Alain Resnais : l’année dernière à Marienbad (1961)

Un film-labyrinthe d’une perfection formelle, quasi-mathématique dirais je , inégalée , à voir ici :

https://m.ok.ru/video/88972135113

Le scénario est d’Alain Robbe-Grillet:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/L’Année_dernière_à_Marienbad

sorte de “pape” du Nouveau Roman, dont certaines techniques combinatoires doivent beaucoup à la mathématique justement…

Il semble que Robbe-Grillet et Resnais se soient inspirés d’une célèbre nouvelle de 1940 admirée par JL Borges et associée généralement à la “science-fiction”:

“L’invention de Morel”par Adolf Bioy Casares, voir cette analyse:

http://littexpress.over-blog.net/article-adolfo-bioy-casares-l-invention-de-morel-88742192.html

qui ne me semble pas irréprochable, bien que je n’aie pas lu le livre :

Les lignes suivantes me semblent fort confuses:

“Parmi les thèmes présents dans le roman, nous pouvons d’abord en remarquer deux qui s’opposent et se complètent : la lutte pour la survie du corps et la volonté de vie amoureuse de l’esprit. D’un côté, le fugitif est tiré uniquement du côté du physique, par son combat pour résister à la vie sauvage, de l’autre entièrement au spirituel, par son amour pour Faustine (amour qui ne peut être physique étant donné la non-existence réelle de Faustine, ramenée dans l’œuvre à seulement une image d’elle-même). La fin de l’œuvre nous laisse présager une victoire du spirituel, le narrateur choisissant le suicide de son corps face à la vie éternelle de son âme. L’œuvre nous présente aussi une ambivalence entre la nature et la technique. Plutôt que d’apprendre et de développer des techniques de survie, le fugitif préfère se concentrer sur l’acquisition de la technique nécessaire au fonctionnement la machine. Il choisit ainsi de développer des outils non pour survivre dans le monde matériel, mais pour se dissoudre dans une sorte de paradis artificiel. Le narrateur lui-même se présente comme un intellectuel, un écrivain qui, plutôt que chasser va manger des racines, explorer le musée de Morel et dans un premier temps s’installer dans les vestiges du laboratoire de Morel. Ainsi, face à la dureté de la vie, le narrateur choisit d’interférer avec une vie paradisiaque illusoire.”

la “vie éternelle de l’âme” et l’amour “spirituel” pour une femme (qui n’est ici d’ailleurs qu’une image enregistrée par une machine inventée par un Savant fou), ce ne sont là que miroitements illusoires du plan vital, qui n’ont rien de spirituel, mais tout de charnel…donc de démoniaque.

Voici en tout cas un article (écrit bizarrement ) sur les liens entre “L’invention de Morel” et “L’année dernière à Marienbad”:

https://conservationmachines.wordpress.com/2012/10/11/lannee-derniere-a-marienbad-et-linvention-de-morel/

Sans aller jusqu’à se vautrer dans les pitreries de “l’amour spirituel” comme le lien précédent, il me semble que confondre l’amour et la “mort mécanique” des répétitions automatiques d’une machine est une thèse osée, quasi-gnostique, un pas que Resnais ne va pas jusqu’à franchir.

Mais comme je l’ai dit au début, le plus important me semble t’il est la fascination (au niveau textuel ou musical) exercée par ce chef d’œuvre envoûtant. Et puis Delphine Seyrig est bien belle, on laissera donc au vestiaire les réflexions ronchonneuses et sapientielles… platonicien d’accord, platonique jamais!

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