Georg Trakl : Grodek

http://encrier87.fr/textes/index.php?post/Rencontre-avec-Georg-Trakl-%3A-Grodek-650

C’est le dernier poème de Trakl:

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Grodek

« Le soir, les forêts automnales résonnent


D’armes de mort, les plaines dorées,


Les lacs bleus, sur lesquels le soleil


Plus lugubre roule, et la nuit enveloppe


Des guerriers mourants, la plainte sauvage


De leur bouches brisées.


Mais en silence s’amasse sur les pâtures du val


Nuée rouge qu’habite un dieu en courroux


Le sang versé, froid lunaire;


Toutes les routes débouchent dans la pourriture noire.


Sous les rameaux dorés de la nuit et les étoiles


Chancelle l’ombre de la sœur à travers le bois muet


Pour saluer les esprits des héros, les faces qui saignent;


Et doucement vibrent dans les roseaux les flûtes sombres de l’automne.


Ô deuil plus fier! Autels d’airain!


La flamme brûlante de l’esprit, une douleur puissante la nourrit aujourd’hui,


Les descendants inengendrés.« 

Les deux derniers vers sont une évocation de la dualité de l’Ouvert :

Plan spirituel («  la flamme brûlante de l’esprit » ) et plan vital, mais sous l’aspect de l’absence et du manque (« les descendants inengendrés « )

Cette guerre éveille une douleur puissante : l’arrêt du plan vital, par extermination des ancêtres, qui ne peuvent donc pas engendrer de descendants .Mais cette souffrance « soutient » le plan internel, qui lui ne meurt pas, voire même jaillit de la blessure faite au plan vital, comme le sang jaillit d’une blessure

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