#CochetBrunschvicg #ScienceInternelle La relativité du temps

Pratiquement toute la théorie de la Relativité restreinte est dans les formules de transformations de Lorentz:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Relativité_restreinte

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Transformations_de_Lorentz

mais Einstein est celui qui alla jusqu’au bout des conséquences de la théorie , notamment l’abandon du temps et de l’espace absolus de Newton . Lorentz préférait supposer que ce sont les règles qui se contractent en raison de leur mouvement dans l’éther plutôt que d’abandonner les notions de temps et d’espace absolus. Le temps n’est pas absolu mais dépend du référentiel : dans le cas limite du référentiel en mouvement associé à une particule se déplaçant à la vitesse de la lumière, le déplacement est toujours instantané du point de vue du référentiel de la particule, et le « temps propre » écoulé toujours nul , quelle que soit la distance parcourue; ainsi le voyage jusqu’à nous d’un photon émis par une étoile un milliard d’années dans notre passé est toujours instantané du point de vue du référentiel associé au photon . Ce qui dure un milliard d’années de notre point de vue est un instant de durée nulle du point de vue du photon. Le temps ne « coule » plus. Aucune particule dotée d’une masse non nulle, donc une particule appartenant au monde, ne peut atteindre la vitesse de la lumière , qui constitue un mur absolu des vitesses d’objets dans le monde, ayant une masse . Ceci évoque l’univers super lumineux de Régis Dutheil :

http://www.chaouqi.net/index.php?2005/10/17/29-regis-dutheil-l-univers-supralumineux

Univers que j’identifie purement et simplement avec le plan internel des Idées. Ainsi le monde (ici appelé plan vital ) contient les objets se déplaçant à des vitesses inférieures à celle de la lumière , tandis que les Idées du plan internel peuvent être considérées comme ayant des vitesses supérieures à celle de la lumière . Les photons , particules de lumière , constituent le mur de séparation entre les deux plans : n’ayant pas de masse, ce ne sont pas des étants du monde, dont ils font partie cependant à titre d’objets de la physique, de particules qui sont aussi de nature ondulatoire.

On peut ici penser à ce que disaient Deleuze et Guattari sur la « vitesse infinie » de la pensée:

http://www.lesensfigure.fr/blog/index.php?post/2016/11/07/Deleuze-Guattari-à-vitesse-infinie-L-interview

Une philosophie qui se démarque de l’idéalisme platonicien revendiqué ici:

« La formule qui pourrait résumer la seconde moitié du livre serait que la nature se crée elle-même par la pensée. C’est une idée magnifique : a-t-elle des origines orientales ? Elle semble déconnectée du rationalisme de l’Occident…

Attention cependant au contresens qui guette immédiatement ici ! Formulé ainsi, on pourrait croire à une sorte d’idéalisme où la pensée serait un monde séparé qui créerait la nature comme entité seconde, résiduelle (version objective de l’idéalisme, lignée platonicienne) ou alors un monde personnel par le seul prisme duquel la nature existerait, comme si tout ne se passait finalement que dans notre tête (version subjective, lignée cartésienne). Il faudrait plutôt, pour éviter ce contresens, dire que la Nature se crée sans fin et qu’on peut appeler pensée ce processus de création – les différentes formes sous lesquelles la réalité se crée constituant autant de modes de pensée. »

Attention, avec l’univers super lumineux de Deltheil , nous sortons ici de la physique, j’en suis bien conscient : ce n’est que par analogie que l’on peut parler des Idée- « habitants »( selon une manière de parler propre à #HoTT) du plan internel dotées d’une vitesse infinie, envisager ce discours de manière réaliste équivaudrait à traiter les Idées comme des choses, des objets…

Poursuivons cependant avec cette manière de parler : dans le monde, on échange des informations avec des signaux lumineux, c’est la base de la Relativité d’Einstein. Il n’y a pas si longtemps on échangeait des signaux constitués par des fumées, visibles à l’oeil nu, dans les plaines ou les montagnes, puis par des sons, se propageant à une vitesse bien inférieure à la vitesse de la lumière . Appelons cela «  information », consistant en des échanges de signaux se propageant à des vitesses inférieures ou égales à la vitesse de la lumière. Nous opposons à l’information la connaissance (« gnosis « ) consistant en un accès direct aux Idées du plan internel. L’information se produit par échange de signaux, objets du monde se propageant à des vitesses finies et réclame donc un certain temps, non nul, quoique dépendant du référentiel, pour être traitée. La connaissance , la gnose, s’effectue dans le Présent qui constitue le plan de l’Idée . Cette dualité évoque certaines thèses de Marie Anne Cochet sur le dialogue entre la masse et la lumière dans son livre «  Conversion spirituelle dans la philosophie de Léon Brunschvicg »

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/10/14/cochetbrunschvicg-4-le-dialogue-entre-la-masse-et-la-lumiere/

« le dialogue mathématique, et physique (mais physique, bien au delà et CONTRE les sens), ce dialogue actuel entre la masse et la lumière, soit, entre la pesanteur et le mouvement, qui est lutte primordiale et interne sous tous les aspects de la densité du réel, ce dialogue, cette lutte, ce duel, sont aux confins existentiels de notre univers, parce qu’ils n’utilisent pas seulement les éléments, comme le docile déterminisme, qui se pliait à leur rythme donné, mais les transforment. Or l’univers transformé par l’homme transformera l’homme à son tour par le retour naturel des forces à leur source spirituelle; et il est impossible de prévoir le résultat de cette double transformation dans laquelle l’humanité est maintenant engagée tout entière« 

La vie de l’esprit se développe dans un Présent éternel ( que j’appelle internel) qui est le caractère du plan spirituel habité par les Idées et doit donc être opposée à l’information , processus du monde qui réclame toujours un certain temps, non nul quoique relatif .
La connaissance est acquise grâce à cette pensée-selon -l’Un que nous avons identifiée à l’Amour- Agapé

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/06/12/lamour-agape-est-une-pensee/

De nombreux passages du livre de Marie-Anne Cochet le disent , ainsi page 70-71:

« Le déterminisme qui se construit du « cela est » à l’objet extérieur n’enchaine Donc pas l’homme, mais le libère »

C’est ce qui explique la « contradiction apparente » entre la merveilleuse liberté du livre V de « L’Ethique » et le déterminisme absolu qui est propre aux quatre premiers livres de l’ouvrage de Spinoza.

Marie Anne Cochet continue :

« Ce déterminisme n’est pas métaphysique. C’est une technique intellectuelle qui témoigne de la liberté de l’homme,de sa prise sur l’univers et de son désintéressement subjectif. Cette technique de pensée purifie son désir de telle sorte que le désir du vrai, et non l’attrait sensible ou émotif, devient l’objet de son amour. Car l’amour est bien le terme de l’union ultime, mais il n’est pas premier. Il ne mène pas à la vérité, c’est au contraire la vérité qui mène à l’amour , posé sur la spiritualité pure de la connaissance »

L’amour dont parle ici Marié Anne Cochet est l’Amour- Agapé, purifié par la pensée selon l’Un, qui n’a comme seul objet que le désir du vrai. L’amour non purifié de l’attrait du sensible et de l’émotif est l’Eros.

« Lorsque la réduction se poursuit par l’ascèse de la sensibilité , elle aboutit au point fonctionnel où le corps est uni à l’univers , et c’est l’extase des mystiques; lorsqu’elle est menée par l’ascèse intellectuelle, elle aboutit à la source fonctionnelle, où l’intelligence participe directement à l’unité spirituelle . L’ascèse menée par la sensibilité résorbe l’intelligence, celle menée par l’intelligence résorbe la sensibilité . La première mène à l’extase, terme dernier de la volupté. La seconde mène à la connaissance terme suprême de la personnalité »

Il n’est pas difficile de reconnaître Éros dans la première ascèse dont parle Mme Cochet, celle de la sensibilité : ainsi les « extases » de Thérèse d’Avila sont bien proches de l’orgasme, comme le rapportent les témoignages de la Sainte elle même

« Nous faisons donc du « cela est » une des expressions les plus précises du « présent éternel » envisagé comme une fonction intégrale, à partir de laquelle tournoient et s’engendrent les circuits chronologiques. Nous forçons sans doute ici la définition du « cela est » incluse dans « La modalité du jugement «  et nous altérons aussi peut être le sens de l’hétérogénéité des jugements d’extériorité et d’intériorité . Nous pensons en avoir le droit par le développement ultérieur de la pensée brunschvicgienne dans son mouvement de conversion, et par l’absoluité que nous posons sur la participation de la pensée à l’un, exclusive de toute participation à l’être , qui, quel qu’il soit, même divin, doit sa formation au pouvoir unifiant et ne le contient pas. Rien ne peut être extérieur à l’un, tandis qu’à partir de l’être, fût il conçu total, l’extériorité est inévitable, l’affirmation de cet être dépassant le plan de l’existence pour entrer dans celui de la connaissance. Lorsque la pensée veut affirmer un Dieu Transcendant, ce n’est pas sur l’être affirmé qu’elle pose la Transcendance, mais sur la pensée qu’il affirme et dont il dépend. Le choc sensible du « cela est » ne peut donc venir d’une extériorité inexistante, mais seulement d’une périphérie sensible, perpétuellement en gestation de cycles nouveaux »

Récapitulons : la pensée selon l’Un , conçue comme participation à l’Un, qui est aussi cet accès direct au plan de l’Idée dont nous parlons ici, mène à la connaissance intemporelle et à l’Amour-Agapé. La pensée qui affirme l’être reste enlisée dans le monde et s’appuie sur l’information , propre aux signaux voyageant dans le monde à une vitesse finie, et dont le corollaire est le temps

« Le concept se forme par le mouvement qui partant du choc « cela est «  aboutit à une détermination particulière « cela est bleu ». Ce mouvement va de la puissance unifiante , éternellement active et immanente dans le «  cela est «  à la chose à unifier, qu’elle soit pierre ou univers; il crée ce qui est extérieur. Le mouvement du retour, revenant du créé au pouvoir créateur, réfléchit, non la chose créée mais le pouvoir créateur lui même, et ne laisse plus au concept que la valeur d’une expression provisoire de ce pouvoir : il saisit l’acte de l’esprit.

Le « cela est «  , primitivement subi par les sens, qui représentent la périphérie de notre organisation connaissante, aboutit donc aux concepts des etres’ des choses et des forces que nous appelons l’univers . Maislorsqu’il est rejoint par le mouvement réflexif, il apparaît comme l’activité unifiante de l’esprit, immanente à la conscience, et le pouvoir de conversion de l’univers créé à l’unité créatrice change le signe de l’action humaine, de la passivité des sens à la liberté formatrice de l’intelligence. « 

« ce rapport de l’immanence spirituelle aux apparences sensibles est le même que celui du présent éternel au temps chronologique »

Un autre passage , page 40, que j’ai souvent cité, est encore plus révélateur :

« La vie de l’esprit se développe dans un présent éternel. Platon, Spinoza sont nos contemporains, car ce qui fut chronologique dans leurs écrits n’est plus que la poussière déposée par le temps sur un tableau de maître. Nous l’écartons sans peine et contemplons l’éternelle beauté du tableau »

La pure et simple lecture des livres de Platon et Spinoza consiste en une acquisition d’informations sur les lettres et les mots , regroupements de lettres , qui composent ces écrits ( ce qui fut chronologique dans leurs écrits ) mais la véritable compréhension spirituelle de cette pensée est « la vie de l’esprit qui se développe dans le présent éternel du plan de l’Idée, elle consiste à écarter la poussière accumulée par le temps de l’information pour contempler l’éternelle beauté du tableau ; la pure est simple lecture est, au niveau le plus basique, traitement d’informations dans le monde soumis au temps qui passe et accumule la poussière :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/04/22/theo-angelopoulos-la-poussiere-du-temps-2008/

La compréhension spirituelle est vie de l’esprit , qui purifie et nettoie la poussière accumulée (la multiplicité chronologique des poussières du temps, des informations ) . La connaissance est Une, l’information est multiple.

Rappelons nous le générique du feuilleton « Le prisonnier » il y a 50 ans :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Le_Prisonnier

« Où suis-je (Where am I?)
– Au Village. (In the Village.)
– Qu’est ce que vous voulez ? (What do you want?)
– Des renseignements. (Information.)
– Dans quel camp êtes-vous ? (Whose side are you on?)
– Vous le saurez en temps utile… Nous voulons des renseignements, des renseignements, des renseignements… (That would be telling… We want information, information, information…)
– Vous n’en aurez pas ! (You won’t get it !)
– De gré ou de force, vous parlerez. (By hook or by crook, we will.)« 

Qu’est ce que « le village » ? C’est le monde mondialisé de notre époque , 50 ans après.

Un monde de l’information , des renseignements , c’est à dire de la poussière du temps qui s’accumule

Un monde de contrainte, où la liberté reste toute théorique :

« Qui êtes-vous ? (Who are you?)
– Je suis le nouveau Numéro 2. (The new Number Two.)
– Qui est le Numéro 1 ? (Who is Number One ??)
– Vous êtes le Numéro 6. (You are Number 6.)
– Je ne suis pas un numéro, JE SUIS UN HOMME LIBRE ! (I am not a number, I AM A FREE MAN!)
– (Rire inquiétant) »« 

Les « renseignements «  qui ne vont pas dans le sens de cette mondialisation de l’information (rendue possible par Internet trente ans après « Le prisonnier » ) sont appelées « Fake news » et interdites par le « ministère de la vérité « 

Mais les « news » ne sont jamais que poussières du temps… c’est l’accumulation de ces poussières ainsi que des objets , des choses (penser au livre « Les choses » de Perec en 1965) qui provoque le désespoir profond de l’humanité moderne , c’est la raison pour laquelle celle ci reste sans réaction à « l’étrange suicide de l’Europe «  , selon le titre du livre de Douglas Murray : «  the strange Death of Europe »

https://www.causeur.fr/douglas-murray-suicide-europe-migrants-151798

Mieux , elle appelle cette mort tellement elle est désespérée parce qu’elle a perdu espoir en la vie de l’esprit, en la connaissance (« gnosis ») qui est unifiante, pas encyclopédique : contemplation de l’éternelle beauté du tableau, pas analyse scientifique de la poussière accumulée par le temps

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