La CRISE n’est ni politique ni économique mais religieuse-spirituelle : DIEU ne nous sauvera pas, c’est à nous de le sauver

Les deux articles récents, sur “Salvatores Dei” de Nikos Kazantzaki et sur “Les yeux de Satan” de Sidney Lumet, sont un préalable à ce post:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/03/08/les-yeux-de-satan-childs-play-sidney-lumet-1972/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/03/07/nikos-kazantzaki-salvatores-dei-sauveurs-de-dieu-une-ascese-consistant-en-exercices-spirituels/

“Crise” vient du mot grec “Krisis” qui veut dire jugement:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/husserl-depraz-la-crise-de-lhumanite-europeenne-et-la-philosophie/

Jugement Dernier en l’occurrence, si l’on en croit Dany Robert-Dufour et “Nature”:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/03/01/larticle-de-nature-2012-approaching-a-state-shift-in-the-earths-biosphere/

Avec ces trois délires mortifères, nous sommes entrés dans une folie à trois.

Pas sûr cette fois que nous nous en sortions. Pas sûr qu’Eros, la pulsion de vie, sache une fois de plus triompher de Thanatos, la pulsion de mort, en ses différents et hideux visages actuels.
Ce qui est sûr en revanche est que, s’il reste une mince chance, ce sera la dernière avant l’apocalypse annoncée” (annoncée dans l’article de Nature)
Sachant ce tou sans fond qu’est l’âme humaine, je ne crois pas que cette ultime chance sera saisie. L’homme malade, troué, préférera pour calmer sa récurrente fringale, tout détruire

Mais cette crise est d’abord spirituelle, avant d’être écologique ou économique: même si la Nature était intacte, même si les problèmes sociaux et économiques étaient résolus, en quoi cela réparerait il l’âme humaine malade, cet Abîme, ce trou sans fond ?

Pour cela, il faut d’abord comprendre la civilisation à laquelle on appartient et “l’âme qui se fait par elle” comme le dit Brunschvicg , et c’est là la tâche de la philosophie:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/03/07/scienceinternelle-16-la-creation-nest-pas-celle-de-lunivers-par-dieu-mais-celle-des-idees-par-nous/

“comprendre la civilisation à laquelle il appartient, l’âme qui se fait par elle, l’éclairer à la lumière de la réflexion, en y retrouvant l’unité vivante, le foyer intérieur du progrès, l’esprit, telle est l’oeuvre du philosophe.

Cette conception place la philosophie au coeur de la morale comme au coeur de la science, au centre de l’humanité….nous croyons avoir montré que la tradition autorise à lui donner le nom d’idéalisme; mais nous voudrions aller plus loin, et dire que c’est dans cette conception même que l’idéalisme conquiert sa propre vérité.

Ce sont les Idées, et elles seulement, qui peuvent changer l’âme de ceux qui s’abandonnent à elles, et soigner donc leur âme malade, les acheminer vers la Grande Santé dont parlait Nietzsche:
c’est la seconde alternative dont parle Brunschvicg , et elle réclame que nous rendions vie et possibilité d’agir aux idées qui sont en nous:

2). Ou bien nous rendons à nos idées mortes leur vie et leur fécondité, nous comprenons qu’elles se purifient et se développent grâce au labeur perpétuel de l’humanité dans le double progrès de la science et de la moralité, que chaque individu se transforme, à mesure qu’il participe davantage à ce double progrès. Les idées, qui définissent les conditions du vrai et du juste, font à celui qui les recueille et s’abandonne à elles, une âme de vérité et de justice; la philosophie, qui est la science des idées ,doit au monde de telles âmes, et il dépend de nous qu’elle les lui donne »

C’est ainsi que doit être compris à mon sens le Deutéronome , où “tout Israel assemblé” symbolise l’humanité universelle de tous les temps , qui se voit ainsi proposer le choix entre deux voies, celle de la vie et celle de la Mort :

http://saintebible.com/deuteronomy/30-15.htm

14C’est une chose, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton coeur, afin que tu la mettes en pratique. 15Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. 16Car je te prescris aujourd’hui d’aimer l’Eternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies, et d’observer ses commandements, ses lois et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies, et que l’Eternel, ton Dieu, te bénisse dans le pays dont tu vas entrer en possession.

cette “chose qui est tout près de toi” c’est l’immanence spirituelle. Et la “vie” dont il est parlé est la “vie spirituelle”, vie des Idées, seule capable de contenter l’être humain et de combler le trou sans fond de l’âme humaine.

Seulement , la tragédie est ici que ces textes ont été mal compris, par une humanité d’avant la Science et la civilisation qui était encore sauvage et ignorante , et qui a préféré “croire” en un Dieu imaginaire absurde, compris sous la forme d’un chef tribal irascible et jaloux, dont il fallait “respecter les Commandements” et Israel a été compris aussi comme un peuple “élu” ayant des relations privilégiées avec ce Dieu (donc jalousé et détesté), voire une “race” (maudite par Hitler et Mahomet) non comme symbole de l’humanité universelle.

Ce sont toutes ces erreurs qui nous ont conduit vers la Crise, le Jugement Dernier d’aujourd’hui. Erreurs qui ont été répétées à propos de l’Evangile , avec ces histoires absurdes d’un Dieu qui meurt sur une Croix pour soulager l’humanité du poids de ses péchés , là encore des récits symboliques dont le sens spirituel est resté incompris, avec comme seul résultat une animosité réciproque entre chrétiens et juifs qui dure encore .. et plus tard les sanglantes guerres de religions entre les fidèles du “Dieu d’Amour”. Mais n’oublions pas le troisième livre du “Dieu unique” , le Coran, issu des écrits d’une partie des juifs , les Nazaréens, influencée par certaines conceptions chrétiennes:

http://cristiadatradicinalista.blogspot.fr/2016/02/le-mystere-des-origines-de-lislam-enfin.html

un livre soumis à une manipulation politique des premiers Califes avec la complicité de certains scribes , manipulation ou imposture qui invente une prétendue révélation divine à Mahomet du Livre enfin vrai, le Coran véritable parole de Dieu, à la différence des deux précédentes “Écritures” qui elles seraient la parole de Dieu mais déformée par des manipulations humaines. En somme, le Coran utilise cette vieille stratégie, sans doute plus vieille que le “plus vieux métier du monde”, consistant à accuser les autres de ses propres turpitudes..
C’est Spinoza qui “vend la mèche ” , ou “découvre le pot-aux roses” en affirmant haut et fort que la loi mosaïque n’a rien de divin ni d’universel, mais que c’est simplement la loi nationale d’un peuple particulier qui n’a rien d’élu . En réponse les rabbins d’ Amsterdam édictent le Herem (=”destruction”) de 1656 , d’une violence inouïe, dont on trouvera le texte à la fin de cette page:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/le-herem-destruction-de-spinoza/

Spinoza supportera la solitude grâce à son exceptionnelle force d’âme , mais d’autres philosophes issus de la communauté marrane, comme Uriel Da Costa, considéré comme l’un des précurseurs de Spinoza, seront harcelés et humiliés jusqu’à être poussés au suicide:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Uriel_da_Costa

Comment s’étonner dans ces conditions de l’attitude de Brunschvicg, grand disciple de Spinoza et lui même né juif , dont témoigne Étienne Gilson:

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/le-haricot-de-brunschvicg/

“Ce qu’il nous reprochait à nous autres catholiques” (c’est Gilson qui parle de Brunschvicg), “c’est d’être encore trop juifs”.

Cela ne l’empêcha pas, lui et son élève à Normale Simone Weil, qui partageait cette attitude, d’être victime des persécutions antisémites de Vichy à partir de 1940…il y fit face avec la même fermeté d’âme que Spinoza près de trois siècles auparavant, prouvant ainsi que la philosophie, ce n’est pas du pipeau (ce qu’on serait tenté de croire en observant la conduite de “philosophes” contemporains, Bernard-Henri Lévy par exemple):

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/brunschvicg-destin-dun-philosophe-sous-loccupation/

Brunschvicg est à mon avis un nouveau Socrate, un Sage immense à qui aura au moins été épargné de voir sa vie déformée et travestie dans de ridicules légendes hagiographiques, comme Jésus ou Apollonios de Tyane. Et ce qui est caractéristique de l’enseignement de Socrate, c’est que le Mal, c’est le Faux, l’erreur, l’ignorance. Cette erreur qui a été commise à propos de la question religieuse, c’est ce que j’appelle la déchéance ontologique : ravaler Dieu, qui est une Idée, la plus haute et la plus importante de toutes , à un Étant Suprême , formé à l’image des Seigneurs de guerre et des monarques ou tyrans. C’est évidemment Allah , le dieu de l’islam, qui “ressemble le plus” (si je puis dire) à cette image pathogène, mais il existe dans la Bible un Nom divin correspondant : “Elohim Tsebaoth” le “Dieu des armées”.

“Sauver Dieu” signifie alors : revenir à l’idéal de vérité en prenant conscience de l’erreur qui a été commise, et en prenant conscience du fait que le problème religieux est mal posé : Dieu n’est pas un Étant qui existe ou n’existe pas, mais une Idée bien ou mal formée . Ceci renvoie dos à dos athée et “croyants” . On ne “croit” pas avoir formé une Idée, on sait indubitablement si on l’a formée intérieurement ou pas. Reste à vérifier si elle est correctement formée ou non, exactement de la même façon que l’on vérifie si l’Idée du cercle est correctement formée, c’est à dire si son équation correspond aux réquisits de sa définition comme “ensemble des points qui sont équidistants d’un point particulier appelé “centre du cercle”.

Cette utilisation de la méthode mathématique fait l’objet du commentaire par Spinoza des “Principes de la philosophie” de Descartes:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/03/26/descartes-et-spinoza-les-principes-de-la-philosophie/

Spinoza refuse de suivre Descartes dans son extension maximale du doute, même aux évidences mathématiques, parce que Descartes, encore chrétien, est ici victime de l’ancienne définition, entachée de mythologie religieuse, de Dieu “Malin Génie” comme “ayant tout pouvoir, donc “pouvant nous tromper même dans les vérités mathématiques qui nous semblent les plus évidentes”. Mais seul un Dieu étant pourrait jouer ce rôle de “Malin génie” et d’autre part “trompeur” ne peut pas entrer dans la définition de Dieu , pas plus que “carré” dans celle du cercle. Les Idées sont d’une certitude équivalente à celle du Cogito, socle de la métaphysique cartésienne. Quant à construire l’Idée universelle qui est Dieu, c’est la tâche principale de la “Science internelle” , travail qui doit être précédé d’une ascèse collective implacable, (il faudra bien supprimer un jour le cinéma et surtout la télévision, la presse, ce bordel de l’espri (comme dit un personnage de Zola) comme on a interdit les bordels) afin que cette Idée Sainte ne soit pas une version mathématisée des dieux inférieurs, de la matière et de la vie biologique, que Marie-Anne Cochet observe dans les religions:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/11/24/cochetbrunschvicg-12-trois-types-detres-humains-donc-trois-conceptions-de-dieu-trois-dieux-en-guerre/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/11/25/mais-comment-sappellent-ces-trois-dieux-en-guerre-permanente/

Seules des âmes profondément transformées , et qui ne seraient plus des trous sans fond, peuvent s’attaquer collectivement à cette Sainte tâche : mais ce sont de telles âmes qu’édifie justement la fréquentation assidue des Idées: c’est la deuxième alternative, le “cercle vertueux”, de Brunschvicg:

ou bien nous rendons à nos idées mortes leur vie et leur fécondité, nous comprenons qu’elles se purifient et se développent grâce au labeur perpétuel de l’humanité dans le double progrès de la science et de la moralité, que chaque individu se transforme, à mesure qu’il participe davantage à ce double progrès. Les idées, qui définissent les conditions du vrai et du juste, font à celui qui les recueille et s’abandonne à elles, une âme de vérité et de justice; la philosophie, qui est la science des idées, doit au monde de telles âmes, et il dépend de nous qu’elle les lui donne

si bien qu’il ne me sera peut être pas nécessaire, quand je serai Président de la FRANCE , d’interdire les journaux, les dancings, les bistrots, les cinémas et la télévision; après tout, nous sommes en démocratie, non? par contre il me paraît difficile, dans les conditions actuelles , de rouvrir les (autres) bordels autrement que sous la forme actuelle des salons de massage “olé-olé”: les FEMEN pousseraient les hauts cris! au moins, si l’on y arrive, devront ils fermer pour la journée internationale de la Femme, le 8 mars…sinon gare! la main de fer dans le gant de velours! un peu de pudeur et de respect, quand même !!!

Une telle Idée de Dieu, ou Dieu-Idée, a déjà été définie par Spinoza dans “L’Ethique” avec la Substance pourvue d’une infinité d’Attributs Infinis, dont seulement deux, l’Etendue et la Pensée, nous sont connaissables : j’y vois les deux plans, vital et internel-spirituel. La seule chose que l’on puisse reprocher à cette construction , c’est d’être encore trop dépendante de la construction grammaticale sujet-attribut. Mais elle peut facilement être universalisée et mathématisée sous la forme d’une ∞-catégorie : l’infinité des attributs serait remplacée par l’infinité des différents niveaux k de k-morphismes, un k-morphisme étant une flèche entre morphismes de niveau (k-1):

https://ncatlab.org/nlab/show/infinity-category

Dans un tel cadre, le niveau zéro, les objets, jouerait le rôle de l’Attribut “Étendue” de Spinoza, les objets représentant les “étants”, et le niveau 1, les morphismes ou relations entre les objets jouerait le rôle de mathème de l’Attribut Pensée.

Dans le “Coût Traité Spinoza se contente d’une définition plus succincte:

Dieu est la Vérité

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