Blog “Vivre Spinoza” : deux poèmes de Jorge Luis Borges sur Spinoza

Je suis heureux d’introduire ici cet excellent blog:

https://vivrespinoza.wordpress.com/2014/01/08/deux-poemes-de-jorge-luis-borges-sur-spinoza/

“Spinoza

Elles taillent les translucides mains
Du juif, dans la pénombre, les cristaux.
Le soir est peur et froid en son déclin.
(Au soir qui vient chaque soir équivaut).

Ses mains comme l’espace de jacinthe
Qui aux lisières du Ghetto pâlit
Existent peu pour l’homme qui construit,
calme, le songe clair d’un labyrinthe.

La gloire ne l’émeut pas, cet espoir
De songes au songe d’un autre miroir,
Ni le craintif amour des jeunes filles.

Métaphores et mythes, il les oublie
taillant son cristal: la carte infinie
De Qui dans toutes ses étoiles brille.

BARUCH SPINOZA

Brume d’or, le Couchant pose son feu
Sur la vitre. L’assidu manuscrit
Attend, avec sa charge d’infini.
Dans la pénombre quelqu’un construit Dieu.
Un homme engendre Dieu. Juif à la peau
Citrine, aux yeux tristes. Le temps l’emporte
Comme la feuille que le fleuve porte
Et qui se perd dans le déclin de l’eau.
Qu’importe. Il insiste, sorcier forgeant
Dieu dans sa subtile géométrie ;
Du fond de sa maladie, son néant,
De ses mots il fait Dieu, l’édifie.
Le plus prodigue amour lui fut donné,
L’amour qui n’espère pas être aimé.”

“Un homme engendre Dieu.. quelqu’un construit Dieu..de ses mots il fait Dieu, l’édifie ” tel “un palais ensoleillé sur l’Abîme glacé, miracle d’un rare dessein”:

http://medecinealgerie.actifforum.com/t1089-samuel-taylor-coleridge-kubla-khan

Comment mieux exprimer que Dieu est une Idée, (associée aux Idées de Perfection, de Vérité , d’unité et d’universalité) construite par des humains (par qui d’autre ?) mais de manière transcendantale, pas par des humains historiquement précis.. disons tout simplement que

“l’Idée de Dieu est en nous , comme celle du nombre 1 (par exemple) ou celle de l’Infini ”

Rappelons aussi ce que disait Alexandre Kojève :

L’Ethique de Spinoza explique tout, sauf la possibilité pour un homme vivant dans le Temps de l’écrire

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