Axel Corti : Welcome in Vienna 3 (1986 vostfr)

On peut voir ce film magnifique ici , avec sous titres français (choisir Openload en bas de l’écran, ou bien ok.ru):

http://www.papstream.com/films/welcome-in-vienna-partie-3-welcome-in-vienna.html

C’est la troisième et dernière partie de la trilogie , aussi titrée “Welcome in Vienna”

1 Dieu ne croit plus en nous

2 Santa Fe

3 Welcome in Vienna

Sur la trilogie :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Welcome_in_Vienna

Sur la partie 3 :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Welcome_in_Vienna:_Welcome_in_Vienna

Il est regrettable que ces trois films , sortis il y a un peu plus de trente ans, soient un peu méconnus (quoique cela puisse s’expliquer, comme on va le voir)
Ils permettent, le dernier surtout, de comprendre le destin funeste de l’Europe et donc du monde , depuis 1945; l’intrigue peut s’interpréter, philosophiquement, comme le combat sans merci de l’idéalisme qui est celui de Freddy Wolff , contre le réalisme cynique qui est celui de tous les autres, (américains , ou autrichiens, juifs, anciens nazis, communistes ou autres) qui veulent simplement survivre (mais est ce que vivre c’est survivre?) et obtenir la position (sociale, professionnelle ) la meilleure possible dans la Vienne d’après guerre, qui se remet à vivre ; “la guerre est finie”, “The show must go on”, “business as usual” et quand on dit “business” en ces années là on dit “marché noir” . Il y a une proximité certaine avec le scénario du “Troisième homme ” de Carol Reed, sorti en 1949.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Le_Troisième_Homme_(film)

J’ai parlé de l’idéalisme de Freddy Wolff qui se refuse à toute compromission (notamment avec les anciens nazis qui voudraient bien faire oublier leurs fautes et reprendre pied dans le monde de la culture et du théâtre ) . Tout le monde est prêt à se vendre en échange d’un droit de travailler, ou d’un peu de charbon pour se chauffer, ou de nourriture. Mais l’idéalisme qui est défendu ici est de nature philosophique , il consiste à donner la préséance aux Idées sur le choses et sur ce qui permet d’acheter les choses : l’argent, le business, le commerce des corps et des âmes. Adler , l’ami de Freddy , qui est aussi son “supérieur” dans le bureau qui administre la vie culturelle à Vienne , avait lui , depuis toujours, des sympathies pour le communisme qui lui semblait être le vrai lieu où il pourrait combattre le nazisme. À Vienne, il fait des propositions aux Russes, il rencontre une femme de l’armée Russe qui le détrompe et douche ses espoirs en un régime politique qui soit meilleur que le “matérialisme démocratique” de l’Amérique :il se trouve que cette femme parle allemand, elle et son mari médecin juif et communiste avaient fui l’Autriche en 1938, en même temps qu’Adler et Wolff qui ont trouvé, eux, refuge aux USA et se sont enrôlés dans l’armée américaine. Elle n’en dit pas plus mais Adler devine que tout n’est pas aussi pur qu’il le croyait en Russie communiste.

Son verdict communiqué à Wolff quelques temps après, alors qu’il a renoncé à passer du côté Russe et accepté le poste de “chargé des affaires culturelles ” : “j’avais des espoirs mais personne n’en voulait.. j’ai découvert depuis qu’on vit très bien sans croire en rien”

Il répond cela à la question de Wolff : ” est ce que tu imaginais , pendant qu’on se battait au Front, que l’après guerre serait comme ça ?”

En somme, la guerre est cette fracture du temps où la simple vie et ses compromissions peut être mise entre parenthèses et s’ouvrir ( peut être ?) à l’influence des Idées . Seulement la tragédie est que ce peut être tout autre chose qu’une guerre d’Idées, où les Idées joueraient le même rôle que les dieux et les déesses dans l’Iliade d’Homère. Ce peut être une guerre atrocement destructrice , comme toute guerre désormais , où ce n’est pas une Idée qui mène le jeu, mais la Terreur et la volonté de survivre à tout prix, surtout avec les armes de destruction massives que l’humanité a à sa disposition . Néanmoins il y a bien cette tentation (le diable probablement ) chez Freddy comme chez les spectateurs de regretter le temps de guerre , où au moins les soldats animés de l’idéal de faire enfin une paix juste étaient prêts à sacrifier leur vie, la “peau de leurs dents” mais pas à la vendre ..

La pièce de théâtre “La peau de nos dents” de Thornton Wilder a réellement existé ce n’est pas juste une œuvre imaginée par Axel Corti pour illustrer son film (je ne connaissais pas cet auteur ni cette pièce avant d’avoir vu le film):

http://ratatoulha.chez-alice.fr/anglais/thorntonwilder.html

http://www.arche-editeur.com/publications-catalogue.php?auteur=300

On peut donc penser que les passages du dialogue de cette pièce de théâtre cité dans le film sont réels :

la loi de ce monde, c’est le choix entre bouffer ou être bouffé

On ne saurait mieux dépeindre le plan vital…

https://www.nytimes.com/2017/02/16/theater/the-skin-of-our-teeth-thornton-wilder-trump.html?_r=0Et ce monde est celui qui préside à nos destinées depuis 1945.
“la peau de nos dents” qui date de 1942, a été mise en scène par Elia Kazan en 1943, avec Montgomery Clift dans son premier rôle.

Advertisements
This entry was posted in Cinéma, Europe, nazisme, Ouvert : dualité plan vital-plan spirituel, Philosophie and tagged , , , , , . Bookmark the permalink.