Elio Petri : “Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon” (1970) en vf

http://filmvf.ws/enquete-sur-un-citoyen-au-dessus-de-tout-soupcon-streaming.html

(Fermer systématiquement et tout de suite les fenêtres qui s’ouvrent quand on clique sur la flèche blanche au centre de l’écran)

“- Cette fois ci comment vas tu me tuer?”
“- je vais te trancher la gorge”

Deux acteurs extraordinaires : Florinda Bolkan (brésilienne) qui joue aussi (une mangeuse d’hommes ) dans “Le mouton enragé” de Michel Deville (1974)

Et Gian Maria Volonte bien sûr , qui joue aussi dans “Le cercle rouge” la même année 1970.

Admirable est la scène des 10 dernières minutes (disons les 16 dernières minutes, à partir de la fin de l’interrogatoire qui tourne court) en deux versions : l’une fantasmée d’abord , ensuite la réalité qui finit sur une citation de Kafka :
quelque impression qu’il nous fasse, il est le serviteur de la loi :il appartient à la loi et échappe au jugement humain

Oui seulement qu’elle est cette loi ? Est elle , comme on peut le présumer ici, la loi d’une société humaine, que la police est chargée de faire respecter , ou bien est elle , comme dans la nouvelle de Kafka “Le gardien”: la “Loi” , la grande Loi qui selon Raymond Abellio est absence de lois particulières , figure donc de l’Universel, de ce que nous appelons ici “plan spirituel “? En somme cette loi appartient elle au plan vital et social (premier cas, qui correspond à l’histoire racontée par le film, celle d’un policier de l’Italie “démocratique ” de la période juste avant les “années de plomb” qui devient un assassin pour des raisons assez troubles) où se situe t’elle en dehors ? Dans aucun des deux cas le propos de Kafka n’est vrai : rien n’échappe au jugement humain (mais ce n’est pas forcément celui, professionnel et institutionnel, du magistrat) , c’est là le fondement de la pensée idéaliste brunschvicgienne qui inspire les thèses de ce blog. Les Idées ( et ce que Kafka nomme “la Loi” dans sa nouvelle “Le gardien” n’est autre qu’une métaphore juive pour “le monde des Idées”) sont formées par l’être humain, à commencer par la plus importante d’entre elles : l’Idée de Dieu , qui se confond avec Dieu. Formées de façon nécessaire (comme dans le cas des mathématiques) , et non pas contingente comme dans les autres activités de l’homme , mais formées par des êtres humains vivants, appartenant à une “communauté” ou un peuple particulier donc, au cours de l’Histoire.

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