« Pour la patrie, les sciences et la gloire »

Le « slogan » de l’Ecole Polytechnique ( d’où sont sortis Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Attali, ainsi que Raymond Abellio X27) dit bien ce qu’il veut dire et révèle le pot-aux-roses en mélangeant la patrie , une notion propre au plan vital , et LA science, voie qui mène au plan spirituel . LA science et non pas les sciences parce qu’il n’y a qu’une seule mathématique, science transcendantale, condition de possibilité du fait scientifique. Comme le dit Descartes dans son commentaire à la première des règles pour la direction de l’esprit :

https://fr.m.wikisource.org/wiki/Règles_pour_la_direction_de_l’esprit

« Or c’est là une grande erreur ; car comme les sciences toutes ensemble ne sont rien autre chose que l’intelligence humaine, qui reste une et toujours la même quelle que soit la variété des objets auxquels elle s’applique, sans que cette variété apporte à sa nature plus de changements que la diversité des objets n’en apporte à la nature du soleil qui les éclaire, il n’est pas besoin de cir­conscrire l’esprit humain dans aucune limite ; en effet, il n’en est pas de la connaissance d’une vérité comme de la pratique d’un art ; une vérité découverte nous aide à en découvrir une autre, bien loin de nous faire obstacle.« 

Quant à la recherche de la gloire, ou de la réputation, voici ce qu’en dit Spinoza au début du « Traité sur la réforme des l’entendement « :

http://spinozaetnous.org/tre.htm

« La réputation occupe l’âme avec plus de force encore ; car l’âme la considère toujours comme étant par soi-même un bien, et en fait l’objet suprême où tendent tous ses désirs. Ajoutez que le repentir n’accompagne point la réputation et les richesses, comme il fait la volupté ; plus au contraire on possède ces avantages, et plus on éprouve de joie, plus par conséquent on est poussé à les accroître ; que si nos espérances à cet égard viennent à être trompées, nous voilà au comble de la tristesse. Enfin, la recherche de la réputation est pour nous une forte entrave, parce qu’il faut nécessairement, pour l’atteindre, diriger sa vie au gré des hommes, éviter ce que le vulgaire évite et courir après ce qu’il recherche. »

Poursuite de la vanité , des trois vains biens (richesse, volupté, gloire) empêche les hommes de se consacrer à ce qui seul importe parce qu’il n’est pas mordu par l’antique serpent, étant hors d’atteinte de l’à-quoi-bon: le Souverain Bien, le Bien-au-delà-De-l’être chez Platon, c’est à dire au fond l’Un, l’unification, la pensée-selon-l’un:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/03/30/a-quoi-bon-quelques-pensees-a-cacher-sous-le-tapis/

« Je méditais donc en moi-même sur cette question : est-il possible que je parvienne à diriger ma vie suivant une nouvelle règle, ou du moins à m’assurer qu’il en existe une, sans rien changer toutefois à l’ordre actuel de ma conduite, ni m’écarter des habitudes communes ? chose que j’ai souvent essayée, mais toujours vainement. Les objets en effet qui se présentent le plus fréquemment dans la vie, et où les hommes, à en juger par leurs œuvres, placent le souverain bonheur, se peuvent réduire à trois, les richesses, la réputation, la volupté. Or, l’âme est si fortement occupée tour à tour de ces trois objets qu’elle est à peine capable de songer à un autre bien.« 

La Mathesis n’est pas technique ou technoscience destinée à dominer la Nature, mais pensée-selon-l’un, religion véritable , libération de l’ame Vis à vis de la Nature par son accession à l’un (c’est à dire compréhension du fait que le multiple ontologique peut être unifié); La mathématique est , non pas l’ontologie (selon la thèse de Badiou) mais hénologie, c’est à dire théologie , ou hénosophie, ou théosophie (loin des balivernes abracadabrantesques connues sous ce dernier vocable) .

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/pensee-selon-letre-et-pensee-selon-lun-ensembles-categories-topoi-foncteurs/

Ainsi s’explique la bipolarité profonde qui caractérise les élèves de l’Ecole Polytechnique : d’un côté , très majoritaire, le service du plan vital, du progrès de la société comme on dit, c’est à dire de la poursuite de la vanité ( de nos jours ceci s’appelle « construction de l’Europe » , ou de l’Etat universel pour ce qui est de Jacques Attali). De l’autre , renoncement à la mort, c’est à dire au monde, au plan vital , dans la religion véritable qui est pensée-selon-l’un, pensée mathématique, science transcendantale et universelle.

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