John Frankenheimer :”SECONDS” (1966) ou la seconde naissance confisquée par le délire occidental

On peut voir ce chef d’œuvre ici en anglais :

(C’est sur YouTube, donc dépêchez vous de profiter de l’occasion, cela ne va sûrement pas durer )

J’avais vu ce film en salle et écrit cet article à son propos:

https://unedemeuresouterraineenformedecaverne.wordpress.com/2014/07/19/john-frankenheimer-seconds-1966/

Voir aussi cet article à propos de la scène terrifiante “métaphysiquement ” (alors que la scène de la fin est terrifiante tout simplement):

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/08/10/seconds-1966-de-john-frankenheimer-la-seconde-naissance-travestie-par-la-nouvelle-vie/

Où Will Geers joue le directeur de la mystérieuse “organisation” qui propose à des hommes vieillissant et fortunés de mettre en scène leur “mort” (simulée, mais pour cela il faut bien un cadavre , et qui viendra d’où? C’est la question gênante que ne se pose pas le banquier Arthur Hamilton) et de leur offrir une nouvelle vie sous une autre identité , après une opération qui les rajeunira et les rendra plus “séduisants”. Cet acteur , Will Geer, joue là le diable en personne, il est absolument étonnant .

Voici cette scène terrible :

Toute la stratégie de Will Geer est de persuader le banquier, Arthur Hamilton, que “tout est fini”, ” il n’y a plus rien”, “sa femme et sa fille n’ont plus besoin de lui” , “il n’y a plus de retour en arrière possible” . Bref, la vérité profonde qui est celle du plan vital, mais la vérité n’est pas toujours bonne à dire crûment à des personnes non préparées à l’entendre.

Voir aussi sur cette scène :

https://unedemeuresouterraineenformedecaverne.wordpress.com/2014/08/16/premieres-consequences-de-la-doctrine-dafrican-spir/

Le film a pu être interprété comme “livrant une version paranoïaque de l’American dream” mais en fait c’est le délire occidental qui est jugé et révélé, et son obsession de jeter les idéaux du christianisme, dont la “vie éternelle” et la nouvelle naissance , du ciel en terre, c’est à dire de les interpréter sur le “plan vital” seulement, ce qui est absurde et démentiel . La nature de ce délire est montrée dans une autre scène , à 33minutes 15 secondes sur la vidéo de YouTube: un membre de l’organisation explique au banquier , qui se réveille sous les traits de Rock Hudson et s’appelle maintenant “Tony-Antiochus Wilson” , en quoi va consister sa “nouvelle vie”:

Vous n’avez plus à faire vos preuves..vous êtes accepté tel que vous êtes par le monde qui vous entoure.. vous êtes seul , célibataire, et vous n’avez plus aucune responsabilité, sauf celles qui favorisent vos intérêts.. est ce que ce n’est pas magnifique?

Bref : plus du tout de négativité, le seul aspect, inhérent au plan vital où toute est lutte pour vaincre, à chaque instant, qui puisse faire progresser la conscience et l’orienter vers le plan spirituel et la liberté (ou alors c’est la conscience de Jordan Belfort, le “loup de Wall Street”).

Et Tony-Antiochus Wilson se retrouve artiste-peintre en Californie, où il rencontre une belle jeune femme (Salome Jens) mise sur son chemin par l’organisation (“il n’est pas bon qu’Adam soit seul”) qui l’initie au mode de vie dionysiaque et “émancipé” de ces années là , avant le réveil brutal et atroce du meurtre sauvage et sanglant de l’épouse de Polanski, Sharon Tate, enceinte, et ses amis, dans la luxueuse villa des Polanski à Los Angeles, par une secte de hippies drogués dirigés par Charles Manson.

Le film ne peut donc que se terminer très mal, mais la vraie raison en est que ce n’est pas une “nouvelle vie” (sur le modèle, de l’existence incarnée, sur le plan vital)dont la conscience humaine à la nostalgie et l’obscur désir : seul l’Infini du plan des Idées, du Royaume des cieux , et sa Liberté sont à sa mesure.

Cela ressemble un peu au “Notre besoin de consolation est impossible à rassasier” de Stig Dagerman avant son suicide:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/03/27/stig-dagerman-notre-besoin-de-consolation-est-impossible-a-rassasier/

sauf que la vie spirituelle , sens de l’existence humaine, qui réside dans la Liberté, ne peut pas être une consolation et un bouche-trou, sinon elle est ratée d’avance…

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