créatures que Dieu fit il y a cinq ou six mille ans ; et après nous être arrêtés là en quelque lieu déterminé, supposons que Dieu crée de nouveau tout autour de nous tant de matière que, de quelque côté que notre imagination se puisse étendre, elle n’y aperçoive plus aucun lieu qui soit vide.

Voir aussi sur ce projet cartésien :

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-les-raisons-d-un-nouveau-monde-21450.php

Soyons indulgents avec cette énormité des “créatures que Dieu fit il y a cinq ou six mille ans” : j’ai toujours insisté sur le fait que Descartes était un bon catholique , attaché à ne pas choquer sa chère Église, non pas par peur du bûcher mais par un réel amour de la foi catholique et une crainte de lui faire du mal…je trouve cela tellement touchant. Il était réservé à Spinoza qui lui n’avait plus de gants à prendre avec les rabbins qui l’avaient excommunié :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/le-herem-destruction-de-spinoza/

d’ouvrir définitivement ” la voie royale de la spiritualité ” c’est à dire la voie vers le plan spirituel ou nouveau monde de Descartes , comme le dit Brunschvicg dans “Raison et religion” à la fin du chapitre III “Dieu humain ou Dieu divin” :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/brunschvicg_raison_et_religion.doc#c3

Ce n’est donc pas un hasard, non seulement si le cartésianisme concorde, à l’intérieur même de l’Église, avec le mouvement qui marque la revanche de la théologie augustinienne du Verbe sur la théologie thomiste des intermédiaires, mais si avec le Traité théologico-politique et l’Éthique la voie royale de la spiritualité s’est trouvée définitivement ouverte. Peut-être le souvenir de certains Marranes, chez qui les frontières de culte entre juifs et catholiques tendaient à s’effacer au profit de la communauté de sentiment, avait-il contribué à détacher Spinoza de tout préjugé particulariste. En tout cas, à travers le langage substantialiste et l’appareil euclidien, qui pourraient à chaque instant donner le change sur la tendance profonde du système, s’accomplit la désappropriation réciproque et parfaite de Dieu et de l’homme. Le Dieu infiniment infini n’est pas seulement dégagé de toute image plastique suivant le commandement du Décalogue, mais, ce qui est beaucoup plus important et plus rare, affranchi de toute image psychologique. Dès lors nous ne pouvons plus accepter que nous soyons un autre pour lui, et il cesse d’être un autre pour nous. Il n’est pas la puissance supérieure vers laquelle se tourne l’être qui dure, et qui prie pour être soustrait aux lois de la durée. Il est la vérité éternelle en qui une âme pensante acquiert le sentiment et l’expérience intime de l’éternité de la pensée. Ni le soleil ni la mort ne peuvent se regarder fixement, considérés avec les yeux du corps ; mais l’homme dont on peut affirmer sans mentir qu’il est deux fois né, l’astronome d’après Copernic, le philosophe d’après Spinoza, aura la force de les envisager avec les « yeux de l’esprit que sont les démonstrations »“.

De toutes façons je ne cesse de le répéter : certes le spinozisme dépasse et affranchit le cartésianisme, mais sans Descartes pas de Spinoza (et pas de Malebranche non plus): la révolution scientifique eut été privée de sa “conscience intellectuelle ” et l’on peut sérieusement se demander ce que serait l’humanité actuelle :sans doute plus une tribu de singes malins, TOUS musulmans, car l’Europe ne serait plus européenne depuis longtemps très adroits pour faire fonctionner leur téléphone mobile dans le train.. y a t’il vraiment une réelle différence avec ce qui se passe actuellement, ces gens qui font fin des autres voyageurs et tiennent à voix haute des conversations téléphoniques d’une banalité et d’une vulgarité affligeantes? Nous devons répondre oui, car nous n’avons pas le droit de laisser sombrer notre Europe chérie..
Et je ne puis que faire remarquer que cette “nouvelle création supposée” attribuée à Dieu dans le “Traité de la Lumière” (qui est en fait une création par la pensée humaine) constitue un sérieux coup de canif dans les dogmes du créationnisme.

Mais voici les lignes cruciales de Marie Anne Cochet :Dieu vient en trois idées, puisqu’il y a trois types d’humains :(la citation de Brunschvicg est tirée du “Progrès de la conscience”)
Mr Brunschvicg s’exprime ainsi :” Dieu, dans le plan du réalisme physique , sera le Créateur, où tout au moins le Démiurge. Dans le plan du réalisme biologique il sera le Père, ou pour mieux dire l’Absolu du Père, le Père qui n’a pas de Père, , engendrant éternellement l’Absolu du Fils, le Fils qui n’a pas de Fils , enfin dans le plan de l’idéalisme rationnel, il est le Deus interior, unité présente à tout acte d’unité, jugement d’intelligence ou sentiment d’amour.
Ainsi la matière aura son Dieu, la vie aura son Dieu, l’esprit a son Dieu. Or, ces trois Dieux sont ils compatibles l’un avec l’autre?
Hélas non! Et comme autrefois les dieux des hordes primitives, ces trois Dieux se heurtent dans les sociétés humaines.
Pour que Dieu soit en Esprit et en Vérité, continue Mr Brunschvicg, il faut d’abord qu’il ne soit qu’en Esprit et en vérité. Croire ou vérifier, l’alternative est inéluctable

la citation de Brunschvicg se termine ici, mais Mme Cochet ajouté ses propres commentaire, fort éclairants comme d’habitude:

or c’est la sensibilité qui croit, c’est l’intelligence qui vérifie ,et, pour nous, la conscience religieuse est la conscience intellectuelle pure. La conscience intellectuelle seule réalise l’accord des esprits en dehors des passions et des certitudes passionnelles des convictions sensibles. Elle pose cet accord sur une vérité impersonnelle qui enveloppe les humains de leur véritable humanité. L’unité inconditionnée et conditionnante de l’esprit, entendu au sens intelligible du mot, n’a nul besoin d’affirmation ni de mystique. Elle est en oeuvre comme pouvoir unifiant dans la moindre phrase prononcée, dans les souvenirs successifs, dans l’histoire humaine, et, à l’état pur, dans la trace qu’elle inscrit au cœur des œuvres abstraites où s’élabore l’univers humain

On comprend mieux, grâce à la citation de Brunschvicg par Mme Cochet, l’inanité de ces histoires de rois mérovingiens de FRANCE qui seraient paraît il descendants du Christ par Marie Madeleine qui aurait fui Jérusalem et serait venue accoucher en FRANCE, enfin en Gaule à cette époque: une histoire liée paraît il au “terrible secret” de Rennes Le Château et qui est racontée dans plusieurs livres “sensationnalistes” comme “L’énigme du Saint Graal” ou le DaVinci code (livre et film) qui réécrivent l’histoire du monde à la lumière de cette hypothèse.

http://www.rennes-le-chateau-archive.com

http://www.renneslechateau.com/librairie/markale.htm

C’est là confondre deux niveaux, deux plans : celui de l’histoire “en chair et en os”, ce que j’appelle le plan vital , et celui des idées. Là se situe à la fois la plus grande force et la plus grande faiblesse du christianisme, dans le fait que Jésus Christ a une double Nature : céleste et terrestre, humaine et divine, Jésus et Christ, liés de manière indissoluble en un seul être , selon l’Eglise, mais c’est là qu’elle a tort, Jésus Christ n’est pas un étant ayant réellement existé sur le plan vital-ontologique de l’Histoire , mais une Idée , se situant sur le plan spirituel . De même La Croix n’est pas cette Croix sur laquelle a été crucifié Jésus, qui y est mort de sa belle mort et n’est aucunement ressuscité dans un corps de chair , ou un “corps glorieux” (de toutes façons, avec les mots vous pouvez tout inventer et tout prétendre), non La Croix, en son sens le plus Sublime, est une Idée sous la forme d’un symbole géométrique : celui de l’union de l’horizontal du monde , de l’être, et de la branche verticale de l’éternité, ou, comme je l’appelle , de l’internel , de l’Esprit . Si Jésus Christ doit incarner ce que Brunschvicg appelle le “Dieu de la vie” ,le Fils sans fils éternellement engendré par le Père sans père, alors, il s’agit d’une Idée , qui ne doit pas être confondue avec le personnage de Jésus Christ, ou plutôt le doit selon l’Eglise : ce à quoi je procède là est la dissection, l’analyse de ce qui doit rester un Saint Mystère , et hop passez muscade ! La nuit tous les chats sont gris!
C’est la même chose que pour l’Adam universel de Pascal :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/04/26/adam-lhomme-universel-de-pascal-et-le-nouvel-adam/

et d’ailleurs le Christ n’est autre que le “Nouvel Adam”.

Seule la doctrine de l’Ouvert, dualité des plans :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/a-propos-de-ce-blog-plan-vital-et-plan-spirituel-dans-leur-dualite-qui-est-louvert/

mais en l’envisageant dans le cadre d’une philosophie idéaliste : les idées, les pensées n’ont pas “moins de réalité ” que les choses , les étants avec leur présence massive dans le monde. C’est le contraire : les idées sont plus importantes que les choses, elles ont “plus de réalité” mais sous une modalité autre que la présence dans l’espace-temps. Elles n’existent pas (c’est à dire qu’elles ne sont pas situées dans l’espace-temps) , elles sont bien au dessus de tout ce qui existe dans le monde. Il faut se garder de dire, comme les musulmans et le Coran, que l’Idée-Christ est une invention pour tromper le monde. Une Idée n’est pas une Invention , pas plus que l’équation du cercle qui va it tellement enchanté Grothendieck enfant , n’est une Invention de mathématiciens voulant se moquer des autres. Sans les Idées, pas de mathématique, pas de science, pas de “nouveau monde” de Descartes. Nous serions vraiment dans le monde des vampires, de ce que Mme Cochet appelle les hommes-animaux, celui des instincts déchaînés.

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