Blanchot : lire Marx

Ce texte de Philippe Sollers se trompe peut être :

http://www.philippesollers.net/blanchot.html

« Il est savoureux de voir l’auteur d’un grand livre sur Sade et Lautréamont s’enthousiasmant soudain pour Gagarine. Il pense que la fin de l’Histoire est proche, que «plus rien ne sera comme avant». «La Révolution est derrière nous, mais ce qui est devant nous, et qui sera terrible, n’a pas encore de nom.» Inutile de dire que cette vision romantique va être cruellement démentie par les faits. »

Or je lis dans « Science et révolution » de Jean Vioulac ceci :

« Élaborer la science de la révolution en cours impose dans le même moment de provoquer une révolution de la science. Mais si dans sa pratique théorique Marx s’appuie sur cette logique révolutionnaire, il ne l’a jamais thématisée comme telle. Maurice Blanchot insistait sur l’impossibilité d’intégrer la pensée de Max au discours scientifique objectif de la science contemporaine, tout en soulignant que Marx opérait cette transmutation sans trop le formuler :

« Marx est honoré et méconnu par les autres représentants du savoir. Il est alors homme de science, répond à l’éthique du savant , accepte de se soumettre .. pourtant Le Capital est une œuvre essentiellement subversive. Elle l’est moins parce qu’elle conduirait, par les voies de l’objectivité scientifique, à la conséquence nécessaire de la révolution que parce qu’elle inclut, sans trop le formuler, un mode de pensée théorique qui bouleverse jusqu’à l’idée même de la science. La science ni la pensée ne sortent intactes de l’oeuvre de Marx et cela au sens le plus fort, pour autant que la science s’y désigne comme transformation radicale d’elle même «  (lignes tirées de « Sur Marx » de Maurice Blanchot) »

La révolution galiléenne, puis la Révolution française, puis la révolution industrielle, et enfin la révolution actuelle du numérique sont pour Vioulac une seule révolution, et la pensée de Marx la soutient en fondant le tout sur une « ontologie » qui n’est autre que l’intersubjectivité des individus en chair et en os.

Donc peut être ce que Blanchot appelait « ce qui est devant nous » est il le chaos d’aujourd’hui ?

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