#BrunschvicgProgresConscience 4 : Aristippe et Antisthène, Hédonisme et Cynisme

Dans l’article précédent de ce Hashtag:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/03/04/brunschvicgprogresconscience-3-le-probleme-socratique-qui-dailleurs-se-manifeste-actuellement-en-france/

Nous avions vu que Socrate avait laissé à ses élèves et ses contemporains , non pas une doctrine dogmatique et toute faite, consistant en un “prêt à penser” mais une méthode , consistant en une nouvelle orientation de l’intelligence, pour parvenir à sortir de l’impasse du type “Charybde-Scylla” de leur Temps, qui était celle entre les Physiologues et les Sophistes. Cette méthode est celle de la réflexion, consistant à se tourner vers l’intériorité, ce sera celle aussi du spinozisme, et restera celle de Brunschvicg comme de toute philosophie véritable, qui, comme le dit Hegel, “doit se garder de vouloir être édifiante”.

Socrate, ainsi que l’a montré admirablement Émile Boutroux , tire l’homme de cette impasse en transportant sur le terrain de l’action la discipline intellectuelle de la réflexion, en suscitant la norme à laquelle se reconnaîtront les valeurs de la justice.

C’est dire que Socrate, fondateur selon Boutroux de la Science morale:

https://doctrinedelascience.files.wordpress.com/2015/11/boutroux-socrate.pdf

serait bienvenu aujourd’hui pour enseigner “la norme à laquelle se reconnaissent les valeurs de la justice” à ces modernes étudiants qui forment des cortèges pour réclamer “justice pour Théo et Adama” et s’en vont hurlant “No justice no peace !” En s’élevant contre les “violences policières” tout en lançant force engins incendiaires en direction des policiers qui doivent bien faire leur travail puisqu’ils sont fonctionnaires et payés (chichement) pour se faire insulter, et plus si entente.
Mais Socrate pourrait il sortir notre société de l’impasse où elle se trouve prise au piège ? Nous avons vu la dernière fois que les grecs de son époque avaient du mal à le suivre et à le comprendre:

Les difficultés du socratisme se manifestent, du vivant de Socrate, par ce qui demeure chez lui d’obscur et d’énigmatique aux yeux de ses contemporains et de ses disciples. Autour du sage hellénique, qui se détache dans sa zone de lumière, autour du héros de l’humanisme rationnel, certains traits indiqués par Xénophon et par Platon, amplifiés dans le dialogue apocryphe du Théagès, jettent comme une ombre d’inspiration démoniaque
Et Brunschvicg associé cette difficulté au double sens du mot grec “Logos” :

Socrate procède à son exemple. Chez lui et conformément à l’usage de la langue grecque, le mot de λόγος, voué par son indétermination même à la plus éclatante et à la plus étonnante des fortunes, signifie à la fois raison et langage. Et cette confusion originelle se traduit au cœur de l’enseignement socratique, par l’impossibilité de trancher l’alternative entre la justice de fait et la justice de droit.

Cette dualité entre universalité de fait et universalité de droit ne trouve t’elle pas sa source dans celle que nous avons trouvée dans la mathématique la plus contemporaine:

https://mathesisuniversalis2.wordpress.com/deux-universalismes-concret-categorique-henologique-et-abstrait-ensembliste-ontologique/

et qui se retrouve dans la “Science internelle” comme dualité des plans: ensembliste-ontologique et internel-catégorique ?

En tout cas l’impasse qui se présentait sous la forme de la dualité entre Physiologues et Sophistes se retrouve,au paragraphe 15, chez les “successeurs” qui sont appelés par Brunschvicg, par dérision, les “prophètes du socratisme ” (et, poussant plus loin encore la plaisanterie, on pourrait nommer ces “successeurs” les “califes” , à la façon arabo-musulmane):

“15. En définitive, la tradition de l’enseignement socratique sera la tradition moins d’une solution que d’un problème, destiné à manifester sa fécondité dans les directions les plus diverses, soit au point de vue politique, soit au point de vue proprement philosophique. Platon est, comme son maître, un pur Athénien de race et d’inspiration. Mais déjà Xénophon laconise, et lorsqu’il trace, dans la Cyropédie, une sorte de programme idéal en vue de la restauration de l’État, il se sert d’une fiction asiatique pour évoquer l’image du despote bienveillant, appuyé par une aristocratie militaire . Et, à côté de lui encore, « l’influence de l’Orient, toujours contrebalancée jusqu’alors dans l’esprit grec par le penchant rationaliste, s’affirme crûment dans la pensée d’Antisthène, le fils de l’esclave thrace, et d’Aristippe, le Grec africain. Ces précurseurs des Sceptiques, des Stoïciens, des Épicuriens, sont déjà des hellénistiques. Tous d’autre part, sont, d’intention, les prophètes du socratisme »” .

Ces lignes de Brunschvicg , si elles étaient écrites de nos jours, ne seraient pas longues à “soulever une âpre polémique” , à la façon #ONPC (surtout depuis que Zemmour n’y est plus). Brunschvicg fait ici de la discrimination entre esprit grec (qu’il appellera plus tard “esprit européen”) et esprit hellénistique, influencé par l’Orient. Nos bons “esprits” du samedi soir y décèleraient un retour-aux-heures-les-plus-sombres-de -notre-histoire, ce qui ferait sans doute bien rire Brunschvicg, car ces heures, il les a justement vécues et affrontées avec une dignité sans failles:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/leon-brunschvicg-le-destin-dun-philosophe-sous-loccupation-juin1940-janvier-1944/

Mais, demandera t’on, si l’Esprit est l’universel même (le principe de ces “valeurs idéales” que Socrate peinait à faire “voir” à ses élèves), comment se fait il que l’on puisse parler d’esprit grec ou européen, pour l’opposer à l’esprit oriental ou asiatique ? La question est importante car elle touche aux fondements mêmes de la Science internelle, de plus on ne doit pas oublier que Goebbels parlait de la campagne de Russie en 1941 (qui a d’ailleurs finalement entraîné la chute du Reich de mille ans) comme d’une guerre de défense de l’Europe contre les hordes asiatiques venues de l’Est.
En fait dans notre condition humaine individuelle et incarnée, les deux plans ne se présentent jamais à l’état pur: c’est comme en Alchimie, où l’on n’observe jamais les “métaux” à l’état “natif”, “sortant de la mine”. C’est pour cela que l’on peut parler de termes comme “esprit européen”, ou “esprit sémitique” ce qui ressemble effectivement à une contradiction dans les termes.

Cela vient simplement de ce que les enfants sont éduqués dans la “culture”, les mœurs, us et coutumes et la “religion” des parents et ascendants. C’est ce qui permet à Julius Evola ( qui en fait , contrairement à ce que l’on croit, était très hostile aux thèses “biologiques” du racisme nazi) de parler de “races de l’esprit”. Mais l’on dirait que l’extrême -droattte inventé les verges pour se faire battre: c’est ce qui permet à l’ineffable Yann Moix , face à Florian Philippot , lors de la dernière émission d'”On n’est pas couchés” (mais si, vous l’êtes , devant la police de la pensée orwellienne qui règne) d’évoquer le Camp des Saints” de Jean Raspail vanté par Marine Le Pen et de citer Raspail lui même parlant de l’incompatibilité des “races” en demandant à Philippot s’il pense que les “races sont incompatibles”; ce Dernier ne moufte pas, il est bien embarrassé et l’autre petit con le sait . Car si Philippot dit le vrai sens de l’affirmation de Raspail, qui est que ce sont les “cultures religieuses” qui sont incompatibles, et non pas les “races biologiques” qui sont d’ordre seulement statistique, définies à partir de données seulement biologiques , il sera tout autant dans l’embarras, car il devra aborder la question épineuse de l’expansion de l’islam en Europe, qui est à l’origine de troubles à l’ordre public comme ceux déclenchés par le “burkini ” sur les plages, et c’est un combat déjà perdu puisqu’il est maintenant admis que toute critique du voile et du burkini est d’ordre “islamophobe” donc “raciste” et nous ramène aux zeures-sombres. Et ça, Yann Moix le sait très bien…

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2017/03/19/yann-moix-samuse-tout-seul/

Dans les lignes de Brunschvicg du paragraphe 15 , on trouve le terme “laconise”:

“Platon est, comme son maître, un pur Athénien de race et d’inspiration. Mais déjà Xénophon laconiseet lorsqu’il trace, dans la Cyropédie, une sorte de programme idéal en vue de la restauration de l’État, il se sert d’une fiction asiatique pour évoquer l’image du despote bienveillant, appuyé par une aristocratie militaire ”

Ce terme est associé à la Laconie, région de Grèce qui est celle de Sparte, et renvoie à l’esprit spartiate :

https://fr.m.wiktionary.org/wiki/laconiser

s’opposant point par point à l’esprit grec ou “athénien” qui est celui de la démocratie et aboutit à “l’esprit européen”.
L’esprit “laconique” se retrouvera dans l’entraînement “à la dure” des jeunes SS dans la neige, qui ne sera cependant pas suffisant pour venir à bout de la Russie.

Les deux disciples de Socrate, Aristippe et Antisthène, tirent de sa doctrine deux conceptions radicalement différentes: “hédonisme ” ou “cyrénaisme” et “cynisme” respectivement :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Cyrénaïsme

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Cynisme

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Antisthène

mais il est préférable de se fier à Brunschvicg (bien qu’il soit nécessaire de vérifier en lisant les textes mêmes) plutôt qu’à Wikipédia :

La considération de l’hédonisme et du cynisme présentera le double intérêt de nous aider à préciser par contraste les caractères proprement helléniques de la philosophie platonicienne, et d’esquisser les thèmes fondamentaux des doctrines qui seront appelées, dans un état nouveau du monde antique, à en recueillir la succession. Par une nécessité inhérente aux conditions de leur développement, hédonisme et cynisme apparaissent solidaires l’un de l’autre dans leur opposition même, comme plus tard épicurisme et stoïcisme. De Socrate, en effet, il semble qu’ils aient retenu cette même leçon, que l’essentiel est de reprendre contact avec notre propre conscience considérée dans son état de pureté naissante, et pour cela d’écarter les conventions sociales qui altèrent la nature de l’homme ; l’âme « libre et déliée » trouvera le bonheur dans la pleine possession de soi. Or, Aristippe et Antisthène, appliquant les mêmes principes de méthode à un problème défini dans les mêmes termes, sont conduits à des solutions contraires.

Or il n’est pas suffisant de “reprendre contact avec notre propre conscience ” et pour cela de la garder libre vis à vis des conventions sociales pour parvenir à l’idéalisme de l’Esprit, sinon ce seraient les “intellectuels nomades aux semelles de vent” qu’il faudrait suivre (Cohn-Bendit, Bernard Henri Lévy), et nous avons sur les Athéniens de l’époque de Socrate l’avantage de savoir où mène cette voie : à Macron et à l’universalisme (pseudo-universalisme plutôt) des flux de migrants et de capitaux , c’est à dire au plan vital déchaîné. Se tourner vers l’intériorité ne suffit pas , il faut pour accéder à l’universel dépasser le pur psychisme individuel avec ses goûts, ses humeurs..

16. Aristippe, dont Diogène Laërte rapporte qu’il manifestait toujours à Socrate la plus grande reconnaissance, qu’il eût souhaité mourir comme lui, a suivi à sa manière les procédés mis en œuvre dans les Mémorables. Il prend pour point de départ l’accord des hommes sur les mots, afin de revenir des mots aux choses, de rejoindre et de dégager le plan de la réalité. Et il lui apparaît immédiatement que, si les hommes ont appris à parler un même langage, la communauté de l’expression ne sert qu’à masquer la diversité de l’impression. Toute connaissance est illusoire, qui prétend dépasser l’état de conscience, tel qu’il est ressenti par l’individu qui l’éprouve dans le moment même où il l’éprouve . Dès lors, dans le domaine pratique, les notions générales, telles que le juste ou le bien, s’effacent devant le mouvement effectif de l’être sentant, devant l’expérience du plaisir goûté sous sa forme concrète et dans le temps présent. (D. L., II, 87.) La morale ne demande rien sinon que nous refusions de nous laisser enchaîner à l’idée abstraite du bonheur qui est suggérée par le caractère particulièrement vif de telle ou telle jouissance, que nous résistions à ce que notre avenir se trouve engagé par la tendance naturelle des plaisirs à se prolonger pour eux-mêmes, que nous leur maintenions au contraire leur rôle subordonné d’instruments afin de réserver notre entière, capacité pour des voluptés nouvelles en des temps nouveaux : « Celui qui domine le plaisir n’est pas celui qui s’en abstient, c’est celui qui en fait usage, mais sans se laisser conduire par lui, comme le vrai cavalier n’est pas celui qui s’abstient de monter à cheval, mais celui qui conduit sa monture où il veut . »
Selon le cyrénaïsme, il n’existe donc rien que l’individu, tel qu’il s’apparaît à lui-même dans l’actualité de l’heure. Point de comparaison à tenter entre un plaisir et un autre plaisir ; car il est vain de chercher une commune mesure entre ce qui est objet véritable de sentiment et ce qui tombe dans l’irréalité du passé ou de l’avenir. Encore moins y a-t-il lieu de chercher le lien d’un individu à un autre. L’attitude d’Aristippe se définit dans l’Entretien avec Socrate, lorsqu’il parle de la route moyenne qu’il a tâché de suivre, ne commandant point, et n’obéissant point, conservant toujours la liberté qui mène au bonheur : « J’ai découvert le moyen de ne vivre au service de personne : c’est de ne m’attacher à aucun pays, d’être partout un étranger. » (Mémorables, II, I, 11 et 13.)

Tout cela ressemble fort au “jouir sans entraves” des adolescents des cortèges de Mai 68 , une fois élagué de ses aspects par trop naïfs (ce qu’a fait Bernard Henri Lévy, je l’admets) parce que celui qui se contente vraiment de “jouir sans entraves” ne fait pas de vieux os, pas plus que son modèle actuel le junkie des grandes villes avec leurs “salles de shoot”.

Quant à Antisthène et au Cynisme:

17. Antisthène, comme Aristippe, a entendu l’appel socratique à l’examen de conscience. La conscience, lorsqu’elle élimine tout apport extérieur, toute abstraction imaginaire, s’aperçoit elle-même dans l’acte d’affirmer qui doit sa force de vérité au caractère singulier de son objet. Pour mettre cet acte à l’abri de toute erreur et de toute contestation, il suffira donc de le maintenir dans sa sphère de particularité immédiate, c’est-à-dire de limiter une essence à un mot . Antisthène établit l’absolu de la vérité dans le mépris complet de toute recherche spéculative. Nominalisme et rationalisme s’unissent chez lui pour une théorie de la connaissance, dont le dogmatisme étroit et simpliste choquera les contemporains, mais qui donne à la direction pratique de la doctrine son armature solide et rigide. La vertu, comme la vérité, réside dans quelque chose de simple, d’indivisible, fourni directement par la conscience à titre d’absolu.
Le cynique, tout autant que l’hédoniste, est l’homme de la conscience pure ; mais ce qu’il trouve en regardant à l’intérieur de soi, ce n’est pas une impression qui vient du dehors, où l’âme demeure passive ; c’est, au contraire, l’action du sujet se constituant comme tel, c’est l’effort de concentration qui se produit pour lui-même, qui se ferme sur soi. Le bien, dit Antisthène, c’est la peine qu’on se donne (πόνος), selon les exemples du grand Hercule chez les Hellènes et de Cyrus chez les Barbares. (D. L., VI, 2,) Il refuse aux circonstances extérieures d’intervenir dans l’autonomie de sa destinée ; il leur interdit de rien retrancher, de rien ajouter même à son bonheur, qui a sa source unique dans une puissance interne de tension : le sage se définira par l’affirmation de sa propre sagesse, réalisée, comme le voulait Diogène de Sinope, dans la double ascétique du corps et de l’âme. (D. L., VI, 70.)
Descendant ainsi jusqu’à la dernière profondeur du vouloir humain pour en déployer toute l’efficacité, le cynisme aboutit à un individualisme aussi radical que celui de l’hédonisme. La philosophie, selon Antisthène, consiste à vivre en société avec soi-même ; le sage n’a d’autre patrie que le monde ; rien ne lui est étranger, rien ne lui est impossible. (D. L., VI, 6, 63, 12.) Les considérants théoriques de l’une et de l’autre doctrine sont en antithèse directe ; pourtant, par rapport aux formes politiques qui jusque-là commandaient la vie morale de la Grèce, les conclusions pratiques se rejoignent, grosses d’un même péril pour cette civilisation occidentale qui venait seulement de naître.

Cela semble plus acceptable que l’hédonisme d’Aristippe, seulement s’il était possible de “limiter une essence à un mot” , les moteurs de recherche comme Google nous précéderaient dans le “Royaume des cieux”!!

Au final, les deux voies aboutissent, comme dit Brunschvicg , au même résultat qui est aussi le nôtre : l’individualisme radical, c’est à dire la désespérante absurdité contemporaine si cet individualisme a à sa disposition la multiplicité des “biens et produits ” que lui offre la techno-science déchaînée et son réseau de transports et de commercialisation.

Comme l’explique si bien André Simha dans “Manifeste pour l’autonomie”:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/06/22/individuation-universel-et-liberte-le-manifeste-pour-lautonomie-dandre-simha/

L’individualisme ne saurait émanciper la conscience parce que l’individu est une prison, et l’accès à la liberté véritable n’est rendu possible que par la sortie de cette prison , par ce qu’André Simha appelle l’ascèse de dés-individuation. La complaisance pour l’individuel est aussi ce que Jean-Michel Le Lannou appelle “Amour du fini” , enfermement dans “l’ontologie du fini” et “seule la raison est émancipatrice”:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/06/25/jean-michel-le-lannou-un-temple-pur-leon-brunschvicg-lecteur-de-spinoza/

La raison seule doit être reconnue comme émancipatrice. Léon Brunschvicg l’affirme en s’opposant à la critique du rationalisme, à celle de l’universalité dénoncée comme abstraite, par les philosophies de la vie et le mouvement de « retour au concret » qui se développent en cette fin de xixe siècle1. Être libre, c’est être gouverné par la raison seule. Mais de quoi précisément émancipe-t-elle ? Que signifie raison seule ? Comment et par qui la puissance de la raison est-elle énoncée ? – Par Spinoza.

et les deux impasses, qui n’ont font qu’une malgré leur opposition apparente, de l’hédonisme et du Cynisme, ressemblent fort, plus de 2000 ans auparavant, à ces philosophies de la vie et mouvement de “retour au concret” qui se développaient à la fin du 19eme siècle.
Car le “péril pour la civilisation occidentale qui venait seulement de naître” décelé par Brunschvicg dans l’incompréhension du socratisme chez les “successeurs”, ce péril s’est effectivement manifesté , dans la submersion chrétienne de cette civilisation occidentale en train de naître (ne nous plaignons pas cela nous a évité de finir musulmans comme les Turcs et d’autres) , submersion qui coïncide (mais ne cause pas) avec l’éclipse de “la vérité de la philosophie” : le platonisme. Il faudra attendre Descartes (et son héritier Spinoza) et le retour à la spiritualité pure de Platon, rendant possible le “déplacement d’axe de la vie religieuse” que fut l’émergence de la Science au 17ème siècle européen, pour que ce péril soit conjuré.. mais seulement provisoirement, si nous en croyons Jean-Michel Le Lannou, et nous devons le croire puisque nous voyons nous mêmes ce qui se passe actuellement . Et c’est précisément pour cette raison que nous pensons qu’un “deuxième déplacement dans l’axe de la vie religieuse” , comme une seconde poussée des moteurs pour un capsule spatiale , est nécessaire pour poursuivre le vol : et cette “seconde poussée” est ce que j’appelle ici “nouvelle science internelle”

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