James Joyce : les morts

C’est la dernière nouvelle du recueil “Gens de Dublin”, qui est ici:

http://gaogoa.free.fr/HTML/Noeudrondlogie/Joyce/joyce_gens_de_dublin.pdf#page201

(“Les morts” va de la Page 201 à 262)

Voici un article de blog sur “Gens de Dublin”:

https://c4infinity.wordpress.com/2011/03/23/james-joyce-dubliners-«-les-gens-de-dublin-»-partie-2-le-recueil-de-nouvelle/

qui dit ceci , que j’approuve, sur les dernières lignes de cette nouvelle “Les morts”:

Ce dernier paragraphe durant lequel Gabriel laisse son esprit parcourir le passé, l’avenir, les regrets, les amertumes, est l’un des moments intense de la littérature humaine. Il complète le chant de tante Julia et s’harmonise avec la tristesse du chant « the lass of Anghin ».Jamais passage n’a suscité autant d’émotion.
Tout le corps de la nouvelle n’est la que pour cette ultime plainte.

Le texte, admirable, de ces dernières lignes de la nouvelle est ici:

http://jeromevidal.blogspot.fr/2007/07/james-joyce-les-morts-extrait.html

Il n’avait lui-même jamais éprouvé rien de tel à l’égard d’une femme, mais il savait qu’un tel sentiment devait être l’amour. Ses larmes se firent plus abondantes, et dans la pénombre il crut voir la forme d’un jeune homme sous un arbre ruisselant. D’autres formes étaient à proximité. Son âme avait atteint ce lieu où demeure la multitude innombrable des morts. Il était conscient de leur existence capricieuse et intermittente, mais il ne pouvait la comprendre. Sa propre identité s’estompait dans un monde intangible et gris : le monde solide lui-même, que ces morts avait un jour bâti et habité, se dissolvait et se résorbait.

Quelques reflets sur les carreaux le firent se tourner vers la fenêtre. De nouveau il neigeait. Les yeux lourds, il regarda tomber les flocons, argentés et sombres, contre le réverbère. Le moment était venu pour lui de commencer son voyage vers l’ouest. Oui, les journaux avaient raison : l’Irlande entière était recouverte de neige. Elle tombait en tous points de la sombre plaine centrale, sur les collines sans arbres, doucement sur le marais d’Allen et, plus à l’ouest, doucement sur les vagues sombres et rebelles de Shannon. Elle tombait, de même, en tous points du cimetière solitaire sur la colline où reposait Michael Furey. Elle reposait en couches épaisses sur les croix déformées et les pierres tombales, sur les piques de la petite barrière et sur les épines stériles. Son âme lentement s’évanouit comme il entendait la neige tomber délicatement sur l’univers et délicatement tomber, comme au jour du Jugement dernier, sur tous les vivants et les morts.

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/10/22/cochetbrunschvicg-6-la-conversion-de-la-chair-a-lesprit-dans-le-temps-hermetique/

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