Laura (Otto Preminger 1944)

Le film en vf est ici :

http://www.voirfilms.info/laura.htm

malheureusement le doublage est mal fait est la vf est un peu ridicule. Mieux vaut lui préférer la v.o. Sur YouTube ou ailleurs. Ce film, que j’ai vu pour la première fois en 1967, m’a toujours fasciné, et la raison m’en est apparue récemment. Elle tient au scénario “bizarre” du film. Tous ses amis pensent que c’est Laura qui a été assassinée le vendredi soir chez elle ,mais en fait c’est un modèle, Diane Redfern, qui a été tuée d’un coup de fusil en plein visage dans son appartement

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Laura_(film,_1944)

Tout le caractère “magique” du film tient à la scène , qui se passe le Lundi soir, où l’inspecteur Mac Pherson travaille tard le soir à l’appartement désespéré par le caractère inéluctable de cette mort, il se saoûle copieusement pour compenser son désespoir ( l’acteur Dana Andreas est devenu alcoolique à partit des années 50) et celle que tout le monde croyait morte revient tout naturellement chez elle pendant le sommeil aviné de l’inspecteur qui se réveille en n’en croyant pas ses yeux . On a donc deux histoires:
-selon le “monde” ce n’est pas Laura qui est morte et il n’y a aucun surnaturel dans le réapparition de la morte, tout s’explique simplement

-selon la “psyché” fort perturbée de l’inspecteur saoûl, avant qu’il redevienne en un clin d’œil “inspecteur de police” c’est la belle morte dont il est amoureux qui revient miraculeusement à la vie.

Mais quel est cet “amour”? Le film oppose clairement jeunes et vieilles générations (celle de Waldo Lydecker , qui est en plus d’une culture sans rivales) qui méprise la conception seulement érotique de l’amour, et jeunes générations (l’inspecteur, le peintre, le bellâtre) pour qui l’amour se résume en fait à l’amour physique et à l’engendrement .

Toute la fascination exercée , de manière assez lourde, par le film tient dans cet écart entre la conception “mondaine” (celle de l’engendrement, de la génération physique “amoureuse”) pour laquelle la mort est inéluctable car empêchant toute génération , et la conception “spirituelle ” selon laquelle la mort est une distance spirituelle, une “absence” .

On pourrait presque dire que le scénario est “orphique”

Seulement Laura, la Laura du monde , celle qu’on peut “posséder” (physiquement ) revient tout naturellement chez elle, non morte mais encore mortelle. Car il lui reste à…mourir, et l’on peut défendre la thèse selon laquelle le morts sont les vrais immortels puisqu’ils ne peuvent plus mourir.

Et il reste aussi àWaldo Lydecker à montrer sa nature réelle d’assassin, en tentant à la fin de tuer Laura pour que personne du “monde” ne la “possède “. Révélant ainsi sa nature foncièrement hostile à la vie physique et au monde, celle de la vie de l’esprit.

Seulement cela, la police n’en a cure, et Waldo est réellement tué avant qu’il ne puisse tuer…

Advertisements
This entry was posted in Cinéma and tagged , . Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Please log in using one of these methods to post your comment:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s