Les deux natures ténébreuse et lumineuse de l’Occident

Ce que l’on appelle aujourd’hui « Occident » prend son origine dans l’Antiquité romaine et athénienne .

C’est avec l’occupation Romaine, la naissance de Jésus puis les deux mises à sac de Jérusalem que le peuple juif se scinde en deux parties antagonistes: les nazaréens , admettant à la fois la Torah et certaines partie de l’Evangile:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Nazôréens

qui feront la guerre à Rome et quitteront Jérusalem pour la Syrie après la destruction complète de la ville en 130, et les ancêtres de ceux qu’on appelle de nos jours « juifs » , ou « juifs rabbiniques » qui resteront dans les pays sous pouvoir romain , pays devenant peu à peu chrétiens, et choisiront la voie de la non-résistance et donc de la collaboration avec ce qu deviendra au cours des siècles qui suivront l’Occident, tout en refusant l’Evangile et toute christianisation

En Syrie les nazaréens recruteront pour la reprise de Jérusalem des guerriers arabes qu’ils initieront à leurs croyances « monothéistes » . Ceux ci deviendront les musulmans , la oumma islamiya , après la reconquête de Jérusalem en 637:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Siège_de_Jérusalem_(637)

http://www.lemessieetsonprophete.com/annexes/le_livre.htm

A propos

https://www.christianophobie.fr/document/coran-islam-dutiles-precisions-de-leila-qadr-pour-les-chretiens

C’est bien après la conquête de Jérusalem que le Coran sera compilé définitivement à partir des anciens lectionnaires nazaréens , pour servir la cause politique des premiers califes, avec l’invention de toutes pièces d’un Dieu imaginaire, Allah, qui choisit les musulmans pour la « mission » divine de convertir toute l’humanité à sa Loi (la charia ). Les nazaréens disparaîtront peu à peu comme peuple spécifique : génocide ? Métissage et fusion avec la masse des musulmans arabes ?

Entre temps Rome sera devenue chrétienne sous Constantin et c e sera le cas aussi des pays sous domination romaine, première source de l’Occident . Les juifs , refusant obstinément la conversion au christianisme et victimes pour cette raison de vexations et de massacres périodiques, ne resteront pas moins en Occident, au milieu des chrétiens. C’est alors que se produira en Europe chrétienne au 16eme- 17 eme siècle, bien après donc , l’évenement capital pour toute l’évolution humaine de la naissance de la science moderne , chez des savants comme Copernic , Galilée, Newton, et des philosophes comme Descartes. Léon Brunschvicg envisage ce bouleversement comme un déplacement dans l’axe de la vie religieuse :

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

«  Le fait décisif de l’histoire, ce serait donc, à nos yeux, le déplacement dans l’axe de la vie religieuse au XVIIe siècle, lorsque la physique mathématique, susceptible d’une vérification sans cesse plus scrupuleuse et plus heureuse, a remplacé une physique métaphysique qui était un tissu de dissertations abstraites et chimériques autour des croyances primitives.L’intelligence du spirituel à laquelle la discipline probe et stricte de l’analyse élève la philosophie, ne permet plus, désormais, l’imagination du surnaturel qui soutenait les dogmes formulés à partir d’un réalisme de la matière ou de la vie. L’hypothèse d’une transcendance spirituelle est manifestement contradictoire dans les termes ; le Dieu des êtres raisonnables ne saurait être, quelque part au delà de l’espace terrestre ou visible, quelque chose qui se représente par analogie avec l’artisan humain ou le père de famille. Étranger à toute forme d’extériorité, c’est dans la conscience seulement qu’il se découvre comme la racine des valeurs que toutes les consciences reconnaissent également. »

Rome a toujours été, comparativement à la Grèce, d’une nullité intellectuelle et scientifique que connaissaient les Romains cultivés, qui se piquaient de parler grec et de connaître la littérature, la philosophie et la poésie grecques. On peut affirmer, en allant vite, que les deux natures, ténébreuse et lumineuse, de l’Occident sont associées respectivement à l’origine romaine et à l’origine athénienne. C’est exactement le verdict de Brunschvicg dans « L’humanisme de l’Occident »:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/ecrits_philosophiques_t1/ecrits_philosophiques_t1_intro.html

« La civilisation d’Occident affleure, dans l’histoire, avec l’arithmétique de Pythagore, avec la maïeutique de Socrate. Et certes, à travers les siècles de la décadence hellénistique, Pythagore et Socrate retomberont au niveau où les légendes orientales laissent leurs héros : ils deviendront maîtres de divination ou faiseurs de miracles. Cependant il suffit de savoir qu’un schisme s’est produit effectivement à l’intérieur de l’école pythagoricienne, entre acousmatiques et mathématiciens, c’est-à-dire entre traditionalistes de la fides ex auditu et rationalistes de la veritas ex intellectu, pour avoir l’assurance que, bien avant l’ère chrétienne, l’Europe a conçu l’alternative de la théosophie et de la philosophie sous une forme équivalente à celle qui se pose devant la pensée contemporaine…

…Et la même opposition, Orient et Occident pour parler un langage géographique, mais qui est aussi moyen âge et civilisation du point de vue historique, enfant et homme du point de vue pédagogique, a fait le fond de la littérature platonicienne. Quel est le rapport de la mythologie, fixée par le « Moyen âge homérique », à la dialectique issue des progrès de la mathématique ? Le problème s’est resserré sur le terrain de l’astronomie où devaient entrer en conflit, d’une façon décisive, le spiritualisme absolu de Platon et le réalisme d’Aristote. La valeur essentielle de la science, suivant Platon, est dans son pouvoir d’affranchissement à l’égard de l’imagination spatiale….

…Dans la considération de l’astronomie, enfin, la doctrine livre son secret, par l’antithèse qu’elle établit entre le réalisme de la matière et l’idéalisme de l’esprit, entre la valeur de la transcendance cosmique et la valeur de l’intériorité rationnelle. La dignité de l’astronomie n’est pas dans la supériorité locale de ses objets : « Tu crois donc que si quelqu’un distinguait quelque chose en considérant de bas en haut les ornements d’un plafond, il regarderait avec les yeux de l’âme et non avec les yeux du corps ?… Qu’on admire la beauté et l’ordre des astres dont le ciel est orné, rien de mieux ; mais, comme après tout ce sont des objets sensibles, je veux qu’on mette leurs objets bien au-dessous de la beauté véritable que produisent la vitesse et la lenteur réelles dans leurs rapports réciproques et dans les mouvements qu’ils communiquent aux astres, selon le vrai nombre et selon toutes leurs vraies figures. » Platon insiste encore d’une manière particulièrement significative dans le Phèdre : « Celui qui a le courage de parler de la vérité selon la vérité, doit chercher, à la fois un dehors du ciel et au delà de la poésie, ce qui existe sans aucune forme visible et palpable, objet de la seule intelligence par qui l’âme est gouvernée. »

Mais après Platon, ou du moins après Archimède, la spiritualité de la culture hellénique s’efface. L’animisme et l’artificialisme, qui caractérisent, selon les expressions de M. Piaget, la représentation du monde chez l’enfant, rentrent victorieusement en scène avec la métaphysique d’Aristote, incapable, pour parler avec M. Léon Robin, de « ménager de transition, sinon astrologique, entre l’intelligible et le sensible ». Dieu n’est plus ce qui est compris et aimé du dedans, tel l’Un-Bien de Platon ; c’est ce qui est imaginé en haut, c’est le moteur immobile auquel sont suspendues les âmes bienheureuses des astres ; l’ordonnance de la métaphysique aristotélicienne, de toutes les métaphysiques établies sur le modèle aristotélicien, implique une invention de créatures placées hiérarchiquement, c’est-à-dire situées topographiquement, au-dessus du monde sublunaire. La défaite de l’idéalisme platonicien sous les coups du réalisme aristotélicien engage la destinée de l’Europe pendant les vingt siècles qui vont s’écouler jusqu’à la renaissance cartésienne. »

Ce qu’il y a de bon et de lumineux dans l’héritage occidental de la Grèce se situe dans le platonisme et s’efface progressivement avant de renaître grâce au cartésianisme à l’occasion de la naissance de la Science moderne :

« C’est de Descartes que date le retour à la spiritualité pure par laquelle Platon avait mis en évidence le caractère de la civilisation occidentale : « Toutes les sciences (écrit-il dans la première des Règles pour la direction de l’esprit), ne sont rien d’autre que la sagesse humaine, laquelle demeure toujours une et identique, tout en s’appliquant à divers sujets, sans se laisser différencier par eux, plus que la lumière du soleil par la variété des choses qu’elle éclaire. » Mais l’humanisme de la sagesse ne manifestera toute sa vertu dans la recherche de la vérité, que s’il a conquis, par une ascèse préalable, sa liberté totale à l’égard des préjugés de la conscience collective. De cette ascèse, Descartes sera redevable aux Essais de Montaigne….

…Le propre de la sagesse cartésienne, c’est qu’elle accepte dès l’abord, comme bienfaisante el salutaire, l’épreuve du doute de Montaigne. Si l’on réserve le point qui concerne la substance psychique et qui demeure comme une digression par rapport aux thèses essentielles du cartésianisme, aucun des dogmes enseignés par l’autorité, aucun des principes dont l’École faisait la pétition, n’intervient pour altérer la rationalité parfaite du lien entre la méthode et le système. Une même présence de lumière intérieure fait de l’existence du moi pensant et de l’existence du Dieu infini les moments d’une seule intuition : elle a sa racine dans la clarté et dans la distinction de la mathématique « pure et abstraite » ; elle a son application dans la clarté et dans la distinction d’une physique mathématique qui explique les phénomènes de l’univers comme objets de la géométrie spéculative. Le mécanisme de la nature et l’autonomie de l’esprit sont les deux faces solidaires de la science que l’homme constitue lorsque, attentif à lui-même, il déroule, par la seule spontanéité de son intelligence, les « longues chaînes de raisons », dont il appartient à l’expérience de prouver qu’elles forment en effet la trame solide des choses, indépendamment des apparences qu’y adjoint l’animalité des sens ou de l’imagination.

Cette intériorité de la pensée à la vérité, voilà quelle sera désormais la seconde assise, l’assise définitive, du spiritualisme occidental. Il y a presque trois siècles que le Discours de la méthode a terminé, décidément, le Moyen âge post-aristotélicien ; et depuis trois siècles le type de vérité, créé par l’avènement de la physique mathématique, n’a cessé, à mesure qu’il croissait en valeur objective, d’approfondir sa raison d’être, par un double appel aux initiatives humaines de l’invention analytique et de la technique expérimentale. Le savant prend conscience que son univers est d’autant plus réel qu’il s’éloigne davantage des apparences immédiates, des données sensibles, pour ramener des faits, toujours plus minutieusement précisés, à un réseau d’équations, toujours plus dense. Le langage mathématique, qui pouvait d’abord sembler si abstrait, pour ne pas dire si étrange, en face des aspects infiniment variés de la nature, est pourtant le seul dans lequel nous savons qu’elle accepte de répondre effectivement aux questions qui lui sont posées, le seul donc par quoi l’homme, acquérant la dignité de vérité, soit assuré de s’élever, par delà l’ordre de la matière et l’ordre de la vie, jusqu’à l’ordre de l’esprit.« 

oui, nous ne sommes séparés que par quatre siècles (nous qui vivons en 2017) de ce tournant, de cette ligne de partage des Temps qu’est le cartésianisme qui sépare l’adulte après la ligne de l’enfant crédule avant :

https://renatuscartesiusmathesisuniversalis.wordpress.com/descartes-la-ligne-de-demarcation-des-temps/

Mais ne sommes nous pas retombés en enfance, repassant la ligne en sens inverse, depuis 60 ou 70 ans, depuis 1945 et l’effecement de l’idéalisme philosophique , celui platonicien de Brunschvicg, par le matérialisme dialectique ?

La Science vient en deux versions : science théorique mathématique lumineuse, élevant l’ame Vers le plan internel des Idées (mathématiques ) et techno science, tournée vers le pouvoir et l’avoir, vers le monde donc, le plan vital. Cependant il n’y a qu’une seule science, rien ne serait plus faux et donc plus dangereux de séparer en deux morceaux distincts la « tunique sans coutures «  de l’Esprit , et de parler d’une « vraie science » et d’une « fausse science « . Il n’y a qu’une seule science, et c’est la science occidentale, contrairement à ce que prétendent, comme par hasard, les musulmans:

Car depuis quatre siècles le monde a poursuivi son chemin et la Terre a continué de tourner : la technoscience a donné à l’Occident une supériorité militaire et économique écrasante, qui lui a permis de vaincre les agressions musulmanes ottomanes. Mais depuis 1945 (1960 plutôt) cette richesse de l’Europe , acquise grâce à la Science et à l’industrie qu’elle permet, attire une immigration de peuplement- musulmane en grande partie, en même temps que les changements climatiques remettent en cause l’industrialisation à outrance . La volonté de vengeance islamique , la haine et le ressentiment envers l’Occident « chrétien » n’ont pas cessé : eh quoi ? Dieu, Allah donnerait il aux « mécréants » juifs et chrétiens la supériorité sur les «  vrais croyants » (les musulmans)? Scandale pour la (pseudo) raison, l’entendement qui oppose et crée les haines propres au plan vital de l’Histoire..la pseudo- Raison et son dieu utlitaire, illusion vitale, mensonge vital..

« si les religions sont nées de l’homme, c’est à chaque instant qu’il lui faut échanger le Dieu de l’homo faber, le Dieu forgé par l’intelligence utilitaire, instrument vital, mensonge vital, tout au moins illusion systématique, pour le Dieu de l’homo sapiens, Dieu des philosophes et des savants, aperçu par la raison désintéressée, et dont aucune ombre ne peut venir qui se projette sur la joie de comprendre et d’aimer, qui menace d’en restreindre l’espérance et d’en limiter l’horizon.« 

Dans cette optique, le phénomène du nazisme et de la seconde guerre mondiale doit être compris comme une menace envers la nature lumineuse de l’Occident et envers l’humanité : la science mathématique et théorique, la nature bonne et lumineuse de l’Occident reste en effet disponible pour toute l’humanité , afin qu’elle devienne adulte et s’émancipe de ces imaginations anthropomorphiques à propos de Dieu envisagé comme Seigneur auquel les humains doivent se soumettre.
L’expédition militaire de 1944 contre les nazis est donc , selon les termes fort justes d’Eisenhower, une Croisade de l’Occident contre son double démoniaque nazi :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/10/28/le-jour-le-plus-long-1962-vostfr/

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Crusade_in_Europe

http://www.dday-overlord.com/debarquement-normandie/documents/message-eisenhower

« Soldats, Marins et Aviateurs des Forces Expéditionnaires Alliées !

Vous êtes sur le point de vous embarquer pour la grande croisade vers laquelle ont tendu tous nos efforts pendant de longs mois. Les yeux du monde sont fixés sur vous. Les espoirs, les prières de tous les peuples épris de liberté vous accompagnent. Avec nos valeureux alliés et nos frères d’armes des autres fronts, vous détruirez la machine de guerre Allemande, vous anéantirez le joug de la tyrannie que les nazis exercent sur les peuples d’Europe et vous apporterez la sécurité dans un monde libre.« 

Après la fin de la guerre en 1945 , cette opposition devient la guerre froide, guerre entre l’Occident et l’Est communiste, puis lors de la chute du communisme il y a près de 30 ans la guerre entre Occident (et entre humanité, pourrait on dire) et Islam.

Cependant il ne faut pas se tromper sur la nature de cette guerre, qui doit être une guerre d’Idées, menée au nom de la nature lumineuse, universelle, de l’Occident et non pas pour des questions de prestige et de supériorité économique et militaire . Elle doit être menée sans pitié ni mollesse, comme la Croisade du 6 juin 1944 , car c’est l’avenir humain , non animal, de l’humanité qui est en jeu, et non pas seulement son confort et sa prospérité. Mais, ce qui complique les choses par rapport à ce qu’elles étaient en 1944, c’est que l’ennemi est partout, au cœur de nos villes. Aussi ne peut on pas purement et simplement raser celles ci, comme cela a été fait pour les villes allemandes et japonaises, en 1944 -45. Ce qui est requis de nous, plus que d’offrir nos vies et notre sang, ce qui sera de toutes façons nécessaire dans une guerre qui sera atroce, c’est un sursaut spirituel … quel serait intérêt de rester en vie pour la continuation du temps seulement vital du plaisir et de la bonne chère ? Plus que jamais la parole qui suit doit être rappelée :

« Nous nous affranchirons du temps simplement vital, dans la mesure où nous en découvrirons la racine intemporelle. La vie, nous savons trop qu’elle est sans pitié pour les vivants. Elle peut se définir comme l’ensemble des forces qui résistent à la mort….. jusqu’à l’inévitable dénouement qui la révèle comme l’ensemble des forces qui acheminent à la mort…..

…il est malaisé de décider si l’armée des vivants peut avoir l’espérance, suivant la magnifique image que nous a proposée Bergson, de « culbuter la mort« ; mais, puisque le salut est en nous, n’est il pas assuré que l’armée des esprits débouche dans l’éternité, pourvu que nous ayons soin de maintenir à la notion d’éternité sa stricte signification d’immanence radicale ? « 

Nous ne combattons pas pour nous mêmes, pour notre petite individualité médiocre, pas plus que pour notre mode de vie, mais pour l’Esprit . Sinon nous ne serions que des islamo-collabos, des lâches comme Eddy Plenel ou Claude Askolovich .. mais les lâches auront à la fois la guerre et le déshonneur..

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