Méditation de l’être et méditation de l’Un

J’ai cité bien souvent ce passage de Brunschvicg qui est l’un des plus significatifs:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/heritage_de_mots_idees/brunschvicg_heritage_mots.doc#c5

« Dieu ne naîtra pas d’une intuition tournée vers l’extérieur comme celle qui nous met en présence d’une chose ou d’une personne. Dieu est précisément ce chez qui l’existence ne sera pas différente de l’essence ; et cette essence ne se manifestera que du dedans grâce à l’effort de réflexion qui découvre dans le progrès indéfini dont est capable notre pensée l’éternité de l’intelligence et l’universalité de l’amour. Nous ne doutons pas que Dieu existe puisque nous nous sentons toujours, selon la parole de Malebranche, du mouvement pour aller plus loin jusqu’à cette sphère lumineuse qui apparaît au sommet de la dialectique platonicienne où, passant par dessus l’imagination de l’être, l’unité de l’Un se suffit et se répond à soi-même. Méditer l’Être nous en éloigne ; méditer l’unité y ramène.« 

Ces lignes peuvent être interprétées dans le cadre de pensée de l’Ouvert qui est proposé ici : Dieu n’existe pas dans le monde, dans l’être qui est pure imagination , Dieu est une Idée, d’ordre internel . Aussi la méditation de l’être, du monde, éloigne t’ elle de « Dieu qui vient à l’Idée « , la méditation de l’Un, du plan internel de l’Idée y ramène. L’Idée de Dieu , homotopique à celle de l’Un , est la plus haute et la plus importante:il n’y a rien au dessus du Principe d’unité.

Plus haut dans le chapitre sur Dieu, Brunschvicg cite Lagneau :

« Jules Lagneau, dans ses Leçons sur l’existence de Dieu pose le problème : « Affirmer que Dieu n’existe pas est le propre d’un esprit qui identifie l’idée de Dieu avec les idées qu’on s’en fait généralement et qui lui paraissent contraires aux exigences soit de la science soit de la conscience. » La confusion des vocabulaires risque de lier à un même sort, d’entraîner dans une chute commune, la religion conçue comme fonction suprême de la vie spirituelle et les religions données dans l’histoire en tant qu’institutions sociales. Celles-ci comportent un Dieu particulier qu’on désignera par un « nom propre » ; son culte et ses attributs sont définis dans des formules de symboles qui sont naturellement conditionnées par le degré où la civilisation était parvenue à l’époque de leur énoncé. Le progrès du savoir scientifique et le raffinement de la conscience morale se tournent alors en des menaces contre la tradition des dogmes qui tenteront d’y échapper par le saut brusque dans le mystère de la transcendance. Pourtant, si la science porte avec elle la norme du vrai comme la conscience morale la norme du bien, le devoir de la pensée religieuse est d’en chercher l’appui bien plutôt que d’en fuir le contrôle.« 

Ce qui signifie que l’on confond l’Idée qui est Dieu avec les idées , assemblages de mots du langage ordinaire, simple flatus vocis (words! Words! Words!) que l’on s’en fait généralement … idées du plan vital , contes de nourrices, qui sont implantées dans la conscience de l’enfant par les précepteurs et les nourrices:

« 
Parler d’amour à un jeune homme, c’est susciter en lui des questions dont les termes mêmes restent obscurs, tant ils sont appelés à varier de sens selon les rencontres qui projetteront leurs rayons ou leurs ombres sur le cours de sa vie. Parler de Dieu à un enfant, c’est lui apporter, ou lui imposer, un faisceau suffisant de réponses pour le garder, son existence durant, à l’abri d’une curiosité dangereuse. L’héritage religieux serait indépendant des hasards et des fantaisies qui peuvent traverser l’histoire et la pensée d’un individu ; il est d’ordre sociologique, c’est-à-dire qu’en les admettant dès leur premier âge au spectacle des cérémonies, en les faisant participer aux vertus de la prière, une société constituée réserve à ses membres le privilège de posséder l’ultime mot des choses, les secrets du passé du monde et du sort de l’humanité« 

Telle est la tragédie des « religions positives », celles des dieux à noms propres , qu’elles ne mènent à rien d’autre qu’à l’athéisme :

La proposition génératrice de l’athéisme : «  Dieu est « 

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