#ScienceInternelle 16: la Création n’est pas celle de l’Univers par Dieu, mais celle des Idées par NOUS

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/lalternative-radicale-a-laquelle-conduit-lidealisme-contemporain/

“comprendre la civilisation à laquelle il appartient, l’âme qui se fait par elle, l’éclairer à la lumière de la réflexion, en y retrouvant l’unité vivante, le foyer intérieur du progrès, l’esprit, telle est l’oeuvre du philosophe.

Cette conception place la philosophie au coeur de la morale comme au coeur de la science, au centre de l’humanité….nous croyons avoir montré que la tradition autorise à lui donner le nom d’idéalisme; mais nous voudrions aller plus loin, et dire que c’est dans cette conception même que l’idéalisme conquiert sa propre vérité.

Tout idéalisme est incomplet et impuissant qui conçoit l’idéal en l’opposant à la réalité;l’idéal, c’est alors ce que nous ne sommes pas, ce que nous ne pouvons pas être, le chimérique ou l’inaccessible.

Et ainsi se constitue le faux idéalisme, celui qui célèbre doctement la banqueroute de la science humaine, afin de fonder la vérité divine sur l’absurdité de la croyance, ou qui s’associe joyeusement sur terre à l’oeuvre d’iniquité, afin de mieux réserver la justice au Ciel.

mais si l’idéal est la vérité, il est la vie même de l’esprit. L’idéal, c’est d’être géomètre, et de fournir d’une proposition une démonstration rigoureuse qui enlève tout soupçon d’ erreur; l’idéal c’est d’être juste, et de conformer son action à la pureté de l’amour rationnel qui enlève tout soupçon d’égoïsme et de partialité.

Le géomètre et le juste n’ont rien à désirer que de comprendre plus ou de faire plus, de la même façon qu’ils ont compris ou qu’ils ont agi, et ils vivent leur idéal.

Le philosophe n’est pas autre chose que la conscience du géomètre et du juste; mais il est cela, il a pour mission de dissiper tout préjugé qui leur cacherait la valeur exacte de leur oeuvre, qui leur ferait attendre, au delà des vérités démontrées ou des efforts accomplis, la révélation mystérieuse de je ne sais quoi qui serait le vrai en soi ou le bien en soi; le philosophe ouvre l’esprit de l’homme à la possession et à la conquête de l’idéal, en lui faisant voir que l’idéal est la réalité spirituelle, et que notre raison de vivre est de créer cet idéal.

La création n’est pas derrière nous, elle est devant nous; car l’idée est le principe de l’activité spirituelle.

“C’est donc à une alternative que nous conduit l’étude de l’idéalisme contemporain:

– 1.) Ou nous nous détachons des idées qui sont en nous pour chercher dans les apparences extérieures de la matière la constitution stable et nécessaire de l’être, nous nous résignons à la destinée inflexible de notre individu, et nous nous consolons avec le rêve dun idéal que nous reléguons dans la sphère de l’imagination ou dans le mystère de l’au delà

– 2). Ou bien nous rendons à nos idées mortes leur vie et leur fécondité, nous comprenons qu’elles se purifient et se développent grâce au labeur perpétuel de l’humanité dans le double progrès de la science et de la moralité, que chaque individu se transforme, à mesure qu’il participe davantage à ce double progrès. Les idées, qui définissent les conditions du vrai et du juste, font à celui qui les recueille et s’abandonne à elles, une âme de vérité et de justice; la philosophie, qui est la science des idées ,doit au monde de telles âmes, et il dépend de nous qu’elle les lui donne »”

Mais ici je dois tirer au clair une aporie qui est évidente : dans l’article récent de ce Hashtag , sur les espaces de Chu, j’ai précisé que tout ce qui est d’ordre psychique n’est aucunement spirituel, mais appartient au monde, au plan vital, et que le monde spirituel des Idées est absolument indépendant du plan vital ou monde, et prédomine absolument sur ce dernier… mais comment cela est il possible si ce sont les humains, êtres vivants du monde, qui créent les Idées?

C’est que “nous sommes au monde, mais pas du monde“:

http://saintebible.com/john/15-19.htm

Ou encore, comme dit Gustav Meyrink, nous sommes “citoyens de deux mondes”: le monde sensible et le monde suprasensible.

Cependant attention! N’oublions jamais l’avertissement de Brunschvicg et ne commettons jamais le “crime contre l’Esprit” qui consisterait à assimiler le plan internel de l’Idée à un “au delà” mystérieux où existeraient les “hiérarchies célestes” et les “âmes immortelles” des Bienheureux :ce ne sont là que des images pour les peuplades ignorantes d’avant la Science.

Pas de monde intelligible sans un effort d’intelligibilité

Le plan internel n’est pas, il doit être, c’est à nous qu’incombe la tâche de le créer.

Il est impossible de confondre la création d’une Idée avec un événement du monde, neuronal ou psychique:on ne peut pas dire qu’elle est créée par telle personne humaine précise, en tel lieu et à tel instant du Temps: lorsque un mathématicien semble créer une nouvelle Idée, comme en 1945 la théorie des catégories, on pourra toujours déceler sa présence dans des travaux antérieurs : “elle était là sans y être” . De plus le travail spirituel-intellectuel créateur ne se confond pas avec l’activité neuronale de tel individu mathématicien ou scientifique. La création d’une Idée est toujours collective.

Mathématiquement, je ne sais pas encore quelle forme donner à ces développements dans la “Science internelle” ; Alain Badiou a choisi comme “mathème de l’événement ” , dans son cadre mathématique ensembliste, un notion mathématique qui est précisément interdite par l’ontologie ensembliste (et le paradoxe de Russell ) , celle d’un ensemble s’appartenant à lui même. Cela lui permet de parler de l’événement , fondement de son système idéologique, comme d’un “ultra-être ” interdit par l’ontologie.

Il existe aussi en théorie des catégories un interdit, celui d’une “catégorie interne à elle même” , je l’avais déjà évoqué comme piste de recherches, mais je n’ai guère avancé sur cette question, depuis:

https://mathesismessianisme.wordpress.com/2015/05/01/une-categorie-interne-a-elle-meme/

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