#ScienceInternelle Le passage du Zohar sur MY et MA dont je parle dans l’article précédent sur le film de Terry Gilliam

La traduction en anglais du texte est ici :

http://www.kabbalah.info/eng/content/view/frame/2860?/eng/content/view/full/2860&main

Celle en français est ici :

https://www.kabbale.eu/zohar-i-1a-2b-genese/

« Il est écrit : « Au commencement. » Rabbi Éléazar ouvrit une de ses conférences par l’exorde suivant : « Levez les yeux en haut et considérez qui a créé cela. » « Levez les yeux en haut », vers quel endroit ? Vers l’endroit où tous les regards sont tournés. Et quel est cet endroit ? C’est l’« ouverture des yeux ».

Là vous apprendrez que le mystérieux Ancien, éternel objet des recherches, a créé cela. Et qui est-il ? « Mi » (= Qui). C’est celui qui est appelé l’« Extrémité du ciel », en haut, car tout est en son pouvoir. Et c’est parce qu’il est l’éternel objet des recherches, parce qu’il est dans une voie mystérieuse et parce qu’il ne se dévoile point qu’il est appelé « Mi » (= Qui); et au-delà il ne faut point approfondir c. Cette Extrémité supérieure du ciel est appelée « Mi » (= Qui). Mais il y a une autre extrémité en bas, appelée « Mâ » (= Quoi). Quelle différence y a-t-il entre l’une et l’autre ? La première, mystérieuse, appelée « Mi » est l’éternel objet des recherches ; et, après que l’homme a fait des ; recherches, après qu’il s’est efforcé de méditer et de remonter d’échelon en échelon jusqu’au dernier, il finit par arriver à « Mâ » (= Quoi). Qu’est-ce que tu as appris ? Qu’est-ce que tu as compris ? Qu’est-ce que tu as cherché ? Car tout est aussi mystérieux qu’auparavant. C’est à ce mystère que font allusion les paroles de l’écriture : « Mi » (= Quoi), je te prendrai à témoin, Mâ (= Quoi), je te ressemblerai. » Lorsque le Temple de Jérusalem fut détruit, une voix céleste se fit entendre et dit : « Mâ » (= Quoi) te donnera un témoignage », car chaque jour, dès les premiers jours de la création, j’ai témoigné, ainsi qu’il est écrit : « Je prends aujourd’hui à témoin le ciel et la terre. » « Mâ te ressemblera », c’est-à-dire te conférera des couronnes sacrées, tout à fait semblables aux siennes, et te rendra maître du monde, ainsi qu’il est écrit : « Est-ce là la ville d’une beauté si parfaite, etc. », et ailleurs, Jérusalem qui est bâtie comme une ville dont toutes les parties sont dans une parfaite harmonie entre elles. » « Mâ » (= Quoi) deviendra ton égal, c’est-à-dire il prendra en haut la même attitude que tu observeras en bas ; de même que le peuple sacré n’entre plus aujourd’hui dans les murs saints, de même je te promets de ne pas entrer dans ma résidence en haut avant que toutes les troupes soient entrées dans des murs en bas. Que cela te serve de consolation, puisque sous cette forme de « Quoi » je serai ton égal en toutes choses. Et s’il en est ainsi, « le débordement de tes maux est semblable à une mer ». Mais si tu penses que ton mal est sans guérison et sans fin, détrompe-toi, « Mi te guérira ». Car (Mi), celui qui est l’échelon supérieur du mystère et dont tout dépend, te guérira et te rétablira ; Mi, extrémité du ciel d’en haut, et Mâ, extrémité du ciel d’en bas. Et c’est là l’héritage de Jacob qui forme le trait d’union entre l’extrémité supérieure Mi et l’extrémité inférieure Mâ, car il se tient au milieu d’elles. Telle est la signification du verset : « Mi (= Qui) a créé cela ».« 

מי ברא אלה

Le questionnement « Qui a créé cela ? » est issu d’un verset d’Isaie :

http://saintebible.com/isaiah/40-26.htm

Ainsi que d’un autre passage dans la suite du livre d’Isaie :

http://saintebible.com/isaiah/51-6.htm

où le ciel est opposé à la terre.

Ce verset est commenté par Eleazar dans la suite du Zohar :

« S’adressant à son fils, Rabbi Siméon dit : Éléazar, mon fils, continue à expliquer le verset, afin que soit dévoilé le mystère suprême que les enfants de ce monde ne connaissent pas encore. Rabbi Éléazar garda le silence. Prenant alors la parole, Rabbi Siméon dit : Éléazar, que signifie le mot « Éléh » (= Cela) ? Il ne peut pas désigner les étoiles et autres astres, puisqu’on les voit toujours et puisque les corps célestes sont créés par « Mâ », ainsi qu’il est écrit : « Par le Verbe de Dieu, les cieux ont été créés. » Il ne peut pas non plus désigner des objets secrets, attendu que le mot « Eléh » ne peut se rapporter qu’à des choses visibles. Ce mystère ne m’avait pas encore été révélé avant le jour où, comme je me trouvais au bord de la mer, le prophète Élie m’apparut. Il me dit : Rabbi, sais-tu ce que signifient les mots : « Qui (Mi) a créé cela (Eléh) ? » Je lui répondis : le mot « Eléh » désigne les cieux et les corps célestes ; l’Écriture recommande à l’homme de contempler les œuvres du Saint, béni soit-il, ainsi qu’il est écrit : « Quand je considère tes cieux, œuvre de tes doigts, etc. », et un peu plus loin : « Dieu, notre maître, que ton nom est admirable sur toute la terre. » Élie me répliqua : Rabbi, ce mot renfermant un secret a été prononcé devant le Saint, béni soit-il, et la signification en fut dévoilée dans l’École céleste ; la voici : lorsque le Mystère de tous les Mystères voulut se manifester, il créa d’abord un point, qui devint la Pensée divine ; ensuite il y dessina toutes espèces d’images, y grava toutes sortes de figures et y grava enfin la lampe sacrée et mystérieuse, image représentant le mystère le plus sacré, œuvre profonde sortie de la Pensée divine. Mais cela n’était que le commencement de l’édifice, existant sans toutefois exister encore, caché dans le Nom, et ne s’appelant à ce moment que « Mi ». Alors, voulant se manifester et être appelé par son nom, Dieu s’est revêtu d’un vêtement précieux et resplendissant et créa « Eléh » (Cela), qui s’ajouta à son nom. « Éleh », ajouté à « Mi » renversé, a formé « Élohim ». Ainsi, le mot « Élohim » n’existait pas avant que fût créé « Eléh ». C’est à ce mystère que les coupables qui adorèrent le veau d’or firent allusion lorsqu’ils s’écrièrent : « Éléh » est ton Dieu, ô Israël.

Et de même que dans la création « Mi » reste toujours attaché à « Éléh », de même en Dieu ces deux noms sont inséparables. »

La révélation du prophète Elie cesse quand celui ci s’envole , lui succède celle de Rabbi Siméon le père d’Eleazar:

« C’est grâce à ce mystère que le monde existe. Après avoir ainsi parlé, le prophète Élie s’envola et je ne l’ai plus revu. Et c’est de lui que j’ai appris l’explication de ce mystère. Rabbi Éléazar et tous les compagnons s’approchèrent alors de Rabbi Siméon et se prosternèrent devant lui en pleurant. Si nous n’étions venus en ce monde, disaient-ils, que pour entendre ces paroles, cela nous eût suffi. Continuant son discours, Rabbi Siméon dit : Ainsi, le ciel et tous les corps célestes ont été créés à l’aide de « Mâ », car il est écrit « Quand je considère tes cieux, ouvrage de tes doigts, etc. », et un peu plus loin : « Éternel notre Dieu “Mâ ” (= Que) ton nom est admirable sur toute la terre, ô toi qui donnes ta parure au ciel. » « Au ciel », pour s’ajouter à son nom, car une lumière crée l’autre ; l’une revêt l’autre et elle s’ajoute au nom d’en haut. Telle est la signification des paroles : « Au commencement, Dieu créa Élohim. » « Éléh » s’ajoutant à « Mi », qui est en haut, forma « Élohim » ; car « Mâ », qui est en bas, n’existait pas encore et ne fut créé qu’au moment où les lettres émanaient les unes des autres, « Éléh » d’en haut vers « Éléh » d’en bas ; et la mère prête à la fille ses vêtements et la pare de ses joyaux. Et quand est-ce qu’elle la parera de ses joyaux comme il convient ? Lorsque tous les mâles se présenteront devant le Seigneur tout-puissant ainsi qu’il est écrit : « Tous les mâles se présenteront trois fois l’année devant le maître Dieu. » Or, celui-ci est appelé « Maître », ainsi qu’il est écrit : « L’arche de l’alliance, Maître de toute la terre. » Ainsi si on remplace le (hé) de Mâ(h), qui est l’image du principe femelle, par la lettre « i » de « Mi », qui est l’image du principe mâle, et si on y ajoute les lettres de « Éléh », émané d’en haut, grâce à Israël, on forme Élohim d’en bas. Telle est la signification des paroles de l’Écriture : « Mes larmes m’ont servi de pain le jour et la nuit, lorsqu’on me dit tous les jours : où est ton Élohim ? Je me suis souvenu de Cela (Eléh) et j’ai répandu mon âme au dedans de moi-même. » « Je me suis souvenu de cela et j’ai versé des larmes », pour faire émaner les lettres les unes des autres, pour faire émaner « Éléh » et former « Élohim », comme il est dit : « Je les ferai descendre » d’en haut « jusqu’à la maison d’Élohim », en bas, pour former un « Élohim » pareil à « Élohim » d’en haut. Par quel moyen ? « Par des chants et par des actions de grâces. »

À ces paroles, Rabbi Siméon se mit à pleurer et interrompit son discours. Profitant de cette courte pause, Rabbi Éléazar dit : mon silence m’a valu un discours de mon père relatif à l’édification du Temple d’en haut et du Temple d’en bas ; et ainsi se vérifie le proverbe qui dit : « La parole vaut un sélà, mais le silence en vaut deux » ; car les paroles que j’ai prononcées précédemment valent un sélà ; mais le silence que j’ai gardé ensuite en vaut deux, attendu que grâce à ce silence j’ai appris que Dieu a créé les deux mondes, celui (l’en haut et celui d’en bas à la fois.

Rabbi Siméon dit : nous allons maintenant expliquer la seconde partie du verset précitée : « Qui fait sortir ». L’Écriture parle des deux hypostases, dont l’une, c’est-à-dire « Mi », fait sortir l’autre, c’est-à-dire « Mâ ». Bien que l’Écriture se serve du mot « sortir », le « Mi » d’en haut et le « Mâ » d’en bas ne sont en réalité qu’une seule et même chose ; et quand on dit que « Mâ » sort de « Mi », il ne faut pas prendre le mot « sort » à la lettre. De même, on dit dans la bénédiction qu’on prononce avant de manger le pain : « Béni soit Dieu, notre Maître, le Roi de l’Univers, qui fait sortir le pain de la terre. » Ici non plus le mot « sortir » ne doit pas être pris à la lettre. « Leurs armées dans le nombre », c’est-à-dire le nombre de six cent mille, qui se tiennent tous comme un seul homme, ce sont les armées de « Mi » et celles de « Mâ ». On ne parle ici que des classes, car leurs subdivisions sont innombrables. « Il appela par le nom. » Que signifient ces mots ? Diras-tu qu’il les appela par leurs noms ? Dans ce cas il faudrait : par son nom (chacun par son nom) ; mais voici ce que cela signifie : « Lorsque ce degré n’était pas encore entré dans le nom, et qu’il s’appelait seulement “Mi”, il (Dieu) n’enfantait ni produisait les choses cachées, chacune selon son espèce, bien que toutes fussent cachées en lui ». Mais dès qu’il eut créé Éléh, que Éléh se fut ajouté à son nom et qu’il fut appelé Élohim, alors, par la vertu de ce nom, il les produisit en totalité. C’est là le sens de : « Il appela par le nom » ; par son nom il appela et produisit toutes les espèces destinées à exister. C’est de la même façon qu’il est écrit : « Vois : j’ai appelé par le nom (Beçalel) », c’est-à-dire : j’ai prononcé mon nom pour que Beçalel fût établi dans ses fonctions. « De beaucoup la grandeur. » Que signifient les mots : « De beaucoup la grandeur » ? Cela veut dire que la volonté de Dieu, qui s’accomplit à la première échelle, s’accomplit également en bas [2b] par une voie mystérieuse. « Et puissant en force. » C’est le mystère du monde céleste, à savoir qu’il (le mot Éléh) est entré dans le nom Élohim, comme nous l’avons dit. « Aucun homme ne manque », c’est-à-dire « aucun ne manque » de ces six cent mille qu’il a produits par la vertu du nom. De même que les Israélites, alors même qu’ils étaient décimés par suite de leurs péchés, ont toujours conservé le nombre de six cent mille, à chaque dénombrement, sans qu’un seul homme manquât, de même aucun des mondes ici-bas ne manquera jamais, parce qu’ils correspondent aux armées célestes.« 

Que retenir de tout ce fatras ? afin que tout cela ne reste pas pour nous « de l’hébreu »….

Continuons à suivre la piste de la dualité-séparation entre MY et MA et voyons de quelle manière elle se transforme, dans les « jeux » de lettres affectionnés par les kabbalistes dans la « Science des lettres «  qui existe aussi en arabe , pour aboutir à la dualité que nous appelons ici « Ouvert »:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/a-propos-de-ce-blog-plan-vital-et-plan-spirituel-dans-leur-dualite-qui-est-louvert/

MY = Qui s’écrit en hébreu מי ( deux lettres Mem M et Yod Y)

MA = Quoi s’écrit מה ( deux lettres Mem M et Heh H)

Les deux mots « MI » et « MA » sont rattachés à l’En Haut et à l’En Bas :

« Car (Mi), celui qui est l’échelon supérieur du mystère et dont tout dépend, te guérira et te rétablira ; Mi, extrémité du ciel d’en haut, et Mâ, extrémité du ciel d’en bas. Et c’est là l’héritage de Jacob qui forme le trait d’union entre l’extrémité supérieure Mi et l’extrémité inférieure Mâ, car il se tient au milieu d’elles. Telle est la signification du verset : « Mi (= Qui) a créé cela ».« 

MY devient MA en remplaçant la lettre Yod=10 , symbole du masculin, par la lettre He = 5, symbole du féminin. Cette transformation a lieu une autre fois dans l’écriture lorsque le nom de l’épouse d’Abraham Sarai avec un Yod à la fin devient Sarah avec un He. Le nombre de MY est 50, celui de MA est 45, somme des nombres de 1 à 9.
MY correspond à ce que j’appelle ici « déchéance ontologique «  de Dieu comme Idée, et le « changement d’axe de la vie religieuse » que Léon Brunschvicg accole à l’émergence de la science moderne correspond à un renversement de l’axe MA-MY , MA devient l’En Haut et MY l’En Bas

« Le drame de la conscience religieuse depuis trois siècles est défini avec précision par les termes du Mémorial du 23 novembre 1654 : entre le Dieu qui est celui d’Abraham, d’Isaac, de Jacob et le Dieu qui est celui des philosophes et des savants, les essais de synthèse, les espérances de compromis, demeurent illusoires.« 

« Le fait décisif de l’histoire, ce serait donc, à nos yeux, le déplacement dans l’axe de la vie religieuse au XVIIe siècle, lorsque la physique mathématique, susceptible d’une vérification sans cesse plus scrupuleuse et plus heureuse, a remplacé une physique métaphysique qui était un tissu de dissertations abstraites et chimériques autour des croyances primitives »

Le « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » est MY qui est une véritable Nom Divin, et non plus une question :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/08/09/ma-et-mu/

« MY bara eleh «  est traduit non plus par « Qui a créé cela ? » mais par « MY a créé Elohim » le mot Elohim étant l’association du mot Eleh suivi du nom MY renversé ( à noter que ce mot MY renversé est YaM = la mer)

אלה Eleh + MY renversé מי donne le Nom Elohim

אלהים

Que l’on trouve au premier verset de la Bible :

https://www.mechon-mamre.org/f/ft/ft0101.htm

בְּרֵאשִׁית, בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ

qui est (mal) traduit par « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre« 

Mais selon le Zohar c’est MY qui crée Elohim :

« lorsque le Mystère de tous les Mystères voulut se manifester, il créa d’abord un point, qui devint la Pensée divine« 

Ce point appelé « Point suprême «  est YOD

« Mais cela n’était que le commencement de l’édifice, existant sans toutefois exister encore, caché dans le Nom, et ne s’appelant à ce moment que « Mi ». Alors, voulant se manifester et être appelé par son nom, Dieu s’est revêtu d’un vêtement précieux et resplendissant et créa « Eléh » (Cela), qui s’ajouta à son nom. « Éléh », ajouté à « Mi » renversé, a formé « Élohim ». Ainsi, le mot « Élohim » n’existait pas avant que fût créé « Eléh ». C’est à ce mystère que les coupables qui adorèrent le veau d’or firent allusion lorsqu’ils s’écrièrent : « Éléh » est ton Dieu, ô Israël.« « 

Le Zohar parle de deux mondes, celui d’en haut qui est MI et celui d’en bas qui est MA, mais suite au renversement au 17ème siècle l’En Bas devient l’En Haut : la pensée scientifique qui « interroge selon l’essence «  et demande « quoi? Qu’est ce que c’est ? est l’aboutissement de MA en MAthesis

La pensée qui demande « Qui? » « MI » se retrouve dans ce réflexe des « croyants » qui ne peuvent accepter la théorie de l’évolution : il faut que ce soit un Etre super-intelligent qui a créé ce monde où tout semble répondre à tout, cela ne peut pas être là « par hasard » : exemple classique du dialogue de sourds entre MI et MA. Il n’est donc pas vrai que la science réponde au « comment » et la religion au « pourquoi »
Ici les choses sont claires : nous acceptons pleinement le « changement d’axe de la vie religieuse «  et la dualité entre « terre » et « ciel », entre En Bas et En Haut est ici comprise comme l’Ouvert, dualité entre le plan vital et le plan spirituel

Cependant cette compréhension duelle est relative , dans la compréhension absolue c’est l’unité, ou plutôt la non- dualité (advaita) qui prévaut, et on en trouve trace dans le Zohar :

« Bien que l’Écriture se serve du mot « sortir », le « Mi » d’en haut et le « Mâ » d’en bas ne sont en réalité qu’une seule et même chose ; et quand on dit que « Mâ » sort de « Mi », il ne faut pas prendre le mot « sort » à la lettre. »

Le terme « ciel d’en bas » est rencontré ici dans ce blog, dans l’étude du livre de Georges Bataille « Le bleu du ciel » et de son chapitre « Le jour des morts « 

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/08/14/george-bataille-le-bleu-du-ciel-1935-le-jour-des-morts/

« Si l’on veut être moral, il vaut mieux éviter tout ce qui est vif, car choisir la vie au lieu de se contenter de rester en vie n’est que débauche et gaspillage. A son niveau le plus simple, Le Bleu du ciel inverse cette morale en décrivant un personnage qui se dépense jusqu’à toucher la mort à force de beuveries, de nuits blanches, et de coucheries. Cette dépense, volontaire et systématique, est une méthode qui transforme la perdition en connaissance et découvre le ciel d’en-bas…. »

Dans l’épisode du cimetière de Tréve (ville où est né Karl Marx) les deux amants ont une vision saisissante d’un « ciel vacillant et trouble » formé par les lampes allumées surplombant les tombes « habitées » par un cadavre :

« A un tournant du chemin, un vide s’ouvrit au dessous de nous. Étrangement, ce vide n’était pas moins illimité, à nos pieds, que le ciel étoilé sur nos têtes. Une multitude de petites lumières, agitées par le vent, menaient dans la nuit une fête silencieuse, inintelligible. Ces étoiles, ces bougies, étaient par centaines en flammes, sur le sol; le sol où s’alignait la foule des tombes illuminées. Je pris Dorothea par le bras. Nous étions fascinés par cet abîme d’étoiles funèbres. Dorothea se rapprocha de moi. Longuement elle m’embrassa dans la bouche. Elle m’enlaça, me serrant violemment : c’était la première fois depuis longtemps qu’elle se déchaînait. Hâtivement nous fîmes dans la terre labourée, hors du chemin, les dix pas que font les amants. Nous étions toujours au dessus des tombes. Dorothea s’ouvrit, je la dénudai jusqu’au sexe. Elle même elle me dénuda. Nous sommes tombés sur le sol meuble et je m’enfonçai dans son corps humide comme une charrue bien manœuvrée s’enfonce dans la terre. La terre, sous ce corps, était ouverte comme une tombe, son ventre s’ouvrit à moi comme une tombe fraîche. Nous étions frappés de stupeur, faisant l’amour au dessus d’un cimetière étoilé. Chacune des lumières annonçait un squelette dans une tombe, elles formaient ainsi un ciel vacillant, aussi trouble que les mouvements de nos corps mêlés . »

Ce « ciel imprévu d’en bas » est celui d’Eros, qui est l’Enchanteur (« Malambruno ») tant honni par Don Quichotte dans le film de Terry Gilliam

Certes, comme le dit Dante « Amour est Maître des cieux «  mais cet amour- Agapé n’est pas Éros l’enchanteur qui rend supportable la mort en transformant la nuit au dessus du cimetière étoilé : cet Amour est la pensée-selon-l’Un, Saint Graal qui est recherché ici :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/06/12/lamour-agape-est-une-pensee/

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