Thème de l’inceste :”Chinatown” de Roman Polanski

Sur ce chef d’œuvre sorti en 1974:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Chinatown_(film)

On peut le voir ici en vostfr (cliquer en bas sur le lien : Youwatch vostfr):

http://www.skstream.org/films/chinatown#player

http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/chinatown/

On sent bien que le film tourne autour de la relation incestueuse d’Evelyn Mullwray (jouée par Faye Dunaway) avec son père Noah Cross (joué par John Huston) , sans le montrer précisément, car l’intrigue policière est plutôt axée sur l’ambiance de corruption qui règne en ces années là (vers 1937-39, période aussi du livre de Chandler “Le grand sommeil”) à Los Angeles autour de la question vitale de l’eau (aussi cette ville vers 1935 pourrait elle bien préfigurer le monde de la fin du 21eme siècle, où cette question se posera de manière urgente).Mais les deux sont liées : corruption financière, corruption politique et policière et corruption sexuelle (aucun rapport avec la FRANCE actuelle, voyons…) , qui vient sans nul doute d’Hollywood, code Hays ou pas…

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Code_Hays

et cette histoire d’inceste ne vient pas là par hasard, comme un cheveu sur la soupe: elle est une allusion à une tragédie qui est réellement arrivée à Los Angeles à la fin des années 40: l’accusation de viol incestueux portée par Tamar Hodel (1935-2015) contre son père le Dr George Hodel :

https://en.m.wikipedia.org/wiki/George_Hill_Hodel

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George Hodel qui était aussi le principal suspect dans l’affaire dite du “Black Dahlia” : le meurtre atroce le 15 janvier 1947 de la jeune Elisabeth Short (papillon attiré comme tant d’autres par la lumière ténébreuse de Hollywood, “darkness visible” dirait Milton) dont le corps horriblement mutilé et coupé en deux au niveau des viscères (ce qui dénote un “savoir faire” dont seul un chirurgien comme George Hodel est capable) fut retrouvé dans un terrain vague dans une posture rappelant étrangement la photographie “Minotaure ” de l’artiste surréaliste Man Ray , grand ami de George Hodel et de Dali…

http://www.playwithskin.com/exclusive/man-ray-and-the-black-dahlia-surrealism-to-die-for#.WJNAVZFPehA

Ci dessous Salvador Dali et Man Ray à Paris en 1934:

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Or le Dr Hodel, spécialiste des avortements clandestins, connaissait tous les “secrets” des notables de Los Angeles et possédait pour cette raison un énorme pouvoir sur la police, qui était alors totalement corrompue (cela a t’il changé depuis? Je n’en sais rien et TRUMP devrait bien là aussi faire le ménage au karcher). Sur le point d’être arrêté en 1950 dans le cadre de l’affaire “Black Dahlia” et sans doute prévenu, il quitta précipitamment les USA pour aller mener une nouvelle vie d’homme d’affaires en Asie.. son fils Steve Hodel, devenu brillant inspecteur au LAPD au début des années 60, est persuadé depuis les années 2000 de la culpabilité de son père (qui, revenu en Amérique en 1991, est mort en 1999) .. il pense même que son père a commis d’innombrables autres meurtres , dont les “lipstick murders”, les “jigsaw murders” à Manille dans les années 60:

http://stevehodel.com/2013/03/victims_son_discloses_1958_man_1/

https://hadenajames.wordpress.com/2016/05/24/the-jigsaw-murders/

et il va jusqu’à l’accuser d’être le fameux “tueur du Zodiaque” qui n’a jamais été arrêté .

Or dans les années 40 le Dr Hodel menait grand train de vie dans sa villa luxueuse la “Sowden House” où il organisait régulièrement des “parties” assez spéciales où il y avait toujours des jolies filles très disponibles , mais pas toujours “clean” au point de vue alcool, barbituriques ou autres drogues.. il y invitait ses amis du cinéma, dont Orson Welles et John Huston justement, qu’il connaissait depuis les années de collège.

Or sa fille Tamar Hodel accuse John Huston , ainsi que d’autres amis de son père dont Man Ray, d’avoir tenté de la violer alors qu’elle n’avait même pas 15 ans..ce serait au cours de ces circonstances que son père, l’ayant arrachée à la convoitise de Huston et d’autres, l’aurait contrainte à un rapport sexuel au cours duquel elle serait tombée enceinte ce qui rendit nécessaire un avortement (dans “Chinatown” le personnage d’Evelyn Mullwray a bien une fille de son père Noah Cross) . Ses accusations donnèrent lieu à un retentissant procès en 1949 mais le Dr Hodel fut acquitté… et quelques mois plus tard, il quittait les USA sans prévenir..

C’est toute cette atmosphère assez trouble que raconte “Chinatown” et l’on ne peut que se poser des questions à propos du nom choisi par Polanski pour l’inquiétant personnage joué par John Huston :

Noah Cross

C’est à dire Noé , le “prophète ” ( selon le Coran ) qui en état d’ébriété à cause du vin (symbole du “sacré” donc du plan “supérieur”) montre sa nudité au milieu de sa tente, une nudité que voit son fils Cham alors que les deux autres fils s’approchent à reculons pour couvrir la nudité du père ivre…

Et Cross = La Croix, considérée dans ce blog comme symbole de la dualité entre monde supérieur-spirituel de la “Science internelle” (axe vertical) et monde sensible-vital de la “physique” (axe horizontal)

Il n’est pas question pour Moi de nier l’immense talent “luciférien” de réalisateurs comme Roman Polanski , John Huston, Orson Welles ou Stanley Kubrick . Polanski, dont “Chinatown” est, pour les raisons que l’on connaît , le dernier film “américain” , est considéré comme un artiste prenant pour thème principal le Mal:

https://www.senscritique.com/film/Tess/critique/78399198

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/12/06/carnage-roman-polanski-toujours-aux-prises-avec-le-mal_1613932_3476.html

C’est très bien; mais s’abstenir de commettre le Mal, c’eût été encore mieux!

car je suis désolé d’être un peu “vieux jeu”, mais je considère que sodomiser (il avait visiblement retenu les leçons de ce qui était arrivé à Hodel et à sa fille trente ans plus tôt) une gamine de 13 ans après lui avoir donné à boire du champagne et des “quaaludes” à croquer (ce barbiturique que les vermines de Wall Street consomment en grande quantité dans “Le loup de Wall street”) , c’est commettre le Mal.

Et en 1977 lorsqu’il a commis ce crime, Polanski avait plus de quarante ans: difficile donc de parler comme l’a fait Bernard Henri Lévy d’une “erreur de jeunesse”:

http://www.medias-presse.info/roman-polanski-ce-violeur-pedophile-qui-a-toujours-echappe-a-la-justice/21664/

et la désastreuse réaction de Bernard Henri Lévy provoque ce genre d’articles:

https://lebloglaquestion.wordpress.com/2009/11/07/polanski-les-details-sordides-du-viol/

Mais, sans vouloir “excuser” Polanski, il est au moins un crime qu’il n’a pas commis : utiliser son immense talent dans “Chinatown” pour suggérer (comme l’a fait Louis Malle en 1971) que l’inceste “cela ne serait pas grave” ..bien au contraire , et la fin tragique et bouleversante du film est là pour le prouver.

A noter ce film inachevé, que je n’ai jamais vu, d’Orson Welles où John Huston tient le rôle principal, qui évoque le suicide d’Hemingway:

The other side of the wind

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/The_Other_Side_of_the_Wind

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