Un nouveau théorème de la #ScienceInternelle dit “théorème de Louis Ferdinand Céline”

Je nomme ce théorème d’après le dialogue du “Voyage au bout de la nuit” entre Baryton et Ferdinand:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/04/14/louis-ferdinand-celine-extraits-du-voyage-au-bout-de-la-nuit-1932/

“Ah tenez Ferdinand, essayez de bien retenir ce que je vais vous expliquer.. il existe des fous simples, et puis il existe d’autres fous, ceux que torture la marotte de la civilisation.. il m’est affreux de penser que Parapine est à ranger parmi ceux ci… savez vous ce qu’un jour il m’a dit ? “

– Non Monsieur!

– ” Non Monsieur”
-” Eh bien il m’a dit :

“Entre le pénis et les mathématiques, Monsieur Baryton, il n’existe rien… Rien! C’est le vide!”

Et puis tenez vous encore! Savez vous ce qu’il attend pour me parler à nouveau?
– non, Monsieur Baryton, non, je n’en sais rien du tout..
-il ne vous l’a donc pas raconté ?
– non, pas encore..
– eh bien à moi il me l’a dit..

il attend qu’advienne l’âge des mathématiques… tout simplement !

…il est absolument résolu! Comment trouvez vous cette attitude impertinente à mon égard? Son aîné? Son chef? “

Puisque je suis engagé , dans un blog que je viens de créer, à la réforme scientifique de l’anthroposophie de Rudolf Steiner d’après les résultats progressifs de la Science internelle, nouveau blog qui est ici:

https://reformescientifiquedelanthroposophie.wordpress.com

Je ne puis que signaler les conséquences drastiques de ces considérations pour l’anthroposophie “classique” qui affirme en effet la thèse très prisée de la tripartition sociale ou triarticulation:

https://www.triarticulation.fr/Institut/FG/ArticlesFR/2012-11-003-BDenis.html

Steiner distingue trois centres en l’être humain: le Centre neuro végétatif associé à la tête, au cerveau, le Centre rythmique associé aà la région du cœur et des poumons, et enfin le système métabolique associé au ventre.

https://www.tri-articulation.info

https://www.triarticulation.fr/AtelierTrad/Geiger.pdf

Rudolf Steiner associe ces trois centres aux trois idées de la devise républicaine de 1789 :

Liberté, égalité , fraternité

Donc la liberté est associée au penser (domaine spirituel), à la tête, l’égalité est associée au cœur, au système rythmique (domaine juridique) et la fraternité est associée au ventre , système métabolique, (domaine économique) .

Ce système métabolique correspond à ce que Parapine nomme dans le dialogue du “Voyage au bout de la nuit “: le pénis, c’est à dire le domaine du sexe et de la reproduction.
Et “les mathématiques” dans le propos de Parapine (encore une fois : nom évocateur) cela correspond évidemment à la tête, à l’intellect, à la pensée, au spirituel…

“entre le pénis et les mathématiques il n’y a rien” cela signifie clairement que le troisième Centre de Rudolf Steiner, le système rythmique du “cœur” , associé par lui au juridique, est le vide total, ne correspond à rien de réel.

En même temps nous retrouvons la thèse de départ de l’Ouvert, dualité plan vital-plan spirituel :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/a-propos-de-ce-blog-plan-vital-et-plan-spirituel-dans-leur-dualite-qui-est-louvert/

Le cœur , le juridique, le sentimental , la prétendue “pensée du cœur” très commune en anthroposophie et en ésotérisme (chez Schwaller de Lubicz notamment) tout cela doit être éliminé rayé de la carte en tant que “pensée intellectuelle contaminée par l’émotion, le sentiment” pour ne laisser la place qu’au dualisme antagoniste entre Intellect -Dieu et plan vital-sexe-monde.

Et nous pouvons généraliser ce théorème en un théorème anti -trinitaire, donc anti-chrétien (mais pas au sens “libertaire” et gauchiste d’Onfray) et qui peut aussi être compris comme anti-hégélien et anti-dialectique:

Il faut remplacer en tout domaine le Trois par le Deux, le trinitaire par le binaire

” (théorème anti-dialectique et anti-hégélien)

Ce binaire renvoie évidemment au couple Vrai-Faux dans le dernier des trois songes de la “Nuit de songes” de Descartes, ainsi qu’à la dualité fondamentale entre Bien et Mal: il n’y a rien à part le Vrai et le Faux, le Bien et le Mal, alors que les dialecticiens ne cessent de “ruser” avec cette opposition , de prétendre que Dieu se niche dans une prétendue “coïncidence des opposés” ce que Brunschvicg ne cesse de leur reprocher, en prenant appui sur le cartésianisme, “intériorité de la pensée à la vérité”
http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/ecrits_philosophiques_t1/ecrits_philosophiques_t1_intro.html

“Telle est la première perspective de la sagesse occidentale selon Montaigne, et telle déjà elle inquiétait la clairvoyance de Pascal. Mais, depuis Descartes, on ne peut plus dire que la vérité d’Occident tienne tout entière dans la critique historique et sociologique des imaginations primitives. Sortir de la sujétion de ses précepteurs, s’abstenir de lire des livres ou de fréquenter des gens de lettres, rouler çà et la dans le monde, spectateur plutôt qu’acteur en toutes les comédies qui s’y jouent, ce ne seront encore que les conditions d’une ascétique formelle. A quoi bon avoir conquis la liberté de l’esprit si l’on n’a pas de quoi mettre à profit sa conquête ? Montaigne est un érudit ou, comme dira Pascal, un ignorant ; dans le réveil de la mathématique il ne cherche qu’un intérêt de curiosité, qu’une occasion de rajeunir les arguties et les paradoxes des sophistes. L’homme intérieur demeure pour lui l’individu, réduit à l’alternative de ses goûts et de ses humeurs, penché, avec une volupté que l’âge fait de plus en plus mélancolique, sur « la petite histoire de son âme ». Or, quand Descartes raconte à son tour « l’histoire de son esprit », une tout autre perspective apparaît : la destinée spirituelle de l’humanité s’engage, par la découverte d’une méthode d’intelligence. Et grâce à l’établissement d’un type authentique de vérité, la métaphysique se développera sur le prolongement de la mathématique, mais d’une mathématique renouvelée, purifiée, spiritualisée, par le génie de l’analyse.
Le propre de la sagesse cartésienne, c’est qu’elle accepte dès l’abord, comme bienfaisante el salutaire, l’épreuve du doute de Montaigne. Si l’on réserve le point qui concerne la substance psychique et qui demeure comme une digression par rapport aux thèses essentielles du cartésianisme, aucun des dogmes enseignés par l’autorité, aucun des principes dont l’École faisait la pétition, n’intervient pour altérer la rationalité parfaite du lien entre la méthode et le système. Une même présence de lumière intérieure fait de l’existence du moi pensant et de l’existence du Dieu infini les moments d’une seule intuition : elle a sa racine dans la clarté et dans la distinction de la mathématique « pure et abstraite » ; elle a son application dans la clarté et dans la distinction d’une physique mathématique qui explique les phénomènes de l’univers comme objets de la géométrie spéculative. Le mécanisme de la nature et l’autonomie de l’esprit sont les deux faces solidaires de la science que l’homme constitue lorsque, attentif à lui-même, il déroule, par la seule spontanéité de son intelligence, les « longues chaînes de raisons », dont il appartient à l’expérience de prouver qu’elles forment en effet la trame solide des choses, indépendamment des apparences qu’y adjoint l’animalité des sens ou de l’imagination.

Cette intériorité de la pensée à la vérité, voilà quelle sera désormais la seconde assise, l’assise définitive, du spiritualisme occidental. Il y a presque trois siècles que le Discours de la méthode a terminé, décidément, le Moyen âge post-aristotélicien ; et depuis trois siècles le type de vérité, créé par l’avènement de la physique mathématique, n’a cessé, à mesure qu’il croissait en valeur objective, d’approfondir sa raison d’être, par un double appel aux initiatives humaines de l’invention analytique et de la technique expérimentale. Le savant prend conscience que son univers est d’autant plus réel qu’il s’éloigne davantage des apparences immédiates, des données sensibles, pour ramener des faits, toujours plus minutieusement précisés, à un réseau d’équations, toujours plus dense. Le langage mathématique, qui pouvait d’abord sembler si abstrait, pour ne pas dire si étrange, en face des aspects infiniment variés de la nature, est pourtant le seul dans lequel nous savons qu’elle accepte de répondre effectivement aux questions qui lui sont posées, le seul donc par quoi l’homme, acquérant la dignité de vérité, soit assuré de s’élever, par delà l’ordre de la matière et l’ordre de la vie, jusqu’à l’ordre de l’esprit.

et surtout le passage suivant :

Dieu n’a pu être élevé au-dessus du principe d’identité que par des hommes demeurés eux-mêmes au-dessous du seuil de la logique. Tout recours au primat de la tradition nous rejette donc dans le lointain de la « mentalité primitive », à partir de laquelle se déroule, ininterrompu, le tissu mystique, ou mystifiant pour parler plus exactement, des représentations collectives”

Ce que nous appelons “plan vital” est cet ordre de la matière , de la vie, et de la psyché au dessus duquel l’être humain , lorsqu’il acquiert la “dignité de la vérité” par la pensée intellectuelle mathématique (à condition que celle ci soit absolument pure, non souillée d’ intuitions sentimentales et mystiques qui ne sont que travestissements de l’instinct vital et sexuel) est “assuré de s’élever jusqu’à l’ordre de l’Esprit, c’est à dire jusqu’au Royaume des cieux et de Dieu”.
Nous sommes donc fondés à rejeter tout “tiers” ou “coincidentia oppositorum” , de par ce théorème qui au fond généralise le bon vieux “principe de contradiction” , de “non contradiction” c’est à dire , et pourtant j’ai une grande admiration pour Nicolas de Cuse :

http://jm.nicolle.cusa.pagesperso-orange.fr/glossaire/coincidentia.htm

mais plus qu’à Nicolas de Cuse c’est à Jacob Boehme que régresse l’hégélianisme.

Entre le Faux et le Vrai, le Mal et le Bien, le plan vital et l’Intellect-Dieu, “le pénis et les mathématiques ” (dans les propos du Parapine de Louis Ferdinand Céline) il n’y a rien, et surtout pas une “pensée du cœur” qui n’est qu’un attrape-nigauds .

Est à dire que nous rejetons le noble principe d’égalité en dignité de tous les êtres humains qui fonde la démocratie véritable (pas l’escroquerie actuelle macrollandiste de l’élection française) ?
Pas du tout, mais ce principe n’est pas juridique ! Nous l’obtenons comme un théorème de la Science internelle , voir:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/03/17/scienceinternelle-17-le-principe-democratique-de-legale-dignite-de-tous-les-etres-humains/

pas par une pensée sentimentale , “du cœur”, mais par une Pensée intellectuelle supérieure qui ose inverser la conclusion de Pascal et du Livre des 24 philosophes, donner des leçons au passé (et quel passé prestigieux ) au nom du Présent :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/02/24/scienceinternelle-13-le-livre-des-xxiv-philosophes-ou-du-dieu-idee-qui-vient-en-24-idees/

Pascal , l’un des plus grands penseurs de tous les temps, dont je ne suis pas digne de lacer la chaussure, était aveuglé par une “géométrie” encore intuitive et non encore algébrique et purement intellectuelle comme l’est celle qu’a créée Descartes et dont a hérité Grothendieck :

Il est donc Faux de dire :

“Dieu est une Sphère Infinie dont le Centre est partout et la circonférence nulle part”

mais c’est l’inverse qui est Vraie :

Dieu est une Sphère Infinie dont la circonférence est partout et le Centre nulle part

et cette circonférence c’est l’univers, le plan vital.

Mais la Vérité ultime (pour le moment, car la vérité internelle plutôt qu’éternelle bouge avec le progrès des mathématiques ) est le théorème de la Science internelle :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/04/16/scienceinternelle-19-recherches-sur-lidee-de-dieu-qui-est-dieu-∞-categorie-des-∞-categories/

“Dieu est l’∞-catégorie des ∞-catégories : (∞,1)Cat”

Théorème fondamental de la Science Internelle de l’Esprit qui est la Mathesis universalis ou le Séhélianisme de Wronski, Science accomplie ici qui permet de prendre conscience clairement du fait que Dieu n’est pas un Seigneur, un Être Suprême, auquel il faudrait se “soumettre” mais une Idée mathématique créée par l’esprit humain, la plus Haute de toutes les Idées.

Advertisements
This entry was posted in Anthroposophie, ∞-catégories, ∞-cosmoi, ∞-topoi, Descartes, DIEU, Grothendieck, Hegel, Higher category theory, Higher topos theory, Léon Brunschvicg, Littérature-Poésie, Ouvert : dualité plan vital-plan spirituel, Pascal, Philosophie, Philosophie mathématique, Plan vital-plan spirituel, Platon, Science, mathesis, Science-internelle, Spinoza, Wronski and tagged , , , , , , , , , , , , . Bookmark the permalink.