Déjà en 1983 Badiou annonçait la “recomposition politique” de la #Macrollandie actuelle

Je tire ces lignes du Séminaire sur l’Un (Platon-Descartes-Kant) d’Alain Badiou , qui date de 1983-1984: Page 12 (séance du 11 novembre 1983):

Nous sommes, nous, contemporains -on peut en tout cas en faire l’hypothèse – du troisième âge moderne de la question du sujet, séquence dont les contours ne sont pas encore entièrement dégagés. Contemporains, non pas d’une révolution politique, mais d’une révolution de la politique, d’une nouvelle fondation de la politique, qui institue entre politique et histoire un rapport inédit

En somme, le “troisième âge ” c’est nous!

Badiou situe cette “révolution de la politique” actuellement en cours, depuis 1968 en fait, à la suite de la “révolution philosophique” du cartésianisme , qui “articule le thème du sujet en tant que référent premier de la pensée moderne”. Une articulation qui n’est pas pensable sans l’entour de la révolution scientifique, le thème moderne du sujet se constituant à partir de la rupture avec la vision hiérarchique et stabilisée de l’univers , avec cette conséquence que la représentation du monde devient errante, infinie.L’émergence du concept moderne de sujet est donc liée à une rupture dans la représentation du monde, rupture liée aux avancées de la Science . L’image de l’univers est décentrée, sa consistance hiérarchique est défaite et le concept de sujet réorganise la représentation du monde en la recentrant à partir de l’expérience subjective. “De ce mouvement, Descartes propose une première systématisation”. Mais c’est Kant qui pousse le processus à son terme avec ce qui a pu être appelé ” la révolution copernicienne du sujet” où s’inaugure la notion de “transcendantal” .

Seulement Badiou n’aime pas Kant et il n’en parle même pas, préférant évoquer Hegel , qui ouvre le deuxième âgé de la pensée moderne à propos de la question du sujet. Hegel ” inclut l’historicité dans le motif du sujet, alors que le concept cartésien de sujet était transhistorique. Ce travail a commencé antérieurement à Hegel, avec Rousseau. Et son accomplissement est contemporain de la révolution politique des années 1789-1794, comme le cartésianisme était contemporain de la révolution scientifique.”

Ainsi Badiou met sur le même plan la révolution philosophique cartésienne, qui accompagne la révolution scientifique copernicienne et galiléenne, et la révolution seulement politique de 1789 d’où sont issus les “droits” , qui obsèdent la mentalité contemporaine (à tel point que l’on considère maintenant contre toute justice que n’importe qui a le “droit” d’émigrer , sans demander l’autorisation préalable, vers l’Europe ou la France, et d’y obtenir la nationalité et les “droits ” sociaux associés), droits qui sont la déchéance ontologique du principe spirituel d’égalité en dignité de tous les êtres vivants :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/03/18/scienceinternelle-18-la-degradation-vitale-politique-ontologique-du-principe-degale-dignite-de-tous-les-etres-humains/

Badiou ne parle pas plus de Brunschvicg que de Kant, cela lui permet d’ignorer l’avis de Brunschvicg qui appelle la révolution scientifique du 17ème siècle, consistant en l’apparition d’une physique mathématique qui vient remplacer le tissu d’âneries invérifiables qu’était la physique aristotélicienne: “un changement d’axe de la vie religieuse”.
Ce changement d’axe consiste à opérer une rigoureuse séparation du plan des Idées (mathématiques ) d’avec le plan vital-ontologique. Mettre sur le même plan la révolution philosophique cartésienne et la révolution politique de 1789, ce que fait Badiou, cela se ramène donc à confondre plan internel et plan ontologique , à nier donc la révolution cartésienne. Après un tel crime intellectuel, la route est libre vers les ténèbres de notre siècle et du siècle dernier . La troisième étape, actuelle révolution de la politique, est inévitable parce que le déclin de la politique l’appelle : en somme, l’enfer est pavé de bonnes intentions, et cet enfer est un boulevard pour Macrollande et ses compagnies de truqueurs . Si l’on ignore le “changement d’axe de la vie religieuse” , tout sens humain de l’existence se perd et c’est l’irruption du nihilisme contemporain, dont Badiou se plaint, mais qu’il contribue lui même à instaurer .

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