Une interprétation des apparences surnaturelles dans « Shining » de Stanley Kubrick (1980)

En vf :

https://sokrostream.cx/films/shining-83016.html

(Choisir uptostream)

Dans « Shining » classé à raison comme film d’horreur et d’epouvante , Jack Torrance est un écrivain cherchant l’inspiration pour « trouver des idées » pour son prochain roman. Cependant c’est aussi un alcoolique qui a démis l’épaule de son fils après avoir trop bu. Le scénario en apparence surnaturel ( fantômes, apparitions, meurtres sanglants.. le film est tiré d’un livre de Stephen King) se comprend clairement selon ces deux faits.

Qu’est ce qu’un écrivain ou un artiste véritable ( ce qui exclut les tristes sires , dont j’ai oublié le nom, ce dont je me contrefous, qui ont appelé « œuvres d’art » un plug anal géant de couleur verte vers la Place Vendôme ou « le vagin de la Reine » dans le parc de Versailles) ?

Dans la terminologie de ce blog, un artiste est quelqu’un qui a un « contact » privilégié avec, ou oriente sa conscience vers, ce que j’appelle ici plan internel de l’Idée ou « monde des idées ». Il vaut mieux éviter le terme « monde » , ce qui n’est pas toujours le cas ici ; le monde de l’au delà des religions et fables occultes est une représentation mythique et populaire de ce plan internel, qui est chez Hegel et Steiner le suprasensible : il ne s’agit pas ici d’une croyance à l’au delà, mais d’une condition de possibilité de la Science et des arts, dans une optique philosophique idéaliste et platonicienne.
Quant à l’alcoolisme il est, comme toute autre addiction à une drogue psychotrope (qui peut être un médicament ) , le signe d’une relation profondément perturbée au « monde des idées », consistant à remplir ce plan purement spirituel-intellectuel de représentations (érotiques, guerrières) propres au plan vital ou monde. C’est en partie et entre autres pour pallier ce danger que les Idées sont affirmées ici comme de nature intégralement mathématique. Dans le film il n’y a pas d’alcool à l’hotel, c’est précisé au début, donc les scènes au bar sont de pures hallucinations de Torrance…Il ne faut pas confondre ici l’alcoolisme, maladie de nature mentale et spirituelle, et la façon de boire de ceux qu’on appelle « gros buveurs » ou « bons vivants » : en cas d’imprévu auquel il faut faire face, le gros buveur arrête instantanément et sans que cela lui coûte de gros efforts, de boire, le temps de régler le problème ( professionnel ou familial par exemple) alors que l’alcoolique s’enfonce dans la toxicomanie. Si un médecin persuade le gros buveur que sa consommation va lui amener de graves ennuis de santé, celui ci diminue sans efforts la quantité absorbée. Alors que l’alcoolique doit absolument s’abstenir complètement d’alcool, sinon il « replonge » , même s’il ne boit plus depuis des mois ou des années ( c’est le cas de Jack Torrance dans le film, il n’a pas bu une goutte d’alcool depuis cinq mois , lorsqu’il « rêve «  qu’il reboit au bar, mais c’est seulement une hallucination) .
Donc Jack Torrance a une relation profondément perturbée, maladive , au plan des Idées, relation où il doit trouver l’inspiration pour son prochain roman. Il peuple le « monde des Idées «  d’êtres et de visions, de nature sexuelle ou violente et sanglante, propres au plan vital. De cette contradiction , de cette ambivalence , sort le scénario du film : apparitions, visions du futur ou du passé, etc… bien sur ces visions ne sont pas l’apanage du personnage joué par Jack Nicholson, mais concernent aussi son fils, qui est souvent identifié à lui (par exemple lors de la scène dans la chambre 237) : façon pour Kubrick, ou le scénariste, d’ exprimer la situation intérieure de Jack Torrance. Celui ci sombre peu à peu dans à folie, non pas parce qu’il serait influencé par un monde de spectres, mais parce qu’il n’arrive pas à écrire son roman, à cause de son alcoolisme, maladie psychique qui consiste en une relation profondément perturbée avec le « monde des idées » ; maladie qui reste présente même s’il ne boit pas, les scènes au bar sont fantasmatiques, Jack Torrance sombre dans la folie et est de plus en plus happé par son monde intérieur terrifiant..tout ce qu’il trouve à écrire est la répétition indéfinie de « all work and no play makes Jack a dull boy » . La progression ésotérique est, comme disaient les alchimistes, « travail de femme et jeux d’enfants » .

Les événements d’apparence « surnaturelle » du film traduiraient donc la conscience malade de Jack Torrance, qui sombre lentement dans la folie meurtrière. Certes plusieurs faits du scénario vont contre cette interprétation, le principal étant l’ouverture , par le « spectre » de Grady, de la porte fermée à clef de la salle de réfrigération où Torrance a été enfermé par sa femme affolée. Le « monde des esprits » aurait donc une influence causale, de plus intentionnelle, sur le monde physique. De plus comme il a été rappelé , certaines «  apparitions » concernent aussi l’épouse et le fils de Torrance. Comment Danny a t’il été « rudoyé » dans la chambre 237 au point d’avoir des cicatrices , en déclarant explicitement que ce n’est pas par son père, mais par une femme qui habite la chambre 237? Ceci traduit à mon avis toute l’ambiguité De la position de Kubrick à propos du « monde spirituel », déjà sensible dans « 2001 Odyssée de l’espace », où les monolithes n’étaient pas seulement des symboles de la progression intellectuelle de l’humanité dans la science, mais aussi « envoyés » à celle ci par une « Transcendance » ayant une intention » vis à vis de l’être humain. Seulement « 2001 » se termine de façon ambiguë ( et qui a fait l’objet de différentes interprétations)

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/08/19/essai-dinterpretation-de-2001-odyssee-de-lespace-de-stanley-kubrick/

L’attitude « religieuse » de Kubrick semble très éloignée de l’orthodoxie ( un « plan » de Dieu pour l’humanité) comme de l’athéisme du livre d’Arthur C Clarke d’où a été tiré le film « 2001 Odyssée de l’espace », peut être est ce là l’explication de l’appel téléphonique nocturne qu’il a passé avec Stephen King pour simplement lui demander s’il «  croyait en Dieu » , et, sur réponse positive de celui ci : « je le savais » avant de raccrocher…

Un documentaire , « Room 237 » est sorti à propos de ce film :

où Kubrick aurait « caché » sous un voile symbolique de nombreuses allusions à la façon dont il aurait aidé la NASA à tourner en studio sur Terre les « premiers pas de l’humanité sur la Lune » . Mais nous avons vu que cette fable d’un supposé bidonnage sort d’un film délirant de William Karel :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/02/15/operation-lune-le-film-comico-delirant-de-william-karel/

237=3×79

La somme des diviseurs de 237 est :

1+ 3 + 79 = 83

Qui est premier . 83 est 813 d’où on a enlevé 1 au milieu
813 est le titre d’un célèbre roman ésotérique de Maurice Leblanc.

813 = 3 x 271

La somme des diviseurs de 813 est : 1 + 3 + 271 = 275 = 5 x 55 et 55 est la somme des nombres de 1 à 10.

La somme des diviseurs de 275 est : 1 + 5 + 11 + 25 + 55 = 97 qui est premier donc la somme de ses diviseurs est 1.

Additionnant tous les nombres trouvés comme sommes de diviseurs pour 813 on trouve :

275 + 97 + 1 = 373 qui est en gematria du grec (Kabbale du grec ancien) le nombre de logos

λογος = 373 = 200 + 2×70 + 30 + 3

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