#ScienceInternelle USA : l’affaire du « Dahlia noir » et l’affaire du ZODIAC

La Science internelle permet elle de résoudre des affaires de meurtres que la police n’a pas pu résoudre ? Si cela est possible ( notez le « si ») cele ne peut se faire que parce qu’un meurtrier ( et encore plus évidemment un artiste, un philosophe, ou un mathématicien) laisse ce qu’on pourrait appeler des « empreintes de pensée » ( l’expression est il me semble utilisée par un ancien policier sur un site consacré aux enquêtes criminelles) mais à la condition expresse qu’il s’agisse de pensée véritable et non de psychologie , c’est à dire que cette «  empreinte de pensée » ait un statut suprapsychique et soit composée d’Idées, et non pas seulement de sentiments « humains trop humains »; dans certaines conditions, si ces Idées sont identifiées et peuvent être attribuées à tel individu connu , qui de plus était vivant au moment des meurtres et a eu la possibilité physique de s’en rendre coupable (il ne faut pas qu’il ait un alibi à sa décharge) il est alors possible d’ affirmer avec un degré plus ou moins élevé de certitude que c’est cet individu le coupable.

Pour prendre un exemple célèbre, celui des attentats à la bombe perpétrés par le mathématicien Théodor Kaczynski surnommé « unabomber » parce qu’il envoyait ses colis piégés à des universités (« UN ») et à des compagnies d’aviation (« A »):

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Theodore_Kaczynski

En fait c’est le manifeste qu’il a envoyé aux journaux qui l’a trahi : plus que son écriture son frère a reconnu son «  style » bien particulier de pensée , avec le retour quasi- obsessionnel de certaines formules comme « return to Wild nature » :

http://lanredec.free.fr/polis/UnabomberManifesto_tr.html

Selon moi, Theodore Kaczynski se fourvoie, en ne voyant pas que la « nature sauvage » à laquelle il prétend revenir , c’est le plan vital où l’etre Humain ne peut jamais être libre, ce qui est son aspiration principale : la Liberté ne peut être découverte que dans le plan internel des Idées, jamais dans la Nature et il est étrange que ce mathématicien hors pair ne s’en soit pas rendu compte ( l’activité intellectuelle mathématicienne est celle où l’on accède le mieux au domaine des Idées, qui toutes ont une forme mathématique, si elles ne sont pas toutes issues de l’activité mathématicienne) . Mais au moins Theodor Kaczynski n’est pas « de gauche » lui qui déclare que :

« La gauche politique est la première ligne de défense de la Société technologique contre la révolution ;« 

Bref pour en revenir à la question de départ, il doit être possible de reconnaître dans certains meurtres, comme dans certaines œuvres d’art (Thomas de Quincey : «  De l’assassinat considéré comme un des beaux arts ») des »empreintes de pensée » laissées par le meurtrier . J’avais écrit dans le temps cet article sur le fameux docteur George Hodel , le coupable certain à mon avis dans l’horrible affaire du « Dahlia noir »:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/06/04/black-dahlia-los-angeles-les-anges/

Mais le propre fils de George Hodel, Steve Hodel, qui a été policier puis inspecteur au LAPD à partir du début des années 60, va plus loin : il est convaincu que son père est non seulement le criminel du « black Dahlia » ( le meurtre atroce d’Elisabeth Short le 15 janvier 1947) mais aussi le tueur du Zodiaque à la fin des années 60 et pendant les années 70 (George Hodel , qui avait fui les USA en 1950 parce qu’il allait être arrêté comme accusé dans l’affaire du black Dahlia , vivait alors à Manille où il menait une carrière d’homme d’affaires et d’où il pouvait parfaitement revenir aux USA , où il était « oublié » par la police près de 20 ans après sa fuite) :

https://www.theguardian.com/us-news/2016/may/26/black-dahlia-murder-steve-hodel-elizabeth-short

http://stevehodel.com/2014/02/george-hodel-herb-caen-zodiac-san-francisco-chronicle-connection/

Je suis pour ma part d’accord avec Steve Hodel : son père George Hodel est non seulement, ce qui ne fait guère de doutes, l’auteur du meurtre du «  black Dahlia » mais aussi le tueur du Zodiaque.. et avant 1947 le coupable des «  lipstick murders «  et dans les années 60 celui des meurtres de femmes ayant eu lieu à Manille (les « jigsaw murders ») , où il avait fui, y menant une carrière pleine de succès d’homme d’affaires

https://en.m.wikipedia.org/wiki/George_Hill_Hodel

http://www.metimeforthemind.com/the-torso-slayings-lipstick-murders-the-black-dahlia-killing-ndash-the-work-of-the-ldquomost-prolific-mass-murdererrdquo-in-american-history.html

https://hadenajames.wordpress.com/2016/05/24/the-jigsaw-murders/

Les arguments de Steve Hodel (un excellent policier) font face à de nombreuses critiques:

http://www.zodiackillerfacts.com/hodel.htm

c’est lui il me semble qui est à l’origine de la théorie des « empreintes de pensée ».

Et c’est cette « pensée «  (encore une fois au dessus de toute sentimentalité propre au plan vital) profondément perturbée que je suis persuadé de « reconnaître «  dans tous les crimes monstrueux commis entre 1940 et la fin des années 70 ayant eu lieu aux USA ou à Manille: le Dr George Hodel était un homme très «  cultivé », amateur de musique et de poésie, enclin à mépriser la vie et la souffrance (des autres, des femmes notamment) au nom de sa propre conception de l’Esprit « supérieur « à la vie purement organique. Il n’avait aucun scrupule d’ordre « moral » et , acoquiné avec la pire des pègres, connaissait tous les secrets de la « bonne société » et de la police de Lod Angeles. C’était un « libertin » qui organisait régulièrement dans sa maison de Snoxden des «  parties fines » où participaient ses amis de Hollywood ( Orson Welles et John Huston notamment) , un grand admirateur du surréalisme, ami de Man Ray et il semble bien que la posture du cadavre de la pauvre Beth Short imite celle du « Minotaure » une œuvre de Man Ray.

http://mondo-blogo.blogspot.fr/2012/02/exquiste-corpse-surrealism-and-black.html

Mais c’est justement là que se situe la contradiction et le caractère «  perturbé «  de la pensée des  »libertins » comme George Hodel , admirateurs du surréalisme . Le caractère « inférieur » , entaché de mortalité et de temporalité fugace, du plan mondain , interdit , s’il est correctement appréhendé, d’y chercher des «  satisfactions » même à base « théorique » ( donc dans une sorte de « sadisme » horrible et revendiqué au nom du surréalisme, qui forme semble t’il la trame profondément folle du meurtre du « black Dahlia » .
Si l’on forme une idée correcte de l’Esprit, on ne peut que renoncer au monde, et certainement pas y commettre des crimes ayant pour but de « démontrer » la nature « inférieure » du dit monde.
George Hodel avait entre 60 et 70 ans lorsque les meurtres du Zodiaque furent commis, un homme aussi profondément « fou » et perturbé était parfaitement capable de les commettre en prenant le risque de revenir aux USA, même à cet âge avancé (il est mort en 1999, à plus de 90 ans)

Il a été démontré ici que le « théorème zéro » (le monde n’a aucun sens ) ne donne pas le droit de détruire le monde .

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/08/20/leon-brunschvicg-la-vraie-religion-est-le-renoncement-a-la-mort/

« La vraie religion est le renoncement à la mort » veut dire : le renoncement au monde et à ses apparents prestiges .

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/06/17/des-questions-embarrassantes-pour-la-scienceinternelle/

L’univers est bon, ainsi que la vie, s’ils sont envisagés de manière kantienne comme permettant le progrès moral , comme le dit de manière très belle Léon Brunschvicg à la fin de son livre de 1901 « Introduction à la vie de l’esprit » :

« l’univers est bon, absolument bon, du moment que nous savons le comprendre; car nous sommes maîtres de n’y voir que ce qui s’unit à nous

Rien ne peut interdire à l’intelligence de rencontrer dans le monde uniquement ce qui est fait pour elle, la loi d’où naît la vérité. Il n’y a pas d’évènement quelqu’inattendu qu’il soit , quelque contraire à nos tendances personnelles, qui ne serve à enrichir le domaine de notre connaissance.

Nous n’avons à redouter d’autre ennemi que l’erreur; et l’erreur, si nous savons l’avouer avec sincérité et nous en délivrer scrupuleusement, ne fait qu’augmenter le prix de la vérité définitvement possédée.

Rien ne peut empêcher la volonté de rencontrer dans le monde uniquement ce qu’elle cherche, l’occasion de se dévouer à l’intérêt supérieur de l’humanité; elle n’a rien à craindre, hors ses propres défaillances….

« Les obstacles qu’on dresse devant nous, les haines qui nous sont manifestées, ne servent qu’à purifier et à approfondir notre amour des hommes …

Une fois que nous avons rempli l’univers de notre esprit..

.. il est incapable de nous rien renvoyer si ce n’est la joie et le progrès de l’esprit.

Et dés lors, ce que nous avons dit de l’univers, il faut le dire aussi de la vie.

La vie est bonne absolument bonne, du moment que nous avons su l’élever au dessus de toute atteinte, au dessus de la fragilité, au dessus de la mort.
La vraie religion est le renoncement à la mort;

elle fait que rien ne passe et rien ne meurt pour nous, pas même ceux que nous aimons; car de toute chose, de tout être qui apparaît et qui semble disparaître, elle dégage l’idéal d’unité et de perfection spirituelle, et pour toujours elle lui donne un asile dans notre âme

alors, vivant dans notre idéal, et nous en entretenant avec nous mêmes, nous connaissons le sentiment de sécurité profonde, et de repos intime qui est l’essence du sentiment religieux, et qui n’est autre que la pureté absolue de l’esprit

»”

et la pureté absolue de l’esprit ce n’est pas le mépris ou la haine pour le monde et la vie, sentiments fort peu spirituels propres justement au monde s’il est compris non comme domaine permettant le progrès moral, mais à la manière du « monde »: occasion d’écraser et de mépriser les autres…

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