Un homme qui dort (1974)

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http://crdp.ac-paris.fr/piece-demontee/pdf/un-homme_total.pdf

https://kamelbenouanes.wordpress.com/2012/10/26/le-roman-par-tu-ou-la-dramaturgie-de-lenonciation-dans-lhomme-qui-dort-de-g-perec/

https://charybde2.wordpress.com/2015/09/05/note-de-lecture-un-homme-qui-dort-georges-perec/

“Un homme qui dort tient en cercle autour de lui le fil des heures, l’ordre des années et des mondes. Il les consulte d’instinct en s’éveillant et y lit en une seconde le point de la terre qu’il occupe, le temps qui s’est écoulé jusqu’à son réveil ; mais leurs rangs peuvent se mêler, se rompre. Que vers le matin, après quelque insomnie, le sommeil le prenne en train de lire, dans une posture trop différente de celle où il dort habituellement, il suffit de son bras soulevé pour arrêter et faire reculer le soleil, et à la première minute de son réveil, il ne saura plus l’heure, il estimera qu’il vient à peine de se coucher. Que s’il s’assoupit dans une position encore plus déplacée et divergente, par exemple après dîner assis dans un fauteuil, alors le bouleversement sera complet dans les mondes désorbités, le fauteuil magique le fera voyager à toute vitesse dans le temps et dans l’espace, et au moment d’ouvrir les paupières, il se croira couché quelques mois plus tôt dans une autre contrée. Mais il suffisait que, dans mon lit même, mon sommeil fût profond et détendît entièrement mon esprit ; alors celui-ci lâchait le plan du lieu où je m’étais endormi et, quand je m’éveillais au milieu de la nuit, comme j’ignorais où je me trouvais, je ne savais même pas au premier instant qui j’étais ; j’avais seulement dans sa simplicité première le sentiment de l’existence comme il peut frémir au fond d’un animal ; j’étais plus dénué que l’homme des cavernes ; mais alors le souvenir – non encore du lieu où j’étais, mais de quelques-uns de ceux que j’avais habités et où j’aurais pu être – venait à moi comme un secours d’en haut pour me tirer du néant d’où je n’aurais pu sortir tout seul ; je passais en une seconde par-dessus des siècles de civilisation, et l’image confusément entrevue de lampes à pétrole, puis de chemises à col rabattu, recomposaient peu à peu les traits originaux de mon moi.(Du côté de chez Swann, 1913)”

Ceci n’est pas un homme qui dort:

https://edisciplinas.usp.br/pluginfile.php/187673/mod_resource/content/1/Ceci%20nest%20pas%20Un%20homme%20qui%20dort.pdf

http://www.e-litterature.net/publier2/spip/spip.php?page=articlePETIT&id_article=697

https://fr.m.wikisource.org/wiki/Page:Proust_-_Du_côté_de_chez_Swann.djvu/9

“«Il n’est pas nécessaire que tu sortes de ta maison. Reste à table et écoute. N’écoute même pas, attends seulement. N’attends même pas, sois absolument silencieux et seul. Le monde viendra s’offrir à toi pour que tu le démasques, il ne peut faire autrement, extasié, il se tordra devant toi.»”(Franz Kafka)

Ta chambre est la plus belle des îles désertes, et Paris est un désert que nul n’a jamais traversé

Le film de 1974:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Un_homme_qui_dort_(film,_1974)

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Un_homme_qui_dort

Un texte (mais qui n’est pas celui dit par Ludmilla Mikael):

http://art-psy.com/PDF/Perec.pdf

“Perec vit une expérience qui s’apparente à celle de ses proches, victimes de la guerre et des camps. Comme si, par l’indifférence, … L’intertexte Proust Comme l’ont observé plusieurs commentateurs, Un homme….”

https://muse.jhu.edu/article/261507

https://unedemeuresouterraineenformedecaverne.wordpress.com/2017/02/15/perec-modiano-raczymow-la-generation-dapres-et-la-memoire-de-la-shoah/

J’ai tenté ici de faire de l’humour et j’en demande humblement pardon aux “humoristes” , aux littérateurs et aux mathématiciens:

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/2015/05/07/lalternative-a-la-mathesis-universalis-devenir-le-maitre-anonyme-du-monde/

« Nulle malédiction ne pèse sur tes épaules. Tu es un monstre, peut-être, mais pas un monstre des Enfers. Tu n’as pas besoin de te tordre, de hurler. Nulle épreuve ne t’attend, nul rocher de Sisyphe, nulle coupe ne te sera tendue pour t’être aussitôt refusée, nul corbeau n’en veut à tes globes oculaires, nul vautour ne s’est vu infliger l’indigeste pensum de venir te boulotter le foie, matin, midi et soir. Tu n’as pas à te traîner devant tes juges, criant grâce, implorant pitié. Nul ne te condamne et tu n’as pas commis de faute. Nul ne te regarde pour aussitôt se détourner de toi avec horreur.

Le temps, qui veille à tout, a donné la solution magré toi.

Le temps, qui connait la réponse, a continué de couler.

C’est un jour comme celui-ci, un peu plus tard, un peu plus tôt, que tout recommence, que tout commence, que tout continue.

Cesse de parler comme un homme qui rêve.

Regarde ! Regarde-les. Ils sont là des milliers et des milliers, sentinelles silencieuses, Terriens immobiles, plantés le long des quais, des berges, le long des trottoirs noyés de pluie de la place Clichy, en pleine rêverie océanique, attendant les embruns, le déferlement des marées, l’appel rauque des oiseaux de la mer.

Non. Tu n’es plus le maître anonyme du monde, celui sur qui l’histoire n’avait pas de prise, celui qui ne sentait pas la pluie tomber, qui ne voyait pas la nuit venir. Tu n’es plus l’inaccessible, le limpide, le transparent. Tu as peur, tu attends. Tu attends, place Clichy, que la pluie cesse de tomber »

Oui: “un homme qui dort” finit Place (de) Clichy, là où avait commencé “Le voyage au bout de la nuit” :

http://off-shore.hautetfort.com/archive/2011/04/15/une-place-dans-le-monde.html

Il me semble que cette place existe toujours, et n’a d’ailleurs rien d’extraordinaire…

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