“La crainte de l’éternel est le commencement de la Sagesse”: traductions de la Bible en grec et en hébreu

Dans l’article récent sur le film “IF” de Lindsay Anderson, qui en introduction, au générique, cite le verset 4;7 de Proverbes:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/05/06/if-de-lindsay-anderson-1968-et-le-verset-47-des-proverbes/

nous avons rencontré deux manières de traduire Reshit Hokmah

רֵאשִׁית חָכְמָה

Soit comme “le principe de la Sagesse”, en considérant que Reshit est dans la forme du “construit” , soit comme une identification , une équation : Reschit = Hokmah , ce que fait le film en traduisant ” la Sagesse est la chose principale”.
C’est la manière de traduire de la “Kingston James version” de la Bible, sur laquelle se base le film:

http://www.biblestudytools.com/kjv/proverbs/4.html

7 Wisdom is the principal thing; therefore get wisdom: and with all thy getting get understanding.

Mais que dit la version grecque de la Bible des Septante?

http://ba.21.free.fr/septuaginta/proverbes/proverbes_4.html

Elle ne dit rien : le verset 7 à carrément disparu, on passe du 6 au 8 !!!!!

Bizarre!

Moi j’ai dit bizarre? Comme c’est bizarre!

Et que dit la version latine, dite “Vulgate” ?

On a le choix entre des tas de liens, catholiques évidemment, vulgate clémentine, bibliotheca augustana… comment choisir dans tout ce fatras?

Voyons tout de même l’édition du Saint Siège (1979):

http://www.vatican.va/archive/bible/nova_vulgata/documents/nova-vulgata_vt_proverbiorum_lt.html#4

Elle ne traduit pas de la même manière que la King James version, qui fait autorité chez nos amis anglo-saxons , mais comme le site Mechon Mamre “le principe de la Sagesse…:

“Principium sapientiae : posside sapientiam,

Et in omne possessioe tua acquire prudentiam”

Version un peu timorée, dirais je, qui remplace l’intelligence luciférienne du cartésianisme qui monte vers l’Absolu ou Dieu au moyen des “longues chaînes de raisons” par la prudence.
C’est aussi la traduction de la Bibliotheca Augustana:

http://www.hs-augsburg.de/~harsch/Chronologia/Lspost04/Hieronymus/hie_vv22.html#04

“principium sapientiae posside sapientiam et in omni possessione tua adquire prudentiam”

Il est vrai que le mot latin “prudentia” dépasse la simple notion de “prudence” vers celles d’être “avisé, compétent, réfléchi”:

http://www.dicolatin.fr/FR/LAK/0/PRUDENTIA/index.htm

Quant aux protestants il n’y a à mon sens rien à en attendre: Luther n’appelait il pas la Raison “putain du diable”?

Mais il existe dans la Bible d’autres passages contenant “Reshit Hokmah”, “commencement de la Sagesse” et l’associant à la “crainte de l’Eternel” “yir’ath YHVH”:

יִרְאַת יְהוָה

Mais aussi à l’Intelligence (Binah, Sekhel, origine du séhélianisme de Wronski) et à la Science , mots qui ne se trouvent pas une seule fois dans le Coran (sauf pour désigner la pseudo-Science des pseudo-savants qui consiste en une exégèse coranique fondée sur la collaboration complice avec le pouvoir politique brutal des Califes, pas de laïcité en Islam!!) pas plus que le mot “amour”.

Nous trouvons ainsi le psaume 111, verset 10:

http://www.mechon-mamre.org/f/ft/ft26b1.htm

mais là encore on observe une bizarrerie, c’est que le texte hébreu est traduit en dépit du bon sens et surtout en dépit de l’hébreu lui même :

שֵׂכֶל טוֹב

Sekhel tov n’a jamais voulu dire “gage de précieuse bienveillance” mais “Intelligence saine, droite, Bonne”

quant à la version grecque elle se débarrasse sans vergogne du texte hébreu et le remplace par un texte grec sans aucun rapport :

http://ba.21.free.fr/septuaginta/psaumes/psaumes_111.html

“ἁμαρτωλὸς ὄψεται καὶ ὀργισθήσεται, τοὺς ὀδόντας αὐτοῦ βρύξει καὶ τακήσεται· ἐπιθυμία ἁμαρτωλῶν ἀπολεῖται.”

Le pécheur le verra, et s’en irritera ; il grincera des dents, et sera consumé ; le désir des pécheurs périra.

Mais les traductions en français, protestantes (Louis Segond) où catholiques, ou en anglais (King James) ne tombent pas dans le panneau et retrouvent l’intelligence saine (Sekhel tov) qui est dans l’original hébreu:

http://saintebible.com/psalms/111-10.htm

La crainte de l’Eternel est le commencement de la sagesse; Tous ceux qui l’observent ont une raison saine. Sa gloire subsiste à jamais.

Tout se passe comme si il existait un complot de scribes ou traducteurs , au cours des temps, pour effacer de la Bible les notions liées à l’intelligence discriminatrice (Binah, Sekhel) qui seule conduit à la Science, c’est à dire à la divinisation de l’humain par l’Intelligence :ce complot, déjoué par Descartes , Malebranche, et Spinoza, visait à faire rester l’humanité à sa place d’esclave soumis et obéissant au Seigneur.

Seulement la Science internelle née ici a découvert l’Intelligence discriminatrice Sekhel-Binah dans ce que l’Abbé Lacuria appelle le Verbe ou la Forme: le nombre 2 des valeurs de vérités “Vrai” et “Faux” ou le “Est” et “Non Est” du troisième songe de Descartes en 1619:

http://singulier.info/rrr/2-rdes1.html

Il nous apprend que le dixième de novembre mil six cent dix-neuf, s’étant couché tout rempli de son enthousiasme et tout occupé de la pensée d’avoir trouvé ce jour-là les fondements de la science admirable (j), il eut trois songes consécutifs en une seule nuit, qu’il s’imagina ne pouvoir être venus que d’en haut”

(en haut veut dire le plan internel-spirituel des Idées)

“Un moment après il eut un troisième songe, qui n’eut rien de terrible comme les deux premiers. Dans ce dernier, il trouva un livre sur sa table sans savoir qui l’y avait mis. Il l’ouvrit et, voyant que c’était un dictionnaire, il en fut ravi dans l’espérance qu’il pourrait lui être fort utile. Dans le même instant, il se rencontra un autre livre sous sa main qui ne lui était pas moins nouveau, ne sachant d’où il lui était venu. Il trouva que c’était un recueil des poésies de différents auteurs, intitulé Corpus poetarum etc. /c/ (8) Il eut la curiosité d’y vouloir lire quelque chose et à l’ouverture du livre il tomba sur le vers « Quod vitae sectabor iter ? Etc. » (9). Au même moment il aperçut un homme qu’il ne connaissait pas, mais qui lui présenta une pièce de vers, commençant par « Est et non » (10), et qui la lui vantait comme une pièce excellente. M. Descartes lui dit qu’il savait ce que c’était et que cette pièce était parmi les idylles d’Ausone qui se trouvaient (l) dans le gros recueil des poètes qui était sur sa table. Il voulut la montrer lui-même à cet homme et il se mit à feuilleter le livre dont il se vantait de connaître parfaitement l’ordre et l’économie. Pendant qu’il cherchait l’endroit, l’homme lui demanda où il avait pris ce livre et M. Descartes lui répondit qu’il ne pouvait lui dire comment il l’avait eu, mais qu’un moment auparavant il en avait manié encore un autre qui venait de disparaître, sans savoir qui le lui avait apporté, ni qui le lui avait repris. Il n’avait pas achevé qu’il revit paraître le livre à l’autre bout de la table. Mais il trouva que ce dictionnaire n’était plus entier comme il l’avait vu la première fois. Cependant il en vint aux poésies d’Ausone, dans le recueil des poètes qu’il feuilletait et, ne pouvant trouver la pièce qui commence par « Est et non », il dit à cet homme qu’il en connaissait une du même poète encore plus belle que celle-là et qu’elle commençait par « Quod vitae sectabor iter ? ». La personne le pria de la lui montrer et M. Descartes se mettait en devoir de la chercher lorsqu’il tomba sur divers petits portraits gravés en taille douce, ce qui lui fit dire que ce livre était fort beau, mais qu’il n’était pas de la même impression que celui qu’il connaissait (11). Il en était là, lorsque les livres et l’homme disparurent et s’effacèrent de son imagination, sans néanmoins le réveiller. [4] Ce qu’il y a de singulier à remarquer, c’est que doutant si ce qu’il venait de voir était songe ou vision (12), non seulement il décida en dormant que c’était un songe, mais il en fit encore l’interprétation avant que le sommeil le quittât. Il jugea que le dictionnaire ne voulait dire autre chose que toutes les sciences ramassées ensemble, et que le recueil de poésies intitulé Corpus poetarum marquait en particulier et d’une manière plus distincte la philosophie et la sagesse jointes ensemble. Car il ne croyait pas qu’on dût s’étonner si fort de voir que les poètes, même ceux qui ne font que niaiser (m), fussent pleins de sentences plus graves, plus sensées et mieux exprimées que celles qui se trouvent dans les écrits des philosophes. Il attribuait cette merveille à la divinité (n) de l’enthousiasme et à la force de l’imagination, qui fait sortir les semences de la sagesse (qui se trouvent dans l’esprit de tous les hommes comme les étincelles de feu dans les cailloux) avec beaucoup plus de facilité et beaucoup plus de brillant même que ne peut faire la raison dans les philosophes. M. Descartes, continuant d’interpréter son songe dans le sommeil, estimait que la pièce de vers sur l’incertitude du genre de vie qu’on doit choisir, et qui commence par « Quod vitae sectabor iter ? », marquait le bon conseil d’une personne sage ou même la théologie morale (13). Là-dessus, doutant s’il rêvait ou s’il méditait, il se réveilla sans émotion et continua, les yeux ouverts, l’interprétation de son songe sur la même idée. Par les poètes rassemblés dans le recueil il entendait la révélation et l’enthousiasme, dont il ne désespérait pas de se voir favorisé. Par la pièce de vers « Est et non » /d/, qui est « Le oui et le non » de Pythagore (10), il comprenait la vérité et la fausseté dans les connaissances humaines et les sciences profanes. Voyant que l’application de toutes ces choses réussissait si bien à son gré, il fut assez hardi pour se persuader que c’était l’esprit de vérité qui avait voulu lui ouvrir les trésors de toutes les sciences par ce songe. Et comme il ne lui restait plus à expliquer que les petits portraits de taille-douce qu’il avait trouvés dans le second livre, il n’en chercha plus l’explication après la visite qu’un peintre italien lui rendit dès le lendemain (14).”

Et nous avons vu que cette Intelligence discriminatrice se trouve dans la table périodique des n-catégories qui est interprétée en termes de la Science internelle dans l’article suivant:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/01/17/scienceinternelle-7-la-table-periodique-des-n-categories/

et qui est expliquée dans le Nlab ici:

https://ncatlab.org/nlab/show/periodic+table

à la colonne n= -1 des (-1)-catégories qui consiste en les deux valeurs de vérité 0 (Faux)et 1 (Vrai) qui précède, donc rend possible la colonne n=0 des ensembles ou 0-catégories, mathème de l’oncologie du multiple pur des “étants” non encore reliés par l’intelligence unifiante, qui se trouvera dans les morphismes ou flèches des catégories (1-catégories) et dans les catégories supérieures :colonnes n=1, 2, 3 etc… etc..jusqu’à l’infini qui est Dieu .

La “Sagesse” dont parle Descartes quand il interprète, au cours de son sommeil , son rêve en termes de “philosophie et Sagesse jointes ensembles” est évidemment cette “Intelligence unifiante” qui crée des rapports (comme le dit Brunschvicg) qui est ce que la Kabbale et la Bible nomment “Hokmah” (Sagesse) . C’est bien pour cette raison que différents versets bibliques associent certes le “commencement de la Sagesse” à “la crainte de l’Eternel” mais aussi et surtout à l’Intelligence saine (Sekhel ou Binah) de la Science..toutes les tentatives des scribes obscurantistes et faussaires ne mèneront à rien, maintenant la Science internelle , application au plan des Idées des méthodes mathématiques utilisées en physique, est née ici et rien ne pourra m’arrêter, j’imiterai bientôt Wronski en écrivant aux différentes autorités politiques ou religieuses (comme le Pape) pour les prévenir que leur temps est révolu. Le christianisme a terminé de jouer son splendide rôle , il doit maintenant être dépassé en un “christianisme des philosophes (comme disaient Spinoza et Brunschvicg ) ou en un “Messianisme” , union finale de la philosophie absolue (mathématique ) et de la Religion réformée ou “paraclétisme” annoncée par Jésus Christ. Voyons maintenant ces autres versets bibliques dont je parlais ci dessus:

En plus de Psaumes 111;10 et de Proverbes 4;7 que nous avons déjà vus et où nous avons trouvé des “bizarreries” voire des éléments fort louches indiquant des tentatives de fraude à la traduction, il y a deux autres versets des Proverbes:

Proverbes 1;7:

http://www.mechon-mamre.org/f/ft/ft2801.htm

Où l’on trouve à la place de Reshit Hokmah:

רֵאשִׁית דָּעַת

Reshit Da’ath

= ” principe de la Connaissance ”

Da’ath

דָּעַת

signifie connaissance , de la même racine que le verbe

ידע

qui signifie savoir, mais aussi connaître bibliquement, c’est à dire avoir un rapport sexuel avec… Da’ath figure dans l’Arbre des Sephirot comme Pseudo-Sephira ou Sephira cachée:

https://kabbale.wordpress.com/larbre-de-la-vie/daath/

ce qui est l’indice du caractère régressif et obscurantiste du judaïsme dit “ésotérique ” (n’oublions pas que l’islam est sorti de ces ornières, Nathan de Gaza était un kabbaliste), qui “cache” et méprise toutes les facultés humaines sous des Attributs métaphysiques censés appartenir à l’essence de Dieu. Or la capacité à connaître vraiment, c’est à dire à connaître selon la Vérité , est sans doute la faculté humaine la plus importante, qui divinise l’être humain; à ce titre elle est considérée comme encourageant l’humanité à s’égaler à Dieu, donc maudite, représentée dans la Genèse comme l’Arbre de la connaissance du bien et du Mal, qui introduit la mort dans le monde, une fois que e serpent infernal à persuadé Ève d’en donner à manger à Adam en lui disant : ” si vous en mangez vous serez comme des dieux” ce qui signifie : “vous serez libres” et le Serpent n’a rien de démoniaque. La dualité du bien et du Mal (qui traduit les mots hébreux Tov = bon et ra’ = mauvais ) dans l’arbre de la connaissance du bien et du Mal signifie celle des deux plans, vital et internel, qui est au fondement de la Science internelle, et cette dernière a bel et bien pour but de faire de nous des dieux, si du moins Bergson à vu juste quand il termine les “Deux sources de la morale et de la religion” par :

” l’Univers est une machine à faire des dieux”

Revenons au verset de Proverbes 1;7:

“יִרְאַת יְהוָה, רֵאשִׁית דָּעַת”

Yir’ath YHWH Reshit da’ath
La crainte de YHWH est le principe de la connaissance

On y retrouve Hokmah dans la seconde partie:

” חָכְמָה וּמוּסָר “

Hokmah va mousar : la Sagesse et la morale (mot que je ne connais pas, acceptons la traduction par la morale) excitent le mépris des sots (avilim bazou)

Un autre verset proche est celui de Proverbes 9;10:

http://www.mechon-mamre.org/f/ft/ft2809.htm

Où cette fois Reshit est remplacé par Tehillath qui est indubitablement un mot sous la forme du “construit” ( à cause du Tav qui remplace le he à la fin du mot):

תְּחִלַּת חָכְמָה

Tehilath Hokmah : le commencement de la Sagesse

Ce qui confirme qu’il fallait bien traduire Reshit Hokmah par “le principe de la Sagesse” et non par ” La Sagesse est le principal”

Le principe c’est Binah, ou Sekhel Intelligence discriminante,car sans Sekhel la Sagesse, Intelligence unifiante n’a rien à unifier . On en reste dans la table périodique des catégories à la colonne n=-2 qui a comme unique élément la catégorie triviale. Sans ce que Lacuria appelle le “verbe” ou nombre 2 du Vrai et du Faux, pas de table complète et Wronski a donc raison de nommer sa doctrine “séhélianisme” d’après le mot Sekhel, qui dans la table périodique est la colonne n= -1.

C’est pour ce motif que le verset de Proverbes 9:10 se termine par :

“Et La connaissance du Très Saint est Binah l’Intelligence discriminatrice” (et non pas Hokmah ) qui traduit
“Ve Da’ath qedeshim Binah ”
Là encore deux Sephirot : Binah et la Sephirot “cachée, occulte” Da’ath = connaissance

Da’ath qedeshim veut dire :” connaissance des choses Saintes ”
Ce qui est traduit dans les livres insistant sur la dimension occulte, notamment ceux de kabbalistes, ou de théosophes, par “gnose secrète des Saint Mystères”

Mais dans la Science internelle, cela correspond simplement à la compréhension de la table périodique et de tout ce qu’il y a dedans :

https://ncatlab.org/nlab/show/periodic+table

il y a deux indices, n pour les colonnes et k pour les lignes ; pour la colonne des ensembles ou 0-catégories n= 0 la case k= 0 est celle des ensembles (“Set”) pour k= 1 on a plus de structure et on obtient les monoides, ensembles munis d’une opération entre éléments et d’un élément neutre pour cette opération, pour k=2 on obtient les monoides abéliens, ceux où l’opération est commutative, l’ordre n’y a pas d’importance:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Monoïde

On voit que si l’on comprend la totalité du contenu de la table on obtient la connaissance de la totalité des mathématiques, qui est ici synthétisée dans cette table: c’est ce que la Science internelle appelle ” connaissance des choses Saintes” , d’ailleurs j’ai déjà identifié la table périodique à l’échelle Sainte de Jacob à Beith-El (= Maison-Dieu)

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