L’internité est amoureuse des travaux du temps

L’Un , le plus haut principe, ou encore Dieu, est considéré ici comme une pensée, pensée de l’Idée de l’Un , pensée-selon-l’Un , opposée à la pensée selon l’être qui est propre à l’homme naturel :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/pensee-selon-letre-et-pensee-selon-lun-ensembles-categories-topoi-foncteurs/

Cette pensée-selon-l’Un est une véritable connaissance-amour, elle est ce qui est appelé ici « Agapé » et opposé à Éros . Agapé est un terme chrétien, à ce qu’il me semble, et ne figure pas dans Platon , dont le dialogue à lire sur ce thème est « Le banquet »

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/04/28/eros-est-la-negation-dagape/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/04/18/lamour-selevera-til-un-jour-mais-quel-amour-eros-ou-agape/

Les « célibataires exigeants » sont au courant :

https://newlife-lille.fr/definition-de-lamour-philia-eros-agape-storge/

Comme quoi Meetic, ou les « incels » , ou les « associations «  qui organisent des après midi coquins entre gens mariés et branchés ne semblent pas encore avoir tout envahi…

Il y a peut être là un début d’explication de ce phénomène curieux de la langue hébraïque biblique, ou le mot YADA’ se traduit par « connaître » et « faire l’amour »:(« connaître bibliquement sa femme »)

ידע

mais cela peut aussi témoigner d’une confusion entre Éros et Agapé, d’une chute du ciel en terre appelée ici « déchéance ontologique » dont un exemple flagrant est la Sourate 56 du Coran:

http://www.islam-fr.com/coran/francais/sourate-56-al-waqi-a-l-evenement.html

« Ce sont ceux-là les plus rapprochés d’Allah

12. dans les Jardins des délices,

13. une multitude d’élus parmi les premières [générations],

14. et un petit nombre parmi les dernières [générations],

15. sur des lits ornés [d’or et de pierreries],

16. s’y accoudant et se faisant face.

17. Parmi eux circuleront des garçons éternellement jeunes,

18. avec des coupes, des aiguières et un verre [rempli] d’une liqueur de source

19. qui ne leur provoquera ni maux de tête ni étourdissement;

20. et des fruits de leur choix,

21. et toute chair d’oiseau qu’ils désireront.

22. Et ils auront des houris aux yeux, grands et beaux,

23. pareilles à des perles en coquille

24. en récompense pour ce qu’ils faisaient.

25. Ils n’y entendront ni futilité ni blasphème;

26. mais seulement les propos: «Salām! Salām!»… [Paix! Paix!]« 

Bref Allah récompense ses fidèles serviteurs, notamment les terroristes, en leur accordant un bordel éternel « après la mort » où ils pourront forniquer avec des garçons « éternellement jeunes » ou bien des « houris aux grands yeux noirs » tout en buvant des liqueurs qui ne donnent pas la gueule de bois ! C’est mieux que Pattaya!

La « déchéance ontologique «  est ici double : le plan internel de l’Idée visé par le parcours initiatique est confondu avec les croyances populaires en un « au delà après la mort » qui peut d’ailleurs prendre la double forme de paradis pour les gentils, ceux qui n’auront pas trompé leur conjointe à Pattaya justement, et d’enfer pour les méchants….et la connaissance amoureuse Agapé est confondue avec le sexe, Éros.

Quant à l’éternité, c’est long.. surtout vers la fin !

Dans les « Proverbes de l’Enfer » de William Blake :

https://www.poets.org/poetsorg/poem/proverbs-hell

on trouve ce joyau :

« Eternity is in love with the productions of time.« 

tout comme :

« The hours of folly are measur’d by the clock, but of wisdom: no clock can measure.« 

Qu’Einstein , avec son temps mesuré par les horloges et les signaux lumineux entre référentiels différents, se le tienne pour dit ! Mais qu’est ce que « la sagesse » ?

http://eclectique.net/proverbes-de-lenfer-william-blake/

https://fr.m.wikisource.org/wiki/Le_Mariage_du_Ciel_et_de_l’Enfer

« Des ouvrages du temps l’Éternité reste amoureuse.« 

« Les heures de la folie sont mesurées par l’horloge, mais celles de la sagesse, aucune horloge ne les peut mesurer.« 

Dans le titre de cet article, « éternité » est remplacé par « internité » ( les heures de la sagesse, qu’aucune horloge ne peut mesurer) .Il me semble qu’éternité est contaminée par « durée perpétuelle » qui évoque la prison et « Huis clos » de Sartre . Internité est si l’on veut l’éternité du plan de l’Idée, de l’ordre de la prophétie et de l’éclair, qu’aucune horloge ne peut mesurer.

A noter la différence de construction entre l’anglais et le français : «  amoureuse «  traduit « in love with » , internité et « productions du temps «  sont réunis (ensemble  ) dans « Love- Agapé » : L’Un ?

Éros , en permettant le renouvellement des générations, « donne le temps » et la perpétuité de la durée, tant que les générations se reproduisent ; Agapé rassemble ce qui est multiple, disséminé par Éros, dans l’Un.

La pensée ordinaire, propre à l’homme naturel dans le monde, crée le multiple pur et le temps du monde qui « rafle tout dans le néant » ; la pensée-selon-l’Un, ou pensée amoureuse, Amour- Agapé est la seule à « voir » l’Idée de Dieu et donne une autre compréhension du temps spirituel comme redressement continu opposé au temps biologique comme dégradation continue acheminant à la mort:

https://mathesismessianisme.wordpress.com/leon-brunschvicg-temps-biologique-et-temps-spirituel/

« Cette rupture entre les deux rythmes de durée — temps biologique qui est vieillissement inévitable et décadence finale, temps spirituel qui est redressement incessant, progrès continu, Blaise Pascal l’a dégagée dans un fragment posthume, où il développe avec une vigueur inoubliable l’aphorisme baconien Antiquitas saeculi, juventus mundi . « Ceux que nous appelons Anciens étaient véritablement nouveaux en toutes choses, et formaient l’enfance des hommes proprement ; et comme nous avons joint à leurs connaissances l’expérience des siècles qui les ont suivis, c’est en nous que l’on peut trouver cette antiquité que nous révérons dans les autres. »

« Dieu est précisément ce chez qui l’existence ne sera pas différente de l’essence ; et cette essence ne se manifestera que du dedans grâce à l’effort de réflexion qui découvre dans le progrès indéfini dont est capable notre pensée l’éternité de l’intelligence et l’universalité de l’amour. Nous ne doutons pas que Dieu existe puisque nous nous sentons toujours, selon la parole de Malebranche, du mouvement pour aller plus loin jusqu’à cette sphère lumineuse qui apparaît au sommet de la dialectique platonicienne où, passant par dessus l’imagination de l’être, l’unité de l’Un se suffit et se répond à soi-même. Méditer l’Être nous en éloigne ; méditer l’unité y ramène.« 

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/heritage_de_mots_idees/heritage_de_mots.html

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