Pour le 100eme anniversaire de Kirk Douglas :”le dernier train de Gun Hill” (1959)

Ici:

https://m.ok.ru/video/87145384635
Cependant les motivations de Matt Morgan, personnage joué par Kirk Douglas, sont moins “pures” que celles du shérif Kane (Gary Cooper) dans “High Noon” (“Le train sifflera trois fois”) qui est donc “plus haut” (en termes de proximité du plan de l’Idée). Voici d’ailleurs l’article que j’avais écrit sur le chef d’œuvre de Fred Zinneman, réalisé en 1952:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/05/26/brunschvicgraisonreligion-exemple-3-des-oppositions-fondamentales-high-noon-de-fred-zinneman-1952/
Je ne sais pas si j’avais pensé à signaler la fin du film de Zinneman , qui a beaucoup choqué (d’ailleurs Zinneman, d’origine juive, a eu des ennuis avec le maccarthysme) :  Cooper y jette l’étoile de shérif par terre,  dans la poussière: c’est juste un symbole à portée sociale (le maintien de l’ordre) , restreint au plan vital donc. Mais le plan spirituel, au nom duquel le shérif Kane agit,   est absolument séparé et indépendant du plan vital , de la cité, c’est là la dualité des plans qui est l’Ouvert (ou “Abîme” ou “gouffre”ou “

FENTE

“) et c’est aussi le fondement de la laïcité :”rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu”.

Will Kane (Gary Cooper) met sa vie en jeu (mais la pure et simple vie biologique ne vaut rien, et zéro multiplié par plusieurs milliards vaut toujours zéro) non pas parce qu’il est shérif (d’ailleurs il ne l’est plus et toutes les “autorités” de la ville lui disent de fuir) mais parce qu’il le faut , parce qu’il le doit, au nom de l’Impératif du Monde Supérieur (le monde spirituel, plan des Idées) .

Le shérif Will Kane , parce qu’il n’obéit qu’ aux exigences du Monde Supérieur , et non pas à celles de la cité ou “plan des générations successives” devient l’ennemi de sa femme quaker (secte qui restreint sa prétendue “Sagesse non violente” au plan vital) qui le menace de le quitter et met sa menace à exécution, avant de revenir à lui par amour (notion qui, que je sache, n’a pas été inventée par Hollywood, ni par les quakers).. nouvelle illustration de l’évangile :

http://saintebible.com/matthew/10-36.htm

“L’homme aura pour ennemi les gens de sa maison”

Oui , mais quel homme ? L’homme biologique, celui qui en a deux dans le slip ? Que non pas, mais l’homme qui cherche, qui est engagé sur la voie de l’Esprit et ne prend plus ses ordres des “autorités” administratives du plan vital , ou de Mammon.
L’évangile selon Thomas parle de cet homme , ou de cette femme, qui cherche :

http://www.unisson06.org/dossiers/religion/ecrits_spirituels/christianisme/evangile_thomas.htm

“1. Jésus a dit: ” Que celui qui cherche ne cesse point de chercher jusqu’à ce qu’il trouve: lorsqu’il trouvera, il sera ému; et lorsqu’il sera ému, il sera bouleversé de fond en comble et il régnera sur le Tout!

Par contre Matt Morgan (Kirk Douglas dans “Le dernier train de Gun Hill) veut juste venger son épouse indienne violée et tuée par le fils de son vieil ami Craig Belden (Anthony Quinn) , il agit donc et met sa vie en jeu au nom des pulsions instinctives de vengeance et d’amour (du mari pour sa femme) qui sont celles du plan vital, du monde inférieur, ordre de la chair. De même d’ailleurs Craig Belden (Anthony Quinn) veut à tout prix sauver son fils parce que c’est son seul fils, issu de son sang, même s’il réprouve moralement parlant le viol et le meurtre de la femme de son ami, à qui il a sauvé la vie dans le passé et qui a donc une dette envers lui (mais une dette nulle relativement au monde spirituel, puisque la vie biologique ne vaut rien)
John Sturges, vieux renard du western, a bien senti le problème, et c’est pour cela qu’il a fait de l’épouse de Matt Morgan une indienne, afin d’introduire la dimension “morale” de la lutte contre le racisme dans les motivations de Matt Morgan. Mais comme je l’ai déjà démontré , la “morale” n’a rien à voir avec l’exigence spirituelle, et l’antiracisme est impur, puisqu’il se réclame , même négativement, de notions raciales et biologiques issues du plan vital inférieur.
D’ailleurs Sturges est coutumier de ce genre de balivernes :dans “Les  sept mercenaires” (un GRAND film, certes) , Yul Brynner et Steve Mac Queen se distinguent au début du film en risquant leur vie pour permettre qu’un indien puisse être enterré dans le cimetière des “blancs” : alors qu’ils ne sont que des mercenaires, qui louent leur habileté au revolver pour un peu d’argent,  des être vils  et méprisables donc, comme d’autres deviennent gigolos et louent leur talent au lit à des femmes esseulées, ils deviennent par ce haut fait d’armes “antiraciste” des héros, sympathiques d’office pour le spectateur qui en oublie ainsi la seule chose importante (la dualité du monde spirituel supérieur et du monde des corps vivants et des psychés, ou “âmes”, inférieur)
On peut voir aussi “Le train sifflera trois fois” ici:

https://m.ok.ru/video/92001667778

Au fait, et “Les sept mercenaires” en vf, ça ne se refuse pas, pas vrai? C’est ici:

https://m.ok.ru/video/29112732216
C’est vraiment un de mes films préférés, je l’ai vu  à sa sortie alors que j’étais un  tout petit gosse! “Le malheur de l’homme est d’avoir été enfant”

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