Lazare Augé :constitution philosophique de l’immortalité de l’homme

Lazare Augé (1798-1874) :

http://data.bnf.fr/16548351/lazare_auge/

est un philosophe, disciple de Wronski, dont plusieurs oeuvres sont accessibles en texte complet et gratuit sur Google Books, voir:

https://apodictiquemessianique.wordpress.com/2013/10/21/oeuvres-de-lazare-auge-en-lecture-libre/

Dont cette “Constitution philosophique de l’immortalité de l’homme” :

https://books.google.fr/books?id=gqo-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

qui est écrite, en opposition au livre de P Enfantin (nom symboliquement prémonitoire) : “La vie éternelle passée, présente et future” qui est lisible ici:

https://archive.org/details/bub_gb_S5zMcF4UhI4C

Le style de Lazare Augé est visiblement influencé par celui de Wronski, passablement obscur. L’immortalité dont il parle ici , “constituée philosophiquement” , est évidemment différente de l’immortalité naïve qui consisterait pour un être humain né dans le temps, à ne jamais mourir, c’est à dire à continuer à vivre dans le même corps pour une durée indéfinie continuant perpétuellement à vivre dans le futur. Se représenter en y réfléchissant bien un tel destin donne une image proche de l’enfer sur Terre. Car on ne voit pas pourquoi le corps de cette homme serait dispensé de subir les lois naturelles qui provoquent le vieillissement . Mais il est vrai qu’il est bien dispensé de mourir, donc allons y! Put the Hell! Imaginons un homme qui serait dispensé de mourir et de subir les ennuis du vieillissement . Que pourrait il bien faire de cette “éternité” en Forme de perpétuité ? La Terre deviendrait pour lui comme une prison où “il aurait été condamné à la perpétuité, à perpétré comme disent les bagnards” ! L’éternité c’est long, surtout la seconde moitié !

Non, l’immortalité dont parle Lazare Augé s’oppose à l’existence actuelle de l’homme terrestre comme créé par un autre que par lui même (les parents? La nature comme ensemble des conditions et lois résultant en existences individuelles incarnées?) , cette immortalité est l’objet d’une “création autonomique ” , création propre de l’être humain par lui même , à l’aide “des conditions propres et indépendantes de la création hétéronomique” , elle est opérée par l’homme comme “réunion hypostatique de l’être et du Savoir” qui sont dissociés dans les conditions du monde actuel. Que faut il retenir de ce charabia compliqué? La terminologie de ce blog aide à y voir plus clair: l’être et le Savoir (termes de Wronski) peuvent être identifiés respectivement à ce que j’appelle ici plan vital-ontologique (être) et plan internel-spirituel ( Savoir). La “réunion hypostatique ” de ces deux signifie la neutralisation de la dualité qui est ce que j’appelle l’Ouvert, il y faut un élément -neutre , jouant le rôle du “sel ” en Alchimie, entre élément -être (soufre) et élément-Savoir (mercure) et les alchimistes véritables (spirituels) ne cessent de répéter que ces “métaux ” ne sont pas ceux “du vulgaire” mais sont d’ordre “philosophal” . Cet élément neutre propre à “opérer l’immortalité ” comme neutralisation du binaire “être-Savoir” ne peut à mon sens être que l’âme telle qu’en parle Brunschvicg :

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

ainsi, par-delà toutes les circonstances de détail, toutes les vicissitudes contingentes, qui tendent à diviser les hommes, à diviser l’homme lui-même, le progrès de notre réflexion découvre dans notre propre intimité un foyer où l’intelligence et l’amour se présentent dans la pureté radicale de leur lumière.

Notre âme est là ; et nous l’atteindrons à condition que nous ne nous laissions pas vaincre par notre conquête, que nous sachions résister à la tentation qui ferait de cette âme, à l’image de la matière, une substance détachée du cours de la durée,

qui nous porterait à nous abîmer dans une sorte de contemplation muette et morte. La chose nécessaire est de ne pas nous relâcher dans l’effort généreux, indivisiblement spéculatif et pratique, qui rapproche l’humanité de l’idée qu’elle s’est formée d’elle-même…

Lazare Augé précise que cette “opération de l’immortalité” nécessite deux ordres de Science : morales et physiques. C’est tout simplement ce que je cherche à créer ici sous le nom de “Science internelle” qui comprend ces deux ordres de Science, du plan physique et du plan hyperphysique, puisqu’elle devra, comme critère de vérification apodictique (qu’elle est bien la Science recherchée) permettre de dériver par voie logico-mathématique la physique et d’unifier celle ci.

Je préfère changer le terme d’immortalité qui prête à confusion en “internité” (existence sur le plan internel, quoiqu’il serait nécessaire ici aussi de forger un autre terme, comme “innistence” pour remplacer “existence”), il me semble que la “création propre, autonomique” de l’homme par lui même , dont parle Augé, est alors la création par l’homme vivant dans le monde spatio-temporel (non encore mort donc) d’une Idée de lui même comme il y a une “Idée de Dieu ” et une “Idée de Jésus Christ” : l’immortalité dont parle Augé serait alors le devenir-Idée de l’homme ayant réussi à développer les deux ordres de Science, c’est à dire la Science internelle…

Advertisements
This entry was posted in Anthroposophie, DIEU, Ouvert : dualité plan vital-plan spirituel, Philosophie, Science-internelle, Wronski, Wronski-Messianisme-séhélianisme-Science-internelle and tagged , , , , , , . Bookmark the permalink.